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mardi 28 janvier 2014

Trafic d'influence & Conflits d'intérêt... je crie ton nom

De 2000 à 2010, le monde a pu observer la dégradation rapide des conditions de vie, non seulement dans les pays dits du Tiers Monde, mais aussi dans les pays riches de l’Occident.

Les accords de libre échange signés de la décennie antérieure ont montré leurs façades d’écrans de fumée, concentrant les capitaux entre les riches du Nord économique, et ceux du même Nord. Les attentats du 11 septembre 2001 ont profondément chamboulé l’ordre géopolitique mondial, donnant du grain à moudre au terrorisme impérial des États-Unis pour asservir le Moyen-Orient, le plonger dans le chaos pour perpétuer l’hégémonie étasunienne, et voilà que depuis, règne un parfum d’anti-islamisme électoraliste primaire à l’autel du microcosme politico-médiatique occidental. Les conflits armés et trafics d’armes ont prospéré, dans le soutien des gouvernements occidentaux avec les dictatures, les paramilitaires et les forces décuplées de l’OTAN.

Dans le même temps, la globalisation économique colonisait tous les espaces traditionnels des pays dominés, privatisant agriculture, santé, éducation, transports, accès aux ressources, culture, et transformait le dogme de la concurrence pure et parfaite en un gigantesque oligopole à échelle planétaire. La violence structurelle de l’Union Européenne, des pouvoirs autoritaires et agressifs (de Reagan à Berlusconi, en passant par Thatcher), dont les chefs d’État ont enjoins la doxa de la dérèglementation des marchés financiers, œuvrait à la liberté de circulation des individus. Sauf que le Nouvel Ordre Mondial, décrété à l’effondrement de l’URSS, que les élites politiques appelaient tant de leurs vœux, n’avait absolument rien de démocratique, je ne vous l’apprends pas, et a démantelé l’État-Nation au profit des consortiums d’entreprises multinationales gouvernant et détruisant la planète. De tous ces méfaits de l’économie globalisée, sommairement et non-exhaustivement énumérés, cette décennie a parallèlement marqué la naissance de nouveaux pôles de contestation de la société civile internationale, l’émergence du mouvement altermondialiste, et la radicalisation progressive (de gauche ou de droite) des opinions.


2011 termine de distiller son premier mois, et voila que contre toute attente, des mouvements sociaux de contestation d’une efficacité rarement observée contre les pouvoirs autoritaires fleurissent de l’Afrique du Nord, ravivant un espoir de résistance pour de milliers de personnes résignées et étrangères au néolibéralisme meurtrier. Plus que jamais, le discours altermondialiste semble redorer son blason de crédibilité. En France, nous voyons souvent Jean-Luc Mélenchon défrayer la chronique des journaleux, et faire s’égosiller nombre de commentateurs autorisés à dire que ce parlementaire socialiste est un populiste.

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Qu’il soutient le « régime dictatorial » de Cuba, insinuant que s’il était élu, la France deviendrait une dictature à la cubaine ou vénézuélienne. C’est déjà un non-sens d’affirmer que Cuba et Venezuela sont des dictatures. Autant remettre d’emblée les pendules à l’heure, le populisme n’est ni plus ni moins que la critique des élites pour prôner une politique au bénéfice du peuple. Tout « populisme » ne signifie pas nécessairement dictature autoritaire. À l’inverse, la France montre depuis nombre d’années qu’elle peut être vue comme une dictature, ou démocratie autoritaire. Les détracteurs médiatiquement influents qui utilisent ces mots pour cribler J-L Mélenchon de critiques acerbes, connaissent pourtant bien le sens de ces termes, vu qu’ils sont passés par des formations élitistes en science politique, ou en administration générale et publique. Est-ce à dire que vouloir une démocratie participative d’initiative citoyenne calquée sur le modèle bolivien est un acte populiste ?

Que tous ceux qui manifestent une méfiance vis-à-vis du pouvoir des classes favorisées socialement, agissant dans le mépris des classes dominées, sont des populistes ? Que tous les militants communistes, libertaires ou révolutionnaires sont des populistes ? Dans ce cas, je veux bien être gouverné par des socialistes populistes. Et je préfèrerais avoir un président sympathisant de Cuba et de la Bolivie, plutôt qu’un qui propose d’envoyer des flics en Tunisie pour aider à réprimer les manifs. Passons…


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L'Egypte reçoit chaque année 1,3 milliard de dollars d'aide militaire américaine




"Le changement démocratique en Egypte est important, mais en terme de realpolitik, il est difficile d'imaginer qu'un [nouveau] gouvernement égyptien continuera sur la voie d'une relation étroite avec Washington" constate dans le Wall Street Journal David Schenker ancien expert du Pentagone en charge du Proche-Orient.
"Si les Frères musulmans parviennent au pouvoir et rompent les relations de l'Egypte avec Israël, il est plus que probable que l'armée continuera à jouer un rôle important. Hors, celle-ci dépend fortement des Etats-Unis et ne voudrait sûrement pas perdre l'accès à l'armement américain", se rassure Jeffrey Goldberg dans un blog de la revue The Atlantic. Il rappelle pourtant que "la 'stabilité' créée par les régimes autocratiques au Proche-Orient n'est qu'une illusion", qui "au final n'aboutit à rien de bon."

L'aide militaire accortée à l'Egypte, aussi importante soit-elle, "constitue en partie une escroquerie" estime l'universitaire Juan Cole sur le site de The Nation. Cette aide militaire considérable (1,3 milliard de dollars par an) fournie par les Etats-Unis depuis que l'Egypte a fait la paix avec Israël en 1979, constitue, en quelque sorte, un bakchich pour que Le Caire reste en bons termes avec Tel Aviv. Et cette aide ne fait que passer en Egypte pour se retrouver aussitôt dans les coffres de l'industrie américaine d'armement.

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...et le voisin israélien



William Hartung, expert dans les questions d'armement est inquiet pour l'après Moubarak: "si c'est un régime anti-américain qui voit le jour en Egypte, il sera extrêmement bien armé avec du matériel américain... Peut-être devrions-nous cesser de déverser en masse des armes dans cette région et permettre aux courants démocratiques de s'exprimer" plaide-t-il.
"Quand le Shah d'Iran a été renversé, ce qui avait commencé comme un mouvement en faveur de la démocratie a rapidement été balayé par des islamistes radicaux, ce que sont aujourd'hui les Frères musulmans." prévient Kathleen McFarland sur Fox News, faisant le parallèle avec la révolution iranienne en 1979. "Nous ne devrions pas tirer le tapis sous les pieds de Moubarak comme Carter l'avait fait avec le Shah d'Iran" souligne l'ancienne conseillère pour la sécurité des administrations Nixon et Reagan.
"Les révoltes en cours montrent qu'Israël n'est pas le centre des problèmes au Moyen-Orient", explique pour sa part Kenneth Bandler sur le site de Fox News. Ce responsable de l'American Jewish Comittee tente de se convaincre que "les Israéliens, qui font l'objet de toutes les opprobres peuvent sourire maintenant que les médias sont focalisés sur les troubles dans le monde arabe". Sachant qu'une chute d'Hosni Moubarak pourrait encore isoler plus Israël.
George W. Bush, zélote de la démocratie
"George W. Bush avait raison quand il demandait, en novembre 2003, si les Arabes étaient 'condamnés par l'histoire ou la culture à vivre sous le despotisme' ", soutient Elliott Abrams, ancien conseiller pour la sécurité de George Bush, dans le Washington Post.
"Il arrive parfois qu'une première élection réellement libre voie les forces modérées si peu préparées qu'elles se font écraser par les extrémistes comme cela a été le le cas en Palestine en 2007. Mais ce qui est sûr, c'est que les régimes qui rendent la vie impossible aux modérés rendent l'option extrémiste beaucoup plus probable." assène Elliot Abrams qui estime que les mots d'Obama en faveur de la démocratie égyptienne ont été trop faibles et sont arrivés trop tard.
L'Amérique, pas si puissante
"Les Etats-Unis ont soutenu Moubarak si longtemps en raison de deux craintes: la crainte d'un autre Khomeiny et celle d'un autre Nasser", explique l'éditorialiste Ross Douthat dans le New York Times.
"Les Américains se réfugient dans les théories" précise-t-il: "la realpolitik, le néo-conservatisme, le non-interventionnisme..." "Mais l'histoire se moque souvent de nous. Nous avons soutenu des dictateurs et nous avons étés entraînés dans le tourbillon du terrorisme; nous avons promu la démocratie et vu les islamistes arriver au pouvoir en Irak et en Palestine; nous avons organisé des interventions humanitaires et nous sommes retrouvés dans le bourbier somalien. Nous sommes restés à l'écart et avons du assister au génocide rwandais. Nous sommes intervenus en Afghanistan [en soutien à l'Alliance du Nord, face à Moscou] puis en sommes partis et avons vu les talibans prendre le pouvoir; nous sommes à nouveau intervenus en Afghanistan et sommes restés, et nous y voilà pris au piège..." "Tôt ou tard, les théories échouent car le monde est trop compliqué pour elles." "Consolons-nous en nous disant qu'en Egypte, ce n'est pas à l'Amérique de faire de choix".
Les Etats-Unis marginalisés?

