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mercredi 29 janvier 2014

Archives : Document : Quand le président candidat Tsiranana devait être élu…

Document : Quand le président candidat Tsiranana devait être élu…
Par un collectif de journalistes dirigé par Richard Claude Ratovonarivo | 25/06/2010

Philibert Tsiranana, aurait eu cent ans la semaine dernière s’il était vivant. