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vendredi 28 novembre 2014

Le printemps africain en question

Après que les tunisiens aient ouvert le champ du possible et chassé pacifiquement leur président Ben Ali des plus hautes fonctions de l'Etat, après le refus des Sénégalais, massés devant l'assemblée nationale pour empêcher le ticket présidentiel proposé par le président Abdoulaye Wade et son fils, "ministre du ciel et de la terre", de passer, après la démission contrainte de Moubarak qui n'a pas échappé à la justice de son pays debout ou malade et lunettes de soleil sur civière, après le départ forcé d'un Blaise Compaoré qui a toujours pourtant reçu les onctions de la communauté internationale... Au Burkina Faso, les évènements qui se sont déroulés au pays des Hommes Intègres étaient certainement difficiles à imaginer par les forces civiles qui ont occupé la rue et sont parvenues, en deux jours, à faire vaciller 27 ans de pouvoirs concentrés au creux des mains d'un seul homme.
Bien des exemples peuvent témoigner aujourd'hui d'un renforcement des convictions et de la conscientisation des peuples à décider pour eux-mêmes, introduisant ici un premier jet "d'auto-détermination". Une auto-détermination encore fragile, car impossible ici de se réjouir des suites données selon le terrain, tant les terres concernées ont été percutées de plein fouet par ce qui menaçait depuis plus d'une dizaine d'années déjà, l'extrémiste intégriste AQMI qui rodait, et qui n'a été, malgré la folie des grands dictateurs qu'ait connu l'histoire africaine, jamais aussi libre.

A ce jour, ce que les Occidentaux ont aussi consenti à nommer Etat Islamique (ou Daesh, qui n'est que la traduction littérale arabe des mêmes mots) n'a rien d'un Etat avec des frontières et un gouvernement, et rien de ce que en 2014 l'Islam a su être de plus unanimement partagé sous des sphères modernes mais aussi traditionnelles, EI reste un groupe extrémiste intégriste composé des ramifications les plus hostiles du terrorisme d'aujourd'hui qui sous couvert d'une religion excuse toutes les absurdités qu'il sait héberger. Est-ce le fameux "axe du mal" avant l'heure créé de la bouche de Bush, qui a été détourné dans une Amérique qui avait destiné les musulmans/arabes à payer tout un chacun le nine-eleven, est-ce alors le retour de bâton d'une politique assassine menée par les USA qui n'est plus qu'un pays en guerre sans même attendre d'être forcément attaqué.

Difficile donc selon chaque situation, d'être assuré de la non ingérence des forces étrangères tant les médias alternatifs savent nous éclairer sur les aspects realpolitik qui ont mené certaines déstabilisations, les motivations ne seraient pour certains, tels que Michel Collon, que peu claires quand il s'agit de faire état des irrégularités qui ont articulé le processus d'intervention par exemple en Libye, arguant qu'aucune autorité n'a su prouver le bombardement du Guide Libyen sur les populations, argument principal avancé pour enclencher un process d'intervention. L'instauration du couloir humanitaire également largement détourné bien au delà de la Résolution votée n'a su trouver sa place et a pourtant été décisif sur les évènements qui ont suivi. Neuf mois après, les forces de l'Otan parviendront à cibler le guide physiquement et bombardent au millimètre, Obama l'avait dit, M.Kadhafi doit partir... Si aujourd'hui à chaque fois qu'un chef d'Etat fort décide d'en dévisser un autre alors il ne reste plus qu'à rayer du dictionnaire et de l'usage de la langue française, les mots souveraineté, démocratie, auto-détermination, transparence et indépendance.

Car si on ne laisse pas les peuples parvenir à suffisamment de maturité pour qu'ils fassent tomber les têtes selon leur temps et leurs consciences, alors c'est toute la suite de création de démocratie qui leur est également confisquée. Aisé de constater que partout où les forces étrangères se sont imposées par les armes à faire basculer des gouvernements sous prétexte de détenir le monopole breveté de la Démocratie, il n'y a que terres asséchées et misérables. On ne civilise pas avec les canons, toujours pas, et si BHL peut aujourd'hui dire que la Libye n'a jamais été aussi démocratique, il ne faut pas plus, pour, sans toujours chercher la théorie du complot, admettre que des actes posés par des étrangers en terre inconnue sont douteux et peu honorables.
Ces faits douloureux sont venus décapiter des élans populaires qui auraient du être libres de leurs exigences, car le plus dur reste à venir, et personne ne peut hypothéquer l'avenir choisi de chacun à sa place, certains pays comme la Tunisie ou l'Egypte, si ils n'avaient pas porté leurs révolutions ne pourraient aujourd'hui gérer leur situation somme ils tentent de le faire dans une suite déjà hostile.
Le drapeau l'Al Quaida flottait alors sur le tribunal de Benghazi dès la chute du guide, en Tunisie, les troubles post-Ben Ali issus d'un refus de mélanger politique et religion mirent en scène Ansar Al Charia qui répliquait œil pour œil. L'Egypte elle, luttera contre les Frères Musulmans, rassemblée, tenace et engagée.

Les grands Etats gendarmes du Monde ont fait montre d'une naïveté déconcertante quant aux conséquences qui ont suivi la déstabilisation de la Libye, quand les forces Atlantiques allaient durcir les relations internes et diviser, plaçant la Chine et la Russie en marge, ces deux Etats choqués du sort du Guide, des armes parachutées par l'OTAN en plein Sahara, la dislocation du modèle politique sans anticipations, et la prise de pouvoir de groupes armés descendus sans attendre exporter les troubles jusqu'au MALI. C'est bien l'Afrique qui encore une fois allait subir des évènements qui la dépassaient.


L'Afrique est en pleine mutation, elle dispose d'une population très jeune et ce cycle démographique a encouragé une certaine prise de conscience assez naturellement, la dernière génération plus au fait de ce qu'elle réclame, a plus accès à internet et aux réseaux sociaux qu'à l'eau potable, a vu ses Pères se raconter les illusions déchues des parleurs et tenants du pouvoir, et acte sur ce que auparavant on n'osait remettre en question. Le paradoxe résidera en cela que les grands hommes d'hier assassinés sont des hommes qui avaient une vision extraordinairement moderne, juste et indépendante, tels que Thomas Sankara ou Richard Ratsimandrava pour ne citer que ceux-là.
Le discours de Sankara restera une référence ancienne et actuelle, pertinente et troublante de vérité politique.




A l'aube des décolonisations jusqu'à ce jour souvent nous n'avons pas vu sur le continent d'Ebène, plus de deux présidents venus se succéder au pouvoir, extension de mandats, modifications de constitutions, élections au forceps sous réanimation étaient les moyens utilisés pour faire plier les astres et les éterniser. L'image présidentielle est aussi ce qui a pu permettre cela, il est de tradition en Afrique souvent de considérer les Présidents somme des Pères, on ne change pas de Père, on ne démet pas un Père, on vit avec lui, on grandit avec lui, ainsi il existe plusieurs générations qui ont vu le jour sous le même "mandat", comment donc de cette manière, se rendre compte de l'enjeu de la transition politique, de l'alternance, de l'exercice des droits et devoirs citoyens?
Les conditions de vie aujourd'hui extrêmement précaires, la non redistribution des richesses vers le peuple par les gouvernances, et le manque cruel de développement de terres riches en leur sol viennent cumuler des frustrations et des colères qu'aucun sachet contenant T-shirt-casquette-pagne et petit billet à l'effigie des présidents chéris ne saura plus taire.
Aujourd'hui l'Afrique entend plus que jamais, est alerte sur les évènements qui se déroulent dans le monde, cela peu importe les couches sociales, du chauffeur de taxi au pêcheur désenchanté dévasté par les pêches intensives, à la femme chargée de l'entretien du domicile, en passant par celui qui vent le café Nescafé debout toute la journée durant en sillonnant entre les voitures des embouteillages de Dakar ou de Douala, tous et toutes savent à la sueur de leurs fronts, que leurs efforts pour pouvoir vivre au jour le jour et ne pas avoir de marge de sécurité ne vaut rien.

Cela ne vaut rien, jusqu'à ce que l'éveil citoyen ne reprenne le dessus.

jeudi 8 mai 2014

Le Monde et l'Afrique, la France, François, Bernadette et Nicolas aussi.

            François Hollande dit "Gardez l'Europe mais changez-la", alors que Mme Chirac passe au 13h pour dire que son mari ne se rend pas compte de ce qu'il n'est plus, en glissant en fin d'interview que Nicolas a toujours été auprès d'elle comme un fils, et qu'elle souhaite qu'il revienne.

Si la politique ne nous comprend pas, elle nous prend vraiment pour des benêts qui ne pourraient lire entre ses lignes, et voir plus loin que les bouches qui servent de relais à un ordre économique inexistant et un cumul de déséquilibres calculés et non maîtrisés, conséquences des maîtres chanteurs et autres magiciens impuissants parmi les puissants. mauvais calculateurs pour autrui...

Qui aurait cru que la chute de Moubarak, Kadhafi, ou Ben Ali, puisse aussi franchement faire pencher la balance vers les extrémismes religieux. Mais les greffes ne prennent pas toujours, aux peuples déterminés et autodéterminés de faire la différence, la Tunisie chasse avec énergie de ses terres les Salafistes qui prêchaient en pleine rue, prenaient des jeunes femmes pour les enrôler et instillaient une religion de confiscation des droits qui établissent l'égalité et l'épanouissement connu et su entre hommes et femmes, banalisant un Islam qui n'est pas celui d'une grande nation dont les femmes ont voté avant même celles de France.

