- Avec une économie au point mort, le revenu par habitant a chuté : Madagascar a connu une forte croissance démographique (2,9%), la population ayant augmenté de plus de 3 millions de personnes de 2008 à 2013. Avec un revenu national qui stagne, le revenu par habitant en 2013 est retombé à son niveau de 2001.
- La pauvreté a fortement augmenté: Les premières estimations indiquent que, de 2008 à 2013, la proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté (qui était déjà élevée avant la crise) a sans doute augmenté de plus de 10 points de pourcentage. Aujourd’hui, plus de 92% de la population vit avec moins de 2 dollars PPA (parité de pouvoir d’achat) par jour ce qui fait de Madagascar l’un des pays les plus pauvres au monde.
- Les indicateurs sociaux se sont détériorés : en dépit de l'aide liée à la crise dans les secteurs sociaux, selon les estimations le nombre d'enfants non scolarisés a peut-être augmenté de plus de 600.000. La malnutrition aiguë des enfants reste un problème critique. Dans certaines zones, elle a augmenté de plus de 50%. De nombreux centres de soins de santé ont été fermés, et les parents pauvres ont dû assumer une lourde part du coût de scolarisation de leurs enfants, en raison de la défaillance du financement étatique. Cette évolution hypothèque le bien-être des générations futures. À ce jour, Madagascar ne sera pas en mesure d’atteindre la plupart des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d'ici 2015, même ceux qui avaient été jugés, avant la crise, potentiellement réalisables (tels que la réduction de la mortalité infantile, l’augmentation du taux net de scolarisation et d'achèvement dans le primaire, ainsi que l’élimination de l’extrême pauvreté).
- Les finances publiques sont de plus en plus sous pression: Le maintien de la stabilité macroéconomique a dû se faire sous une pression croissante. Les recettes fiscales sont en baisse, la fraude fiscale a augmenté, et la capacité à maintenir le niveau des dépenses globales est remise en cause en raison des pressions politiques, des grèves et des chocs. Même si la gestion macro-économique reste prudente, le transfert des coûts d’assainissement d'une situation fiscale affaiblie au prochain gouvernement est un risque réel.
- L'aide étrangère reste en sourdine: L'aide officielle sur la période 2009-13 a chuté d'environ 30%, avec une proportion importante transférée vers des programmes humanitaires, ce qui soulève la question de leur pérennité.
- L’infrastructure s'est détériorée: En plus des dégâts causés par les cyclones, des coupes budgétaires sévères en matière d'investissement et de maintenance ont aggravé la dégradation des routes et des infrastructures d’eau et d'électricité ce qui entrave la croissance à moyen et à long terme de l'économie malgache.
- La capacité d’adaptation aux chocs exogènes est gravement compromise: les risques actuels liés au contexte économique mondial, en particulier en Europe, augmentent la vulnérabilité de l'économie malgache, compte tenu de sa dépendance aux exportations et au tourisme. Le pays est aussi très vulnérable aux catastrophes naturelles (tels que les cyclones de 2008 et 2012). La crise politique est devenue un obstacle majeur qui empêche de faire face à ces chocs et d’en atténuer l’impact.
- La résilience de l'agriculture a contribué à éviter une crise alimentaire jusqu'ici, mais de nouveaux risques sont apparus: l'invasion acridienne en cours menace la production agricole et la sécurité alimentaire. La FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que jusqu'à 60% de la récolte de riz est menacée. La crise politique représente un obstacle à la mise en place d'une réponse appropriée.
- Les problèmes de longue durée en matière de gouvernance à Madagascar ont été exacerbés: l'affaiblissement de l’état de droit, l'insécurité croissante, la mauvaise gouvernance dans l'exploitation des ressources naturelles (bois de rose, or, pierres précieuses), des progrès limités sur le front anti-corruption et la faible transparence dans la gestion des ressources publiques sont des problèmes que la crise n’a fait qu’aggraver.
- La résilience du secteur privé au cours des premières années de crise est de plus en plus mise à l’épreuve : Il y a eu peu de nouveaux investissements nationaux ou étrangers. Le manque de dynamisme économique global, les problèmes croissants d'infrastructures (notamment, l’état des routes et l'accès à électricité), ainsi que la détérioration de l'environnement de la gouvernance nuisent aux perspectives de croissance à court et à long terme du secteur privé. Aucune création importante d'emplois n’a pu, ou ne pourra, avoir lieu dans ce contexte.
Affichage des articles dont le libellé est crise 2009. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est crise 2009. Afficher tous les articles
mercredi 29 janvier 2014
Madagascar : chiffrer les coûts de la crise politique - Banque mondiale
Libellés :
banque mondiale,
crise 2009,
Economie,
Gouvernance,
Madagascar,
Pauvreté
Pays/territoire :
Madagascar
Reflexion : Avoir la possibilité de... A Madagascar

...."Avoir la possibilité, la permission, juste de vivre, se lever tôt, ne pas rechigner devant la pénibilité, s'adapter aux conditions rapaces autour. Mais aimer se lever, vouloir rester debout et savoir encore sauvegarder le peu de dignité indispensable à la survie. Au détour d'un instant, voir encore sourire l'enfant, qui ne refuse rien de faire pour soutenir le parent. Aimer être ensemble, suer ensemble, rigoler, se chamailler, sur les gens, qui occupent les unes des gazety... et de nos quotidiens à nous malgré nous.
Ceux qui décident pour nous, d'une vie pourtant si différente de la leur. Souvent on se demande, comment ils peuvent être si sûrs d'eux à notre sujet. Ils ne nous interpellent pas, et disent tant de chose en notre nom. Cela fait trois ans que tout autour la vie a basculé. Travailler c'est tout ce que l'on veut, mais cela est devenu vraiment difficile, pourtant on est prêt à donner plus que ce qui nous est possible pour tenir. Et puis... il y a l'insécurité et la douleur des familles qui ne résistent pas, avant c'était dur, mais maintenant, c'est pratiquement impossible de penser trop loin. J'ai entendu parler de violences, que certains d'entre nous font envers nos voisins, ou familles, ça aussi, c'est la misère qui fait ça, mais concernant nos valeurs malagasy, je veux vraiment dire que ça, on ne les oublie pas et on ne peut pas. Car la vie est tellement dure que si on était dépourvu de cela, on serait déjà mort, merci donc à nos ancêtres, grâce à qui on n'oublie rien d’où on vient, et on essaye quand même d'être fier de ce que l'on est aujourd'hui.
Moi je ne sais pas ce que les politiciens feront ou pourront faire. Je ne sais pas ce que les étrangers pensent de nous, mais je crois que vraiment mon pays Madagascar ne donne pas le bon exemple, pourtant on a déjà vécu des évènements, dans lesquels le peuple a tenu son rôle, souvent pour du changement, mais pas forcément pour iza sa iza... Et notre vie n'a pas vraiment changé c'est la fortune de ceux qui ne sont plus à pied que l'on admire. On est souvent fier aussi de la réussite autour, il ne faut pas croire que les bandits nous représentent tous, que les «miaramila agissent pour nous, nous, on ne vient pas de ces milieux là, nous, on fait les marchés, on connaît la terre que Dieu, zanahary, nous a donné, on en prend soin chaque jour, avec nos propres mains, on est concentré sur ce que nous faisons depuis des générations. Vous devez comprendre... Nous sommes partout, du Nord au Sud, et nous sommes dans les mêmes vies. Si seulement nous pouvions revenir à la sagesse, et ne pas piller le pays, ne pas ôter aux malagasy la possibilité de mettre en valeur leur pays, si seulement je pouvais rentrer content, on ne demande pas grand chose, on demande le respect de ce que nous sommes, nous. Malagasy."...*** photo de Ny Hanta Mamy
Libellés :
crise 2009,
Erika Cologon Hajaji,
Madagascar,
politique
Pays/territoire :
Madagascar
Les grandes dates de la crise politique malgache en 2009
- 13 décembre 2008 : Fermeture de la chaîne de télévision Viva TV, appartenant au Maire d'Antananarivo Andry Rajoelina, par le président Marc Ravalomanana pour avoir diffusé un discours de l'ancien président Ratsiraka reprochant le président Marc Ravalomanana.
- 17 décembre 2008 : Reporter sans Frontières, des représentants importants de l'opposition politique de Ravalomanana et de la Société civile, conduite par Madeleine Ramaholimihaso et Nadine Ramaroson, demandent la réouverture de tous les médias fermés par le régime Ravalomanana ainsi que l'ouverture des chaînes publiques à l'opposition.
- Andry Rajoelina a lancé un ultimatum au gouvernement d'ouvrir sa chaîne Télévision jusqu'au 13 janvier 2009 mais le pouvoir n'a pas réagi.
- 14 janvier 2009 : Andry Rajoelina a déclaré à la presse qu' il allait inauguré une « Place de la Démocratie » pour réclamer plus de démocratie et de liberté d'expression à Madagascar.
- 17 janvier 2009 : Andry Rajoelina a inauguré la « Place de la Démocratie » avec une foule à peu près de 20 000 personnes, la démission du ministre du Budget et de Finance, Haja Nirina Razafinjatovo, ainsi que le ministre de l'Aménagement du territoire, Marius Ratolojanahary jusqu'à 21 janvier 2009.
- 24 janvier 2009 : Andry Rajoelina a demandé ouvertement la démission du président Ravalomanana devant une foule à peu près de 80 000 personnes, qui ont rempli les routes principales de la place de la Démocratie jusqu'à la place du 13 mai, dont la distance est plus d'un kilomètre.
- 25 janvier 2009 : Le président Marc Ravalomanana a écourté son voyage de deux jours en Afrique du Sud. Pendant la nuit du 25 janvier, des hommes cagoulés non identifiés ont confisqué les émetteurs de la radio VIVA.
- 26 janvier 2009 : Les manifestations dirigées par Rajoelina s'intensifiaient en réunissant 120000 personnes, et tournées en incendie et pillage de la radio nationale, de la télévision nationale, des entreprises du président Marc Ravalomanana et d' autres bâtiments privés. Cette journée a été nommée « Lundi noire » par les médias locaux.
- Les mêmes scènes se produisaient presque dans tous les six provinces du pays, et selon le chiffre de la gendarmerie nationale, au moins 86 personnes ont été tuées et carbonisées pendant les pillages tandis que d'autres sources disaient plus d'une centaine.
- 31 janvier 2009 : Andry Rajoelina s'autoproclamait président de Madagascar, disant que c'est lui qui commande les forces armées et la police en exhortant la fermeture de tous les bureaux dans le pays le 2 février.
- 2 février 2009 : Tous les bureaux ont été ouverts et les administrations ont continué leurs affaires courantes.
- A peu près 5000 personnes sont arrivées à la place du 13 mai pour joindre la manifestation dirigée par Rajoelina.
- Rajoelina annonçait qu'une demande de destitution du président Ravalomanana serait déposée à la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) par Ny Hasina Andriamanjato, ancien ministre des Postes et Télécommunication de l'ancien président Didier Ratsiraka.
- Il annonçait que si la démarche ne réussirait pas, il allait avec ses supporteurs d'aller au palais présidentiel pour prendre le pouvoir.
- 3 février 2009 : Andry Rajoelina a été destitué de ses fonctions de maire de la ville d'Antananarivo par le ministre de l' Intérieur Gervais Rakotoniriana pour des lacunes dans la conduite de ses missions dans la mairie.
- 7 février 2009 : Rajoelina s'est déclaré président de la Haute Autorité de Transition (HAT) et a nommé son Premier ministre en la personne de Monja Roindefo Zafitsimivalo, fils d'un nationaliste bien connu à Madagascar, Monja Jaona.
- Monja Roindefo a conduit les manifestants au palais présidentiel pour changer ce palais en Primature.
- Des dizaines des manifestants ont été tués par les tirs à balles réelles par les gardes présidentiels devant la présidence tandis que d'autres centaines ont été blessés étant donné que la présidence est classée zone rouge.
- 9 février 2009 : Le ministre de la Défense, Mme Cécile Manorohanta, a démissionné disant que son moral ne peut résister à la tuerie du 7 février
- Ravalomanana a nommé son directeur de cabinet militaire le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo pour prendre le poste vacant du ministre de la Défense, laissé par Cécile Manorohanta.
- 4 mars 2009 : Andry Rajoelina se réfugiait à l'Ambassade de France.
- 8 mars 2009 : Les sous officiers dans un camps stratégiques des militaires, Corps d'armée des personnels et des services administratifs et technique (CAPSAT), situé à environ six kilomètres du centre ville d'Antananarivo, ont conduit une mutinerie aux généraux malgaches surtout aux ordres de Ravalomanana.
- 11 mars 2009 : Quelques 150 militaires ont forcé le ministre de la Défense, le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo à démissionner de ses fonctions.
- 13 mars 2009 : Andry Rajoelina réapparaît au place de 13 mai avec le support des forces armées et d'autres bras droits de Ravalomanana comme le président de l'Assemblée Nationale Jacques Sylla.
- 14 et 15 mars 2009 : Tous les camps des forces armées ont manifesté leur support à Andry Rajoelina.
- l6 mars 2009 : Les forces armées ont confisqués le palais présidentiel situé au centre de la ville d'Antananarivo.
- 17 mars 2009 : Six des 24 ministres de Ravalomanana ont démissionné.
- Ravalomanana a donné son pouvoir à un directoire militaire qui a transféré la présidence du pays à Andry Rajoelina.
- 18 mars 2009 : La HCC a reconnu officiellement le transfert de pouvoir de Andry Rajoelina.
- 20 mars 2009 : La communauté internationale, dont L'Union européenne et les Etats-Unis ont condamné la prise de pouvoir de Rajoelina comme coup d'État.
- L'Union africaine a suspendu Madagascar de sa communauté tandis que la Communauté de Développement de l'Afrique Australe ( SADC) refusait la présidence de Rajoelina.