"La seule certitude maintenant semble être le changement. Et les Etats-Unis se retrouvent marginalisés", prévient Jon Alterman du Center for Strategic and International Studies sur le site Politico. "Pourquoi devrait-on penser que qui que ce soit en Egypte -les manifestants ou le gouvernement - soit spécialement intéressé par ce que font les Etats-Unis?"


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ET L'à FRIC de la France ?

Guerres civiles, dictatures, pauvreté, analphabétisme, malnutrition... La situation catastrophique de l'Afrique francophone soulève de nombreuses questions. Pourquoi tant de misère dans des pays si riches en matières premières ?

A qui profite l'argent du pétrole, de l'uranium, du diamant, du bois, des minerais ?. les relations franco-africaines se résume en grandes lignes ainsi : la confiscation des indépendances, le pillage des matières premières, le soutien de dictatures, la complicité de génocide au Rwanda...

I. Françafrique : un peu d’histoire avant de partir
Une décolonisation inachevée
Offensives françafricaines
II. voyage en Françafrique
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Voyagistes ayant pignon sur rue
Les entreprises françaises en Afrique : pillage et dictatures
  • Areva
  • Bolloré
  • Bouygues
  • Total
Institutions : quelques idées de visites
  • La « cellule africaine » : la cabinet noir
  • L’armée française et les services français
  • L’AFD, la Coface et l’OIF
  • Le franc CFA
  • Les paradis fiscaux, banquaires et judiciaires
  • La GLNF
  • Le Club de Paris et les institutions financières internationales
À ne pas manquer (pour bien comprendre)
  • Le génocide des Tutsi au Rwanda
  • L’Affaire Elf
  • L’Angolagate
III. Changement de Cap
Devoir d’indignation, devoir de mobilisation
  • Afropessimisme et racisme ordinaire, moteurs de la complicité silencieuse
  • Halte au pillage
Résistances africaines
  • Figures emblématiques de la lutte…
  • … et lame de fond militante
  • La dette au cœur des mobilisations africaines
Réinventer la solidarité internationale
  • Endiguer le dévoiement de l’APD : « d’abord ne pas nuire » ?
  • Contre l’impunité, défendre la justice en France…
  • … et construire la justice internationale
  • Agir sur les causes politiques

Ben Ali pèse en façade plus de 5 milliards d'euros, Kadhafi 82 milliards


Le site « Aafaq.org » cite la revue spécialisée « Forbes.com » qui évalue la fortune personnelle du président tunisien Ben Ali à près de 5 milliards de dollars, et ce, au moment où l’enveloppe réservée à la présidence de la République par le budget 2008 ne dépasse pas les 30 millions de dollars.
« Aafaq.org » cite par ailleurs d’autres études réalisées sur les fortunes des rois, princes et dictateurs arabes, et qui attribuent à l’ancien roi Hussein de Jordanie 17 milliards de dollars, et aux héritiers de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri 21 milliards. Mais la fortune du colonel Kadhafi, avec 82 milliards de dollars, le place loin devant ses voisins tunisien et marocain. La fortune du roi Mohammed VI serait en effet du double de celle de Ben Ali, soit près de 10 milliards.

TUNISIE : Un président trés présent économiquement :

Commerce international
Exportation exempte de contrainte ou obligation douanière de camions (de marque internationale) et de véhicules lourds en direction de la Libye et de l'Irak en association avec Hamadi Touil.

Transport aérien
Compagnie d'aviation privée (Karthago Airlines) dotée d'une flotte de deux avions et de quatre autres déjà commandés et achetés en leasing. La compagnie nationale Tunis Air a déjà cédé à cette compagnie l'essentiel de ses activités charter qui sont, elles, rentables.
 Le frère de Leïla, Belhassen, fonde une compagnie d'aviation privée (Karthago Airlines) dotée pour démarrer de deux avions Boeing. Commencera dès lors un implacable processus de délestage de la compagnie nationale de transport aérien TunisAir de ses rentables activités au profit de Karthago. Ainsi l'activité fret, l'activité charter et le département catering sont cédés à des sociétés privées contrôlées par la famille régnante et qui confluent toutes vers la compagnie privée de Belhassen Trabelsi (l'activité fret est cédée à Slim Zarrouk, gendre de Ben Ali). Résultat : le quotidien progouvernemental Essabah - nous disons bien progouvernemental - révèle dans son édition du 17 janvier que Tunis Air, déficitaire du montant astronomique de 120 millions d'euros, est menacée de disparition. Ce serait en tout cas inévitable si la guerre contre l'Irak avait lieu. Personne, à Tunis, ne doute que tel est l'objectif des Trabelsi : provoquer, sans état d'âme, la faillite de la compagnie nationale pour que Karthago puisse monopoliser, de fait, la transport aérien à partir et en direction de la Tunisie. Rappelons que le pays reçoit en moyenne près de cinq millions de touristes.

Agroalimentaire
La plus importante industrie de produits laitiers (Inesfood, Candia, Laino) en association avec l'ancien garde du corps de Ben Ali, Larbi Aïssa et son fils. Une société qui s'est distinguée jusqu'à ce jour par des pratiques mafieuses de la pire espèce : des centaines de fournisseurs de lait ont fait faillite faute d'avoir été payés dans des délais raisonnables.

Tourisme
Chaîne d'hôtels Karthago à Djerba, Sousse, Hammamet et Sidi Bou Saïd. L'Etat vient de leur céder en outre les parts qu'il détient dans la plus grande chaîne hôtelière du pays, Abounawas, et qui pèse à elle seule plusieurs centaines de milliards.

Immobilier
Lotissements à Gammarth et à Monastir en plus d'un grand immeuble à la rue Alain-Savary.

Agriculture
Cession par l'Etat à presque tous les membres de la famille des fermes allant de 1 200 à 2 500 ha dans le cadre des sociétés de mise en valeur et de développement agricole.