Si BHL le philosophe affirme que la Libye n'a jamais été aussi démocratique et libre, elle porte comme coquetterie depuis le jour de "la libération" de Benghazi au toit de son tribunal, le drapeau noir d'Al Quaida et le retour de la Charia...
Une chose est sûre, c'est qu'aujourd'hui il est aisé de différencier l'Islam inadapté aux Hommes de celui qui est vécu sur bien des terres de façon respectueuse, modérée et tolérante, il suffit de regarder et d'écouter les bandes enregistrées de Boko Haram pour réaliser avec certitude que cet Islam qui a perdu la tête, celui qui viole, qui rapte, qui vend, n'est pas celui que l'on sait vivre en 2014, sous les cieux des pays et des citoyens dont les valeurs permettent justement une religion qui accepte la modernité et les défis d'aujourd'hui, tout en conservant ce qui appartient à la sphère privée de tout pratiquant qu'il soit juif, catholique, bouddhiste ou autre.
La banlieue pointée du doigt

 Quand "cités à problème" signifie avant tout cités reniées, non reconnues, abandonnées, exclues du schéma général de la société. A force de constats répétitifs on a finit par délaisser les solutions pour accuser les problèmes, n'assumant pas l'incompétence des politiciens et des analystes de nos sociétés d'hier et d'aujourd'hui à résorber les plaies et brèches qui affaiblissent la société française, désolidarisent les Hommes, découragent les plus vaillants, même si aujourd'hui la "France d'en bas c'est partout et pas seulement en banlieue, et que devant les difficultés de la vie et un pouvoir d'achat estropié tout le monde est égal.

C'est justement cette égalité qui est recherchée, le droit à l'indifférence plus qu'à la différence.
Essai sur la stigmatisation en France et ses origines :
" Robert Castel fait apparaître que la situation matérielle, sociale, économique, culturelle et symbolique de ces jeunes s’enracine dans les politiques conjointes d’urbanisation et d’immigration qui sont menées depuis près de 60 ans, dans le colonialisme et le post-colonialisme ainsi que la discrimination raciale qui leur est liée, dans la paupérisation et la précarité qui frappent ces populations. Leur situation trouve son origine dans une série de stigmatisations et de discriminations.
Ce que sont ces jeunes – si parler de manière aussi globale a un sens – n’est pas la manifestation d’une nature ou essence qui serait celle « des Noirs ou des Arabes », mais résulte d’un contexte et de processus qui concernent l’histoire et les représentations de la société dans son ensemble. C’est cette dimension historique, sociale et idéologique qui est occultée par les processus de stigmatisation et de discrimination, qui fonctionnent en interprétant en termes de nature ou d’essence ce qui relève du social et de l’histoire. Les discours qui, comme celui de Finkielkraut, réduisent les violences de 2005 à un problème ethnique, masquent cette dimension, empêchent la reconnaissance du fait que les problèmes des banlieues renvoient à ce qui traverse la société entière, donc empêchent que la société elle-même (son histoire, ses représentations, son fonctionnement) soit questionnée par ceux-ci." (la Discrimination négative, de Robert castel)"



Revenons à BHL et son aLibye.
 "Dans ses premières années d'indépendance, la Libye est classée par l'ONU parmi les pays les plus défavorisés de la planète : 94 % de la population est analphabète. L'unité nationale demeure fragile, et l'influence du Royaume-Uni, qui renouvelle en 1953 pour vingt ans ses bases militaires en Libye, demeure prépondérante. Les États-Unis renouvellent également leur base militaire en 1954 pour seize ans. L'Italie obtient la garantie des biens de ses colons, qui peuvent librement les conserver ou les vendre, mais verse des dommages de guerre à la Libye. Le Royaume-Uni, dont les anciens fonctionnaires de Tripolitaine sont restés en Libye des conseillers très écoutés, et les États-Unis, conservent une forte influence sur le royaume, auquel ils accordent une aide financière et alimentaire substantielle, et qui leur accorde en retour l'usage de bases militaires et aériennes. En 1956, la découverte de gisements de pétrole par la compagnie Libyan American Oil bouleverse l'économie de la Libye, en lui apportant des royalties inespérées" (Wikipédia)
Voilà bien une histoire d'une grande banalité, quand des pays commencent à vivre dans les années 60, tout comme d'autres, comme les nôtres. Sorti des colonisations dépouillée du rien qu'elle avait, elle entrera dans une phase encore plus violente, mais en même temps, partir de rien c'est encore une autre façon de s'en sortir de toutes façons.

                                                     La Conférence de Berlin et après?...


             Aujourd'hui si la France et d'autres pays des puissances Occidentales sont présents pour maintenir l'Ordre chez les autres, il reste intéressant de ne pas fermer les yeux devant un énième documentaire comme celui diffusé hier au soir sur celui qui dirigeait l'Afrique, cher Mr Foccart, fin instigateur de l'Ordre voulu pour les intérêts autres que ceux des populations locales Africaines des terres partagées autour d'une table entre hommes de belle vie, avec une légèreté déconcertante.
Aisé de constater que les pays qui ont intégré la belle machine Foccart, aujourd'hui n'ont pas encore mérité meilleur destin, ne sont pas encore entrés dans l'histoire, n'ont pas les hommes qui prouvent que les Africains pourraient vivre avec plus de deux euros par jour, avec un sous sol insolent de richesses et des âmes en sursis dessus.


Kadhafi et Poutine
Poutine endosse ce qui reposait à tort ou à raison sur les épaules du Guide Libyen, la confiance de ceux qui pour toutes les raisons raisonnables comme ubuesques, ont une occasion de se méfier "des autres". Ces autres qui ont des économies éventrées, ne nourrissent que les canons et laissent les ventres creux.

Ces autres, qui sans vergogne, décident du sort d'autrui en bafouant la réalité démocratique possible sur des terres qui sentent déjà le souffre, alors que nombre de pays "développés" sont en régression, chez eux aussi les précarités se creusent, les gaps entre les basses classes et les aisées étant abyssaux, les jeunes comme les plus âgés, les couples comme les sans familles...
Si il est aisé de remettre en question et de sanctionner de désapprobation les actes du Guide, ou sa démagogie, si il y a grand désir d'exporter la Démocratie il faudra choisir autre chose que les financements, formations, armements des oppositions, le renversement des chefs d'Etat bien ou mal en place, ou encore les assassinats de ceux-ci, car cela ne redore pas le blason de ce que les peuples même souhaitent pour eux mêmes, et de cette manière tu ôtes le pouvoir du peuple au peuple, et prône le juste contraire de ce que tu prétends éclairer.
Les Tunisiens ont mis le temps pour faire tomber un grand ami de la France, qui n'a jamais été jugé comme dangereux pour son peuple ou sa patrie, les Egyptiens ont réussi à faire venir le leur à son tour déchu derrière les barreaux de sa cellule de jugement de tribunal, beaucoup moins d'investissements en tomawaks et en interventions militaires lourdes qu'en Libye... Certains chefs d'Etat aux fortunes scandaleuses avec des populations opprimées sont encore sur le tapis rouge de l'Elysée, Elysée devenue absolument muette quant aux affaires Africaines, rien de mieux que de supprimer la cellule, le mutisme, seul possibilité.

Ces alliances singulières si elles sont compréhensibles et naturelles sous l'OTAN entre France, Britanniques ou Américains, sont dénoncées  quand il s'agit de la BRICS. BRICS que les Africains ne conscientisent qu'insuffisamment, n'ayant pas le souffle pour laisser leur survie de côté face aux défis de chaque jour, pour prendre leur force et leur responsabilités d'Hommes du Monde.

C'est relativement récent de se retrouver dans un groupe qui peut faire contrepoids face au bloc OTAN et avec une autre "psychologie" politique. En se ralliant à des forces émergentes, la Russie prouve une empathie non dissimilée et une capacité à assumer les difficultés qui résident à soutenir et considérer comme égal et allié, plus petit que soi. Rien qu'en cela alors il sera possible d'écouter, même sans l'entendre vraiment, que certaines parties du monde vont avoir une vision plus souple sur les évènements qui relient Poutine à la Crimée, ou encore les volontés contraires posées avec la Chine face à la situation Syrienne.









C'est d'ailleurs ici tout l'enjeu, chaque réaction populaire par exemple s'explique souvent par des raisonnements tels. Qui sont souvent dénigrés par les plus grands, qui eux même pourtant pensent de même, mais dans leur sens...

Selon le Legatum Institute, qui combine ressources et indice de bien être des populations en considérant  l’économie, l’entrepreneuriat, l’éducation, la santé, la gouvernance, la sécurité, les libertés individuelles et le capital social, certains pays se détachent, avec une fougue inattendue comme l'Egypte, qui en 2010 était 89ème selon les indices de prospérité et se retrouve aujourd'hui 10ème, on y trouve aussi le Botswana ou encore le Malawi. Le Nigéria est devenu la première puissance du continent d'ébène et passe devant l'Afrique du Sud. L'Afrique est, en pas seulement au figuré, un Continent qui se lève, non qu'il ait tardé à la faire, mais qu'il n'a que maintenant seulement les moyens premiers peu importe lesquels ils sont, de se faire entendre. Le continent Noir et les zones ralliées sont aujourd'hui comme hier, et ainsi il en sera demain, un "partenaire" indispensable aux autres qu'il le veuille ou non.













LA BRICS : "Les cinq pays composant le BRICS sont pour la plupart considérés comme des grandes puissances émergentes , ils sont respectivement les sixième, neuvième, dixième, deuxième et vingt-neuvième puissances économiques mondiales (au sens du PIB nominal) et septième, sixième, troisième, deuxième et vingt-cinquième en parité de pouvoir d'achat. Ils comptent 40 % de la population mondiale et, en 2015, ils devraient assurer 61 % de la croissance mondiale selon le FMI . Leur place dans l'économie mondiale croît fortement : 16 % du PIB mondial en 2001, 27 % en 2011 et d'après des estimations, 40 % en 2025. En 2011, le BRICS totalisait un PIB de 11 221 milliards pour près de 3 milliards d’habitants .

-ECH

mercredi 26 février 2014

Scandales politico-financiers, fortunes des élites et pauvreté.