- 21 mars 2009 : Rajoelina a tenu son investiture en tant que président de la HAT devant une foule de 40000 personnes.
- Les représentants des corps diplomatiques ont été absents.
- Rajoelina a déclaré d'organiser des élections dans 24 mois et établir une nouvelle constitution pour la quatrième République
- Les supporteurs de Ravalomanana ont tenu des manifestations massives pour contrarier la prise de pouvoir de Rajoelina et demander le retour de Ravalomanana au pouvoir.
- 25 mars 2009 : Ravalomanana s'est enfui à Swaziland puis en Afrique du Sud.
- 27 mars 2009 : Rajoelina a libéré quelques prisonniers politiques des Ravalomanana.
- 31 mars 2009 : Rajoelina a nommé officiellement ses ministres, a suspendu l'Assemblée Nationale et le Sénat.
- 2 au 3 avril 2009 : La HAT a tenu des assises nationales en absence des partisans de Ravalomanana et a annoncé l'organisation d'un référendum sur la constitution en septembre 2009, des élections législatives en mars 2010 et d'une élection présidentielle en octobre 2010.
- 14 avril 2009 : Marc Ravalomanana, qui est en exil à Swaziland, a déclaré qu'il n'a pas démissionné.
- Ravalomanana a nommé son nouveau Premier ministre, Manandafy Rakotonirina suite au transfert de pouvoir entre son ancien Premier ministre Charles Rabemananjara avec le Premier ministre de Rajoelina, Monja Roindefo.
- 12 juin 2009 : les négociations sur la crise à Madagascar sont suspendues à nouveau après le retrait de la HAT.
- 22 juin 2009 : l'Autorité de transition de Madagascar prend le contrôle des forces armées.
- 31 juillet 2009 : les chefs des quatre mouvances, dont Rajoelina et les anciens présidents Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy acceptent de participer aux pourparlers à Maputo, au Mozambique.
- 1 août 2009 : les parties prenantes malgaches signent une charte de transition à Antananarivo à l'issue de deux jours de consultation à huis clos.
- 4 au 9 août 2009 : MAPUTO I : Pourparlers à Maputo, où est signé un accord sur une transition politique d'une durée de 15 mois maximum, à l'issue de laquelle des élections législatives et présidentielles se tiendront sous la supervision internationale. Une amnistie sera accordée à Ravalomanana, lui permettant de revenir au pays.
- 25 au 28 août 2009 : MAPUTO II : Deuxième cycle des pourparlers à Maputo, sans aboutir à un accord sur la répartition des postes clés au sein du gouvernement de transition.
- 7 septembre : Rajoelina a remanié son gouvernement et nommant deux bras droit de Ravalomanana, notamment Rajemison Rakotomaharo ancien président du Sénat en tant que vice président de Transition et l'ancien président de l'Assemblée Nationale, Jacques Sylla en tant que président du congrès de transition, une institution dans la transition.
- 6 octobre 2009 : Convention de Carlton : Les quatre mouvances ont nommé Emmanuel Rakotovahiny de la mouvance Zafy en tant que vice-président de Transition et Eugène Mangalaza de la mouvance Ratsiraka en tant que Premier ministre de consensus, lors de leur réunion à l'hôtel Carlton dans la capitale de Madagascar avec les médiateurs internationaux.
- 10 octobre 2009 : Scission entre Rajoelina et son Premier ministre. Monja a déclaré de ne pas démissionner de son poste.
- 12 octobre 2009 : Rajoelina a nommé Eugène Mangalaza en tant que Premier ministre pour remplacer Roindefo.
- 7 novembre 2009 : Acte Additionnel d'Addis-Abeba : Les quatre mouvances malgaches signent à Addis-Abeba un accord additionnel sur le partage du pouvoir.
- Les quatre mouvances ont maintenu Andry Rajoelina, à la tête de la Transition, mais lui adjoignant deux "co-présidents", dont Emmanuel Rakotovahiny de la mouvance Zafy et Fetison Rakoto Andrianirina de la mouvance Ravalomanana.
- Ils ont également nommé Eugène Mangalaza de la mouvance Ratsiraka en tant que Premier ministre de consensus.
- 4 au 8 décembre 2009 : Maputo III : Les trois mouvances excepté celle de Rajoelina sont parties à Maputo pour une nouvelle négociation et ont distribué les postes ministériels.
- Rajoelina a été fâché par la décision des anciens présidents et a bloqué les délégations des trois mouvances, en Afrique du sud, sur leur route de retour à Madagascar en suspendant le trafique aérien entre Madagascar et Mozambique.
- 16 décembre 2009 : Rajoelina a annoncé l'organisation des élections élections législatives en mars 2010, disant que la cohabitation entre les quatre mouvances est impossible.
- 18 décembre 2009 : Rajoelina a limogé Eugène Mangalaza de ses fonctions de Premier ministre.
- 20 décembre 2009 : Rajoelina a nommé un nouveau Premier ministre en la personne de Camille Vital, un militaire retraité pour remplacer Eugène Mangalaza.
- 31 décembre 2009 : Rajoelina a appelé toutes les forces vives des nations a unir leur forces pour la tenue des élections législatives, prévue pour le 20 mars.
Ravalomanana, 60 ans, a été élu président de la République en 2002 pour son premier quinquennat mais il n'a pas pu terminer son deuxième mandat car Rajoelina, 35 ans lui a remplacé le 21 mars.
Ratsiraka, 73 ans, a été président pendant 21 ans, de 1975 a 1991 puis de 1997 à 2001 tandis que Zafy, 82 ans, a dirigé le pays de 1993 à 1996.
- 17 décembre 2008 : Reporter sans Frontières, des représentants importants de l'opposition politique de Ravalomanana et de la Société civile, conduite par Madeleine Ramaholimihaso et Nadine Ramaroson, demandent la réouverture de tous les médias fermés par le régime Ravalomanana ainsi que l'ouverture des chaînes publiques à l'opposition.
- Andry Rajoelina a lancé un ultimatum au gouvernement d'ouvrir sa chaîne Télévision jusqu'au 13 janvier 2009 mais le pouvoir n'a pas réagi.
- 14 janvier 2009 : Andry Rajoelina a déclaré à la presse qu' il allait inauguré une « Place de la Démocratie » pour réclamer plus de démocratie et de liberté d'expression à Madagascar.
- 17 janvier 2009 : Andry Rajoelina a inauguré la « Place de la Démocratie » avec une foule à peu près de 20 000 personnes, la démission du ministre du Budget et de Finance, Haja Nirina Razafinjatovo, ainsi que le ministre de l'Aménagement du territoire, Marius Ratolojanahary jusqu'à 21 janvier 2009.
- 24 janvier 2009 : Andry Rajoelina a demandé ouvertement la démission du président Ravalomanana devant une foule à peu près de 80 000 personnes, qui ont rempli les routes principales de la place de la Démocratie jusqu'à la place du 13 mai, dont la distance est plus d'un kilomètre.
- 25 janvier 2009 : Le président Marc Ravalomanana a écourté son voyage de deux jours en Afrique du Sud. Pendant la nuit du 25 janvier, des hommes cagoulés non identifiés ont confisqué les émetteurs de la radio VIVA.
- 26 janvier 2009 : Les manifestations dirigées par Rajoelina s'intensifiaient en réunissant 120000 personnes, et tournées en incendie et pillage de la radio nationale, de la télévision nationale, des entreprises du président Marc Ravalomanana et d' autres bâtiments privés. Cette journée a été nommée « Lundi noire » par les médias locaux.
- Les mêmes scènes se produisaient presque dans tous les six provinces du pays, et selon le chiffre de la gendarmerie nationale, au moins 86 personnes ont été tuées et carbonisées pendant les pillages tandis que d'autres sources disaient plus d'une centaine.
- 31 janvier 2009 : Andry Rajoelina s'autoproclamait président de Madagascar, disant que c'est lui qui commande les forces armées et la police en exhortant la fermeture de tous les bureaux dans le pays le 2 février.
- 2 février 2009 : Tous les bureaux ont été ouverts et les administrations ont continué leurs affaires courantes.
- A peu près 5000 personnes sont arrivées à la place du 13 mai pour joindre la manifestation dirigée par Rajoelina.
- Rajoelina annonçait qu'une demande de destitution du président Ravalomanana serait déposée à la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) par Ny Hasina Andriamanjato, ancien ministre des Postes et Télécommunication de l'ancien président Didier Ratsiraka.
- Il annonçait que si la démarche ne réussirait pas, il allait avec ses supporteurs d'aller au palais présidentiel pour prendre le pouvoir.
- 3 février 2009 : Andry Rajoelina a été destitué de ses fonctions de maire de la ville d'Antananarivo par le ministre de l' Intérieur Gervais Rakotoniriana pour des lacunes dans la conduite de ses missions dans la mairie.
- 7 février 2009 : Rajoelina s'est déclaré président de la Haute Autorité de Transition (HAT) et a nommé son Premier ministre en la personne de Monja Roindefo Zafitsimivalo, fils d'un nationaliste bien connu à Madagascar, Monja Jaona.
- Monja Roindefo a conduit les manifestants au palais présidentiel pour changer ce palais en Primature.
- Des dizaines des manifestants ont été tués par les tirs à balles réelles par les gardes présidentiels devant la présidence tandis que d'autres centaines ont été blessés étant donné que la présidence est classée zone rouge.
- 9 février 2009 : Le ministre de la Défense, Mme Cécile Manorohanta, a démissionné disant que son moral ne peut résister à la tuerie du 7 février
- Ravalomanana a nommé son directeur de cabinet militaire le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo pour prendre le poste vacant du ministre de la Défense, laissé par Cécile Manorohanta.
- 4 mars 2009 : Andry Rajoelina se réfugiait à l'Ambassade de France.
- 8 mars 2009 : Les sous officiers dans un camps stratégiques des militaires, Corps d'armée des personnels et des services administratifs et technique (CAPSAT), situé à environ six kilomètres du centre ville d'Antananarivo, ont conduit une mutinerie aux généraux malgaches surtout aux ordres de Ravalomanana.
- 11 mars 2009 : Quelques 150 militaires ont forcé le ministre de la Défense, le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo à démissionner de ses fonctions.
- 13 mars 2009 : Andry Rajoelina réapparaît au place de 13 mai avec le support des forces armées et d'autres bras droits de Ravalomanana comme le président de l'Assemblée Nationale Jacques Sylla.
- 14 et 15 mars 2009 : Tous les camps des forces armées ont manifesté leur support à Andry Rajoelina.
- l6 mars 2009 : Les forces armées ont confisqués le palais présidentiel situé au centre de la ville d'Antananarivo.
- 17 mars 2009 : Six des 24 ministres de Ravalomanana ont démissionné.
- Ravalomanana a donné son pouvoir à un directoire militaire qui a transféré la présidence du pays à Andry Rajoelina.
- 18 mars 2009 : La HCC a reconnu officiellement le transfert de pouvoir de Andry Rajoelina.
- 20 mars 2009 : La communauté internationale, dont L'Union européenne et les Etats-Unis ont condamné la prise de pouvoir de Rajoelina comme coup d'État.
- L'Union africaine a suspendu Madagascar de sa communauté tandis que la Communauté de Développement de l'Afrique Australe ( SADC) refusait la présidence de Rajoelina.
- 21 mars 2009 : Rajoelina a tenu son investiture en tant que président de la HAT devant une foule de 40000 personnes.
- Les représentants des corps diplomatiques ont été absents.
- Rajoelina a déclaré d'organiser des élections dans 24 mois et établir une nouvelle constitution pour la quatrième République
- Les supporteurs de Ravalomanana ont tenu des manifestations massives pour contrarier la prise de pouvoir de Rajoelina et demander le retour de Ravalomanana au pouvoir.
- 25 mars 2009 : Ravalomanana s'est enfui à Swaziland puis en Afrique du Sud.
- 27 mars 2009 : Rajoelina a libéré quelques prisonniers politiques des Ravalomanana.
- 31 mars 2009 : Rajoelina a nommé officiellement ses ministres, a suspendu l'Assemblée Nationale et le Sénat.
- 2 au 3 avril 2009 : La HAT a tenu des assises nationales en absence des partisans de Ravalomanana et a annoncé l'organisation d'un référendum sur la constitution en septembre 2009, des élections législatives en mars 2010 et d'une élection présidentielle en octobre 2010.
- 14 avril 2009 : Marc Ravalomanana, qui est en exil à Swaziland, a déclaré qu'il n'a pas démissionné.
- Ravalomanana a nommé son nouveau Premier ministre, Manandafy Rakotonirina suite au transfert de pouvoir entre son ancien Premier ministre Charles Rabemananjara avec le Premier ministre de Rajoelina, Monja Roindefo.
- 12 juin 2009 : les négociations sur la crise à Madagascar sont suspendues à nouveau après le retrait de la HAT.
- 22 juin 2009 : l'Autorité de transition de Madagascar prend le contrôle des forces armées.
- 31 juillet 2009 : les chefs des quatre mouvances, dont Rajoelina et les anciens présidents Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy acceptent de participer aux pourparlers à Maputo, au Mozambique.
- 1 août 2009 : les parties prenantes malgaches signent une charte de transition à Antananarivo à l'issue de deux jours de consultation à huis clos.
- 4 au 9 août 2009 : MAPUTO I : Pourparlers à Maputo, où est signé un accord sur une transition politique d'une durée de 15 mois maximum, à l'issue de laquelle des élections législatives et présidentielles se tiendront sous la supervision internationale. Une amnistie sera accordée à Ravalomanana, lui permettant de revenir au pays.
- 25 au 28 août 2009 : MAPUTO II : Deuxième cycle des pourparlers à Maputo, sans aboutir à un accord sur la répartition des postes clés au sein du gouvernement de transition.
- 7 septembre : Rajoelina a remanié son gouvernement et nommant deux bras droit de Ravalomanana, notamment Rajemison Rakotomaharo ancien président du Sénat en tant que vice président de Transition et l'ancien président de l'Assemblée Nationale, Jacques Sylla en tant que président du congrès de transition, une institution dans la transition.