Finances
Création d'une compagnie de leasing et de prise de participation au sein de la BIAT (Banque internationale arabe de Tunisie), la plus importante banque privée du pays au nom de Hédi Jilani et Belhassen Trabelsi.

Marchés publics
Le plus récent des marchés publics qu'ils se sont d'autorité octroyés est celui accordé au deuxième opérateur GSM avec un gain net estimé à 13 millions d'euros de commission pour Leïla Ben Ali.

Grande distribution
La société Batam et sa filiale Bon Prix. Hédi Jilani ayant été l'architecte des multiples opérations boursières qui, par un simple jeu d'écriture, ont surévalué les valeurs nominales de ladite société lui permettant, entre autres, d'engranger des sommes considérables avant que les lois du marché ne se referment sur la société et la conduisent à la préfaillite.

L'affaire du yacht volé
Dans la nuit du 4 au 5 mai 2006, un yacht de luxe, le Beru Ma, d'une valeur d'1,5 million d'euros est dérobé par un gang de professionnels dans le port de Bonifacio. Après une escale technique à Cagliari, en Sardaigne, il est acheminé vers le port de Sidi Bou Saïd, tout près de Tunis. Problème, le Beru Ma appartient à Bruno Roger, patron de la banque d'affaires Lazard Frères, un intime de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre de l'Intérieur.

Comme l'ont relaté le Canard enchaîné et le site Mediapart, un inspecteur de la société d'assurances Generali, puis la gendarmerie de Toulon ne tardent pas à démasquer le commanditaire : Emad Traboulsi, le neveu de l'épouse du chef de l'Etat. Cédric Sémard, le chef du gang des voleurs passe à table : il devait toucher au total 55 000 euros. Il reconnaît d'ailleurs avoir subtilisé deux autres yachts : le Sando, au Lavandou, et le Blue Dolphin IV à Cannes, en décembre 2005 et en janvier 2006. Le Blue Dolphin était destiné à Moaz Traboulsi, le frère d'Emad. Il n'a jamais été restitué, contrairement au Beru Ma, qui a été promptement rendu à son propriétaire après l'intervention entre autre, de l'Elysées.

Exercice de la DEMOCRATIE est il compromis par la pauvreté?

   Les cultures traditionnelles, qui mettraient en avant la primauté de la famille ou de la communauté sur l’individu ainsi que la prégnance des rapports hiérarchiques entre les classes d’âges, pourraient conduire à négliger les libertés individuelles et politiques. Ces thèses reposent sur le postulat implicite que la démocratie est une invention occidentale qui ne pourrait être facilement « exportée » dans les pays du Sud.
 Pourtant, pour l’Afrique en général, Evans-Pritchard et Fortes (1964) indiquaient par exemple, dès 1940, que « la structure d’un État africain implique que rois et chefs gouvernent par consensus ».
 Pour Madagascar en particulier, on peut facilement identifier dans la culture malgache des éléments qui montrent que les principes démocratiques n’y sont pas absents.
*  Tel proverbe affirme par exemple l’égalité des hommes entre eux.
"Ny olombelona toy ny fandrin-drano, ka tsy misy avo sy iva : les hommes sont pareils à la surface de l’eau tranquille : il n’y a ni haut ni bas."
*  Telle valeur fondamentale, le Fihavanana, rappelée dans le préambule de la constitution de la troisième République de 1992.
 "Le peuple malgache souverain [est] profondément attaché à ses valeurs culturelles et spirituelles, notamment au Fihavanana, garant de l’unité nationale"
 et  privilégie l’entraide, le compromis, l’échange mutuel et le dialogue.
*  Telle tradition, les Kabary, grands rassemblements convoqués par les souverains pour obtenir l’adhésion du peuple aux décisions, pourrait être une forme originale de démocratie.
*   Telle organisation de la communauté villageoise, le Fokonolona permet l’exercice démocratique du pouvoir par l’assemblée de tous, laquelle est régie par une stricte égalité des participants (Condominas, 1991 ; Andrianjafy-Andrianmanindrisoa, 2004).
On peut aussi rappeler l’ancienneté de l’unification politique malgache, impulsée dès le VIIe siècle par la dynastie Maroseranana et poursuivie jusqu’à la fin du XIXe siècle par les souverains de l’Imerina (Rakotoarisoa, 2002). Il en résulte notamment que, si l’appartenance ethnique a un sens pour les Malgaches, sa traduction dans le champ politique reste secondaire par rapport à nombre d’autres pays africains, en dépit des tentatives récurrentes de manipulation politique des ethnies par certains hommes politiques.
L’enquête Afrobaromètre de 2005 montre d’ailleurs clairement que « pour une grande partie des Malgaches, l’appartenance nationale prime sur l’identité ethnique ».
 Pour rendre compte de l’adhésion des Malgaches à la démocratie, Afrobaromètre de 2005 et et enquêtes diverses en seront l'inspiration.
 Le soutien des Malgaches à la démocratie y apparaît majoritaire (et massif dans la capitale), même s’il n’est pas dénué d’ambiguïté.
La citoyenneté démocratique à Madagascar
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 L’enquête Afrobaromètre de 2005 permet de rendre compte de l’attachement des Malgaches à la démocratie et de mesurer leur « citoyenneté démocratique ». Celle-ci, comme le rappelle M. Bratton (2006), repose sur des valeurs politiques spécifiques, implique des opinions favorables à la démocratie et est associée à un certain nombre de comportements citoyens.
 L’adhésion aux principales valeurs démocratiques est massive puisque plus de 70 % des Malgaches expriment leur tolérance à l’égard des opinions des autres, valident la liberté d’expression et d’organisation politique et légitiment l’égalité politique.  De ce point de vue, la citoyenneté démocratique est particulièrement affirmée.
 Le soutien aux procédures démocratiques est cependant plus nuancé. Les Malgaches rejettent massivement l’idée que le pays soit dirigé par l’armée, par un parti unique ou par un président doté de tous les pouvoirs. Ils expriment très largement leur accord avec le principe des élections régulières, libres et honnêtes, pensent que le président doit obéir aux lois et valident le multipartisme. Ce soutien large à la démocratie est enfin relativement solide dans la mesure où il n’est pas majoritairement conditionné à l’obtention rapide de résultats concrets
--->  Près des trois quarts des Malgaches (73 %) pensent que tout le monde devrait avoir la possibilité d’exprimer librement des pensées politiques même si elles vont à l’encontre des sentiments populaires ; 72 % des Malgaches soutiennent le droit de participer à n’importe quelle organisation, que le gouvernement l’approuve ou non ; une très large majorité (88 %) pense que toutes les personnes devraient avoir le droit de voter, même si elles ne comprennent pas totalement les problèmes ou enjeux des élections ; 79 % des individus répondent que les femmes doivent avoir les mêmes droits et recevoir le même traitement que les hommes.
Pourtant, cette adhésion marquée aux procédures démocratiques ne doit pas occulter l’importance des personnes se sentant à l’écart des enjeux démocratiques. 33 % des Malgaches estiment en effet que, pour eux, le type de gouvernement n’a aucune importance, ce qui est de loin le pourcentage les plus important des 18 pays ayant participé à la troisième vague d’enquêtes Afrobaromètre. L’importance de ces « hors-jeu » démocratiques pourraient bien alors favoriser, par manque d’intérêt pour la chose publique ou par soutien effectif, l’instauration d’un système non démocratique.