                            Ce n'est pas très original et tout le monde s'y est habitué, les Présidents à vie ou presque nous laissent aboyer, se disant que leurs caravanes rutilantes passent suffisamment loin de nous et que nous avons la mémoire courte, de toutes façons, et que la misère nous occupera bien assez.
Effectivement la misère prend les tripes et la tête, avec une chose qui tend à changer et qui est inespérée, la conscience politique qui s'éveille et qui a réussi à passer outre les niveaux d'instruction médiocres, quand les dernière générations trentenaires ou presque aujourd'hui « s'arment » d'un smartphone et s'activent sur les sites de micro-blogging.
De la Tunisie en passant par le Sénégal qui a même créé son propre « hashtag » -kebetu-, beaucoup de ténacité et de vigilance ont permis les veilles sur les grands événements politiques, tels que la chute de Ben Ali, ou les résultats des élections présidentielles Wade/Sall. Les formations aujourd'hui circulent sur le net sur les révolutions non violentes, pacifiques, qui portent en elles les espoirs des populations les plus réprimées. Les populations seront certainement de moins en moins isolées de ce qu'elles ne maîtrisent pas, pour être actives et réactives sur ce qu'elles maîtrisent.

Nombre de documentaires disponibles même sur le web, nombre d'articles ou de sujets en radio ont été réalisés et écrits à ces fins, informer le plus grand nombre des excès de nos dirigeants, et cela sous tous les cieux. En France, les réactions choquées des citoyens fusent quand Cahuzac se fait prendre dans le cyclone du scandale politico-financier, les affaires ELF ou celle de la disparitions des archives papiers de Claude Guéant sous Sarkozy démontrent que ces histoires cachées et inavouables font partie d'un art qui n'est pas seulement l'affaire des « biens mal acquis » des Africains presque centenaires et encore au pouvoir. Ce sujet est à nouveau en une ces jours-ci, quand les fusillés de Kiev font que le Président Vicktor Ianoukovitch déserte ses responsabilités, en laissant derrière lui la datcha comportant en elle-même une station service privée, un zoo, un lac et une sorte de Drakkar fier et droit sur le plan d'eau..

      


Qu'est-ce donc que cette insensibilité morale et éthique des divers chefs de partis, ou d'institutions, qui banalisent les fortunes pourtant décriées et mises au grand jour, d’états en crise, de populations à bout de nerf, réclamant le pain et le toit, qui banalisent surtout les actes inhumains envers les peuples.
Quelle honte, si ce n'est pas la première fois que l'on tire à balles réelles sur les hommes de la rue, de Madagasikara jusqu'en Ukraine, que les politiciens et les instigateurs spécialisés et passionnés en troubles constitutionnels s'acharnent sur les peaux dénudées et démunies des « contribuables » qui ne semblent aujourd'hui contribuer presque exclusivement à l'enrichissement personnel des plus hauts placés.
 
                                       
                                                         7 Février 2009 – Madagasikara / Antananarivo


Les populations les plus exposées aujourd'hui se révoltent pour le pain. Voilà bien une régression du Nord au Sud qui n'a pas toujours d'excuses, et nombreux pays en crise portent en eux des erreurs systèmes assez considérables. le monde tourne autour d'hommes qui prendront la pause autant avec Obama que Sarkozy même quand il se retrouvent au cœur de scandales financiers ou de mœurs inimaginables. L'Italie a Berlusconi, fondateur de Fininvest et propriétaire du groupe de communication Médiaset, qui était à la tête d'une fortune de 7,8 milliards de dollars en 2011, l'Espagne, qui subit de plein fouet la crise économique mondiale et la crise de la dette de la zone euro, va jusqu'à faire venir à la barre la famille Royale via l'infante Cristina, quand lui avait alors été reproché d'être concernée par des affaires de blanchiment d'argent et de fraude fiscale.
Il n'y a jamais eu autant d'argent entre les mains d'une infime partie de la population mondiale.

Jamais tant de sombres dossier n'avaient défrayé la chronique, tant l'écart s'est creusé entre les tenants de pouvoir et les populations. En effet plus les précarités se creusent, et plus ces sujets sont l'occasion de dénoncer les inégalités et les abus de tous ordres devant une moralité politique qui s'est fait la malle, et une éthique ignorée volontairement, un peu comme quand on trompe sa femme, on dit que la respecter c'est faire en sorte que cela ne se sache pas.
La Realpolitik a pris le dessus dans toutes les circonstances et s'est immiscée comme propice peu importe l'histoire et la culture politique. Dire qu'elle est nettement concentrée sur les pays dits « en voie de développement » est donc inexact.
Quand on dit du continent noir freiné qu'il ne s'en sortira pas puisque rongé par de médiocres réflexes politiques, on peut s'étonner de constater que sous les réalités reconnues des plus « démocratiques » l'animal politique reste le même, chercher les financements à la veille des campagnes électorales, monnayer de grands services ou effacer certaines mémoires devient facile peu importe le soleil qui éclaire les grands esprits. L'Afrique est d'ailleurs pour la chose fort courtisée, depuis que tous les prétendants au pouvoir d'Occident et d'ailleurs venaient s'impatienter à la porte de tant de chefs d’état du continent mère pour attirer compassion financière et soutien face aux besoins de bois-sans-soifs ayant ambition politique plus grande que désir d'élever les masses asservies. Et là la vérité nous révèle que des pays dont les habitants vivent dans une précarité extrême et qui n'ont rien pour eux ont des gouvernants/gouvernements qui financent les élections des présidentiables de pays d'Occident !


 
Grâce aux médias, au web, à la capacité d'expression individuelle modifiée, aujourd'hui de plus en plus d'informations pertinentes et vérifiées sont portées à la connaissance des internautes, des lecteurs et autres téléspectateurs, toujours mieux ébahis par les chiffres étourdissants devant un Poutine détenant plus de 40 milliards de dollars (2011), ou un Kadhafi qui lui tiendra tête avec plus de 120 milliards de dollars selon le centre de recherche CERNAM.
Les grands exemples de puissances laissent rêveurs les tous petits lecteurs, quand on lit que la dette publique des États-Unis dépasse son plafond et atteint 17027 milliards de dollars et que les personnalités qui gèrent ces grands ensembles sont issues d'écoles prestigieuses depuis la nuit des temps et ont eux-mêmes fortunes personnelles plus que conséquentes. Le maire de New York par exemple est le 13ème américain le plus riche avec une fortune personnelle de 18,1 milliards de dollars en étant également à la tête de Bloomberg L.P qui vaut aujourd'hui 23 milliards de dollars.
Là n'est pas de dire que ces hautes personnalités au pouvoir ont une fortune détournée pour tous de l’État pour lequel ils œuvrent, mais de dire que certainement certaines postures et réseaux servent ces intérêts. Évidemment souvent avant les mandatures, ces hommes avaient déjà belle fortune, et ont su développer stratégiquement leurs affaires également sur appui de postes clés, qui forcent aux conjonctures favorables et favorisées.

le pot de terre contre le pot de fer : Comment doit se positionner aujourd'hui le petit entrepreneur ou l'artisan qui s'installe à son compte, ou celui qui trime sous le soleil brûlant, les bras chargés de chargeurs téléphoniques, boîtes de mouchoirs empilées, et autres brosses à dent pour 3000 FCFA en fin de journée, comment peuvent se positionner les ouvriers qui voient leurs usines fermer devant la décentralisation massive d'immenses groupes bénéficiaires qui doivent honorer les actionnaires et la concurrence du marché de la production avant la protection de l'emploi des pays dont ils sont pourtant issus, comment comprendre qu'il vaut mieux exploiter des hommes et des femmes à 100 euros le mois au lieu d'imposer la décence et de payer les gens en fonction d'une règle de respect mutuel et de désir d'élévation pour l'autre?
Comment expliquer aujourd'hui que les tenants du pouvoir ne créent pas chez eux les hôpitaux qu'ils vont chercher à l'étranger pour eux-mêmes, les écoles supérieures dans lesquelles ils mettent leurs petits dès que l'âge est acquis, comment expliquer qu'ils trouvent le sommeil quand les populations s'entassent entourées d'immondices, sans pouvoir faire face à al maladie, à la violence, au vol, au viol, dans ces familles il n'y a ni début de mois ni fin de mois, chaque jour est une fin de mois...


Le pire reste encore à être découvert sur le mélange affaires-politique, quand Serge Dassault depuis la France montre avec brio comment quand on a la fortune et le pouvoir, on achète des voix lors des élections municipales à Corbeille-Essonne, le même Dassault qui donnait tout pour défendre son immunité parlementaire il y a peu, et qui avait rassemblé autour de lui les atouts nécessaires jusqu'à là. Satanée immunité... Acheter des voix ou même les inventer n'était pas nouveau, les emplois fictifs, ou les électeurs fantômes, affaire Elf ou autre, les exemples ne manquent pas pour dire que les cols blancs ou les politiciens, quand ils exercent leurs ambitions, ils le font avec l'accord tacite de leur sphère proche et élargie, et savent que leur pouvoir éteindra toute tentative de nuisance malvenue.

Le vieux Continent noir est en ligne de mire, et c'est bien là la Terre de certains des plus grands conflits de ce monde, quand la guerre, la famine, la précarité, ont de grandes affinités avec le train de vie insolent des Présidents, de leurs descendants et proches des nébuleuses. Là s'opposent catégoriquement d'une part, développement local des infrastructures, qualité et niveau de la vie des habitants, créations d'emplois, respect des droits de l'homme, respect des institutions,... et d'autres part, luxure et croissance exponentielle des moyens financiers d'une poignée d'hommes qui détiennent les responsabilités d'épanouir les pays et les hommes, faisant fi de la redistribution des richesses aux populations, et des équilibres à maintenir là où souvent l’oppression prend lieu et place de toute contestation mineure ou plus importante.
Les structures politiques sont centralisées autour d'un parti unique, et si le mirage du multipartisme venait à poindre, cela serait dans la seule condition que le parti unique garde la main mise sur le pouvoir, quitte souvent à organiser soi même l'opposition, pour maîtriser les tenants et les aboutissants, simuler une diversité d'opinion et de partis, et installer les populations un temps crédules, dans une illusion de Démocratie. N'est pas rare de voir que le moindre parti issu de la force politique la plus imposée et en lien avec les chefs d'Etat porte en lui le mot « Démocratie. », et se trouver être l'acteur majeur de marasmes économiques et sociaux.