- 6 octobre 2009 : Convention de Carlton : Les quatre mouvances ont nommé Emmanuel Rakotovahiny de la mouvance Zafy en tant que vice-président de Transition et Eugène Mangalaza de la mouvance Ratsiraka en tant que Premier ministre de consensus, lors de leur réunion à l'hôtel Carlton dans la capitale de Madagascar avec les médiateurs internationaux.
- 10 octobre 2009 : Scission entre Rajoelina et son Premier ministre. Monja a déclaré de ne pas démissionner de son poste.
- 12 octobre 2009 : Rajoelina a nommé Eugène Mangalaza en tant que Premier ministre pour remplacer Roindefo.
- 7 novembre 2009 : Acte Additionnel d'Addis-Abeba : Les quatre mouvances malgaches signent à Addis-Abeba un accord additionnel sur le partage du pouvoir.
- Les quatre mouvances ont maintenu Andry Rajoelina, à la tête de la Transition, mais lui adjoignant deux "co-présidents", dont Emmanuel Rakotovahiny de la mouvance Zafy et Fetison Rakoto Andrianirina de la mouvance Ravalomanana.
- Ils ont également nommé Eugène Mangalaza de la mouvance Ratsiraka en tant que Premier ministre de consensus.
- 4 au 8 décembre 2009 : Maputo III : Les trois mouvances excepté celle de Rajoelina sont parties à Maputo pour une nouvelle négociation et ont distribué les postes ministériels.
- Rajoelina a été fâché par la décision des anciens présidents et a bloqué les délégations des trois mouvances, en Afrique du sud, sur leur route de retour à Madagascar en suspendant le trafique aérien entre Madagascar et Mozambique.
- 16 décembre 2009 : Rajoelina a annoncé l'organisation des élections élections législatives en mars 2010, disant que la cohabitation entre les quatre mouvances est impossible.
- 18 décembre 2009 : Rajoelina a limogé Eugène Mangalaza de ses fonctions de Premier ministre.
- 20 décembre 2009 : Rajoelina a nommé un nouveau Premier ministre en la personne de Camille Vital, un militaire retraité pour remplacer Eugène Mangalaza.
- 31 décembre 2009 : Rajoelina a appelé toutes les forces vives des nations a unir leur forces pour la tenue des élections législatives, prévue pour le 20 mars.
Ravalomanana, 60 ans, a été élu président de la République en 2002 pour son premier quinquennat mais il n'a pas pu terminer son deuxième mandat car Rajoelina, 35 ans lui a remplacé le 21 mars.
Ratsiraka, 73 ans, a été président pendant 21 ans, de 1975 a 1991 puis de 1997 à 2001 tandis que Zafy, 82 ans, a dirigé le pays de 1993 à 1996.
Libellés :
Andry Nirina Rajoelina,
Coup d'état,
crise 2009,
Exil,
Madagascar,
Marc Ravalomanana,
Transition politique
Pays/territoire :
Madagascar
mardi 28 janvier 2014
Présidentielles : Les candidats potentiels de nouveau en pré-campagne électorale
février 2011

Andry Rajoelina à Toamasina, Rolland Ratsiraka à Antsiranana. Les électeurs ont droit aujourd'hui à deux grands meetings politiques qui s'inscrivent, quoi qu'on dise, dans la pré-campagne en vue des futures présidentielles. Ces deux rendez-vous avec la population coïncident avec l'arrivée des experts des Nations Unies et de l'Organisation Internationale de la Francophonie dont la mission consiste à évaluer les besoins de Madagascar en matière électorale. Pour le président de la HAT en particulier, c'est la première descente sur le terrain depuis qu'il a déclaré qu'il est désormais libre de se présenter ou non car selon lui, la communauté internationale n'a pas tenu sa parole. Une communauté internationale qui proposait que la non-candidature de Andry Rajoelina faciliterait la résolution de la crise malgache.
08 mars 2011. Où sont-ils passés les autres candidats considérés jusqu'ici comme potentiels? Le président national du MDM, Pierrot Rajaonarivelo, a interrompu ses tournées en province. Pareil pour Monja Roindefo du Monima Ka Miviombio qui s'occupe pour le moment de la mise en place de sa nouvelle plate-forme dénommée UAMAD. Quant à Saraha Georget Rabeharisoa, jusqu'ici la seule femme ayant déclaré sa candidature aux prochaines présidentielles, elle ouvrira sa pré-campagne le 08 mars prochain dans le district d'Ambanja. Et ce, après avoir créé avec un autre candidat déclaré, le Dr Jules Etienne, la 3PE (Plate-forme des Partis Politiques pour les Elections), une plate-forme qui roule pour la tenue des élections comme solution à la crise. La présidente nationale du parti Vert Hasin'i Madagasikara rencontrera ce 08 mars la population de Sambirano, dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de la femme certes, mais ce sera une occasion pour elle de prononcer un discours politique sur le cours des événements actuels.
Présidentielles ou Législatives? Parallèlement à la pré-campagne des éventuels candidats aux futures présidentielles, les débats sur l'opportunité des différentes élections qui devraient se tenir cette année 2011, sont loin d'être clos. Les avis divergent. Des partis proches du pouvoir roulent pour les présidentielles avant les Législatives. Des formations politiques qui se soucient de la question de représentativité équitable au niveau du Parlement optent pour l'inverse et propose la tenue des élections de proximité avant les élections générales. Par ailleurs, il y a des partis politiques qui suggèrent les présidentielles et les Législatives jumelées pour réduire les coûts. En tout cas, tout dépend du résultat de la mission des experts des Nations Unies et de l'OIF. Mais avant les élections, il faudra mettre en place la transition consensuelle et inclusive, avec toutes ses règles de jeu qui mettent tout le monde sur un pied d'égalité.
RAJAOFERA Eugène

Comment est-il possible de composer une pluralité honnête de parti politique dans la course aux présidentielles sans le leader de l'opposition, principal adversaire de AN Rajoelina - Marc Ravalomanana?
Andry Rajoelina à Toamasina, Rolland Ratsiraka à Antsiranana. Les électeurs ont droit aujourd'hui à deux grands meetings politiques qui s'inscrivent, quoi qu'on dise, dans la pré-campagne en vue des futures présidentielles. Ces deux rendez-vous avec la population coïncident avec l'arrivée des experts des Nations Unies et de l'Organisation Internationale de la Francophonie dont la mission consiste à évaluer les besoins de Madagascar en matière électorale. Pour le président de la HAT en particulier, c'est la première descente sur le terrain depuis qu'il a déclaré qu'il est désormais libre de se présenter ou non car selon lui, la communauté internationale n'a pas tenu sa parole. Une communauté internationale qui proposait que la non-candidature de Andry Rajoelina faciliterait la résolution de la crise malgache.
08 mars 2011. Où sont-ils passés les autres candidats considérés jusqu'ici comme potentiels? Le président national du MDM, Pierrot Rajaonarivelo, a interrompu ses tournées en province. Pareil pour Monja Roindefo du Monima Ka Miviombio qui s'occupe pour le moment de la mise en place de sa nouvelle plate-forme dénommée UAMAD. Quant à Saraha Georget Rabeharisoa, jusqu'ici la seule femme ayant déclaré sa candidature aux prochaines présidentielles, elle ouvrira sa pré-campagne le 08 mars prochain dans le district d'Ambanja. Et ce, après avoir créé avec un autre candidat déclaré, le Dr Jules Etienne, la 3PE (Plate-forme des Partis Politiques pour les Elections), une plate-forme qui roule pour la tenue des élections comme solution à la crise. La présidente nationale du parti Vert Hasin'i Madagasikara rencontrera ce 08 mars la population de Sambirano, dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de la femme certes, mais ce sera une occasion pour elle de prononcer un discours politique sur le cours des événements actuels.
Présidentielles ou Législatives? Parallèlement à la pré-campagne des éventuels candidats aux futures présidentielles, les débats sur l'opportunité des différentes élections qui devraient se tenir cette année 2011, sont loin d'être clos. Les avis divergent. Des partis proches du pouvoir roulent pour les présidentielles avant les Législatives. Des formations politiques qui se soucient de la question de représentativité équitable au niveau du Parlement optent pour l'inverse et propose la tenue des élections de proximité avant les élections générales. Par ailleurs, il y a des partis politiques qui suggèrent les présidentielles et les Législatives jumelées pour réduire les coûts. En tout cas, tout dépend du résultat de la mission des experts des Nations Unies et de l'OIF. Mais avant les élections, il faudra mettre en place la transition consensuelle et inclusive, avec toutes ses règles de jeu qui mettent tout le monde sur un pied d'égalité.
RAJAOFERA Eugène
Libellés :
Andry Nirina Rajoelina,
Antananarivo,
crise 2009,
Madagascar,
Marc Ravalomanana,
politique
Pays/territoire :
Madagascar
LE SAMEDI ROUGE - 7Février2011
LE SAMEDI ROUGE
Hommage & Témoignages
C'était il y a deux année, un siècle, c'était il y a un jour, et c'est aujourd'hui encore.
Aussi longtemps que la réalité l'impose, des âmes perdues et apeurées seront parties.
Des enfants de la République que l'on a arrachés à leur mère, des maris qui ont promis à leurs moitiés de les accompagner pour le meilleur et pour le pire, des pères qui protégeaient leurs familles malgré la fragilité du cristal de vie.
Tous ces hommes et ces femmes ont été mis au monde par des matrices autant bienveillantes que possible, ces mères sur lesquelles reposait la lourde responsabilité de faire grandir des Hommes... ont perdu leurs enfants, leurs tripes, et vont mourir deux fois, la seconde sera leur dernier souffle, la première mort c'est de perdre son sang, son Soi.
Rendez-vous compte de l'errance insoutenable dans laquelle se trouvent vraisemblablement ces âmes gaspillées, les combats de coq n'ont pas cessé, le pouvoir déraisonne l'homme, le persécute et le laisse insensible, comme irréel.
"Qui à ce jour, mais qui dira que les vies perdues sont le prix à payer, et où retrouve-t-on la voix du Sage, celle du Tuteur, celle de ces âmes, où trouve-t-on la Morale, Andriamanitra... qu'avons-nous fait..."
Quittons les questions bassement terre à terre, élevons le débat au plus haut puisqu' il nous dépasse déjà.
Comment ne pas pleurer de rage, de honte, de douleur, pour ce que nous avons fait.
Oui je dis "nous" car dites-le vous bien, des tenants aux aboutissants nous sommes responsables, coupables, il n'y a pas de fumée sans feu et chaque homme a allumé son brasier, tout jugement viendra à temps et jamais nous n'aurons assez de Pouvoir, de coeur et d'esprit pour rattraper l'irréparable.
Si les petites idées étau de certains hommes ont décapité des vies,
Si ces petits hommes se disent bienfaiteurs et Pères de la Nation,
Si ces petits pas en avant et ces grands pas en arrière, d'aveugles à mille à l'heure ont projeté des vies un mur en pleine face,
Si la seule issue était de trouver la mort,
Si le petit homme s'est pris pour Dieu, à reprendre la Vie,
Si la souffrance et la répression sont nos seuls refuges donnés...
Si le ventre doit être vide un peu comme un signe héréditaire.
Si les petits hommes ont fortune, croix et qu'ils aiment leurs enfants...
...
Dites à leurs enfants qu'ils ont été trahis.
Que mon fils est ton fils,
Que mon sang est à même le sol,
Qu'ils m'ont tout pris,
Que je te regarde et que je ne te laisserai jamais plus,
Que ta peau sera aussi un jour la mienne,
Que ton coeur sera à la place du mien, et que je l'aurai à mon tour au creux de ma main.
Et que à travers toi - petit homme, je vivrai jusqu'à ce qu'à ton tour, tu fermes les yeux.
Hommes d'hier ne dansez pas sur cette marche de requiem de ce furieux Samedi Rouge.
Hommes de demain, n'ôtez pour rien au monde de vos inconscients collectifs ce pour quoi vous êtes.
Hommes de demain tenez vos promesses enfin.
Redonnez à nos enfants ce qui leur a été confisqué.
La simplicité d'être vivants, libres et aimés.
Comme le Tout Puissant nous a aimés.
Si on nous avait dit qu'au bout du chemin de blanc nous serions vite embaumés,
Si on nous avait dit qu'on avait tort d'être ensemble et de se faire confiance, et que cela ne serait que pour seule fois dans notre vie...
Nous ne sommes pas des âmes jetables.
Si seulement on nous avait dit que les petits hommes se déchiquetteraient nos peaux.
Et si maintenant tout ces gens disparaissaient comme le moment instantané qui nous a percé la chair.
Alors nous serions en paix,
Ici bas ou au Ciel,
Ce que nous voulons c'est avoir la Paix,
Vivre en Paix et grandir.
Mourir en Paix et s'élever.
[E.C]









photos/comments : kryl P



Hommage & Témoignages
C'était il y a deux année, un siècle, c'était il y a un jour, et c'est aujourd'hui encore.
Aussi longtemps que la réalité l'impose, des âmes perdues et apeurées seront parties.
Des enfants de la République que l'on a arrachés à leur mère, des maris qui ont promis à leurs moitiés de les accompagner pour le meilleur et pour le pire, des pères qui protégeaient leurs familles malgré la fragilité du cristal de vie.
Tous ces hommes et ces femmes ont été mis au monde par des matrices autant bienveillantes que possible, ces mères sur lesquelles reposait la lourde responsabilité de faire grandir des Hommes... ont perdu leurs enfants, leurs tripes, et vont mourir deux fois, la seconde sera leur dernier souffle, la première mort c'est de perdre son sang, son Soi.
Rendez-vous compte de l'errance insoutenable dans laquelle se trouvent vraisemblablement ces âmes gaspillées, les combats de coq n'ont pas cessé, le pouvoir déraisonne l'homme, le persécute et le laisse insensible, comme irréel.
