mercredi 29 janvier 2014

La folie de Kadhafi ?

2009 - ONU
2009 - Pour sa première apparition officielle à l'Assemblée générale des Nations unies en 40 ans de pouvoir, le Colonel libyen Mouammar Kadhafi s'est éternisé à la tribune en prenant la parole durant plus d'une heure et 35 minutes, alors qu'il n'avait droit qu'à 15 minutes comme tout chef d'Etat.

Le leader libyen s'en est pris au Conseil de Sécurité en particulier et au Monde occidental en général. L'ONU telle qu'elle est ne nous intéresse pas. Depuis la création de l'ONU, il y a eu environ 65 guerres que non seulement l'Organisation n'a pas pu empêcher mais certaines grandes puissances en ont contribué voire même directement participer.
Le colonel libyen a stigmatisé le Monde occidental, condamnant son exploitation du droit de Veto dans le Conseil de sécurité, accusant les membres de déclencher la plupart des guerres pour préserver leurs intérêts. Pour lui, le droit de veto est contraire à la Charte de l'ONU, et a été utilisé  par 3 ou 4 pays pour éviter les guerres en Europe à un moment où la plupart des pays du Sud étaient colonisés. Il a mis en doute la légalité des pays membres permanents (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine et Russie) .  "Qui a donné à ces pays le droit de véto" s'est il exclamé.  "Il est dit dans la Chartre que nous sommes tous égaux, sommes nous égaux ?" s'écrit il.
Il a brandit un livret du texte constitutionnel des Nations Unis et l'a déchiré devant les chefs d'état étrangers présents dans la salle. Je voudrai savoir comment les quatre pays ont obtenu ces sièges permanents au Conseil de Sécurité des Nations Unies ? Qui les a élus  ?  C'est dictatorial et illégal et par conséquent nous ne reconnaissons pas cela.
Le Colonel libyen qui a même menacé de se retirer a exigé que les prérogatives du Conseil de Sécurité doivent être transférées à l'Assemblée Générale des Nations Unies. « Vous êtes comme des décors, on se moque de vous. Vous êtes faits pour prononcer seulement des discours et pas plus », s'est adressé le colonel libyen aux chefs d'état présents, qui l'ont vivement applaudi. « ils ont besoin de nous s'ils veulent nous exploiter pour blâmer un pays faible, autrement dit, on nous marginalise, ils s'en foutent de nous (…) soit nous sommes égaux, soit nous nous retirons pour en créer une autre organisation (…) Nous ne pouvons pas accepter qu'on nous impose des sièges permanents, utilisés pour nous combattre.
«Le Conseil de sécurité depuis sa création ne nous fournit pas la sécurité mais au contraire nous donne la terreur et les sanctions", at-il dit. "Il est utilisé contre nous.  Il ne devrait pas être appelé Conseil de Sécurité, il devrait être appelé "Conseil de la Terreur."
Le Conseil de Sécurité n'a jamais condamné un de ses membres (…) Par le passé, nous l'avons accepté parce que nous n'étions pas présents et nous a fait porter les vêtement datant de 1940 quand trois ou quatre pays ont voulu se protéger contre l'Allemagne. mais plus jamais maintenant. Il est hors de question d'accepter ce dictat », a ironisé le colonel libyen.
« L'Afrique mérite un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies », a répété le Colonel libyen sous l'applaudissement, avant de demander aux pays qui ont colonisé les pays africains de verser une indemnisation de 777 milliards de dollars. Le colonel libyen a proposé des sièges permanents au Conseil de Sécurité à toutes les organisations régionales comme les pays Non Alignés, l'Union Africaine, la Ligue Arabe, l'Union des ex-union soviétique, l'Union Européenne, l'Amérique Latine.
Mouammar Kadhafi a proposé le transfert du siège de l'ONU ailleurs en suggérant Vienne, Pékin, New Delhi et pourquoi pas Syrte en Libye. Il a mis en garde contre le risque d'un attentat contre le siège des Nations unies à New-York. Il a dit détenir des informations sûres livrées par des membres d'Al-Qaïda en prison en Libye. « Le siège de l'Onu est la cible d'Al-Qaïda », a insisté le leader libyen.