Le Continent Africain et les zones ralliées portent en eux une insolente richesse, en ayant comme seul grande faiblesse fatale de ne pas exploiter elles mêmes es richesses, et de dépendre trop sur ces questions, des autres qui ont marqué l'histoire passée ou les contrats d'aujourd'hui immuables. Si l'Afrique se mettait à gérer ses ressources avec intelligence, créativité et implication, elle dépasserait même les fameux « objectifs du millénaire ».

Inconcevable donc de voir qu'aujourd'hui certains pays fort subventionnés ne sont pas pourvus en électricité ou en eau potable et courante de façon satisfaisante, offrant aux habitants une pénibilité et une précarité qui vont directement à l'encontre du développement.

La question des richesses et incontournable, et tous les cas méritent à être évoqués, la Namibie, l'Afrique du Sud, le Niger, ou encore l'Algérie ont l'uranium pour que seulement six pays d'Afrique qui détiennent des réacteurs nucléaires, l'exemple de ce qui est démontré sera définitivement la pénurie de carburant au Nigeria en 2007, quand l’inefficacité des raffineries locales, matériel défectueux, rétention des stocks et approvisionnement inadéquat ont pu entraîner des pénuries dans le pays plus gros producteur de pétrole d'Afrique.

« La gestion rentière de l'économie caractérise la manière dont les élites politiques et économiques des pays du Tiers-mondes en général et notamment des pays africains subsahariens conduisent les affaires dans leurs pays respectifs. Le pacte colonial accepté et pratiqué par les premiers Chefs d'Etats africains de ces pays dits indépendants, les scandales économiques et financiers liés au bradage des ressources minières, le gaspillage public, la gabegie et la corruption des hommes au pouvoir sans vision d'avenir pour leurs compatriotes et pour eux-mêmes, l'absence de gestion rationnelle de l'économie, l'extrême penchant à l'égoïsme des cadres intellectuels et le réel manque de volonté politique des gouvernants pour promouvoir la production et mettre en place une redistribution des fruits du travail sont successivement évoqués dans leurs manifestations diverses mettant toujours à nu la connivence des élites au pouvoir dans leur tragique avènement.

Du Libéria à la République du Centrafrique, et au Mozambique, passant par la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Nigéria, le Tchad, les deux Congo, l'Angola ; du Bénin au Mali, en Guinée, au Niger etc. les pratiques aboutissent au même résultat d'appauvrissement à l'extrême de la population par une junte d'intellectuels aux affaires. Ce ne sont pas les peuples qui manquent de courage et de volonté de changement insiste Bamony. Mais l'échec de ces pays dans la voie du développement à l'Occidental, tient essentiellement à la faiblesse de leurs élites. Mais comment des sociétés aux traditions hospitalières et solidaires réputées peuvent-elles secréter des élites politiques qui font preuve d'un égocentrisme sans comparaison, en livrant leur peuple à la mort certaine ? »

Extrait de Pierre Bamony, Pourquoi l'Afrique si riche est pourtant si pauvre ?, Le Manuscrit, coll. « Essais et Documents », 2010



Erika Cologon Hajaji

mercredi 29 janvier 2014

Lumumba - Un 30 juin 1960... en Afrique

Ce discours prononcé devant le roi des Belges, Axel Marie Gustave Baudoin, est réputé avoir scellé le sort funeste de Patrice Emery Lumumba.  En effet, il marquait d’emblée la ferme volonté du Premier ministre congolais d’exercer toute la souveraineté politique que supposait le principe de l’indépendance conquis de haute lutte face au colon. Or, les élites colonialistes belges entendaient continuer de piller les ressources du Congo, tout en feignant d’approuver une indépendance qu’elles prétendaient officiellement avoir octroyée, tandis qu’elles insinuaient officieusement que les Congolais n’y étaient pas encore préparés.


Congolais et Congolaises,
Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux,
Je vous salue au nom du gouvernement congolais.

A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.

Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte  qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.

Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant, exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers.

Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions nègres. Qui oubliera qu’à un noir on disait « tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « vous » honorable était réservé aux seuls Blancs ?
Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n’était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même.
Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillottes croulantes pour les Noirs, qu’n Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du blanc dans sa cabine de luxe.
Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation ?

Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréé pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. La République du Congo a té proclamée et notre pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entière. Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles.

Nous allons mettre fin à l’oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens jouissent pleinement des libertés fondamentales prévues dans la Déclaration des droits de l’Homme.
Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu’elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudront sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays. Nous allons faire régner nos pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des cœurs et des bonnes volontés.
Et pour cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses,  mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu’elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu’elle soit. Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l’histoire, n’a pas essayé de s’opposer à notre indépendance, est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d’être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette coopération, j’en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis .
Ainsi, tant à  l’intérieur qu’à l’extérieur, le Congo nouveau, notre chère République, que mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous demande de m’aider de toutes vos forces. Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger.

Je demande à la minorité parlementaire d’aider mon gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques. Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise. Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République ; si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays. L’indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain.

Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de race, mes frères de lutte, ce que j’ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre indépendance complète et souveraine. Notre gouvernement fort, national, populaire, sera le salut de ce pays.
J’invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants, à se mettre résolument au travail en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique.

Hommage aux combattants de la liberté nationale !
Vive l’indépendance et l’Unité africaine !
Vive le Congo indépendant et souverain !

Bourgi : Il me suffisait de dire : "Papa, 'Mamadou' a besoin de quelque chose."

Pourquoi prendre la parole aujourd’hui?
Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre Péan, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre Djouhri et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu’un que je connais bien, Dominique de Villepin. Depuis quelques jours, j’observe, je lis et j’entends les commentaires de ce dernier sur l’enquête de Pierre Péan. Trop, c’est trop. À 66 ans, j’en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale… J’ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n’ai jamais mérité. Dans le livre de Pierre Péan, vous racontez comment Villepin vous a déçu… J’ai travaillé avec Dominique pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d’un ami, de quelqu’un que l’on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m’a chassé. Oui, il m’a déçu. N’est pas de Gaulle qui veut. L’entendre donner des leçons, lui que je connais de l’intérieur, m’exaspère.

À quand remonte votre première rencontre?En mars 1997, le jour de l’enterrement de mon maître, Jacques Foccart, Dominique de Villepin m’appelle et me dit qu’il m’attend le soir même dans son bureau. Ce soir-là, à l’Elysée, il y a Jacques Chirac. Le président me demande de reprendre le flambeau avec Villepin… Et souhaite que je l’initie à ce que nous faisions avec le "Doyen", comme j’appelais Foccart. C’est-à-dire?Pendant trente ans, Jacques Foccart a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d’État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j’ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris.

Directement?
Oui, bien sûr. C’était toujours le soir. "Il y a du lourd?" demandait Chirac quand j’entrais dans le bureau. Il m’installait sur un des grands fauteuils bleus et me proposait toujours une bière. Moi qui n’aime pas la bière, je m’y suis mis. Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu’à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L’argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C’était en 1995. Il m’avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac. En rentrant, le "Doyen" m’avait dit que cela s’était passé "en présence de Villepinte", c’est comme cela qu’il appelait Villepin. Foccart ne l’a jamais apprécié… Et c’était réciproque.

Pourquoi?
En 1995, Juppé et Villepin se sont opposés à ce que Foccart occupe le bureau du 2, rue de l’Élysée, qui était son bureau mythique du temps de De Gaulle et Pompidou. Le "Doyen" en avait été très amer. Il avait continué à apporter les fonds, mais il avait été humilié.

À combien évaluez-vous les remises d’argent de Foccart venant d’Afrique?
Incalculable! À ma connaissance, il n’y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales.


Jacques Chirac, accusé par Jean- Claude Méry dans sa fameuse cassette d’avoir vu une remise de 5 millions de francs, a toujours démenti tout cela…
Je sais ce que je dis. Je sais ce que j’ai fait.
Que faites-vous donc à partir de 1997, à la mort de Foccart, avec Dominique de Villepin?
Je l’ai présenté aux chefs d’État africains. Au début, ils se sont étonnés de devoir traiter avec Villepin, qui avait déjà son discours officiel sur la "moralisation"… Je leur ai dit que c’était une décision du "Grand", autrement dit de Chirac. Je dois dire que Villepin s’y est bien pris avec eux. Que le courant est bien passé. Il a su y faire… Il m’appelait "camarade" et s’est mis à m’offrir du whisky pur malt de 1963.

Et les remises de valises ont continué?
Elles n’ont jamais cessé. À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé "la marche à suivre". Il s’est même inquiété. C’est sa nature d’être méfiant. Je devais me présenter à l’Élysée sous le nom de "M. Chambertin", une de ses trouvailles. Pas question de laisser de traces de mon nom. Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d’État africains - Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Denis Sassou Nguesso(Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) - ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002.

Alors que ces fonds en liquide ne figurent sur aucun compte officiel, que les fonds secrets avaient été supprimés par Lionel Jospin, que l’affaire Elf avait mis en lumière les fortunes occultes des chefs d’État africains…
C’est l’exacte vérité. Un exemple qui ne s’invente pas, celui des djembés (des tambours africains). Un soir, j’étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin 3 millions de dollars. Compaoré a eu l’idée, "connaissant Villepin comme un homme de l’art", a-t-il dit, de cacher l’argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu’à l’Élysée. C’est la seule fois où j’ai pu me garer dans la cour d’honneur! C’était un dimanche soir et je suis venu avec un émissaire burkinabais, Salif Diallo, alors ministre de l’Agriculture. Je revois Villepin, sa secrétaire, Nadine Izard, qui était dans toutes les confidences, prendre chacun un djembé, devant les gendarmes de faction… Les tams-tams étaient bourrés de dollars. Une fois dans son bureau, Villepin a dit : "Blaise déconne, c’est encore des petites coupures!"

Comment écoulait-il ces fonds? Pierre Péan a demandé à Éric Woerth, trésorier de la campagne de 2002, qui n’a jamais eu vent de ces espèces…
Je ne sais pas ce que Chirac et Villepin en faisaient. C’est leur problème.