"Qui à ce jour, mais qui dira que les vies perdues sont le prix à payer, et où retrouve-t-on la voix du Sage, celle du Tuteur, celle de ces âmes, où trouve-t-on la Morale, Andriamanitra... qu'avons-nous fait..."
Quittons les questions bassement terre à terre, élevons le débat au plus haut puisqu' il nous dépasse déjà.
Comment ne pas pleurer de rage, de honte, de douleur, pour ce que nous avons fait.
Oui je dis "nous" car dites-le vous bien, des tenants aux aboutissants nous sommes responsables, coupables, il n'y a pas de fumée sans feu et chaque homme a allumé son brasier, tout jugement viendra à temps et jamais nous n'aurons assez de Pouvoir, de coeur et d'esprit pour rattraper l'irréparable.
Si les petites idées étau de certains hommes ont décapité des vies,
Si ces petits hommes se disent bienfaiteurs et Pères de la Nation,
Si ces petits pas en avant et ces grands pas en arrière, d'aveugles à mille à l'heure ont projeté des vies un mur en pleine face,
Si la seule issue était de trouver la mort,
Si le petit homme s'est pris pour Dieu, à reprendre la Vie,
Si la souffrance et la répression sont nos seuls refuges donnés...
Si le ventre doit être vide un peu comme un signe héréditaire.
Si les petits hommes ont fortune, croix et qu'ils aiment leurs enfants...
...
Dites à leurs enfants qu'ils ont été trahis.
Que mon fils est ton fils,
Que mon sang est à même le sol,
Qu'ils m'ont tout pris,
Que je te regarde et que je ne te laisserai jamais plus,
Que ta peau sera aussi un jour la mienne,
Que ton coeur sera à la place du mien, et que je l'aurai à mon tour au creux de ma main.
Et que à travers toi - petit homme, je vivrai jusqu'à ce qu'à ton tour, tu fermes les yeux.
Hommes d'hier ne dansez pas sur cette marche de requiem de ce furieux Samedi Rouge.
Hommes de demain, n'ôtez pour rien au monde de vos inconscients collectifs ce pour quoi vous êtes.
Hommes de demain tenez vos promesses enfin.
Redonnez à nos enfants ce qui leur a été confisqué.
La simplicité d'être vivants, libres et aimés.
Comme le Tout Puissant nous a aimés.
Si on nous avait dit qu'au bout du chemin de blanc nous serions vite embaumés,
Si on nous avait dit qu'on avait tort d'être ensemble et de se faire confiance, et que cela ne serait que pour seule fois dans notre vie...
Nous ne sommes pas des âmes jetables.
Si seulement on nous avait dit que les petits hommes se déchiquetteraient nos peaux.
Et si maintenant tout ces gens disparaissaient comme le moment instantané qui nous a percé la chair.
Alors nous serions en paix,
Ici bas ou au Ciel,
Ce que nous voulons c'est avoir la Paix,
Vivre en Paix et grandir.
Mourir en Paix et s'élever.
[E.C]

"Ces actes de barbarie hautement condamnables sont clairement établies : une foule de manifestant sans arme, même pas un baton, des gens de tous âges et toutes catégories sociales,… ont voulu se rendre au palais d'Ambohitsirohitra. Quand ils arrivèrent devant la cordelette de la zone rouge, les forces de la Garde Présidentielle ont tiré dessus sans somation avec des armes de guerre. La majorité des morts ou des bléssés ont été atteint à la hauteur du tronc et de la tête. Je n'ai vu aucun mercenaire sur les lieux"

le "fil" qui délimitait la zone rouge Ce militaire, nous explique, très en colère, que "… je vous préviens, au delà de cette limite, je ne répond plus de rien… (il s'adresse aux journalistes présents

"L'arrivée vers le fil de la zone rouge. Les coups de feu ont été immédiat, sans somation ni grenade lacrimogène. Les coups de feu avec armes de guerre sont directes et pas en l'air. Les manifestants sont majoritairement touchés entre la tête et le haut de cuisse. Des coups de feu nourris crépissent. Je me jette au sol derrière un muret d'une quarantaine de centimètres de haut. Les gens courent en tous sens. Quand les coups de feu s'arrêtent, je me dégage des gens couchés sur moi et regarde : une place vide, des manifestants qui court au fond. Des corps sans vie."

Journaliste de RTA





photos/comments : kryl P



Libellés :
Andry Nirina Rajoelina,
crise 2009,
Madagascar,
Marc Ravalomanana,
samedi rouge
Pays/territoire :
Madagascar
Andry Rajoelina se présenterait au élections présidentielles - Janv2011
Interrogé par la Revue de l'Océan Indien sur son éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle à Madagascar, le président de la Haute Autorité de la Transition (HAT) a déclaré : "je ne suis plus lié par mon engagement de ne pas me présenter, la communauté internationale ayant failli à sa parole", rapporte le quotidien malgache La Vérité. Rajoelina revient ainsi sur sa promesse faite le 12 mai 2010. Il reproche en substance à la communauté internationale de ne pas avoir apporté son aide dans l'organisation du référendum constitutionnel du 17 novembre 2010 et de ne pas reconnaître le régime de la HAT.
Par respect à l’exclusivité que la Revue de l’Océan indien (Roi) a frappée de l’interview que le Président Rajoelina lui a accordée, nous ne vous reproduisons ici, avec l’aimable autorisation des responsables de ce mensuel, que l’extrait ayant traité de la question inhérente à la candidature ou non de ce dernier aux prochaines élections présidentielles. Ceci, pour vous inviter d’ailleurs à vous procurer cette dernière édition de Roi qui, faut – il le faire remarquer, se vend comme des petits pains depuis hier. Ainsi, dans le dessein de ne point barioler la séance de questions – réponses afférente à ce sujet, la reproduction intégrale de celle – ci s’impose.Voici la question de Roi : « la sempiternelle question de votre éventuelle candidature à la prochaine présidentielle demeure sans réponse. Allez – vous encore faire durer le suspense ou n’est – il pas temps de vous exprimer franchement sur cette question ? ».
Ce à quoi Andry Rajoelina a répondu : « je voudrais d’abord revenir sur le contexte qui m’avait amené à déclarer, au mois de mai dernier, que je n’allais pas me présenter à la prochaine présidentielle. Le 9 août 2009, nous avons signé l’Accord de Maputo. Août, septembre, octobre, novembre, décembre, janvier, février, mars, avril, mai, soit neuf mois plus tard, on n’a pas pu mettre en place le Gouvernement de Transition. Je ne veux plus revenir sur les raisons. Les pressions de la Communauté internationale pesaient lourdement.
J’ai alors appelé plusieurs Chefs d’Etat africains et européens. J’ai discuté avec l’ensemble de la Communauté internationale dont l’Ua et la Coi. Je leur ai expliqué qu’il était de mon devoir de trouver une issue. Ils m’ont répliqué : écoutez M. Rajoelina, il n’y a pas d’autres alternatives. C’est soit vous vous en tenez à l’application des Accords de Maputo et d’Addis -Abeba, soit vous acceptez un de nos deux autres schémas. Ils m’ont donc proposé de démissionner avec possibilité de me présenter à la prochaine présidentielle. A cette époque, cette seconde proposition me paraissait difficile car je redoutais qu’une telle situation allait encore replonger le pays dans une période d’incertitude, voire même de chaos. Puis ils ont par la suite avancé : la troisième et dernière solution qu’on vous propose, c’est que vous ne vous portez pas candidat et que vous gérez la Transition avec votre équipe actuelle. Je leur ai répondu : quelles garanties allez – vous m’offrir ? Ils ont dit : en contrepartie, nous vous épaulerons dans l’organisation des élections, vous aurez les aides nécessaires et la reconnaissance internationale.
J’ai alors accepté bien que c’était une décision très lourde. Surtout vis – à – vis de mes partisans qui ont focalisé leurs espoirs sur ma personne. Mais j’ai fait primer l’intérêt supérieur de la Nation. Si vous vous souvenez, j’ai insisté dessus dans mon discours du 12 mai : j’ai pris mes responsabilités et j’attends que la Communauté internationale prenne les siennes. Mais elle ne les a pas prises jusqu’à maintenant. La Communauté internationale ne nous a pas apporté son aide lors du dernier Référendum et, jusqu’à aujourd’hui, il n’est pas question de reconnaissance internationale. Tout cela pour vous dire que la décision de me porter ou non candidat à la prochaine élection présidentielle me revient désormais… exclusivement. En ce moment, je suis encore en train d’analyser l’opportunité ou non de ma candidature ».
Ce qui a amené Roi à demander : « vous ne vous sentez plus lié par votre déclaration du 12 mai dernier ? ».
Et la réponse du Président Rajoelina tomba d’un trait : « effectivement, je ne me sens plus lié par cette promesse. C’est la Communauté internationale qui n’a pas tenu sa parole ! ». Clair et net. En tout cas, cette interview exclusive de Roi recèle encore plus de déclarations littéralement capitales pour la vie de la Nation. Quoi qu’il en soit, ceci vient d’effacer, d’un revers de la main, toutes les récentes rumeurs inhérentes, entre autres, à un quelconque « deal » imaginaire entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana et à la soi - disant nomination de Mamy Rakotoarivelo à un quelconque poste de haute responsabilité au sein de la Transition.
Recueillis par R. Christian Frédéric
Blog du net - [Rovahiga] Tranche de vies, tranches de vues
Les choses vont de mal en pis pour le président de la Haute Autorité de transition (HAT), Andry Rajoelina, dit TGV, qui s'enferme dans sa stratégie de fuite en avant. Le gouverneur de la Banque centrale de Madagascar (BCM), Frédéric Rasamoely, l'aurait récemment informé qu'il ne peut plus intervenir sur le marché des changes pour soutenir la monnaie malgache car les recettes en devises provenant des exportations sont insuffisantes et souvent non rapatriées dans le pays. En l'absence d'un afflux d'investissements directs étrangers ou d'aides internationales, les réserves en devises de la BCM sont toutes déjà affectées à des dépenses urgentes. Du coup, les ministres de TGV sont à l'affût de sources de financement occultes pour étayer leur budget ou arrondir leurs fins de mois.
L'affaire Intertek. Depuis quelques semaines, Solofo Rasoarahona, le conseiller spécial du ministre des finances Hery Rajaonarimampianina, prépare la signature d'un contrat en faveur d'Intertek pour le contrôle pré-embarquement des importations malgaches. L'objectif est de tailler des croupières à GasyNet, la joint-venture entre SGS et l'Etat, qui s'occupe actuellement de contrôler les importations à leur arrivée à Madagascar. L'idée d'un contrat avec Intertek s'appuie sur le mécontentement de certains importateurs vis-à-vis de GasyNet, mais cela risque surtout d'amputer les caisses de l'Etat des revenus collectés par cette société. C'est ce qui explique l'opposition du directeur des douanes, Vola Razafindramiandra, à ce projet. D'autant que son promoteur, Solofo Rasoarahona, est le roi du mélange des genres. Non content d'œuvrer pour le compte d'Intertek, il est associé avec le ministre des finances au sein du Cabinet auditeurs associés (CGA), lequel est le commissaire aux comptes ou le conseiller fiscal de nombreuses sociétés de la place, dont plusieurs sont sous le coup d'une enquête fiscale.
Le deux Mamy. Deux personnalités ont le vent en poupe : le ministre des mines Mamy Ratovomalala et Mamy Ravatomanga, le patron du groupe Sodiat. Le premier a joué un rôle non négligeable dans la mise en place du contrat minier avec la société chinoise Wisco (exploitation du fer de Soalala), qui aurait payé pour cela 100 millions $, dont la BCM n'a toujours pas officiellement confirmé la réception. Toutefois, le plus influent des deux est sans conteste Mamy Ravatomanga : ce dernier est un proche de TGV et le patron du quotidien La Vérité. Depuis fin 2009, il est administrateur représentant l'Etat au sein de Telecoms Malagasy (Telma), ancienne firme étatique aujourd'hui contrôlée par des sociétés privées. En outre, il est le lobbyiste attitré d'Iqbal Rahim, l'actionnaire des sociétés Galana raffinerie terminal (GRT) et Galana distribution pétrolière (GDP). Il y a quelques mois, il a racheté à la société EEM l'immeuble Pradon à Antananarivo pour 2,7 millions €, et il s'emploie maintenant à le rentabiliser. C'est ainsi que le groupe Galana a décidé de résilier, fin 2010, le bail de son siège d'Antananarivo auprès de la société Sacoplast appartenant à la famille Hiridjee, pour aller s'installer dans l'immeuble Pradon. Enfin, pour jauger de l'influence politique de Ravatomanga, un exemple suffit : c'est lui qui a remis le CV d'Hery Rajaonarimampianina à TGV pour qu'il le nomme dans son gouvernement. Devinez qui est le commissaire aux comptes des sociétés du groupe Sodiat !