Enfin, du point de vue des comportements citoyens, la citoyenneté démocratique apparaît problématique. En dépit d’une participation électorale forte et régulière,l’intérêt pour la chose publique et la mobilisation individuelle ou collective sont limités. Seuls 48 % des Malgaches se déclarent en effet intéressés (plutôt ou très) par les affaires publiques.
De fait, en famille ou avec des amis, les sujets politiques ne sont pratiquement jamais ou très occasionnellement abordés (seuls 12 % des Malgaches disent parler fréquemment politique avec leurs amis ou les membres de leur famille et 48 % ne parler jamais de politique), soit le pourcentage le plus faible des 18 pays ayant participé à la troisième vague d’enquêtes Afrobaromètre de 2005.
Ce faible intérêt pour la politique va de pair avec une faible mobilisation politique. À titre individuel, les Malgaches ne prennent quasiment jamais l’initiative de rencontrer des représentants « politiques », qu’il s’agisse d’un conseiller communal, d’un représentant de l’assemblée nationale, d’un ministre ou fonctionnaire d’un cabinet ministériel, d’un officiel d’un parti politique, d’un chef religieux ou encore d’un chef traditionnel. Collectivement, cependant, 72 % des Malgaches disent avoir été amenés à se rassembler avec d’autres personnes pour aborder un problème, mais seulement 46 % plusieurs fois ou souvent. Quant à la participation protestataire, elle est massivement rejetée par près des deux tiers des Malgaches, qui disent qu’ils ne participeront jamais à une manifestation.
-->  seuls 31 % des Malgaches estiment que, si le système actuel ne produit pas de résultats dans un avenir proche, il faut essayer une autre forme de gouvernement, alors que 56 % disent au contraire qu’il faut donner plus de temps au système actuel de gouvernement élu pour traiter les problèmes hérités du passé.
--> 88 % des habitants de la capitale se déclarent favorables ou très favorables à la démocratie, 91 % avec le fait d’avoir un système politique démocratique pour gouverner le pays. Près de neuf Tananariviens sur dix se prononcent contre la prise du pouvoir par un homme fort ou par l’armée (77 % des Tananariviens rejettent en même temps les deux formes de gouvernement autoritaires).
 l’analyse des attitudes à l’égard de la démocratie par quartier fait apparaître des différences marquées. Le pourcentage de personnes se déclarant méfiantes vis-à-vis de la démocratie tend en effet à augmenter au fur et à mesure que le quartier est plus pauvre.
Ainsi 20 % des habitants des quartiers pauvres se sont déclarés défavorables à la démocratie contre 14 % de ceux habitant dans les 25 % des quartiers les plus riches. Dans les quartiers les plus déshérités, ce sont 30 % des habitants qui expriment une telle défiance, une proportion deux fois supérieure à celle constatée en moyenne dans la population.   
Certaines caractéristiques individuelles semblent cependant « protéger » les individus de cette « pression du territoire » sur les opinions individuelles, alors que d’autres entraînent une « sur-réaction antidémocratique ». Le taux de défiance des plus riches, des personnes ayant une pratique religieuse régulière, des plus de 35 ans ou encore des divorcés ou veufs, reste en effet relativement stable quel que soit le quartier d’habitation. En revanche, les actifs travaillant dans le secteur formel ou les 25-34 ans sont nettement plus défiants vis-à-vis de la démocratie lorsqu’ils habitent dans un quartier déshérité (respectivement 45 % et 58 % d’entre eux se déclarent « non favorables à la démocratie » contre 13 % et 24 % dans les quartiers riches).
On note aussi dans les quartiers les plus pauvres une sensibilité extrême des opinions individuelles aux expériences et trajectoires sociales. Avoir été au moins une fois sans domicile ou avoir connu des menaces d’expulsion du domicile augmente d’autant plus fortement la probabilité de se déclarer défiant à l’égard de la démocratie que l’on réside dans un quartier pauvre.
Sans constituer une opinion dominante des quartiers pauvres, le rejet de la démocratie en est donc une opinion fréquente. L’histoire malgache fournit quelques éléments compatibles avec ce résultat singulier. En effet, les quartiers les plus pauvres ont été souvent, dans l’histoire politique du pays, à l’origine de formes de mobilisations très particulières.
 Lors des événements de 1972, les ZWAM (Zatovo Western Andevo Malagasy (Jeunes, Western – du fait de leur identification aux cow-boys, Esclaves, Malgaches) bandes de jeunes vivant de vols et en guérilla permanente avec les policiers, se sont ralliés au mouvement insurrectionnel. Mais, maintenant leur organisation sur la base du quartier, ils ont cependant toujours été soupçonnés de se livrer à des violences gratuites (mise à sac de magasins) ou d’être manipulés par des militants politiques d’un bord ou de l’autre.
Sous le deuxième septennat de D. Ratsiraka (1983-1989), les TTS - , jeunes chômeurs des bas quartiers regroupés par le ministère de la Population, ont terrorisé la population urbaine de la capitale pour empêcher toute velléité de manifestation.
Enfin, ces pratiques sont réapparues à l’occasion des élections de 2001. Les partisans de D. Ratsiraka ont par exemple utilisé les Bemiranga, jeunes issus de familles très pauvres des bas quartiers pour fomenter des troubles.
Les quartiers pauvres : un espace de socialisation.
 
On peut indiquer tout d’abord que les habitants de ces quartiers sont marqués par des expériences de vie communes et spécifiques telles que la confrontation à l’insalubrité et à la surpopulation des logements, à l’incertitude liée à la propriété de l’espace, au sous-équipement en infrastructure, à l’expérience du sous-emploi.
 Un grand nombre de ces quartiers sont situés sur des rizières mal remblayées et se sont construits il y a plusieurs décennies en dehors de tout plan d’urbanisation et sans que la question de la propriété de la terre ait été réglée. Cela implique d’une part une insalubrité importante des logements (humidité, risque d’inondation) et une incertitude majeure quant à la stabilité résidentielle (menaces d’expulsion lors des tentatives de réhabilitation). Dans les quartiers les plus pauvres, seuls 4 % des individus ont un raccordement à l’eau courante, ce qui implique par exemple d’aller faire la queue plusieurs fois par jour à la borne fontaine la plus proche. Dans ces quartiers encore, 48 % des actifs (soit 41 % des adultes) travaillent « à leur propre compte », c’est-à-dire qu’en raison de la carence d’emploi, ils se débrouillent seuls chaque jour pour obtenir de quoi nourrir leur famille.
Les quartiers les plus pauvres sont aussi le lieu de nombreuses interactions sociales. Ils sont d’une part des espaces de regroupement familial (plus de 80 % des personnes y ont des membres de leur famille). Ils sont aussi l’occasion de nouer des relations électives. Plus de 80 % des habitants disent y avoir des amis et les conversations avec les voisins y apparaissent bien plus fréquentes que dans les autres quartiers. Plus de 50 % de leurs habitants y passent d’ailleurs leur journée, soit qu’ils y travaillent (essentiellement dans le secteur informel), soit qu’ils soient inactifs.
Enfin, l’ancrage dans le quartier est très important, puisque 32 % des adultes y sont nés et que l’ancienneté moyenne y est de 22,9 ans. Nous avons d’ailleurs montré toute l’importance subjective qu’avaient les quartiers pauvres pour leurs habitants (Wachsberger, 2006b). C’est au sein du quartier que ces derniers peuvent trouver un minimum de protection et de reconnaissance, et recevoir un indispensable réconfort moral. Ce support, même imparfait, est d’autant plus important pour les individus y logeant que les autres sources de soutien (notamment la protection sociale formelle) sont défaillantes.
               