Vous dites que Laurent Gbagbo aussi a financé la campagne de Jacques Chirac en 2002…
Oui. Il m’avait demandé combien donnait Omar Bongo, et j’avais dit 3 millions de dollars. Laurent Gbagbo m’a dit : "On donnera pareil alors." Il est venu à Paris avec l’argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J’ai eu l’idée de les emballer dans une affiche publicitaire d’Austin Cooper. Et je suis allé remettre le tout à Villepin, à l’Élysée, en compagnie d’Eugène Allou, alors directeur du protocole de Laurent Gbagbo. Devant nous, Villepin a soigneusement déplié l’affiche avant de prendre les billets. Quand on sait comment le même Villepin a ensuite traité Gbagbo, cela peut donner à réfléchir…

Jacques Chirac était-il au courant de toutes les remises d’espèces?
Bien sûr, tant que Villepin était en poste à l’Élysée. Lors des grandes remises de fonds, j’étais attendu comme le Père Noël. En général, un déjeuner était organisé avec Jacques Chirac pour le donateur africain, et ensuite, la remise de fonds avait lieu dans le bureau du secrétaire général. Une fois, j’étais en retard. Bongo, qui m’appelait "fiston" et que j’appelais "papa", m’avait demandé de passer à 14h 45. Nadine, la secrétaire de Villepin, est venue me chercher en bas et m’a fait passer par les sous-sols de l’Élysée. J’avais un gros sac de sport contenant l’argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l’Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu’il contenait. Ce jour-là, j’ai pensé au Général, et j’ai eu honte.

Après la réélection de 2002, Villepin a quitté l’Élysée pour le ministère des Affaires étrangères. Avec qui traitiez-vous?
Toujours avec lui. Cela a continué quand il est passé au Quai d’Orsay, à l’Intérieur, et aussi quand il était à Matignon. Place Beauvau, un nouveau "donateur", le président de Guinée équatoriale Obiang NGuéma, a voulu participer. J’ai organisé un déjeuner au ministère de l’Intérieur, en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade et son fils Karim, au cours duquel Obiang NGuéma a remis à Villepin une mallette contenant un million et demi d’euros. Parfois, Dominique sortait directement l’argent devant nous, même si je venais accompagné d’un Africain, et, sans gêne, il rangeait les liasses dans ses tiroirs. Pour l’anecdote, je lui laissais parfois la mallette sans qu’il l’ouvre en lui donnant le code de la serrure… Une autre fois, lorsqu’il était à Matignon, Villepin s’impatientait parce que l’ambassadeur du Gabon était en retard. Il est finalement arrivé tout essoufflé avec un sac contenant 2 millions d’euros. "C’est lourd", disait-il… en frôlant l’infarctus.

À cette époque, en pleine affaire Clearstream, Dominique de Villepin a toujours évoqué les consignes présidentielles de "moralisation de la vie publique"…
Oui, en public, il a toujours eu ce discours. Dominique est quelqu’un de double. Un individu à deux faces. Pendant toute la période Clearstream, à plusieurs reprises, il était euphorique. "On va bourrer le nabot", disait-il en parlant de Nicolas Sarkozy. Il était certain, pendant des mois, que l’affaire Clearstream allait tuer politiquement son rival. Au total, après qu’il eut quitté l’Élysée, j’estime avoir remis à Villepin, en direct, une dizaine de millions de dollars. Et, outre cet argent liquide, je lui ai remis des "cadeaux"…

Quel genre?
Je me souviens d’un bâton du maréchal d’Empire, qui lui avait été offert par Mobutu. Bongoet Gbagbo lui ont aussi offert de superbes masques africains. Bongo lui a offert des livres rares, des manuscrits de Napoléon… Chirac a reçu des cadeaux splendides, aussi. Je me souviens d’une montre Piaget offerte par Bongo, qui devait réunir environ deux cents diamants. Un objet splendide, mais difficilement portable en France…

Comment savez-vous cela?
J’avais accès au gestionnaire du compte parisien d’Omar Bongo, et il m’est arrivé d’aider certaines personnes proches de Dominique, qui en avaient besoin. Avec "papa", nous avions un code: entre nous, nous appelions Villepin "Mamadou", parce qu’autrefois un secrétaire général du président gabonais se prénommait ainsi. Il me suffisait de dire : "Papa, 'Mamadou' a besoin de quelque chose." Et Omar Bongo me disait de faire le nécessaire
Vous disiez que les remises d’espèces ont continué quand Villepin était à Matignon...
Bien sûr. Les présidents africains avaient dans la tête que Villepin allait préparer la présidentielle. Omar Bongo, place Beauvau, lui avait dit : "Dominique, entends-toi avec Nicolas." Et Villepin lui avait ri au nez et lui avait répondu : "J’irai à Matignon, puis à l’Élysée." Il avait un sentiment de toute-puissance à cette époque. Je me souviens d’un jour, au Quai d’Orsay, où sa secrétaire m’appelle en urgence. "Camarade, un double whisky aujourd’hui, la ration John Wayne", me lance Dominique dans son bureau. Il avait quelque chose à me dire : "Aujourd’hui, j’ai atteint l’âge du général de Gaulle le jour de l’appel du 18 juin, j’ai 49 ans, Robert! Je serai l’homme du recours!" Il a prononcé plusieurs fois cette phrase – "Je serai l’homme du recours" – en imitant la voix du Général. En rentrant chez moi, j’ai dit à ma femme qu’il y avait peut-être un problème…

UN MILLIARD D'AFRICAIN



Avec son milliard d’habitants atteint quelque part au cours du premier semestre de 2009, ses 2 milliards prévus en 2050 et ses 4 milliards annoncés pour 2100, alimentons un peu plus l’usine à fantasmes et rajoutons à cela les records planétaires de fécondité et de jeunesse d’une population dont la taille double à chaque génération malgré des taux de mortalité infantile et maternelle élevés.
Une espérance de vie à la naissance la plus basse au monde (50 ans en Afrique subsaharienne, 68 ans au Maghreb), la forteresse Europe a de quoi nourrir ses peurs, sa paranoïa et son arsenal anti-migrations pour les décennies à venir.

Encore sous-peuplée
Et pourtant. Cette Afrique "milliardaire" reste à la fois sous-peuplée – un peu plus de 30 habitants au kilomètre carré, quatre fois moins qu’en Europe – et mal peuplée, avec sa diagonale du vide qui va du Soudan à la Namibie et ses archipels à trop forte densité des Grands Lacs, des plateaux éthiopiens et de l’Afrique occidentale atlantique. On y trouve certes des mégapoles et cinquante-sept villes millionnaires en 2009 – elles étaient vingt-cinq il y a dix ans et deux seulement, Le Caire et Johannesburg, en 1960 ! Aujourd’hui, Douala compte autant d’habitants que Paris ; Abidjan, Alger et Luanda deux fois plus. Mais tous les démographes vous le diront : la croissance de la population africaine n’a rien d’exceptionnel et, même si la baisse globale de la fécondité est désormais inscrite dans la durée, il n’est pas prévu qu’elle diminue avant au moins deux générations. Après tout, il y a quatre siècles, avant que la ponction esclavagiste et la stagnation coloniale ne viennent faire leur œuvre, l’Afrique représentait près de 17 % de la population mondiale, contre moins de 7 % en 1900 et un peu plus de 14 % aujourd’hui. « L’explosion » démographique du continent tant redoutée au Nord n’est donc qu’un simple rattrapage – somme toute moral – des injustices de l’Histoire. La vieille Europe aussi a connu ce type de phénomène, à cette différence près que les grandes migrations de décongestion du type de celles qui, au XIXe siècle, virent des millions d’Européens pauvres traverser l’Atlantique pour s’installer en Amérique sont aujourd’hui interdites aux Africains. Jamais, en ces temps de mondialisation, les barricades de la honte qui séparent le Nord du Sud n’auront été aussi étanches.

41 % de moins de 15 ans
Pour le continent, le vrai challenge ne réside donc pas tant dans l’absorption du milliard d’habitants que dans l’extrême jeunesse de ce milliard. Aucune autre région de la planète n’a une population aussi jeune : 41 % de moins de 15 ans (43 % au sud du Sahara, 33 % en Afrique du Nord) ! Facteur positif pour l’avenir ? A priori, oui. La jeunesse, c’est le goût du risque et d’entreprendre, l’optimisme, la créativité, le ferment social, bref, ce « bonus démographique » qui a été déterminant dans le décollage de l’Asie du Sud-Est. Mais rien, hélas, n’est aussi simple, pour deux raisons. D’abord parce que la notion même de jeunesse, en tant que classe d’âge, est souvent brouillée en Afrique. On y travaille tôt, on s’y débrouille tôt, on y fait des bébés tôt, on y passe brutalement de l’enfance à l’âge adulte et on y a très vite sur le dos le carcan des obligations communautaires. Le plus souvent, les rêves binaires des jeunes Africains – soit émigrer à l’étranger, soit accéder à la table du banquet afin d’en faire profiter, en premier lieu, sa famille – n’ont donc rien qui fasse d’eux des modèles positifs de réussite au service du développement. L’autre raison, fondamentale, relève de la responsabilité directe des dirigeants du continent, lesquels ont, à quelques exceptions près, failli en ce domaine. Si l’Asie des dragons a pu et su mettre à profit la jeunesse de sa population pour décoller, c’est parce que trois facteurs essentiels étaient réunis ou sur le point de l’être : un système éducatif de qualité, un taux de fécondité en baisse structurelle et un écart d’inégalité dans la distribution des revenus (l’« indice de Gini », bien connu des spécialistes) tolérable, si ce n’est tout à fait acceptable. Or, dans la majorité des pays africains, un seul de ces facteurs – celui de la fécondité – est pour l’instant plus ou moins maîtrisé, le niveau scolaire étant aussi bas qu’est élevé celui des inégalités sociales. S’ils veulent éviter que leur continent continue d’être une machine à fabriquer des générations perdues, ceux qui en ont la charge seraient donc bien inspirés de passer enfin des discours aux actes… (François Soudan)

Diaspora d'Afrique, Acteur de la relève Economique du pays d'origine.