TGV s'inspire de Ravalomanana. Comme le laissait déjà présager un document d'orientation économique de la HAT, adopté il y a quelques semaines, TGV est en train de se laisser influencer par les thèses nationalistes. Ainsi, un décret ministériel devrait être prochainement adopté pour instaurer une sorte de monopole de l'importation des produits pétroliers : l'Etat accorderait un marché d'importation à une seule société auprès de laquelle les distributeurs de la place devraient s'approvisionner. Parallèlement, le gouvernement pourrait décider de fixer d'autorité le prix des produits à la pompe, ce qui engendrerait une double contrainte (à l'import et à la vente) pour les compagnies pétrolières. Il n'est pas certain que ce système permettra à l'Etat de récupérer une partie de la plus-value réalisée actuellement par les compagnies pétrolières. Celle-ci risque plutôt de tomber dans l'escarcelle d'hommes d'affaires proches de la HAT, qui vont se ruer pour obtenir ce contrat d'approvisionnement exclusif ou le faire attribuer à une société avec laquelle ils sont de mèche. Une belle bataille de lobbying en perspective.
http://rovahiga.over-blog.com/article-tgv-se-prepare-un-hiver-austral-morose-53714906-comments.html#comment74528861
MADAGASCAR : NOTRE PAIN QUOTIDIEN …
Des bus se renversent dans les rizières pour excès de vitesse ou pour défaillances techniques ou pour cause d’ébriété du chauffeur, des hommes femmes et enfants y ont perdu leur vie. Une petite fille de 7 ans a été mutilée à mort après avoir été violée. Ses agresseurs lui ont arraché les bras jusqu’à l’épaule, sa tête aussi et ont jeté le tout dans un ravin fourré dans un sac de jute. Des organes vitaux comme les yeux, la langue, le cœur. A Toliara, un « vazaha » (étranger de race blanche) a failli y laisser sa peau après s’être accouplé avec une femme tout en se faisant filmé, sur un lieu « fady » (interdit par la coutume). Les jeunes gens du coin munis de frondes et de sagaies les ont ratés de peu. Le terrain où s’était passé les ébats amoureux, se trouvait à proximité de quelques cimetières.
De jeunes hommes se pendent ici et là dans leur maison, sans qu’aucune explication ne soit donnée. Les cadavres d’un jeune couple (un adolescent de 18 ans et une jeune fille de 15 ans) furent découverts dans le lac d’Andraikiba à Antsirabe ils étaient ou s’étaient attachés des pieds aux bustes. Une histoire d’amour qui a fini mal ? 12 Personnes du même village (Analavory) ont trouvé la mort à cause d’une maladie non connue.
200000 emplois supprimés de 2009 à 2010, et 139 autres employés de la zone franche Galaxy Andraharo viennent d’être mis au chômage technique à partir d’aujourd’hui. Une serveuse travaillant dans un restaurant de Toamasina a été « vendue » à un étranger par son patron. Après de très dures semaines de sècheresse, la pluie continue de tomber depuis quelques jours sans trop de violence mais assez pour inonder les zones basses de la capitale. Dans la partie nord de l’ile, on craint des risques d’inondations. Des orages et des vents violents sont annoncés dans la zone littorale d’Antalaha à Mahajanga.
A Ambohimarina Itaosy, une villa été attaquée par des hommes armés de fusils et d’armes de poing. A Soavina, après 2 hommes ont péris dans l’attaque. Les malfaiteurs ont averti le quartier de Fenoarivo qu’ils vont venir prendre d’assaut les habitants de ce fokontany. Au 67 ha Ambodin’Isotry, des détrousseurs se sont fait plaisir en jouant au passe-passe, comme dans un match de rugby avec un sac contenant 1 million d’ariary appartenant à homme qui était dans sa voiture d’où le sac a été dérobé. La nuit, dans leur maison, les gens se relaient pour monter la garde car avec la pluie qui tombe, on ne peut s’attendre qu’à des attaques de voleurs armés ou pas !
Le prix du riz vient d’accuser une hausse après l’annonce du gouvernement d’une baisse prochaine. Et comme le prix de l’essence vient de monter, gageons que le riz s’achètera encore plus cher que maintenant.
Pas grand-chose ! C’est le quotidien de ceux qui ne sont pas au pouvoir. Voilà peut-être pourquoi les gens font de la politique, pour se mettre à l’abri plutôt que de nous mettre à l’abri.
Ecoutons ce que nous raconte « tananews.com » sur le sujet évoqué ici :
Désiré Ramakavelo : « Je ressens ce que la population endure actuellement »
Le Gal en retraite, Désiré Philippe Ramakavelo, et non moins membre du CST communique son opinion face à l’insécurité qui prend de l’ampleur depuis quelques mois. A cet effet ce politicien réclame davantage de responsabilité de la part des forces de l’ordre. « Si vous avez faits des efforts, faites-en plus. Mettez en place de la bonne stratégie, et donnez le matériel qu’il faut à la police communautaire » lance-t-il. Et d’ajouter qu’il peut ressentir ce que la population doit endurer actuellement, puis que lui-même a été victime d’une attaque à son domicile, il y a de cela quelques années. Par ailleurs, Désiré Philippe Ramakavelo s’est permis de s’étaler quelque peu sur ses traumatismes personnelles, vis-à-vis de cette fameuse attaque à son domicile. « Depuis on ne se sent plus en sécurité, on ne vit plus en paix, même le moindre aboiement de chiens dans les rues nous fait des rebondissements dans le cœur. Je suppose que la population vit la même chose, voire pire » a-t-il déploré. Un DJ à la présidence, un officier spécialiste des bombes qui fond en larmes, et maintenant un Général à la retraite qui a presque peur de son ombre, Madagascar est loin d’être un pays banal.
rov@higa
L'affaire Intertek. Depuis quelques semaines, Solofo Rasoarahona, le conseiller spécial du ministre des finances Hery Rajaonarimampianina, prépare la signature d'un contrat en faveur d'Intertek pour le contrôle pré-embarquement des importations malgaches. L'objectif est de tailler des croupières à GasyNet, la joint-venture entre SGS et l'Etat, qui s'occupe actuellement de contrôler les importations à leur arrivée à Madagascar. L'idée d'un contrat avec Intertek s'appuie sur le mécontentement de certains importateurs vis-à-vis de GasyNet, mais cela risque surtout d'amputer les caisses de l'Etat des revenus collectés par cette société. C'est ce qui explique l'opposition du directeur des douanes, Vola Razafindramiandra, à ce projet. D'autant que son promoteur, Solofo Rasoarahona, est le roi du mélange des genres. Non content d'œuvrer pour le compte d'Intertek, il est associé avec le ministre des finances au sein du Cabinet auditeurs associés (CGA), lequel est le commissaire aux comptes ou le conseiller fiscal de nombreuses sociétés de la place, dont plusieurs sont sous le coup d'une enquête fiscale.
Le deux Mamy. Deux personnalités ont le vent en poupe : le ministre des mines Mamy Ratovomalala et Mamy Ravatomanga, le patron du groupe Sodiat. Le premier a joué un rôle non négligeable dans la mise en place du contrat minier avec la société chinoise Wisco (exploitation du fer de Soalala), qui aurait payé pour cela 100 millions $, dont la BCM n'a toujours pas officiellement confirmé la réception. Toutefois, le plus influent des deux est sans conteste Mamy Ravatomanga : ce dernier est un proche de TGV et le patron du quotidien La Vérité. Depuis fin 2009, il est administrateur représentant l'Etat au sein de Telecoms Malagasy (Telma), ancienne firme étatique aujourd'hui contrôlée par des sociétés privées. En outre, il est le lobbyiste attitré d'Iqbal Rahim, l'actionnaire des sociétés Galana raffinerie terminal (GRT) et Galana distribution pétrolière (GDP). Il y a quelques mois, il a racheté à la société EEM l'immeuble Pradon à Antananarivo pour 2,7 millions €, et il s'emploie maintenant à le rentabiliser. C'est ainsi que le groupe Galana a décidé de résilier, fin 2010, le bail de son siège d'Antananarivo auprès de la société Sacoplast appartenant à la famille Hiridjee, pour aller s'installer dans l'immeuble Pradon. Enfin, pour jauger de l'influence politique de Ravatomanga, un exemple suffit : c'est lui qui a remis le CV d'Hery Rajaonarimampianina à TGV pour qu'il le nomme dans son gouvernement. Devinez qui est le commissaire aux comptes des sociétés du groupe Sodiat !
TGV s'inspire de Ravalomanana. Comme le laissait déjà présager un document d'orientation économique de la HAT, adopté il y a quelques semaines, TGV est en train de se laisser influencer par les thèses nationalistes. Ainsi, un décret ministériel devrait être prochainement adopté pour instaurer une sorte de monopole de l'importation des produits pétroliers : l'Etat accorderait un marché d'importation à une seule société auprès de laquelle les distributeurs de la place devraient s'approvisionner. Parallèlement, le gouvernement pourrait décider de fixer d'autorité le prix des produits à la pompe, ce qui engendrerait une double contrainte (à l'import et à la vente) pour les compagnies pétrolières. Il n'est pas certain que ce système permettra à l'Etat de récupérer une partie de la plus-value réalisée actuellement par les compagnies pétrolières. Celle-ci risque plutôt de tomber dans l'escarcelle d'hommes d'affaires proches de la HAT, qui vont se ruer pour obtenir ce contrat d'approvisionnement exclusif ou le faire attribuer à une société avec laquelle ils sont de mèche. Une belle bataille de lobbying en perspective.
http://rovahiga.over-blog.com/article-tgv-se-prepare-un-hiver-austral-morose-53714906-comments.html#comment74528861
MADAGASCAR : NOTRE PAIN QUOTIDIEN …
Des bus se renversent dans les rizières pour excès de vitesse ou pour défaillances techniques ou pour cause d’ébriété du chauffeur, des hommes femmes et enfants y ont perdu leur vie. Une petite fille de 7 ans a été mutilée à mort après avoir été violée. Ses agresseurs lui ont arraché les bras jusqu’à l’épaule, sa tête aussi et ont jeté le tout dans un ravin fourré dans un sac de jute. Des organes vitaux comme les yeux, la langue, le cœur. A Toliara, un « vazaha » (étranger de race blanche) a failli y laisser sa peau après s’être accouplé avec une femme tout en se faisant filmé, sur un lieu « fady » (interdit par la coutume). Les jeunes gens du coin munis de frondes et de sagaies les ont ratés de peu. Le terrain où s’était passé les ébats amoureux, se trouvait à proximité de quelques cimetières.
De jeunes hommes se pendent ici et là dans leur maison, sans qu’aucune explication ne soit donnée. Les cadavres d’un jeune couple (un adolescent de 18 ans et une jeune fille de 15 ans) furent découverts dans le lac d’Andraikiba à Antsirabe ils étaient ou s’étaient attachés des pieds aux bustes. Une histoire d’amour qui a fini mal ? 12 Personnes du même village (Analavory) ont trouvé la mort à cause d’une maladie non connue.
200000 emplois supprimés de 2009 à 2010, et 139 autres employés de la zone franche Galaxy Andraharo viennent d’être mis au chômage technique à partir d’aujourd’hui. Une serveuse travaillant dans un restaurant de Toamasina a été « vendue » à un étranger par son patron. Après de très dures semaines de sècheresse, la pluie continue de tomber depuis quelques jours sans trop de violence mais assez pour inonder les zones basses de la capitale. Dans la partie nord de l’ile, on craint des risques d’inondations. Des orages et des vents violents sont annoncés dans la zone littorale d’Antalaha à Mahajanga.
A Ambohimarina Itaosy, une villa été attaquée par des hommes armés de fusils et d’armes de poing. A Soavina, après 2 hommes ont péris dans l’attaque. Les malfaiteurs ont averti le quartier de Fenoarivo qu’ils vont venir prendre d’assaut les habitants de ce fokontany. Au 67 ha Ambodin’Isotry, des détrousseurs se sont fait plaisir en jouant au passe-passe, comme dans un match de rugby avec un sac contenant 1 million d’ariary appartenant à homme qui était dans sa voiture d’où le sac a été dérobé. La nuit, dans leur maison, les gens se relaient pour monter la garde car avec la pluie qui tombe, on ne peut s’attendre qu’à des attaques de voleurs armés ou pas !
Le prix du riz vient d’accuser une hausse après l’annonce du gouvernement d’une baisse prochaine. Et comme le prix de l’essence vient de monter, gageons que le riz s’achètera encore plus cher que maintenant.
Pas grand-chose ! C’est le quotidien de ceux qui ne sont pas au pouvoir. Voilà peut-être pourquoi les gens font de la politique, pour se mettre à l’abri plutôt que de nous mettre à l’abri.
Ecoutons ce que nous raconte « tananews.com » sur le sujet évoqué ici :
Désiré Ramakavelo : « Je ressens ce que la population endure actuellement »
Le Gal en retraite, Désiré Philippe Ramakavelo, et non moins membre du CST communique son opinion face à l’insécurité qui prend de l’ampleur depuis quelques mois. A cet effet ce politicien réclame davantage de responsabilité de la part des forces de l’ordre. « Si vous avez faits des efforts, faites-en plus. Mettez en place de la bonne stratégie, et donnez le matériel qu’il faut à la police communautaire » lance-t-il. Et d’ajouter qu’il peut ressentir ce que la population doit endurer actuellement, puis que lui-même a été victime d’une attaque à son domicile, il y a de cela quelques années. Par ailleurs, Désiré Philippe Ramakavelo s’est permis de s’étaler quelque peu sur ses traumatismes personnelles, vis-à-vis de cette fameuse attaque à son domicile. « Depuis on ne se sent plus en sécurité, on ne vit plus en paix, même le moindre aboiement de chiens dans les rues nous fait des rebondissements dans le cœur. Je suppose que la population vit la même chose, voire pire » a-t-il déploré. Un DJ à la présidence, un officier spécialiste des bombes qui fond en larmes, et maintenant un Général à la retraite qui a presque peur de son ombre, Madagascar est loin d’être un pays banal.
rov@higa
Libellés :
afrique,
Andry Nirina Rajoelina,
Antananarivo,
Coup d'état,
crise 2009,
démocratie,
Madagascar,
Marc Ravalomanana
Pays/territoire :
Madagascar
Marc Ravalomanana et AN Rajoelina vers un accord de dénouement de crise ?