ASPIRATIONS ET DECEPTIONS
Dans ses études bien connues, O. Lewis a montré comment pouvait se développer une culture de la pauvreté qu’il définit comme « une adaptation et une réaction des pauvres à leur position marginale dans une société capitaliste stratifiée par classes et fortement individualisée ».
 Cette culture est donc d’abord une forme d’adaptation à des conditions objectives de vie, même si elle tend à se perpétuer de génération en génération. Elle traduit en effet « un effort pour faire face au désespoir et à la détresse face au constat de l’impossibilité d’atteindre les buts valorisés par la société ».
À Madagascar, la pauvreté est cependant une condition sociale largement partagée.
 En 2001, 70 % des individus y étaient en effet en dessous du seuil de pauvreté monétaire. Les pauvres ne constituent donc pas, loin s’en faut, un groupe marginal. Dans une telle configuration, qualifiée de « pauvreté intégrée » par S. Paugam (1996), le développement d’une culture de la pauvreté telle que O. Lewis l’a définie paraît peu probable. Cependant, l’ampleur de la pauvreté n’empêche pas que se développent des formes particulières d’exclusion et de relégation sociale. La vie urbaine est en effet propice à de tels phénomènes.
 Il y a par exemple à Antananarivo, en contradiction avec les valeurs supposées de solidarité africaine, quelque 10 000 sans-abri, lesquels sont fortement stigmatisés, comme l’atteste le nom de « 4’mis », par lequel ils sont habituellement désignés. Habiter dans les quartiers les plus pauvres pourrait ainsi constituer aussi une seconde forme, moins visible, de disqualification sociale. C’est en tout cas un sentiment fréquemment exprimé par ceux qui y logent.
Leurs habitants estiment plus souvent que la moyenne que leur quartier a mauvaise ou très mauvaise réputation (44 % sont dans ce cas contre 32 % en moyenne). Surtout, plus d’un sur cinq (22 %) dit avoir souffert au cours de l’année écoulée d’une discrimination liée à son lieu de résidence (contre 3 % en moyenne).
 Ce sentiment de stigmatisation est doublé d’un pessimisme marqué quant aux évolutions d’avenir. Alors qu’en moyenne 32 % des Tananariviens pensent que dans l’année qui vient leur situation va rester à l’identique ou se dégrader, c’est 50 % des habitants des quartiers pauvres qui sont dans ce cas. Ce sentiment est aussi positivement corrélé à la faiblesse de l’estime de soi. Celle-ci, qui renvoie à l’opinion plus ou moins favorable qu’une personne a d’elle-même, est en effet étroitement liée à la reconnaissance sociale accordée aux individus. Ainsi une faible estime de soi est un élément important du processus d’exclusion sociale. Conséquence d’une disqualification sociale, elle peut en retour réduire encore les capacités des individus à se réinsérer. Or, dans les quartiers les plus pauvres, 38 % des habitants (mais près des trois quarts de ceux qui déclarent avoir souffert d’une discrimination liée à leur lieu de résidence) ont une faible estime d’eux-mêmes,(contre 24 % des individus en moyenne).
Les quartiers pauvres délimitent donc des espaces de vie et de socialisation propres à générer le développement d’une culture spécifique dont le rejet de la démocratie pourrait être une des facettes. Or les associations de quartier semblent jouer, dans ce mécanisme, un rôle de premier plan. Nous l’avons en effet signalé précédemment, participer aux associations de quartier est significativement et positivement corrélé à la défiance à l’égard de la démocratie, quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques des individus.
Une telle corrélation entre participation aux associations de quartier et défiance à l’égard de la démocratie amène à reconsidérer les réflexions sur la citoyenneté démocratique. La participation associative est très fréquente à Antananarivo. Dans l’ensemble, 51 % des adultes de la capitale participent régulièrement ou occasionnellement aux activités d’une association familiale, 47 % aux activités d’une association religieuse, 42 % aux activités d’une association de quartier. Dans les quartiers les plus pauvres, la participation aux associations de quartier est encore plus fréquente puisque plus de la moitié des adultes déclarent y participer. Si on peut a priori exclure les associations familiales de la sphère de la société civile, les associations religieuses et surtout les associations de quartier pourraient bien correspondre à une forme d’engagement collectif. En effet, bien qu’il ne soit pas fait mention dans le questionnaire de la nature des activités de ces associations, les enquêtes de terrain que nous avons menées montrent que nombre d’entre elles pourraient être qualifiées de citoyennes : associations des usagers de la borne fontaine, associations pour l’exploitation collective de la rizière, associations des jeunes pour organiser des activités de loisir, associations pour la sécurité et la défense du quartier, associations sportives, etc.

Dans les quartiers les plus pauvres, les différentes variables de précarité et d’exclusion sont positivement corrélées à la participation associative, tout particulièrement le fait d’avoir été au moins une fois sans domicile. 93 % des personnes ayant connu une telle expérience participent aux associations de quartier. C’est encore le cas pour 60 % de celles ayant été au chômage pendant plus de 6 mois et de 63 % de celles qui ont connu une détérioration de la sécurité de l’emploi. Il apparaît également que les personnes les plus pessimistes quant à l’évolution de leur situation économique sont aussi plus fréquemment impliquées dans ces associations que les autres.


 Enfin, la quasi-totalité des personnes ayant été victimes d’une discrimination liée à leur lieu de résidence (96 %) participent aux activités d’une association de quartier. Elles représentent ainsi 40 % des membres de ces associations, alors qu’elles ne sont que 22 % dans ces quartiers. Compte tenu de ces résultats, la participation associative pourrait bien être analysée comme une forme de mobilisation politique, un moyen de lutte pour l’existence, une prise en charge par eux-mêmes d’individus laissés pour compte, un moyen de résistance à la discrimination.
Il n’est pas sûr pour autant que ces associations relèvent de l’esprit civique. La participation associative ne « se limite pas à produire du lien social mais peut aussi produire des solidarités fermées, où le groupe se clôt sur lui-même et tend à exclure ».

L’analyse des corrélations entre les variables individuelles et la participation aux associations de quartier dans les quartiers pauvres tend à valider cette analyse. Les associations des quartiers pauvres drainent en effet les personnes les moins intégrées socialement et les plus pessimistes quant à leur avenir. Mais les associations de quartier semblent aussi bien favoriser un repli sur une identité fermée, comme en témoigne la plus grande méfiance affirmée à l’égard de la démocratie et la plus fréquente identification ethnique des individus y participant.

Politique en Afrique, mauvaise élève?

Ce devait être des élections qui allaient permettre de mettre fin à la crise, de tourner enfin la page du legs de Félix Houphouët-Boigny et d’engager la Côte d’Ivoire sur le chemin de la paix et du développement. Cela aura été en tous les cas les élections africaines les plus longuement et méticuleusement préparées qui ont impliqué depuis les accords de Marcoussis en janvier 2003 (1)un nombre impressionnant d’acteurs : le pouvoir, la rébellion armée, les partis politiques ivoiriens, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine, la France, l’Union européenne, la Francophonie, les Nations Unies sans oublier les médiateurs successifs (le Togolais Gnassingbé Eyadema, le Sud-africain Thabo Mbeki et le Burkinabè Blaise Compaoré…). Du jamais vu en Afrique !


Le processus électoral avait fait l’objet d’un consensus laborieux entre toutes les parties prenantes même si à chaque étape il y avait eu des dérapages. Des audiences foraines au recensement de la population, de la constitution du fichier électoral à la délivrance de cartes d’identité nationale, de la constitution puis reconstitution de la Commission électorale indépendante à la distribution des cartes d’électeurs, l’ensemble du processus élaboré et mis en œuvre par le pouvoir, l’opposition et les rebelles sous la supervision sourcilleuse de la communauté internationale était censé délivrer un résultat incontesté. Un code de bonne conduite avait même été élaboré par les partis politiques au-delà de la loi électorale et de la Constitution pour s’assurer du respect des règles par tous les acteurs de la compétition électorale… Cerise sur le gâteau, il était fait appel aux Nations Unies pour certifier l’ensemble du processus…
Du jamais vu en Afrique !