En 2008, le transfert des fonds en Côte d'Ivoire a donné 107,500 milliards de Fcfa.
Ce qui représente 0,93% du Pib du pays, selon SEM Joachim Anvire, directeur du département des ivoiriens de l'étranger. Jugeant que pour susciter l'investissement, il faut un environnement crédible et apaisé.

Le réseau Côte d'Ivoire diaspora (Recid), association transnationale, veut s'inspirer des expériences d'autres pays émergents pour développer le pays. Les grandes nations comme l'Inde ont eu recours à leur diaspora pour atteindre le niveau de développement technologique et économique actuel.

Pareil pour l'Italie qui, par tradition, territoire d'immigration, est compté parmi les pays les plus influents au monde.Son excellence Zadi Gbaka Richard ambassadeur de la Côte d'Ivoire en Inde et président du Recid, a indiqué mercredi au cours des journées internationales des diasporas qui se tiennent à Grand-Bassam que le pays peut utiliser ces modèles de développement, pour se hisser sur la scène économique des pays émergents. A condition d'une prise de conscience.Ces journées internationales de la diaspora visent à trouver la meilleure plate-forme d'épanouissement pour une collaboration bonifiéeavec les pouvoirs publics. L'enjeu, c'est de mettre définitivement cette communauté des ivoiriens de l'étranger en confiance pour sonimplication dans le processus de création de richesses dans le pays.
Les cibles visées sont les membres de la diaspora ivoirienne et africaine. Egalement l'Etat et les collectivités territoriales. Son excellence Zadi Gbaka Richard souligne que ce que recherche le Recid, c'est de capter les capitaux pour investir et créer la richesse. Fairevenir également des opérateurs économiques pour créer des emplois.
Le Recid, structure de lobbying défend l'image du pays et de ses institutions. « C'est pourquoi nous insistons que nos partenairesviennent ici, qu'ils viennent voir nos cultures et le potentiel », insiste-t-il. Son excellence Jaochim Anvire et représentant le ministredes Affaires étrangères, a souhaité que la nouvelle politique basée sur le système intégré fonctionnel de co- développement aujourd'hui prônée par les principaux pays d'accueil profite aussi à la Côte d'Ivoire. Les pays notamment le Sénégal et le Mali doivent leur réussite au transfert de fonds.

Les diasporas sénégalaise et malienne n'oublient pas d'investir dans leurs pays.

-------->   Le transfert de fonds au niveau de ces pays respectifs est estimé à 560 milliards de Fcfa et 300 milliards en 2008.

Soit environ 11% et 19% de leurs Pib respectifs. Ces pays doivent bien leur réussite à une politique volontariste des autorités. Egalement à la prise de conscience de la diaspora elle-même. Ce qui n'est pas le cas en Côte d'Ivoire, où le transfert de fonds depuis la diaspora estdestiné à résoudre en majorité les besoins des familles et très peu dans l'investissement.

TRANSFERT D'ARGENT
MoneyGram vient de remettre un peu de concurrence où il en manquait. Une offre rendue possible grâce à la transposition d'une directive européenne de 2007 libéralisant les services de paiements. Entré en vigueur en novembre 2009, ce texte permet auxburalistes volontaires d'obtenir le statut "d'établissement de paiement"

Ces services sont principalement utilisés par les migrants: selon le ministère de l'immigration, qui soutient l'opération, quelque 8 milliards d'euros ont transité entre la France et leurs pays d'origine en 2009.

Ce flux a progressé de 10% en moyenne par an depuis 2002 et il représente jusqu'à 20% du PIB de certains Etats comme les Comores.

Les principaux pays de destination des transferts d'argent correspondent en effet aux flux migratoires.
L'Afrique représente ainsi le plus gros volume d'envois de fonds de la France vers l'étranger, se classant même devant l'Asie. Selon MoneyGram, le pays qui arrive en tête des transferts est le Maroc, suivi du Sénégal, du Cameroun et de la Côte d'Ivoire. Le Mali, en revanche, dont la diaspora est pourtant très nombreuse, est moins bien placé. La faute, selon l'opérateur, au "trafic informel".

Selon le journal les Afriques, "le continent reçoit annuellement près de 40 millions de dollars de ses migrants éparpillés à travers le monde malgré la crise financière internationale. Problème : aucune structure adéquate n'existe pour convertir ces fonds en investissements productifs".Notre source s'interroge sur la destination de ces fonds " qui représentent, soutient-elle, entre 9% et 24% des PIB des pays africains et entre 80% et 75% de l'aide publique au développement selon Séverine Deboos du projet BIT/Migrant basé à Dakar ". Se référant à une récente étude du Bureau international du travail, elle fait savoir que, " les migrants sont ainsi considérés comme premiers bailleurs de fonds de bon nombre de pays africains". L'étude déplore, cependant, l'absence " d'un besoin réel de structurer ces transferts et d'en assurer une meilleure gestion pour les travailleurs immigrés, les expéditeurs et bénéficiaires de transferts ainsi que les pays d'origine ".

----> les chiffres estimés de l'informel, on atteint approximativement les 30 milliards d'euros (source :http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/44606)

PROBLEMES
L'innovation consiste à ne plus seulement envoyer de l'argent, mais aussi des services. D'importantes sommes d'argent alimentent le fluxfinancier de la Diaspora vers l'Afrique, mais rien ne garantit la destination finale des sommes envoyées. Des détournements d'usage nemanquent pas et la complainte reste la même. Que ce soit à travers le circuit formel ou informel, l'argent envoyé passe souvent par desintermédiaires qui maîtrisent les circuits (savoir lire, écrire, signer) avant d'arriver au destinataire.

mardi 28 janvier 2014

L'impôt, indispensable à l'indépendance économique africaine

Pour renforcer son indépendance économique, l'Afrique doit élargir son système fiscal et collecter d'avantage d'impôts.
Selon des experts réunis vendredi à Paris lors d'un forum international sur l'économie africaine, l'Afrique doit collecter davantage d'impôts et élargir son système fiscal pour accroître ses ressources propres et renforcer son indépendance économique. « L'Afrique doit devenir moins dépendante de la volatilité de l'économie mondiale », a ainsi lancé Stefano Manservisi, le directeur général du Développement à la Commission européenne.

Car c'est aujourd'hui loin d'être le cas. En effet, avec la crise mondiale et l'effondrement du commerce international, la croissance du continent noir est passée de 6 % entre 2006 et 2008 à 2,5 % en 2009 d'après un rapport de la Banque Africaine de développement (BAD) et de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

La présidente du service des revenus nigérian, Ifueko Omoigui Okauru a rappelé que « dès avant la crise, la production pétrolière du Nigeria avait baissée, ce qui avait fait chuter toutes nos recettes fiscales » et a insisté sur le fait qu'« il faut se doter de revenus plus constants » et « qu'on ne peut pas être dépendant d'un seul produit ». Pour l'OCDE, une solution réside dans l'élargissement de l'assiette fiscale et « l'identification de nouveaux contribuables », par exemple par l'extension des taxes foncières urbaines. L'OCDE considère ainsi qu'un système fiscal « plus effectif, efficient et juste » permettrait une plus grande indépendance économique de l'Afrique. Ce défi n'est pas aisé à relever : comment faire payer des impôts à des contribuables qui vivent souvent avec un dollar par jour, et dans des pays dont le secteur informel peut représenter jusqu'à 75 % de l'économie ?

Cependant, des progrès ont été réalisés puisque la pression fiscale en Afrique subsaharienne est passée de 15 % en moyenne dans les années 80 à 18 % en 2005. Un progrès relatif selon la ministre française de l'Economie Christine Lagarde qui estime que « cette évolution repose essentiellement sur une augmentation des taxes et redevances assises sur les ressources naturelles ». D'après elle, le potentiel fiscal doit donc « clairement être mieux optimisé ».

Plusieurs pays ont engagés des réformes, comme par exemple le Maroc qui a élargi son assiette fiscale tout en allégeant la pression grâce à des taxes sur de nouveaux secteurs.

D'autres axes de réforme ont été évoqués : une plus grande transparence du travail des multinationales, la taxation des grosses transactions informelles et une lutte accrue contre l'évasion fiscale. Mais, surtout, l'impôt africain doit gagner en légitimité.

D'après Adeniyi Obe du cabinet Deloitte « l'Etat doit donner des signaux positifs et construire des infrastructures de base » s'il veut que les gens commencent à payer.

Du côté des multinationales, il faut « faire attention à ne pas tuer la poule », comme le rappelle Tom Albanese, le directeur général du groupe minier anglo-australien Rio Tinto, qui poursuit : « Nous réalisons des investissements importants sur le long terme. Nous sommes prêts à payer des impôts mais nous voulons savoir à l'avance ce que nous allons payer. »

L'homme noir n'est jamais entré dans l'histoire.

L'homme noir n'est jamais entré dans l'histoire, effectivement, il ne figure pas dans tes manuels
scolaires, mais par delà tes rives, l'homme noir et l'Afrique plus largement, et ses terres ancestrâles a toujours été ton PROVIDER providentiel.
(provider : "fournisseur" )

*** Pas de dettes en Afrique, libre circulation des Hommes, et partenariats révisés et ré équilibrés. - *** ne vole plus mais paye, ne mens plus ne manipule plus, et n'engraisse plus les hommes objets.***

- "Qu'ont-ils fait de leurs 50 d'Indépendance?..." *

*- Réviser la définition du mot "Indépendance"

(L'indépendance, pour un pays, une organisation politique ou une branche du gouvernement, est l’acquisition de sa totale souveraineté politique, par opposition au fait d'être régenté par une autorité
suzeraine ou coloniale)

"En afrique il y a des corrompus, et des corrupteurs..." - N'échange pas tes armes contre nos richesses, tes armes contre nos gamelles sans viande. Et ne t'en fais pas, nous étions à la base des pays démocratiques, avant toi.

L'AFRIQUE NE FABRIQUE PAS D'ARMES et n'a pas le sou... alors?.