Janv2011

Au bout de 8 jours de négociation à l’hôtel « Le Hintsy » à Ambohimanambola, la mouvance Ravalomanana et l’UDR/TGV ont accouché d’un procès verbal de réunion, prêt à être signé par les deux principaux protagonistes de la crise, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Les deux partis s’accordent à confier la présidence de la transition à Andry Rajoleina et à considérer pour la conduite de la transition les forces politiques suivantes : UDR, Mouvance Ravalomanana, TGV, Mouvance Zafy, Escopol, Mouvance Ratsiraka et autres sensibilités politiques. Par ailleurs, les deux camps s’entendent sur la mise en place d’un gouvernement d’union nationale dirigé par un PM de consensus, l’élargissement du Parlement et l’augmentation à 10 du nombre des représentants des sensibilités politiques au sein de la CENI dont 8 répartis équitablement entre la mouvance Ravalomanana et leurs alliés d’une part et l’UDR/TGV et leurs alliés d’autre part. 2 membres seront issus des autres sensibilités politiques. La mouvance Ravalomanana et l’UDR/TGV s’accordent également sur la mise en place du Conseil du Fampihavanana Malagasy (ou CNR) présidé par une personnalité reconnue pour son sens du Fampihavanana et s’engagent à œuvrer en commun pour l’instauration d’un climat d’apaisement politique et social. Quant au retour au pays de l’ancien président Marc Ravalomanana « après l’instauration d’un environnement politique et sécuritaire favorable », les deux camps s’entendent que les autorités de la transition veilleront à la protection de sa famille ainsi que de ses biens.
6 points de divergence. Le procès verbal de réunion en question soulève 6 points de divergence. En effet, si la mouvance Ravalomanana propose la recomposition de la HCC, l’UDR/TGV suggère son maintien. Si la mouvance Ravalomanana reconfirme sa proposition de Mangalaza Eugène comme PM de consensus ou à défaut de ce dernier une personnalité issue de la mouvance, l’UDR/TGV pense que la nomination du PM de consensus relève de la compétence souveraine du président de la HAT parmi les personnalités proposées par les diverses entités politiques. Si la mouvance Ravalomanana propose qu’au PM du gouvernement d’union nationale soient adjoints deux vice-premiers ministres issus des deux parties protagonistes principales qui seront désignés sur proposition de leur entité respective, l’UDR/TGV soutiennent que l’opportunité de la création de deux vice-primatures soit laissée à l’appréciation souveraine du président de la HAT. Et si la mouvance Ravalomanana propose le Pr Albert Zafy pour présider le Conseil du Fampihavanana Malagasy (ou CNR), le camp Rajoelina s’y oppose. On remarque que le procès verbal qui servira de base de négociations élargie à l’arrivée de la délégation de la SADC ne fait aucune mention sur la répartition des sièges au sein du gouvernement d’union nationale.
Deux TIM, deux quotas. Le cas Raharinaivo a également ralenti les négociations d’Ambohimanambola. Car si la mouvance Ravalomanana revendique la présidence du Congrès de la transition, l’UDR/TGV préconise le maintien de Raharinaivo Andrianantoandro. Les avis divergent également sur le quota du TIM ou de la mouvance Ravalomanana dans le Congrès et le CST. La mouvance Ravalomanana soutient que les 78 et les 28 représentants de la mouvance respectivement au sein du CT et du CST sont tous proposés par Marc Ravalomanana. L’UDR/TGV s’y opposent. Pour ce groupement pro-Rajoelina, les 35 députés du quota de Raharinaivo au sein du CT doivent être reconduits. Il appartiendra à la mouvance Ravalomanana de proposer les 43 nouveaux membres. Quant au quota de la mouvance Ravalomanana au sein du CST, cette mouvance suggère que ses 28 représentants doivent être tous proposés par son chef de file. Or pour l’UDR/TGV, les 15 sénateurs du quota de Raharinaivo au sein du CST doivent être maintenus. Et la mouvance Ravalomanana n’aura qu’à proposer les 13 représentants restants. En tout cas, les deux chefs de file pourraient apporter des modifications à ce résultat des négociations d’Ambohimanambola. Un résultat qui fera d’ailleurs l’objet d’une négociation élargie à l’arrivée de la délégation de la SADC prévue aujourd’hui.
Recueillis par RAJAOFERA Eugène
Les sceptiques ne manquent pas. Mais aboutir à un accord avant l’arrivée du Dr Leonardo Simao n’est pas impossible entre le TIM, le TGV et l’UDRC qui discutent depuis quelques jours sur les solutions consensuelles de sortie de crise. Des résultats ont été obtenus sur des sujets ardus. Les positions inflexibles d’autrefois se sont assouplies. Le TIM a accepté qu’Andry Rajoelina soit le Président de la transition. Le TGV et l’UDRC admettent l’intégration des mouvances au sein du Parlement. D’autres points sont restés conflictuels mais quelques acquis sur la base de compromis pourraient déjà faire l’objet d’un accord. La classe politique toute entière attend les résultats de ces négociations au Hintsy. La marche vers le consensuel et l’inclusif est avantageuse pour certains intérêts mais désastreuse pour d’autres qui freinent des quatre fers devant les initiatives.
Les vraies solutions
Après deux ans de crise, la lassitude se fait de plus en plus sentir. L’appauvrissement de la population s’accentue de jour en jour. Les pertes d’emplois pour des milliers de gens n’ont toujours pas été compensées jusqu’à présent. L’augmentation du chômage a accentué l’insécurité et la délinquance comme jamais auparavant.
Les suspensions d’aides et de crédits de la part des bailleurs de fonds sont douloureusement ressenties par les structures qui en ont bénéficié. Au total, la vie est plus dure dans chaque foyer à cause de l’inexistence ou des révisions à la baisse des ressources.
La classe politique est-elle consciente de cette situation ou pas encore ?
L’heure n’est plus aux tergiversations qui n’ont comme conséquence qu’une perte de temps et d’argent. L’extrême-Sud est dans la sécheresse et la famine. Elle serait au plus mal s’il n’y avait pas les dons humanitaires internationaux.
Dans la capitale, c’est la guerre de sièges qui préoccupe la classe politique. Il est temps d’appliquer les vraies solutions qui prennent pied sur le large consensus et l’inclusif.
Pourquoi aller aux élections si les conditions de leur crédibilité ne sont pas réunies ? Pourquoi n’apporte-t-on pas aux points faibles dénoncés les remèdes nécessaires. Ne veut-on pas que des observateurs internationaux viennent suivre le déroulement des élections ? N’accepterait-on pas la neutralité dans la préparation et l’organisation des élections pour ne pas reconnaître l’importance de l’augmentation des membres de la CENI ? Enfin jusqu’à quand attendra-t-on l’avènement du gouvernement de consensus souhaité par les différents accords depuis deux ans ? C’est le temps de la prise de conscience, la classe politique doit abréger sa récréation. L’accouchement d’un accord à l’hôtel Le Hintsy pourrait être porteur d’espérance dans la résolution de la crise.
Mais le risque d’avortement des négociations en si bon chemin n’est pas à écarter surtout si les intérêts particuliers dament le pion à l’intérêt général.

Au bout de 8 jours de négociation à l’hôtel « Le Hintsy » à Ambohimanambola, la mouvance Ravalomanana et l’UDR/TGV ont accouché d’un procès verbal de réunion, prêt à être signé par les deux principaux protagonistes de la crise, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Les deux partis s’accordent à confier la présidence de la transition à Andry Rajoleina et à considérer pour la conduite de la transition les forces politiques suivantes : UDR, Mouvance Ravalomanana, TGV, Mouvance Zafy, Escopol, Mouvance Ratsiraka et autres sensibilités politiques. Par ailleurs, les deux camps s’entendent sur la mise en place d’un gouvernement d’union nationale dirigé par un PM de consensus, l’élargissement du Parlement et l’augmentation à 10 du nombre des représentants des sensibilités politiques au sein de la CENI dont 8 répartis équitablement entre la mouvance Ravalomanana et leurs alliés d’une part et l’UDR/TGV et leurs alliés d’autre part. 2 membres seront issus des autres sensibilités politiques. La mouvance Ravalomanana et l’UDR/TGV s’accordent également sur la mise en place du Conseil du Fampihavanana Malagasy (ou CNR) présidé par une personnalité reconnue pour son sens du Fampihavanana et s’engagent à œuvrer en commun pour l’instauration d’un climat d’apaisement politique et social. Quant au retour au pays de l’ancien président Marc Ravalomanana « après l’instauration d’un environnement politique et sécuritaire favorable », les deux camps s’entendent que les autorités de la transition veilleront à la protection de sa famille ainsi que de ses biens.
6 points de divergence. Le procès verbal de réunion en question soulève 6 points de divergence. En effet, si la mouvance Ravalomanana propose la recomposition de la HCC, l’UDR/TGV suggère son maintien. Si la mouvance Ravalomanana reconfirme sa proposition de Mangalaza Eugène comme PM de consensus ou à défaut de ce dernier une personnalité issue de la mouvance, l’UDR/TGV pense que la nomination du PM de consensus relève de la compétence souveraine du président de la HAT parmi les personnalités proposées par les diverses entités politiques. Si la mouvance Ravalomanana propose qu’au PM du gouvernement d’union nationale soient adjoints deux vice-premiers ministres issus des deux parties protagonistes principales qui seront désignés sur proposition de leur entité respective, l’UDR/TGV soutiennent que l’opportunité de la création de deux vice-primatures soit laissée à l’appréciation souveraine du président de la HAT. Et si la mouvance Ravalomanana propose le Pr Albert Zafy pour présider le Conseil du Fampihavanana Malagasy (ou CNR), le camp Rajoelina s’y oppose. On remarque que le procès verbal qui servira de base de négociations élargie à l’arrivée de la délégation de la SADC ne fait aucune mention sur la répartition des sièges au sein du gouvernement d’union nationale.
Deux TIM, deux quotas. Le cas Raharinaivo a également ralenti les négociations d’Ambohimanambola. Car si la mouvance Ravalomanana revendique la présidence du Congrès de la transition, l’UDR/TGV préconise le maintien de Raharinaivo Andrianantoandro. Les avis divergent également sur le quota du TIM ou de la mouvance Ravalomanana dans le Congrès et le CST. La mouvance Ravalomanana soutient que les 78 et les 28 représentants de la mouvance respectivement au sein du CT et du CST sont tous proposés par Marc Ravalomanana. L’UDR/TGV s’y opposent. Pour ce groupement pro-Rajoelina, les 35 députés du quota de Raharinaivo au sein du CT doivent être reconduits. Il appartiendra à la mouvance Ravalomanana de proposer les 43 nouveaux membres. Quant au quota de la mouvance Ravalomanana au sein du CST, cette mouvance suggère que ses 28 représentants doivent être tous proposés par son chef de file. Or pour l’UDR/TGV, les 15 sénateurs du quota de Raharinaivo au sein du CST doivent être maintenus. Et la mouvance Ravalomanana n’aura qu’à proposer les 13 représentants restants. En tout cas, les deux chefs de file pourraient apporter des modifications à ce résultat des négociations d’Ambohimanambola. Un résultat qui fera d’ailleurs l’objet d’une négociation élargie à l’arrivée de la délégation de la SADC prévue aujourd’hui.
Recueillis par RAJAOFERA Eugène
Les sceptiques ne manquent pas. Mais aboutir à un accord avant l’arrivée du Dr Leonardo Simao n’est pas impossible entre le TIM, le TGV et l’UDRC qui discutent depuis quelques jours sur les solutions consensuelles de sortie de crise. Des résultats ont été obtenus sur des sujets ardus. Les positions inflexibles d’autrefois se sont assouplies. Le TIM a accepté qu’Andry Rajoelina soit le Président de la transition. Le TGV et l’UDRC admettent l’intégration des mouvances au sein du Parlement. D’autres points sont restés conflictuels mais quelques acquis sur la base de compromis pourraient déjà faire l’objet d’un accord. La classe politique toute entière attend les résultats de ces négociations au Hintsy. La marche vers le consensuel et l’inclusif est avantageuse pour certains intérêts mais désastreuse pour d’autres qui freinent des quatre fers devant les initiatives.
Les vraies solutions
Après deux ans de crise, la lassitude se fait de plus en plus sentir. L’appauvrissement de la population s’accentue de jour en jour. Les pertes d’emplois pour des milliers de gens n’ont toujours pas été compensées jusqu’à présent. L’augmentation du chômage a accentué l’insécurité et la délinquance comme jamais auparavant.
Les suspensions d’aides et de crédits de la part des bailleurs de fonds sont douloureusement ressenties par les structures qui en ont bénéficié. Au total, la vie est plus dure dans chaque foyer à cause de l’inexistence ou des révisions à la baisse des ressources.
La classe politique est-elle consciente de cette situation ou pas encore ?
L’heure n’est plus aux tergiversations qui n’ont comme conséquence qu’une perte de temps et d’argent. L’extrême-Sud est dans la sécheresse et la famine. Elle serait au plus mal s’il n’y avait pas les dons humanitaires internationaux.
Dans la capitale, c’est la guerre de sièges qui préoccupe la classe politique. Il est temps d’appliquer les vraies solutions qui prennent pied sur le large consensus et l’inclusif.
Pourquoi aller aux élections si les conditions de leur crédibilité ne sont pas réunies ? Pourquoi n’apporte-t-on pas aux points faibles dénoncés les remèdes nécessaires. Ne veut-on pas que des observateurs internationaux viennent suivre le déroulement des élections ? N’accepterait-on pas la neutralité dans la préparation et l’organisation des élections pour ne pas reconnaître l’importance de l’augmentation des membres de la CENI ? Enfin jusqu’à quand attendra-t-on l’avènement du gouvernement de consensus souhaité par les différents accords depuis deux ans ? C’est le temps de la prise de conscience, la classe politique doit abréger sa récréation. L’accouchement d’un accord à l’hôtel Le Hintsy pourrait être porteur d’espérance dans la résolution de la crise.
Mais le risque d’avortement des négociations en si bon chemin n’est pas à écarter surtout si les intérêts particuliers dament le pion à l’intérêt général.
Libellés :
afrique,
Andry Nirina Rajoelina,
Antananarivo,
Coup d'état,
crise 2009,
Marc Ravalomanana,
Norbert Ratsirahonana,
politique,
Pouvoir,
real Politik,
Reconnaissance Internationale
Pays/territoire :
Madagascar
Exercice de la DEMOCRATIE est il compromis par la pauvreté?