Il a qualifié de terroristes les grandes puissances qui utilisent des bombes atomiques. Le leader libyen s'est dit rassuré par la nouvelle politique du président américain. Il a admis que l'actuel président Obama a changé de langage par rapport à ses prédécesseurs qui utilisaient un langage de peur et de terrorisme.
Kadhafi a proposé une enquête sur toutes les guerres provoquées par les grandes puissances comme en Iraq, en Afghanistan, à Gaza, à Grenade, au Vietnam, à Panama. Il s'est posé la question sur les circonstances de l'exécution de l'ex-président irakien Saddam Hussein. Qui a exécuté Saddam Hussein le jour de la grande fête? Pourquoi  étaient  ils masqués les exécutants? S'est interrogé le leader libyen.
En ce qui concerne le conflit entre l'Inde et le Pakistan sur le Cachemire, le colonel Kadhafi a déclaré la solution serait un Cachemire indépendant qui agirait comme un État tampon entre l'Inde et le Pakistan.
Notant qu'aucune Afghan n'a attaqué les États-Unis le 11 Septembre 2001, Kadhafi a dit que l'objectif des talibans de constituer un Etat islamique n'était pas une menace. "Si les talibans veulent instituer un état religieux, d'accord, comme le Vatican, le Vatican ne constitue  pas un danger contre nous? Non," dit Kadhafi. "Si les talibans veulent créer un émirat islamique, qui a dit qu'ils sont l'ennemi ?" dit-il.
Il a demandé la libération immédiate de l'ex-président panaméen Noriega et a condamné l'invasion de Panama par les Etats-Unis d'Amérique.

Il a accusé le sionisme d'être derrière l'assassinat de Kennedy et demandé pourquoi des dossiers de crimes n'ont jamais été élucidés et purquoi leurs commanditaires n'ont jamais été inquiétés notamment ceux concernant des chefs d'Etat et des leaders politiques tels que Patrice Lumanba du Congo.

Pour une solution en Palestine, Khadafi propose un seul pays démocratique dans lequel vit les deux peuples israélien et palestinien. Créer deux pays est une erreur a déclaré le leader libyen. Il a accusé le Monde occidental de haïr le peuple israélien ; ce  n'est pas le Monde arabe qu le hait, au contraire  c'est lui quii a apporté son soutien à ce peuple à l'époque où il était persécuté, selon le leader libyen. « Les Arabes, eux, ont abrité et protégé les Juifs à l'époque romaine et lors de leur expulsion d'Andalousie et à l'époque des fours crématoires d'Hitler », a déclaré le Colonel libyen.
Pour la crise au Darfour, il a appelé à la transformation de l'aide internationale en projets de développement réels.
Il a accusé l'occident d'avoir compliqué la situation dans le Darfour en défendant ses intérêts égoïstes.

Il a qualifié tous les pays qui pèchent dans les eaux territoriales somaliènnes de "véritables pirates".
Il a fustigé l'AIEA la taxant de partialité et rapportant la réponse de son Directeur Général Mohammed El Bardaï selon lequel le contrôle de l'Agence ne s'éffectue que dans certains pays et pas d'autres auxquels les inspections sont "interdites". Il a milité pour un Moyen-Orient dénucléarisé sans nommer précisémment Israël.
Sans surprise, le colonel Kadhafi a également critiqué la justice internationale et, en particulier la CPI, la Cour pénale internationale: « Il est facile d’envoyer Charles Taylor et Hissène Habré à La Haye. Et pourquoi pas ceux qui sont responsables de la guerre en Irak ? ». Il a demandé la traduction devant le Tribunal Pénal International des responsables israéliens pour crimes de guerre à l'encontre edes palestiniens à Gaza, en territoires occupés et à Dabra et Chatilla. Pourquoi seuls comparaissent ceux dont vous avez détruit les pays ? Regardez la Yougoslavie, elle était unie sous Tito, et vous l'avez balkanisée, ensuite poussée les conflits ethniques.
Sur les Droits de l'Homme et les Conventions de Genève, il a soulevé le cas des prisons de Guantanamo à Cuba et Abou Ghaib en Irak;
Il a pointé du doigt les industries pharmaceutiques coupables selon lui de la prolifération de virus  comme une arme pour ensuite produire l'antidote; il réclame à ces firmes de distribuer gratuitement le vaccin et prédit que le prochain virus sera "marin" et proviendra de la consommation de poisson.
Dans son intervention, le Colonel Kadhafi s'est plaint des tracasseries qu'ont rencontrées certains Chefs d'Etat pour arriver à New-York. « certains chefs d'Etat m'ont informé de leurs difficultés à obtenir des autorisations d'entrée pour leurs délégués...un copilote d'un chef d'état empêché de rentrer en Amérique puisqu'il est persona-non-grata! Un garde corps d'un autre s'est vu refusé le visa! Un chef d'état est arrivé sans son médecin empêché de l'accompagner! « On se permet même de nous limiter le périmètre à ne pas dépasser lors de notre séjour à New-York!  Nous ne sommes pas dans la prison de Guantanamo », s'est insurgé le leader libyen qui semble avoir perdu son sang froid quand il a lancé un livret blanc à la figure de son représentant au Conseil de sécurité des Nations Unies, le Dr. Ali Abdelsalam Tireki.
Depuis l'invasion de l'Irak par l'armée américaine sans mandat de l'ONU, celle ci a perdu de sa crédibilité; Kadhafi n'a fait que rappeler ce fait; son discours, ironisé par les médias occidentaux est pourtant applaudi par tous les pays du Sud et des non alignés, ceux qui ont  souffert de la colonisation et du vol de leurs richesses, c'est à dire 4 habitants sur 5 de cette planète si injuste et si déséquilibrée

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