Avant toi nous avions ce que nous tentons de garder aujourd'hui, nos règles, nos expressions concertées, une certaine organisation de notre société.
Nous savons encore ce à quoi nous devons tendre et ce que n'avons jamais cessé d'être, nos traditions ne sont pas mortes, et nos manques d'instructions sont palliés par nos instincts encore vierges et brutalisés, mais encore plus affûtés par l'épreuve.

Cette indépendance n'était que puberté et crise identitaire et existencielle, l'indépendance d'états
découpés au couteau, maintenant c'est la maturité qui doit nous conquérir, et tu la provoques en continuant de penser que nous sommes des "sous-hommes".

Libre à nous de penser et manger racines, libres à nous de vouloir changer de chaînes, c'est en changeant de maître que nos labeurs seront différemment récompensés, et le maître de demain, devrait se faire efforts, autonomie et essor, de ces chaînes là, nous voulons en être dépendants maintenant.

UNE SEULE ACTIVITE ECONOMIQUE EN AFRIQUE : FAIRE SORTIR LES MATIERES PREMIERES
- l'Afrique fournit aux Etats-Unis 15% de leurs besoins en hydrocarbures (dont le gaz)
Les agences et les boîtes à idées US prévoient qu’un baril de pétrole sur cinq entrant dans le circuit économique mondial dans la deuxième moitié de cette décennie viendra du Golfe de Guinée et que la part provenant du Golfe de Guinée dans les importations US passera de 15 à 20 % en 2010 et à 25% en 2015. Le Nigeria fournit déjà 10% du pétrole importé par les USA. L’Angola en fournit 4% et sa part devrait doubler d’ici la fin de la décennie. La découverte de nouvelles réserves et l’expansion de la production pétrolière sont en train de faire d’autres pays de la région des exportateurs importants de pétrole, notamment la Guinée équatoriale, São Tomé et Principe, le Gabon, le Cameroun et le Tchad. La Mauritanie deviendra un exportateur de pétrole en 2007. Le Soudan, limité par la Mer rouge à l’Est et le Tchad à l’Ouest, est un important producteur de pétrole.

À l’heure actuelle, la principale base militaire permanente US en Afrique est celle établie à Djibouti, dans la Corne de l’Afrique, qui permet aux USA le contrôle stratégique de la route maritime qu’emprunte un quart de la production pétrolière mondiale. La base de Djibouti est aussi à proximité du pipeline soudanais (les militaires françaises ont depuis longtemps une présence militaire importante à Djibouti ainsi qu’une base aérienne à Abéché, au Tchad, près de la frontière soudanaise). La base de Djibouti permet aux USA de dominer l’extrémité orientale de la vaste bande pétrolière traversant l’Afrique, qui est désormais considérée comme vitale pour leurs intérêts stratégiques - une vaste bande allant du pipeline Higleig-Port Soudan (1600 km) dans le sud-est au pipeline Tchad-Cameroun (1000 km) et au Golfe de Guinée dans l’Ouest. Un nouveau poste d’opérations avancées en Ouganda donne aux USA la possibilité de contrôler le sud-Soudan, où se trouve la plus grosse patrie du pétrole soudanais.

En Afrique de l’Ouest, le Commandement militaire US pour l’Europe a désormais établi des postes d’opérations avancées au Sénégal, au Mali, au Ghana et au Gabon-ainsi qu’en Namibie, à la frontière avec l’Angola, au Sud - qui impliquent l’amélioration de pistes aériennes, le stockage de réserves essentielles et de carburant ainsi que des accords (avec les gouvernements locaux) permettant le déploiement rapide de troupes US. En 2003 a été lancé un programme de contreterrorisme en Afrique de l’Ouest et en mars 2004, des Forces spéciales US ont été directement engagées dans une opération militaire avec des pays du Sahel contre le groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui figure sur la liste des organisations terroristes dressée par Washington. Le Commandement US pour l’Europe est en train de développer un programme de sécurité côtière dans le Golfe de Guinée appelé la Garde du Golfe de Guinée.

3% FOR AFRICA - 97% FOR THE WEST
3% POUR L'AFRIQUE - 97% POUR LES PAYS OCCIDENTAUX
http://www.youtube.com/watch?v=DUR7b4Mv2Fg&feature=related

POST IT sur le frigo :

"penser à ELIR légalement un représentant défendant le peuple, le bien du peuple et de ses terres, un pouvoir patriotique qui ferait monter les enchères concernant ses matières premières tant recherchées et prisées. Nous devons transformer les matières premières, ou bien les garder et en avoir l'entière maîtrise, maîtriser le marché qui les concerne."

Que l'on cesse de se laisser charmer par les chants des sirènes occidentales.
... Et à ceux qui croient que l'afrique va mal, qu'elle est mal partie, africains y compris, l'Afrique est le continent de l'Avenir, c'est le seul endroit du monde où il y a des terres qui pourront nourrir 9 milliards d'hommes en 2050 - C'est un endroit où il y a énormément de matières premières, où les hommes sont jeunes, tous ces attributs ne peuvent pas nous laisser dans la situation dans laquelle nous sommes, soyez du bon côté, du côté de vos enfants et de vos petits enfants.

Nos indépendances récentes peuvent nous donner recul sur les échecs des "puissances" chez elles, puissance d'armes et de technologies, elles sont fortement et dangereusement endettées et croulent sous leurs défficits, leurs hommes sont poussés à la roue et leurs société se paupérisent.
(E.C)

Madagascar AVANT... et après? - ECONOMIE & ALLIANCES le Canada détrône la France.


Madagascar
Madagascar

Madagascar est longtemps apparue comme une île riche de promesses au large de l'Afrique. Malheureusement, elle est encore aujourd'hui dans un état de grande pauvreté (146e pays sur 177 en termes d’IDH, indice indicateur du développement humain). Les raisons de cette pauvreté sont multiples. Pourtant, en 1960, le RNB par habitant de Madagascar était au niveau de celui de la Corée du Sud… Qui l'a évidemment bien dépassée depuis…

La voie socialiste originale choisie en 1972 est une des causes du retard pris par l'économie. Citons la dégradation continue des infrastructures, les freins administratifs mis au développement des entreprises et des investissements, l'insécurité foncière et juridique…

Le sens de la solidarité, le Fihavanana des Malgaches, justement vanté est un autre facteur. Les membres d’une même famille se soutiennent fidèlement les uns les autres, parfois aux dépens de l'initiative personnelle et de l'esprit entrepreneurial.
Tendance renforcée par la présence massive d’ONG sur place dans tous les domaines de l’action solidaire: Environnement, culture, santé, éducation, enfance, agriculture…

Perversement, l'aide extérieure devient la plus évidente source d'enrichissement, y compris personnel, sans toujours constituer une base du développement durable

Comment expliquer que, dans un pays bien arrosé, où poussent de nombreuses cultures vivrières, où abondent poissons, zébus et animaux de basse-cour, 34% des enfants de moins de 5 ans souffrent d'insuffisance pondérale et 50% d'un retard de croissance modéré ou grave ?

Pour peu que vous empruntiez les transports en commun et parcouriez quartiers et villages, vous rencontrerez inévitablement un père agriculteur qui, à la période de soudure entre deux récoltes, n'a plus le moindre bol de riz blanc à offrir à ses enfants et est obligé de s'endetter auprès de l'usurier du coin pour survivre.


Ailleurs en Afrique, en dehors des conflits et des grandes famines, il est rare de voir quelqu'un souffrir de la faim, même dans les grandes villes des pays les plus pauvres. La solidarité (familiale, ethnique, religieuse) y est encore bien vivante.
A Madagascar, cela ne semble pas (plus?) toujours vrai.
L'état a engendré un endettement considérable, les circuits de commercialisation des produits agricoles fonctionnent mal et les paysans, découragés, décident de ne plus produire que pour l'autoconsommation, avec pour conséquence une baisse considérable de la production de riz, base de la nourriture des Malgaches.

Canada
Canada

Le CANADA
Premier investisseur étranger à Madagascar.

Depuis l'indépendance, la France a toujours été le premier investisseur à Madagascar.
Ce, jusqu'en 2007 où le Canada l'a détrônée.
En effet, cette année là, les Investissements directs étrangers venant du secteur privé canadien se sont accrus de 800% tandis que les investissements Français ont baissé de 10%.

En troisième place se trouve l'île Maurice.
Ile Maurice
Ile Maurice

Cette tendance est due à une ouverture progressive de Madagascar à tous les investisseurs depuis l'arrivée au pouvoir de Marc RAVALOMANANA en 2002.
La France n'ayant plus l'exclusivité des opportunités économiques dans l'île. En outre, cette tendance devrait continuer car la Corée du Sud et la Chine sont de plus en plus présentes à Madagascar notamment dans la recherche pétrolière, l'agriculture et les travaux publics.

D'ailleurs sur ce point, depuis 2005, la Chine (Chine Populaire et Hong Kong) est devenue le premier partenaire économique du pays, si l'on se réfère aux importations et exportations.
Chine
Chine


Place détenue par la France depuis l'indépendance. Cette ouverture est notamment favorisée par l'adoption de l'anglais comme troisième langue officielle du pays. Ouvrant des perspectives sur divers pays, notamment l'Afrique du Sud, puissance régionale.

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***En décembre 2008, la multinationale coréenne Daewoo a fait l'acquisition (en leasing, pour 99 ans) d'1,3 million d'hectares (environ 1/30 de la surface agricole de la France) pour y faire cultiver, par une main-d’œuvre sud-africaine, céréales et huile de palme à destination de Séoul.
La multinationale Daewoo n'a pas fait l'acquisition, comme le précisait le site du gouvernement malgache : http://www.maep.gov.mg/ Par contre, ce genre de rumeurs sert à alimenter et justifier la crise qui s'y passe actuellement.
Le président de la FAO a parlé de "néocolonialisme",

***Wikipédia économie

Gouvernement de transition - Kesako ? - Février2010

Il semble que nous tergiversons autour de la réelle définition de "gouvernement de transition", la question qui revient le plus souvent, et cela, de la part des concernés par la Vie malagasy, et les habitants de lîle avant tout, est

- Où commencent et ou s'arrêtent les pouvoirs d'un gouvernement de transition?