Les cultures traditionnelles, qui mettraient en avant la primauté de la famille ou de la communauté sur l’individu ainsi que la prégnance des rapports hiérarchiques entre les classes d’âges, pourraient conduire à négliger les libertés individuelles et politiques. Ces thèses reposent sur le postulat implicite que la démocratie est une invention occidentale qui ne pourrait être facilement « exportée » dans les pays du Sud.Pourtant, pour l’Afrique en général, Evans-Pritchard et Fortes (1964) indiquaient par exemple, dès 1940, que « la structure d’un État africain implique que rois et chefs gouvernent par consensus ».
Pour Madagascar en particulier, on peut facilement identifier dans la culture malgache des éléments qui montrent que les principes démocratiques n’y sont pas absents.
* Tel proverbe affirme par exemple l’égalité des hommes entre eux.
"Ny olombelona toy ny fandrin-drano, ka tsy misy avo sy iva : les hommes sont pareils à la surface de l’eau tranquille : il n’y a ni haut ni bas."* Telle valeur fondamentale, le Fihavanana, rappelée dans le préambule de la constitution de la troisième République de 1992.
"Le peuple malgache souverain [est] profondément attaché à ses valeurs culturelles et spirituelles, notamment au Fihavanana, garant de l’unité nationale"
et privilégie l’entraide, le compromis, l’échange mutuel et le dialogue.
* Telle tradition, les Kabary, grands rassemblements convoqués par les souverains pour obtenir l’adhésion du peuple aux décisions, pourrait être une forme originale de démocratie.
* Telle organisation de la communauté villageoise, le Fokonolona permet l’exercice démocratique du pouvoir par l’assemblée de tous, laquelle est régie par une stricte égalité des participants (Condominas, 1991 ; Andrianjafy-Andrianmanindrisoa, 2004).
On peut aussi rappeler l’ancienneté de l’unification politique malgache, impulsée dès le VIIe siècle par la dynastie Maroseranana et poursuivie jusqu’à la fin du XIXe siècle par les souverains de l’Imerina (Rakotoarisoa, 2002). Il en résulte notamment que, si l’appartenance ethnique a un sens pour les Malgaches, sa traduction dans le champ politique reste secondaire par rapport à nombre d’autres pays africains, en dépit des tentatives récurrentes de manipulation politique des ethnies par certains hommes politiques.
L’enquête Afrobaromètre de 2005 montre d’ailleurs clairement que « pour une grande partie des Malgaches, l’appartenance nationale prime sur l’identité ethnique ».
Pour rendre compte de l’adhésion des Malgaches à la démocratie, Afrobaromètre de 2005 et et enquêtes diverses en seront l'inspiration.
Le soutien des Malgaches à la démocratie y apparaît majoritaire (et massif dans la capitale), même s’il n’est pas dénué d’ambiguïté.
La citoyenneté démocratique à Madagascar
<!--field: -->
L’enquête Afrobaromètre de 2005 permet de rendre compte de l’attachement des Malgaches à la démocratie et de mesurer leur « citoyenneté démocratique ». Celle-ci, comme le rappelle M. Bratton (2006), repose sur des valeurs politiques spécifiques, implique des opinions favorables à la démocratie et est associée à un certain nombre de comportements citoyens.
L’adhésion aux principales valeurs démocratiques est massive puisque plus de 70 % des Malgaches expriment leur tolérance à l’égard des opinions des autres, valident la liberté d’expression et d’organisation politique et légitiment l’égalité politique. De ce point de vue, la citoyenneté démocratique est particulièrement affirmée.
Le soutien aux procédures démocratiques est cependant plus nuancé. Les Malgaches rejettent massivement l’idée que le pays soit dirigé par l’armée, par un parti unique ou par un président doté de tous les pouvoirs. Ils expriment très largement leur accord avec le principe des élections régulières, libres et honnêtes, pensent que le président doit obéir aux lois et valident le multipartisme. Ce soutien large à la démocratie est enfin relativement solide dans la mesure où il n’est pas majoritairement conditionné à l’obtention rapide de résultats concrets
---> Près des trois quarts des Malgaches (73 %) pensent que tout le monde devrait avoir la possibilité d’exprimer librement des pensées politiques même si elles vont à l’encontre des sentiments populaires ; 72 % des Malgaches soutiennent le droit de participer à n’importe quelle organisation, que le gouvernement l’approuve ou non ; une très large majorité (88 %) pense que toutes les personnes devraient avoir le droit de voter, même si elles ne comprennent pas totalement les problèmes ou enjeux des élections ; 79 % des individus répondent que les femmes doivent avoir les mêmes droits et recevoir le même traitement que les hommes.Pourtant, cette adhésion marquée aux procédures démocratiques ne doit pas occulter l’importance des personnes se sentant à l’écart des enjeux démocratiques. 33 % des Malgaches estiment en effet que, pour eux, le type de gouvernement n’a aucune importance, ce qui est de loin le pourcentage les plus important des 18 pays ayant participé à la troisième vague d’enquêtes Afrobaromètre. L’importance de ces « hors-jeu » démocratiques pourraient bien alors favoriser, par manque d’intérêt pour la chose publique ou par soutien effectif, l’instauration d’un système non démocratique.
Enfin, du point de vue des comportements citoyens, la citoyenneté démocratique apparaît problématique. En dépit d’une participation électorale forte et régulière,l’intérêt pour la chose publique et la mobilisation individuelle ou collective sont limités. Seuls 48 % des Malgaches se déclarent en effet intéressés (plutôt ou très) par les affaires publiques.
De fait, en famille ou avec des amis, les sujets politiques ne sont pratiquement jamais ou très occasionnellement abordés (seuls 12 % des Malgaches disent parler fréquemment politique avec leurs amis ou les membres de leur famille et 48 % ne parler jamais de politique), soit le pourcentage le plus faible des 18 pays ayant participé à la troisième vague d’enquêtes Afrobaromètre de 2005.
Ce faible intérêt pour la politique va de pair avec une faible mobilisation politique. À titre individuel, les Malgaches ne prennent quasiment jamais l’initiative de rencontrer des représentants « politiques », qu’il s’agisse d’un conseiller communal, d’un représentant de l’assemblée nationale, d’un ministre ou fonctionnaire d’un cabinet ministériel, d’un officiel d’un parti politique, d’un chef religieux ou encore d’un chef traditionnel. Collectivement, cependant, 72 % des Malgaches disent avoir été amenés à se rassembler avec d’autres personnes pour aborder un problème, mais seulement 46 % plusieurs fois ou souvent. Quant à la participation protestataire, elle est massivement rejetée par près des deux tiers des Malgaches, qui disent qu’ils ne participeront jamais à une manifestation.
--> seuls 31 % des Malgaches estiment que, si le système actuel ne produit pas de résultats dans un avenir proche, il faut essayer une autre forme de gouvernement, alors que 56 % disent au contraire qu’il faut donner plus de temps au système actuel de gouvernement élu pour traiter les problèmes hérités du passé.l’analyse des attitudes à l’égard de la démocratie par quartier fait apparaître des différences marquées. Le pourcentage de personnes se déclarant méfiantes vis-à-vis de la démocratie tend en effet à augmenter au fur et à mesure que le quartier est plus pauvre.
--> 88 % des habitants de la capitale se déclarent favorables ou très favorables à la démocratie, 91 % avec le fait d’avoir un système politique démocratique pour gouverner le pays. Près de neuf Tananariviens sur dix se prononcent contre la prise du pouvoir par un homme fort ou par l’armée (77 % des Tananariviens rejettent en même temps les deux formes de gouvernement autoritaires).
Ainsi 20 % des habitants des quartiers pauvres se sont déclarés défavorables à la démocratie contre 14 % de ceux habitant dans les 25 % des quartiers les plus riches. Dans les quartiers les plus déshérités, ce sont 30 % des habitants qui expriment une telle défiance, une proportion deux fois supérieure à celle constatée en moyenne dans la population.
Certaines caractéristiques individuelles semblent cependant « protéger » les individus de cette « pression du territoire » sur les opinions individuelles, alors que d’autres entraînent une « sur-réaction antidémocratique ». Le taux de défiance des plus riches, des personnes ayant une pratique religieuse régulière, des plus de 35 ans ou encore des divorcés ou veufs, reste en effet relativement stable quel que soit le quartier d’habitation. En revanche, les actifs travaillant dans le secteur formel ou les 25-34 ans sont nettement plus défiants vis-à-vis de la démocratie lorsqu’ils habitent dans un quartier déshérité (respectivement 45 % et 58 % d’entre eux se déclarent « non favorables à la démocratie » contre 13 % et 24 % dans les quartiers riches).
On note aussi dans les quartiers les plus pauvres une sensibilité extrême des opinions individuelles aux expériences et trajectoires sociales. Avoir été au moins une fois sans domicile ou avoir connu des menaces d’expulsion du domicile augmente d’autant plus fortement la probabilité de se déclarer défiant à l’égard de la démocratie que l’on réside dans un quartier pauvre.
Sans constituer une opinion dominante des quartiers pauvres, le rejet de la démocratie en est donc une opinion fréquente. L’histoire malgache fournit quelques éléments compatibles avec ce résultat singulier. En effet, les quartiers les plus pauvres ont été souvent, dans l’histoire politique du pays, à l’origine de formes de mobilisations très particulières.
Lors des événements de 1972, les ZWAM (Zatovo Western Andevo Malagasy (Jeunes, Western – du fait de leur identification aux cow-boys, Esclaves, Malgaches) bandes de jeunes vivant de vols et en guérilla permanente avec les policiers, se sont ralliés au mouvement insurrectionnel. Mais, maintenant leur organisation sur la base du quartier, ils ont cependant toujours été soupçonnés de se livrer à des violences gratuites (mise à sac de magasins) ou d’être manipulés par des militants politiques d’un bord ou de l’autre.
Sous le deuxième septennat de D. Ratsiraka (1983-1989), les TTS - , jeunes chômeurs des bas quartiers regroupés par le ministère de la Population, ont terrorisé la population urbaine de la capitale pour empêcher toute velléité de manifestation.
Enfin, ces pratiques sont réapparues à l’occasion des élections de 2001. Les partisans de D. Ratsiraka ont par exemple utilisé les Bemiranga, jeunes issus de familles très pauvres des bas quartiers pour fomenter des troubles.
Les quartiers pauvres : un espace de socialisation.
On peut indiquer tout d’abord que les habitants de ces quartiers sont marqués par des expériences de vie communes et spécifiques telles que la confrontation à l’insalubrité et à la surpopulation des logements, à l’incertitude liée à la propriété de l’espace, au sous-équipement en infrastructure, à l’expérience du sous-emploi.
Un grand nombre de ces quartiers sont situés sur des rizières mal remblayées et se sont construits il y a plusieurs décennies en dehors de tout plan d’urbanisation et sans que la question de la propriété de la terre ait été réglée. Cela implique d’une part une insalubrité importante des logements (humidité, risque d’inondation) et une incertitude majeure quant à la stabilité résidentielle (menaces d’expulsion lors des tentatives de réhabilitation). Dans les quartiers les plus pauvres, seuls 4 % des individus ont un raccordement à l’eau courante, ce qui implique par exemple d’aller faire la queue plusieurs fois par jour à la borne fontaine la plus proche. Dans ces quartiers encore, 48 % des actifs (soit 41 % des adultes) travaillent « à leur propre compte », c’est-à-dire qu’en raison de la carence d’emploi, ils se débrouillent seuls chaque jour pour obtenir de quoi nourrir leur famille.
Les quartiers les plus pauvres sont aussi le lieu de nombreuses interactions sociales. Ils sont d’une part des espaces de regroupement familial (plus de 80 % des personnes y ont des membres de leur famille). Ils sont aussi l’occasion de nouer des relations électives. Plus de 80 % des habitants disent y avoir des amis et les conversations avec les voisins y apparaissent bien plus fréquentes que dans les autres quartiers. Plus de 50 % de leurs habitants y passent d’ailleurs leur journée, soit qu’ils y travaillent (essentiellement dans le secteur informel), soit qu’ils soient inactifs.
Enfin, l’ancrage dans le quartier est très important, puisque 32 % des adultes y sont nés et que l’ancienneté moyenne y est de 22,9 ans. Nous avons d’ailleurs montré toute l’importance subjective qu’avaient les quartiers pauvres pour leurs habitants (Wachsberger, 2006b). C’est au sein du quartier que ces derniers peuvent trouver un minimum de protection et de reconnaissance, et recevoir un indispensable réconfort moral. Ce support, même imparfait, est d’autant plus important pour les individus y logeant que les autres sources de soutien (notamment la protection sociale formelle) sont défaillantes.
ASPIRATIONS ET DECEPTIONS
Dans ses études bien connues, O. Lewis a montré comment pouvait se développer une culture de la pauvreté qu’il définit comme « une adaptation et une réaction des pauvres à leur position marginale dans une société capitaliste stratifiée par classes et fortement individualisée ».
Cette culture est donc d’abord une forme d’adaptation à des conditions objectives de vie, même si elle tend à se perpétuer de génération en génération. Elle traduit en effet « un effort pour faire face au désespoir et à la détresse face au constat de l’impossibilité d’atteindre les buts valorisés par la société ».
À Madagascar, la pauvreté est cependant une condition sociale largement partagée.
En 2001, 70 % des individus y étaient en effet en dessous du seuil de pauvreté monétaire. Les pauvres ne constituent donc pas, loin s’en faut, un groupe marginal. Dans une telle configuration, qualifiée de « pauvreté intégrée » par S. Paugam (1996), le développement d’une culture de la pauvreté telle que O. Lewis l’a définie paraît peu probable. Cependant, l’ampleur de la pauvreté n’empêche pas que se développent des formes particulières d’exclusion et de relégation sociale. La vie urbaine est en effet propice à de tels phénomènes.