Ainsi après le premier tour tous s’accordaient pour valider la sincérité du scrutin et les deux candidats s’engageaient à respecter le verdict des urnes au second tour. Mais voilà qu’à l’arrivée on se retrouve avec deux vainqueurs. Un échec et une impasse qui risquent de plonger le pays dans une guerre civile plus dévastatrice encore que celle qu’il a connue de 2002 à 2005. Et au bout du compte, quel que soit le vainqueur, ce dernier risque de gouverner pendant longtemps contre une moitié du pays. Que s’est- il passé ? Pourquoi en est-on arrivé là et comment en sortir ? Au-delà des jugements à l’emporte-pièce, des prises de position partiales, instructions péremptoires et menaces, il est important de dégager un post mortem objectif afin de servir de leçon pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique.
Observateur impartial et objectif de la scène politique ivoirienne et conscient que même si on se réclame du panafricanisme on ne saurait s’adjuger le droit de donner des instructions aux dirigeants ivoiriens surtout dans une Afrique où les conflits internes sont complexes et où la manipulation des processus électoraux est plus la règle qu’autre chose. De ce qui devait être des élections «parfaites» jusqu’au blocage actuel j’ai identifié quatre anomalies/erreurs qui ont à mon avis entrainé des dysfonctionnements menant à l’échec programmé du processus. Cet échec est bien sûr à mettre au passif de tous les acteurs impliqués qu’ils soient nationaux ou internationaux.
La première anomalie a trait au non-respect des accords signés qui prévoyaient notamment un cadre et un échéancier pour l’organisation et la tenue pacifiques des élections présidentielles. Ces modalités ont été stipulées dans le 4e Accord complémentaire à l’Accord politique de Ouagadougou (2) qui dresse un canevas pour les opérations de démobilisation, de désarmement et de stockage des armes, précise les conditions de restauration de l’appareil d’Etat et de son administration dans le pays tout en prévoyant la sortie de la crise.
Ainsi l’Accord complémentaire, dans son Article 3, stipule «.. afin de favoriser l’organisation des élections dans de bonnes conditions, les deux Parties ont convenu de relancer, sans délai et sous la conduite du CCI [Centre de commandement intégré]et la supervision des Forces impartiales, le désarmement, le stockage des armes des deux Forces ex belligérantes, ainsi que la démobilisation des ex combattants des Forces nouvelles. En tout état de cause, ces opérations devront être achevées au plus tard deux mois avant la date fixée pour l’élection présidentielle. »
L’Accord complémentaire prévoit également le regroupement et le cantonnement des forces rebelles, le démantèlement des milices, le paiement de primes de démobilisation le tout « devant être achevé au plus tard deux mois avant les élections présidentielles. » En outre l’article 8 du même Accord complémentaire reconnaît « que la non réunification du pays et les lenteurs accusées dans la normalisation institutionnelle et politique constituent de sérieux obstacles à l’organisation d’élections justes, transparentes et démocratiques. »

Il apparaît que les clauses ci-dessus, absolument essentielles à la tenue d’élections ouvertes, n’ont pas été respectées, les rebelles refusant de désarmer et rendant aléatoire le redéploiement de l’administration et la récupération par l’Etat de ses recettes fiscales et douanières. Or l’expérience récente (Irak, Afghanistan) a montré qu’il était illusoire de prétendre tenir des élections libres et transparentes dans des zones contrôlées par des rebelles en armes.
Pourquoi la communauté internationale n’a-t-elle pas exigé des rebelles qu’ils se conforment à l’Accord politique de Ouagadougou et ses quatre Accords complémentaires qu’ils ont eux-mêmes signés ? Pourquoi le Conseil de sécurité des Nations Unies n’a-t-il pas donné instruction aux rebelles de désarmer tel que prévu dans l’Accord de Ouagadougou que le Conseil a entériné ? Pourquoi le Facilitateur parrain du processus de Ouagadougou Blaise Compaoré n’a-t-il pas exercé les pressions nécessaires pour faire respecter cette clause essentielle ? Et enfin pourquoi les rebelles et leur chef politique, le Premier Ministre Guillaume Soro, ont-ils refusé de désarmer alors qu’ils étaient signataires de l’Accord ?
Ce manquement primordial au processus électoral élaboré laborieusement ouvrait fatalement la possibilité de violences et d’intimidations dans des zones contrôlées de fait par des groupes d’opposition armés dans le Centre, dans le Nord et dans l’Ouest du pays. Le fait que ces violences aient pu entacher la régularité du scrutin a été apprécié différemment par le Conseil constitutionnel et par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d’Ivoire créant ainsi une nouvelle crise.

La deuxième anomalie à mon avis tient à la composition et au mode de fonctionnement de la Commission électorale indépendante (CEI). Prêtant serment au palais présidentiel le 25 février 2010 devant le Conseil Constitutionnel et en présence du représentant du Facilitateur et du représentant des Nations Unies, ses membres s’étaient « engagés à remplir leur mission dans le respect de la Constitution et en toute impartialité ».
Or cette Commission est composée de 31 membres dont 11 représentant les corps constitués et 20 venant des partis politiques et groupes rebelles. Fait probablement unique en Afrique sur les 20 représentants des partis politiques et groupes rebelles dans la Commission, l’opposition compte 18 représentants et le parti au pouvoir 2 ! A supposer même que les représentants des corps constitués (11) soient tous proches du pouvoir, cela ne ferait jamais que 13 en face de 18. En quelque sorte la Commission « indépendante » est bel et bien contrôlée par l’opposition ! D’ailleurs son Président est un membre éminent de la coalition de l’opposition et ancien ministre PDCI dans le gouvernement Gbagbo. Fait curieux, tous ces membres ont été nommés par décret présidentiel ! Et parmi les 18 membres de l’opposition, on en retrouve 6 qui représentent 3 groupes rebelles (MPCI, MPIGO et MJP) ayant depuis longtemps fusionné dans les Forces nouvelles, et 8 issus de 4 partis politiques d’opposition (PIT,UDPCI, MFA et UDCY) dont le score combiné au 1er tour de la présidentielle s’est élevé à 3,5% des voix exprimées, les 4 autres représentant le RDR et le PDCI…Du jamais vu en
Afrique … ou ailleurs !

Et pourtant la loi électorale promulguée en 2001 ne prévoyait que « deux représentants de chaque parti ou groupement politique ayant au moins un Député à l’Assemblée Nationale ou ayant remporté au moins une élection municipale » (3).
C’est qu’entre-temps il y a eu une tentative de coup d’Etat, une rébellion armée, l’envoi par la France et les Nations Unies de forces d’interposition et le début du ballet politico diplomatique menant de Marcoussis à Ouagadougou en passant par Accra et Pretoria.C’est à Marcoussis qu’une telle composition de la Commission a été concoctée au mépris de la Constitution ivoirienne adoptée deux ans plus tôt par une large majorité des Ivoiriens et au mépris des règles d’équité les plus élémentaires.