. Est-il utile à une acalmie avant de nouvelles élections présidentielles, avec des missions bien arrêtées, qui consistent exclusivement à rétablir un équilibre démocratique et propice à la reprise en cours de la vie du pays avec sérénité dans l'intérêt ressenti de son peuple,
ou au contraire est-il voué à des tâches plus encrées, qui peuvent porter atteinte aux axes même de la constitution, et autre institutions et ministères, piliers et garants d'un minimum d'équilibre pour la société, l'économie et les finances, et les chantiers entamés en cours... ou d'autres signés.

Pour voir autour de nous, quelques exemples avant le notre :

*Le Congo :
Le Gouvernement de transition de la République démocratique du Congo est une institution mise en place depuis le 30 juin 2003.
Il s'agit d'un gouvernement d'union nationale établi suite aux accords liés à la fin de la Deuxième guerre du Congo.
Il est chargé de l'établissement d'une transition démocratique dans le pays. Ses principaux objectifs sont la restauration de la paix dans l'est du pays, et l'organisation des élections législatives prévues pour le 30 juin 2005 au plus tard, mais désormais reportées une première fois le 30 juin 2006, et finalement le 30 juillet 2006. Le gouvernement est dirigé par le Président de la république et quatre vice-présidents. Ceux-ci sont :

Joseph Kabila, Président de la république (PPRD);
Abdoulaye Yerodia Ndombasi, vice-Président (PPRD);
Azarias Ruberwa, vice-Président (RCD);
Jean-Pierre Bemba, vice-Président (MLC);
Arthur Z'ahidi Ngoma, opposition démocratique.

Les trois principales tendances politiques du pays se retrouvent ainsi à la tête de l'État. Elles se partagent les différents postes ministériels avec les autres nombreuses factions politiques issues du conflit.

Étienne Tshisekedi (Union pour la démocratie et le progrès social), le principal opposant historique, n'a pas souhaité faire partie de ce premier gouvernement.

Le gouvernement de transition a pris fin avec la proclamation de la Troisième République le 18 février 2006. De nombreuses dispositions prises sous ce régime restent en vigueur à l'heure actuelle, dont notoirement l'ancien découpage des provinces

L'élection présidentielle tant attendue par la population et devant mettre un terme au gouvernement de transition a finalement lieu en juillet 2006 : Joseph Kabila est déclaré vainqueur au second tour.

Le nouveau Gouvernement emmené par Antoine Gizenga est nommé le 5 février 2007.

La fin de la transition est caractérisée par plusieurs faits marquants :

-la dignité de la population congolaise, durant toute la période électorale, qui s'est rendue aux urnes dans la paix,
-la prise de position tranchée de l'opposition politique et du clergé qui ont dénoncés de nombreuses malversations dans l'organisation de ces élections,
-le boycott des élections par l'UDPS,
-l'instabilité militaire à l'est de la RDC entretenue par Laurent Nkunda,
-les multiples accusations de parti pris de la Communauté internationale en faveur de Joseph Kabila :
accusation, non démentie par la CEI, de production de 5 millions de bulletin de vote additionnels,
-Tensions Kabila-Bemba en 2006 et 2007 : bombardement de la résidence de Bemba, combats de rue, incendie des chaînes de télévision de Bemba
-prévision initiale d'un seul tour devant mener à la victoire de Joseph Kabila (non-budgétisation initiales par les autorités et la Communauté Internationale d'un second tour

*La guinée : extrait d'écrits de refléxion.

..."Une transition, on le sait par essence, est supposée limitée dans le temps. Cela veut tout simplement dire que ce terme vient du verbe « transiter » qui signifie faire un arrêt dans un processus qui quitte le point A pour se rendre au point B.
Nous sommes donc dans un régime d’exception, transitoire entre un régime qui a été dissout et un qui va voir le jour à la suite d’élections que le peuple veut le plus rapidement que possible, dans le but de légitimer ses dirigeants.

On se souvient de ce terme « Trancision » qui a attiré l’attention des uns et des autres pendant les premiers jours du coup de force des militaires et qui revenait assez souvent dans les discours du Président comme pour endormir les gens, le temps d’asseoir son autorité. Et depuis un certain temps, ce mot a disparu du vocabulaire du Président. Est-ce un signe ? Il n’y a plus de doute pour personne que les discours et les actes du Président ne tiennent plus compte de l’esprit de la transition qui a pour but de ramener l’ordre démocratique le plus rapidement que possible. On s’inscrit donc tranquillement dans la durée. Mais cela ne peut-être la voie à suivre.

On se souvient que le Président avaient demandé aux partis politiques de lui faire une proposition pour la gestion de la transition. Cela a été fait et est resté sans suite. Une des principales raisons de la non participation de ces partis dans le gouvernement est justement le fait qu’il s’agit d’une transition dont les gestionnaires doivent être neutres pour mener à bien tout le processus. Mais on se rend compte que la transition risque d’être plus longue avec un programme qui n’implique pas les acteurs politiques.

Il faut savoir que le pays ne peut pas se construire sans les acteurs politiques. Et à chaque évènement depuis 1990, on vit un échec lorsque les acteurs politiques sont mis hors jeu. Ce fût le cas avec les évènements de Janvier et février quand les politiques ont été mis à l’écart. Voilà encore les politiques mis à la touche alors que le pays est en transition.

Il revient donc à ces acteurs politiques de demander, voir d’exiger une réponse à la plate forme soumise pour la gestion de la transition, la levée de la suspension des activités politiques, le suivi effectif du processus de recensement, la mise en place d’un chronogramme des élections par la CENI et l’annonce publique de la date de la tenue des élections législatives et présidentielles courant 2009. L’opinion nationale et internationale veut des élections le plus rapidement que possible pour qu’enfin dans ce pays, le peuple choisisse librement ses dirigeants. Il y va de la sécurité et de la stabilité du pays. Le processus de changement amorcé en Janvier 2007 et qui ne s’est pas encore achevé arrive à son deuxième anniversaire, et les jeunes ont l’intention de montrer que le 22 Janvier 2009 pourrait très bien ressembler au 22 Janvier 2007. A bon entendeur, salut."
Mamadou BARRY

*Les leaders tchèques s’accordent sur un gouvernement de transition. avr 2009

CONTEXTE :

La République tchèque est en pleine crise politique depuis qu’une motion de censure a renversé le gouvernement du premier ministre, Mirek Topolánek

Dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 avril, les partis tchèques au pouvoir se sont tombés d'accord sur la mise en place d'un gouvernement d'experts et la tenue d'élections anticipées.
Le gouvernement de centre-droit de M. Topolánek a fait l’objet d’une motion de censure, le 24 mars. Le pays doit assurer la présidence de l'UE jusqu'au 30 juin. C'est à dire encore pour trois mois.

La chute du gouvernement a ébranlé la présidence et la prise de décision au sein de l’UE, alors que le contexte économique est tendu.
« Nous voulons que cette nouvelle rassure l’opinion public sur le fait que nous disposons d’un gouvernement stable jusqu’à la tenue d’une élection anticipée », a déclaré M. Topolánek lors d’une conférence de presse.

"L’élection qui devait se tenir à la mi-2010 sera probablement avancée aux 9 et 10 octobre 2009", a-t-il ajouté.

Un accord sera soumis aux leaders des trois partis de la coalition de centre-droit de M. Topolánek et à l’opposition sociale-démocrate de gauche, dans les prochains jours.
Les sociaux-démocrates ont déclaré être très heureux du choix de M. Fischer, agé de 58 ans.
« C’est une proposition de consensus. M. Fischer est un fonctionnaire très expérimenté », a affirmé le leader social-démocrate, Jiri Paroubek.

Le gouvernement devra être approuvé par le président eurosceptique Václav Klaus, seul à pouvoir nommer les ministres. M. Klaus a déclaré qu’il respecterait un accord entre les principaux partis politiques, qui disposent ensemble d’une majorité confortable à la chambre basse du Parlement.

*Niger :
Le médiateur désigné de la CEDEAO pour la crise politique au Niger, l’ancien Chef d’Etat nigérian Abubakar Abdul Salami, a déroulé sa feuille de route, qui propose notamment le Président Mamadou Tandja comme chef de la transition à la tête d’un gouvernement d’ouverture, a appris APA lundi de sources proches du médiateur à Niamey.

Les deux parties, pouvoir et opposition, sont en possession de cette feuille de route, précise-t-on de sources proches de la médiation. La durée de cette transition, qui n’a pas été précisée, fera l’objet de débats à la reprise du dialogue le 7 janvier prochain.

L’opposition nigérienne, indique-t-on, proposerait également la création d’un organe législatif dénommé Conseil national de transition et une Commission des textes fondamentaux, qui aura pour tâche la rédaction d’une nouvelle Constitution, d’un code électoral ainsi que d’un nouveau statut de l’opposition.

Selon toujours l’opposition, les personnalités ayant dirigé la transition ne seront pas candidats aux élections qui seront organisées.

La tension politique au Niger a provoqué sa suspension en octobre dernier des instances de la CEDEAO, qui a également constater la « fin légale » du mandat du Président Tandja, lequel l’avait vivement critiquée.

Le 23 décembre dernier, Washington qui s’oppose au maintien au pouvoir du dirigeant nigérien, a officiellement suspendu son aide financière au profit de Niamey, imposant une interdiction de séjour aux USA aux hautes personnalités du pays.

L’UE, premier partenaire au développement du Niger, a aussi coupé son aide non humanitaire et invité Niamey à ouvrir un dialogue tendant à restaurer la démocratie.

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TRANSITION . Nom fém, sing
"ce qui n'est pas l'état normal mais constitue un état intermédiaire entre un état et un autre".

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De votre point de vue, quelle serait l'éntendue idéale de l'emprunte laissée par une période transition, hormis les élections présidentielles qui devraient déjà avoir date arrêtée, pensez-vous que cela soit incommodant qu'une entité de transition puisse se fondre dans le temps, et porter un président qui pourrait co-exister au même titre que les opposants candidats aux présidentielles?