Il y a par exemple à Antananarivo, en contradiction avec les valeurs supposées de solidarité africaine, quelque 10 000 sans-abri, lesquels sont fortement stigmatisés, comme l’atteste le nom de « 4’mis », par lequel ils sont habituellement désignés. Habiter dans les quartiers les plus pauvres pourrait ainsi constituer aussi une seconde forme, moins visible, de disqualification sociale. C’est en tout cas un sentiment fréquemment exprimé par ceux qui y logent.
Leurs habitants estiment plus souvent que la moyenne que leur quartier a mauvaise ou très mauvaise réputation (44 % sont dans ce cas contre 32 % en moyenne). Surtout, plus d’un sur cinq (22 %) dit avoir souffert au cours de l’année écoulée d’une discrimination liée à son lieu de résidence (contre 3 % en moyenne).
Ce sentiment de stigmatisation est doublé d’un pessimisme marqué quant aux évolutions d’avenir. Alors qu’en moyenne 32 % des Tananariviens pensent que dans l’année qui vient leur situation va rester à l’identique ou se dégrader, c’est 50 % des habitants des quartiers pauvres qui sont dans ce cas. Ce sentiment est aussi positivement corrélé à la faiblesse de l’estime de soi. Celle-ci, qui renvoie à l’opinion plus ou moins favorable qu’une personne a d’elle-même, est en effet étroitement liée à la reconnaissance sociale accordée aux individus. Ainsi une faible estime de soi est un élément important du processus d’exclusion sociale. Conséquence d’une disqualification sociale, elle peut en retour réduire encore les capacités des individus à se réinsérer. Or, dans les quartiers les plus pauvres, 38 % des habitants (mais près des trois quarts de ceux qui déclarent avoir souffert d’une discrimination liée à leur lieu de résidence) ont une faible estime d’eux-mêmes,(contre 24 % des individus en moyenne).
Les quartiers pauvres délimitent donc des espaces de vie et de socialisation propres à générer le développement d’une culture spécifique dont le rejet de la démocratie pourrait être une des facettes. Or les associations de quartier semblent jouer, dans ce mécanisme, un rôle de premier plan. Nous l’avons en effet signalé précédemment, participer aux associations de quartier est significativement et positivement corrélé à la défiance à l’égard de la démocratie, quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques des individus.
Une telle corrélation entre participation aux associations de quartier et défiance à l’égard de la démocratie amène à reconsidérer les réflexions sur la citoyenneté démocratique. La participation associative est très fréquente à Antananarivo. Dans l’ensemble, 51 % des adultes de la capitale participent régulièrement ou occasionnellement aux activités d’une association familiale, 47 % aux activités d’une association religieuse, 42 % aux activités d’une association de quartier. Dans les quartiers les plus pauvres, la participation aux associations de quartier est encore plus fréquente puisque plus de la moitié des adultes déclarent y participer. Si on peut a priori exclure les associations familiales de la sphère de la société civile, les associations religieuses et surtout les associations de quartier pourraient bien correspondre à une forme d’engagement collectif. En effet, bien qu’il ne soit pas fait mention dans le questionnaire de la nature des activités de ces associations, les enquêtes de terrain que nous avons menées montrent que nombre d’entre elles pourraient être qualifiées de citoyennes : associations des usagers de la borne fontaine, associations pour l’exploitation collective de la rizière, associations des jeunes pour organiser des activités de loisir, associations pour la sécurité et la défense du quartier, associations sportives, etc.
Dans les quartiers les plus pauvres, les différentes variables de précarité et d’exclusion sont positivement corrélées à la participation associative, tout particulièrement le fait d’avoir été au moins une fois sans domicile. 93 % des personnes ayant connu une telle expérience participent aux associations de quartier. C’est encore le cas pour 60 % de celles ayant été au chômage pendant plus de 6 mois et de 63 % de celles qui ont connu une détérioration de la sécurité de l’emploi. Il apparaît également que les personnes les plus pessimistes quant à l’évolution de leur situation économique sont aussi plus fréquemment impliquées dans ces associations que les autres.
Enfin, la quasi-totalité des personnes ayant été victimes d’une discrimination liée à leur lieu de résidence (96 %) participent aux activités d’une association de quartier. Elles représentent ainsi 40 % des membres de ces associations, alors qu’elles ne sont que 22 % dans ces quartiers. Compte tenu de ces résultats, la participation associative pourrait bien être analysée comme une forme de mobilisation politique, un moyen de lutte pour l’existence, une prise en charge par eux-mêmes d’individus laissés pour compte, un moyen de résistance à la discrimination.
Il n’est pas sûr pour autant que ces associations relèvent de l’esprit civique. La participation associative ne « se limite pas à produire du lien social mais peut aussi produire des solidarités fermées, où le groupe se clôt sur lui-même et tend à exclure ».
L’analyse des corrélations entre les variables individuelles et la participation aux associations de quartier dans les quartiers pauvres tend à valider cette analyse. Les associations des quartiers pauvres drainent en effet les personnes les moins intégrées socialement et les plus pessimistes quant à leur avenir. Mais les associations de quartier semblent aussi bien favoriser un repli sur une identité fermée, comme en témoigne la plus grande méfiance affirmée à l’égard de la démocratie et la plus fréquente identification ethnique des individus y participant.
Libellés :
afrique,
Andry Nirina Rajoelina,
Antananarivo,
Coup d'état,
crise 2009,
dictature,
Didier Ratsiraka,
Madagascar,
Marc Ravalomanana,
Norbert Ratsirahonana,
politique,
Pouvoir
Pays/territoire :
Madagascar
" Je suis un malgache qui réside à Madagascar, je suis entrepreneur et trentenaire."
DEC2010
" Je suis un malgache qui réside à Madagascar, je suis entrepreneur et trentenaire,
H.Z : je vois 3 problèmes majeurs :- illétrisme = pas d'éducation = incapable de jauger la valeur de notre pays- systèmes de castes avec ces « casseroles » que l‘on est censé traîner d'andrianité / andevo-isme = que je traduirai d’impossibilité quasi congénitale de prendre conscience qu’il est possible, pour qui compte le faire de s'élever socialement doucement mais sûrement.- attrait au « court-termiste » = principal pourvoyeur, tous les dirigeants qui se sont succédés !
ils ne croient pas en l'avenir !
Or étant "l'élite", leur comportement se répercute sur les autres couches sociales ==> dilapidation des ressources.
Et même s'ils étaient « long-termistes », les enjeux (fonds extérieurs etc..) et la réalité du terrain (pauvreté chronique) les empêchent d'avancer... bloqué entre la faim du peuple (= "Hey le blanc, aboule tes sous finalement) et les conditions d'un réel développement (=" et si on tentait un contrat win-win mais bon ça ne peut être rentable que sur 70 ans au mieux"
En pure politique, cela reviendrait à un quelconque candidat de dire à ses électeurs ou potentiels électeurs " si vous votez pour moi, je ne bosserai pas pour vous, même pas pour vos enfants, mais pour vos petits enfants ... avec un peu de chance"
Quant à l'indépendance, ce qui est fait est fait en terme colonisation etc...
On ne peut s'apitoyer sur notre sort perpétuellement en sortant toujours le même refrain, même si au jour le jour, il est plus que difficile de faire abstraction... et c'est là le rôle du politique !
De nos jours, et même de tout temps, pour être indépendant, il faut l'être d'abord économiquement !En économie, il y a une règle de base qu'on nous apprend en prépa : ce qui est rare est cher ... pour peu que tu saches que ce que tu as entre les mains est rare... je n'ai que 30 « piges », mais je n'ai jamais vu un seul Président ou autre dirigeant dire clairement à la population : "écoutez, tous… Nous sommes assis sur une mine d'or ! Cela ne sert à rien de nous entre-déchirer, y'en aura pour tout le monde ! Sachons négocier son prix avec ceux qui la convoitent"
Le premier qui osera sortir un tel type de discours, je signe d'office... mais bon, comme les poules n'ont jamais eu de dents. Ce qui toutefois ne doit pas nous empêcher de toujours essayer…Ce qui pose le dernier obstacle : essayer n'est pas suffisant en terme de résultats, d'où la nécessité de faire des deals, des compromis, pour ne pas dire « compromissions » etc...
il y a une solution parmi tant d'autres à ce type de problèmes : bien qu'étant un pur produit des écoles élitistes et tout ce que cela implique (chantre du libéralisme etc..), les grandes nations d'aujourd'hui sont nées parce qu’il y a eu à une période leur histoire une révolution provenant des salariés/employés... bref faire naître le syndicalisme ! à commencer par un syndicalisme des agriculteurs."
" Je suis un malgache qui réside à Madagascar, je suis entrepreneur et trentenaire,
H.Z : je vois 3 problèmes majeurs :- illétrisme = pas d'éducation = incapable de jauger la valeur de notre pays- systèmes de castes avec ces « casseroles » que l‘on est censé traîner d'andrianité / andevo-isme = que je traduirai d’impossibilité quasi congénitale de prendre conscience qu’il est possible, pour qui compte le faire de s'élever socialement doucement mais sûrement.- attrait au « court-termiste » = principal pourvoyeur, tous les dirigeants qui se sont succédés !
ils ne croient pas en l'avenir !
Or étant "l'élite", leur comportement se répercute sur les autres couches sociales ==> dilapidation des ressources.
Et même s'ils étaient « long-termistes », les enjeux (fonds extérieurs etc..) et la réalité du terrain (pauvreté chronique) les empêchent d'avancer... bloqué entre la faim du peuple (= "Hey le blanc, aboule tes sous finalement) et les conditions d'un réel développement (=" et si on tentait un contrat win-win mais bon ça ne peut être rentable que sur 70 ans au mieux"
En pure politique, cela reviendrait à un quelconque candidat de dire à ses électeurs ou potentiels électeurs " si vous votez pour moi, je ne bosserai pas pour vous, même pas pour vos enfants, mais pour vos petits enfants ... avec un peu de chance"
Quant à l'indépendance, ce qui est fait est fait en terme colonisation etc...
On ne peut s'apitoyer sur notre sort perpétuellement en sortant toujours le même refrain, même si au jour le jour, il est plus que difficile de faire abstraction... et c'est là le rôle du politique !
De nos jours, et même de tout temps, pour être indépendant, il faut l'être d'abord économiquement !En économie, il y a une règle de base qu'on nous apprend en prépa : ce qui est rare est cher ... pour peu que tu saches que ce que tu as entre les mains est rare... je n'ai que 30 « piges », mais je n'ai jamais vu un seul Président ou autre dirigeant dire clairement à la population : "écoutez, tous… Nous sommes assis sur une mine d'or ! Cela ne sert à rien de nous entre-déchirer, y'en aura pour tout le monde ! Sachons négocier son prix avec ceux qui la convoitent"
Le premier qui osera sortir un tel type de discours, je signe d'office... mais bon, comme les poules n'ont jamais eu de dents. Ce qui toutefois ne doit pas nous empêcher de toujours essayer…Ce qui pose le dernier obstacle : essayer n'est pas suffisant en terme de résultats, d'où la nécessité de faire des deals, des compromis, pour ne pas dire « compromissions » etc...
il y a une solution parmi tant d'autres à ce type de problèmes : bien qu'étant un pur produit des écoles élitistes et tout ce que cela implique (chantre du libéralisme etc..), les grandes nations d'aujourd'hui sont nées parce qu’il y a eu à une période leur histoire une révolution provenant des salariés/employés... bref faire naître le syndicalisme ! à commencer par un syndicalisme des agriculteurs."
E.C : "Je ne rentre pas dans la partie qui concerne les blocages qui subsisteraient quand à l'origine malgache de tout un chacun et les façon dont cela compromettrait les atteintes d'objectifs...
Mais la seconde partie de ce message m’a interpellée, rejoindrait-il ma pensée selon laquelle, les partis politiques ne sont pas la réponse aux problèmes actuels à résoudre (je l’avais évoqué à l’échelle africaine car nos terres d’Afrique réclament une politique adaptée à la culture – chose que je traduirai comme « exigences et moyens d’appréhension des problèmes » et non culture au sens courant du terme), puisque est réclamée une représentation concrète du paysage population Malgache.
[http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150099350173554 - dessine-moi ma démocratie]
Lors de certains échanges, j’avais avancé la possibilité de substituer plutôt aux partis politiques des « représentations » de chacun des secteurs d’activités/de fonctions professionnelles qui composent cette société. Les Paysans, les Artisans, les Petits commerçants, les Agriculteurs, etc…
Cela ne serait-il pas la solution afin que la politique ne nuise plus à la réflexion de développement réel de terrain.
Cela permettrait en tout cas, d’identifier des interlocuteurs sains et fiables, qui pourront également faire état et bilan et propositions respectives de ce qu’ils ont à soumettre afin de gérer cellule par cellule chacune des problématiques précises et chirurgicales qui font entorse au développement par secteur. A noter également que de par cet autre mode d’expression de la démocratie, il reste essentiel de ne pas s’éloigner du fait que personne mieux que les intéressés pour apporter leurs suggestions et besoins, qui auront le bénéfice au moins de coller au minimètre près de ce que les moyens matériels, financiers, et la culture du secteur pourront ou non permettre, en ne lésant pas la vraie attente de la majorité.
Nous n’avons besoin que de nous assurer la sécurité alimentaire, qui déclenchera en elle-même la sécurité de voir plus loin, et de réfléchir avec tous sos neurones. Dès lors que nous rendrons florissant ce secteur fort de la nation malgache, nous sauront nous donner les moyens sans prétention de la diversité alimentaire, l’exportation, l’innovation pourquoi pas !
Dès que cette sécurité alimentaire sera atteinte, nous pourrons toucher du doigt la sécurité de l'équilibre social, de l’éducation etc… Un pas devant l’autre."
Inscription à :
Articles (Atom)