En plus de cette composition pour le moins insolite (et sans doute pour en atténuer un peu les conséquences) on y ajoute une modalité de prise de décision qui va nécessairement mener au blocage: le consensus. Ce blocage a découlé du différend concernant le sort à réserver aux résultats de plusieurs départements dans le Nord du pays, de l’opportunité de prononcer des résultats provisoires compte tenu du manque de consensus et du dessaisissement de la Commission électorale par le Conseil constitutionnel. C’est suite à ce dessaisissement que le Président de la CEI, membre de l’opposition, a procédé dans la précipitation et la plus grande confusion à une déclaration de résultats provisoires non consolidés et encore moins validés par l’ensemble des commissaires centraux de la CEI et, fait inédit, depuis le QG de campagne du candidat de l’opposition, en d’autres termes de son candidat !

Auparavant une image avait fait le tour du monde, celle de papiers arrachés et déchirés des mains du porte-parole de la CEI, membre de l’opposition. L’auteur de cet acte, commissaire central de la CEI et représentant le ministre de l’Intérieur, a déclaré à la presse pour justifier son acte : « Le mode opératoire que nous avons adopté de façon consensuelle est qu’avant que les résultats ne soient rendus publics, ils ont besoin d’être consolidés en Commission centrale. Ce dont il s’agit, c’est que M. Bamba Yacouba a agi en violation flagrante du mode opératoire unanimement admis par la CEI. »
Il est donc avéré que la Commission électorale n’a pas respecté son serment d’impartialité et de respect de la Constitution. Mais pouvait-il en être autrement au vu de sa composition, de son mode opératoire et des enjeux ? Peut-on être à la fois juge et partie ? Pourquoi devrait on estimer que les résultats collatés et promulgués par le seul Président de la Commission (la Commission n’ayant pas statue à ce jour) reflètent fidèlement le souhait de la majorité des électeurs ? Et surtout pourquoi avoir impose une telle composition de commission électorale ?
En tout état de cause l’ordonnance de 2008 portant ajustement au code électoral pour les élections de sortie de crise indique que la proclamation définitive des résultats relève de la compétence exclusive du Conseil constitutionnel, la proclamation des résultats provisoires par la CEI ne constituant qu’une étape dans le processus électoral.
Et c’est là que survient à mon avis la 3e erreur. Elle est due à la précipitation du Conseil constitutionnel. Il ne s’agit pas ici de remettre en cause sa légitimité ou la légalité de son action. Comme partout ailleurs sa composition et ses attributions sont fixées par la Constitution. Et comme partout ailleurs son Président est nommé par le chef de l’exécutif. L’argument selon lequel son Président serait un proche du Président de la République n’est donc pas recevable. C’est la même chose partout.

Comme partout ailleurs le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire est juge de la constitutionnalité des lois. II « contrôle la régularité des opérations de référendum et de l’élection des représentants du peuple » (4). Il « statue sur l’éligibilité des candidats aux élections présidentielle et législative, les contestations relatives à l’élection du Président de la République et des députés. Le Conseil constitutionnel proclame les résultats définitifs des élections présidentielles (5) ». C’est fort de ce mandat que le Conseil constitutionnel a procédé à l’annulation du scrutin dans 7 départements (sur les 8 contestés) sur la base de l’examen des 5 requêtes introduites par le candidat Laurent Gbagbo au sujet d’irrégularités ayant trait « à l’absence de ses représentants et délégués dans les bureaux de vote ; au bourrage d’urnes ; au transport des procès-verbaux par des personnes non autorisées ; à l’empêchement de vote des électeurs ; à l’absence d’isoloirs ; et à la majoration des suffrages exprimés ».
Sur la base des éléments de preuve soumis en appui des requêtes le Conseil constitutionnel a procédé à l’annulation du scrutin des départements incriminés et procédé au redressement des résultats aboutissant à la proclamation de Laurent Gbagbo comme vainqueur.

Toutefois, puisque comme partout ailleurs la décision du Conseil constitutionnel est finale et sans recours et compte tenu des circonstances exceptionnelles pourquoi le Conseil n’a t’il pas pris le temps d’enquêter plus à fond sur les requêtes déposées par le candidat Laurent Gbagbo et peut-être même solliciter du candidat Alassane Ouattara un dépôt de requêtes quitte à faire une exception sur le non-respect des délais ? De même pourquoi n’a t’il pas ordonne la reprise des élections dans les départements incriminés en sollicitant par le biais du Gouvernement les forces armées et les forces des Nations Unies pour assurer la sécurité dans les bureaux de vote de ces 7 départements?

Toujours est-il que cela demeure une décision de la justice suprême du pays qu’il ne nous appartient pas ici de remettre en cause tout comme cela s’est passé dans nombre d’autres élections africaines et même ailleurs (par exemple lors du face-à-face George W. Bush Al Gore aux Etats-Unis). Je peux comprendre que la rapidité choisie avait pour but de contrer l’action du Président de la Commission électorale mais cela a inévitablement créé une suspicion de partialité.
La dernière précipitation et anomalie ont été bien sûr la certification des résultats par le Représentant des Nations Unies.
Lors d’une conférence de presse tenue à Abidjan le 12 novembre 2010, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Choi Young Jin,avait certifié les résultats définitifs du premier tour de l’élection présidentielle tenue le 31 octobre 2010, six jours après leur proclamation par le Conseil constitutionnel. S’appuyant sur les cinq critères cadres de la certification (paix, inclusivité, accès aux médias d’Etat, liste électorale définitive et résultats), le chef de l’ONUCI avait estimé que le premier tour de l’élection présidentielle avait eu lieu dans « un environnement globalement pacifique et sécurisé, malgré des incidents isolés, notamment des actes d’intimidation et d’obstruction à la liberté de mouvement dans certaines régions. »
Pour la première fois de son histoire l’ONU se voyait conférer un tel rôle. A la suite des Accords de Pretoria (2005)(6) le Conseil de sécurité dans sa résolution n°1765 (7)avait confié au Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies le mandat de certification exercé à titre exclusif et personnel. La résolution précise que « le Certificateur doit sauvegarder les résultats légitimes avec engagement, honneur et détermination. Il veillera à ce que les résultats soient respectés ; que le vainqueur soit celui qui a gagné les élections ; que les résultats ne fassent l’objet ni de contestations non démocratiques, ni de compromissions. »

Reposant sur le respect des critères cadres ci-dessus la certification confiée au Représentant spécial du Secrétaire général comprend donc les différentes étapes du processus électoral, la sauvegarde des « résultats légitimes » et la prévention de « contestations non démocratiques ». La question essentielle à laquelle il convient donc de répondre est bien celle de la signification du terme « résultats légitimes ».
S’agit-il des résultats provisoires ? Ou des résultats définitifs ? Des résultats proclamés par la Commission électorale indépendante ou de ceux proclamés par le Conseil constitutionnel ?
Est légitime ce qui est conforme à la loi. Et dans ce cas d’espèce la légitimité des résultats découle comme dans toute démocratie de l’organe qui confère la légitimation à savoir le Conseil constitutionnel. Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies aurait donc dû travailler sur les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel et décider ou non de les certifier comme cela a été le cas lors du premier tour. En cas de désaccord persistant il aurait pu procéder à la vérification détaillée des critères d’annulation mis en avant par le Conseil constitutionnel et évaluer leur force de justification et même demander, compte tenu des circonstances exceptionnelles, que Alassane Ouattara puisse soumettre des « contestations démocratiques » et ensuite transmettre un rapport au Conseil de sécurité.
Il n’y a pas d’élections « parfaites », ni en Afrique ni ailleurs. Et personne ne peut en outre prétendre aujourd’hui savoir pour sûr qui a gagné les élections présidentielles et surtout si les requêtes déposées étaient valables ou non. Voilà pourquoi un organe judiciaire est celui à qui la loi confère l’autorité en dernier ressort de trancher et de
décider du résultat final du scrutin. En Afrique il y a eu au cours de ces dix dernières années maintes contestations de résultats d’élections. Seules les décisions prises par les organes judiciaires suprêmes ont conféré la victoire à l’un des candidats. Cela aurait donc dû être le cas également en Côte d’Ivoire, à moins de récuser la légitimité de son Conseil constitutionnel ce qui serait contraire à l’ensemble des résolutions du Conseil de sécurité sur la Côte d’Ivoire qui commencent toutes par : « Réaffirmant son ferme attachement au respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité de la Côte d’Ivoire, et rappelant l’importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération régionale ». La supervision exercée par les Nations Unies ne suspend en aucune manière la Constitution ivoirienne.
La précipitation du Certificateur à déclarer un vainqueur a certainement contribué à l’impasse actuelle contrairement à ce qui s’est passé en Guinée où les différents organes ont pris le temps nécessaire ce qui a permis d’apaiser les tensions.
Tous ces dysfonctionnements ont précipité la Côte d’Ivoire au bord de la guerre civile et l’urgence aujourd’hui est d’abord de la prévenir.

Comment en sortir ?
Depuis l’arrivée au pouvoir du FPI en 2000, force est de constater que ce parti n’a jamais pu gouverner sereinement la Côte d’Ivoire. Victime d’un coup d’Etat avorté suivi d’une rébellion armée qui a abouti à une partition de fait depuis 2002, le régime s’est vu imposer par la communauté internationale un partage du pouvoir qui a amené ses opposants et même les rebelles à exercer une partie du pouvoir y compris le contrôle de la Commission électorale et donc du processus électoral.
Au lieu de sanctionner les rebelles et leurs soutiens on leur a offert des strapontins ministériels en imposant des Premiers ministres successifs jusqu’à installer le chef des rebelles au poste de Premier ministre (censé être neutre pendant les élections présidentielles a venir). Ce qu’ils n’ont pas réussi à obtenir par les armes la communauté internationale le leur a offert sur un plateau d’argent sans pour autant obtenir en contrepartie le désarmement et la réunification du pays !
Il est donc compréhensible que la moitié du pays qui a soutenu le Président Laurent Gbagbo ait une légitime attitude de ras-le-bol et de défiance vis-à-vis de cette même communauté internationale qui s’est empressée de reconnaître des résultats provisoires faisant fi du processus démocratique et des règles constitutionnelles du pays. Les instructions et injonctions ne feront que cristalliser la déchirure qui continue à frapper le pays. Quant a une intervention armée, quelque soit le prétexte utilise elle aurait des conséquences incalculables pour toute la région. Et même si in fine Alassane Ouattara venait à exercer le pouvoir, il le ferait contre la moitié du pays et sur un pays dévasté.
Ce qui s’impose donc c’est manifestement le dialogue politique, mais cette fois-ci un dialogue politique direct sans intermédiaires ni accompagnateurs. Qu’on laisse enfin les Ivoiriens régler leurs problèmes !
Aujourd’hui il leur appartient à eux seuls de décider des voies de sortie de crise et surtout de la gestion future des ressources du pays et notamment des réserves substantielles de pétrole qui alimentent bien des convoitises comme partout ailleurs en Afrique.(8)
En attendant l’issue de la crise une attention particulière doit être impérativement accordée à la prévention de la violence des deux côtés et à s’assurer que toute allégation de violation de droits humains fasse l’objet d’enquêtes judiciaires nationales impartiales et de sanctions rapides et appropriées. En effet Il serait naïf de penser dans
une situation pareille que les violences signalées ne viennent que d’un camp. Il n’y a pas en l’espèce d’un côté les « bons » et de l’autre les « méchants ». Il y a une lutte pour le pouvoir en Afrique aujourd’hui, qui au-delà des clivages nationaux ethniques et religieux apparents oppose surtout deux projets de société qui pour faire simple voient
s’affronter des dirigeants tenants d’un libéralisme mondialisé a d’autres qui adhèrent à un panafricanisme souverain et socialisant.
Au moment où l’on commémore les 50 ans d’indépendance, tous les Africains doivent garder les yeux ouverts sur les véritables enjeux de ce qui se passe actuellement en Côte d’Ivoire. La naïveté passe 50 ans est impardonnable !
————————————————————————————————————————————–
FIN
(1)Accord de Marcoussis (France) de 2003
(2)Accord de Ouagadougou (Burkina Faso) de 2007
(3)Article 5 de la loi n° 2001-634 du 9 octobre 2001 portant composition, organisation, attributions et fonctionnement de la Commission électorale indépendante.
(4) Article 32 de la Constitution de la République de Côte d’Ivoire.
(5) Article 94 de la Constitution de la République de Côte d’Ivoire.
(6)Accords de Pretoria (Afrique du Sud) de 2005
(7) Résolution n° 1765 adoptée par le Conseil de sécurité le 16 juillet 2007.
(8) « C’est une zone prometteuse dont les objectifs géologiques s’apparentent aux découvertes importantes réalisées sur les permis voisins au Ghana », confie Marc Blaizot, directeur géosciences de la branche exploration et production de Total. Dans l’état actuel des connaissances, les réserves pourraient atteindre jusqu’à 1,5 milliard de barils. » Jeune Afrique.com, 23 octobre 2010.

Présidents à vie : les Vieux, Indéboulonnables, ou les deux.

Dec2010
Tous ces vieux présidents font état de bilans divers et ne peuvent, bien sûr, être mis sur un même pied. Mais force est de reconnaître que c’eût été une chance pour le continent africain si, plus souvent dans les hautes sphères des Etats, vieillesse rimait avec sagesse.
 
Les papys présidents
1. Robert Gabriel Mugabe, 85 ans, président du Zimbabwe depuis 1987
1 ex æquo. Girma Wolde-Giorgis Lucha, 85 ans, président de l’Ethiopie depuis 2001
2. Abdoulaye Wade, 83 ans, président du Sénégal depuis 2000
3. Mohammed Hosni Said Moubarak, 81 ans, president de l’Egypte depuis 1981
 4. Mwai Kibaki, 78 ans, président du Kenya depuis 2002
5. Paul Biya, 76 ans, président du Cameroun depuis 1981
6. Bingu Wa Mutharika, 75 ans, président du Malawi depuis 2004
7. Hifikepunye Lucas Pohamba, 74 ans, président de la Namibie depuis 2005
 8. Zine El-Abidine Ben Ali, 73 ans, president de la Tunisie depuis 1987 9. Rupiah Banda, 72 ans, président de la Zambie par intérim depuis 2008
9 ex æquo. Bouteflika, 72 ans, président de l’Algérie depuis 1999
10. Ellen Johnson-Sirleaf, 71 ans, présidente du Libéria depuis 2006
10 ex æquo. Mamadou Tandja, 71 ans, président du Niger depuis 1999
 
Les indéboulonnables
1. Mouammar Kadhafi, guide lybien depuis 1970
2. Theodoro Obiang Nguena Mbasogo, président de la Guinée équatoriale arrivé au pouvoir en 1979
3. José Eduardo dos Santos, président angolais depuis 1979
4. Mohammed Hosni Said Moubarak, président égyptien depuis 1981
5. Denis Sassou Nguesso, président congolais depuis 1977 (absent de _ 1992 à 1997)
6. Paul Biya, président camerounais depuis 1982
7. Yoweri Museveni, président ougandais depuis 1986
8. Mswati III, roi du Swaziland depuis 1986
 9. Robert Gabriel Mugabe, président zimbabwéen depuis 1987 10. Zine El-Abidine Ben Ali, président tunisien depuis 1987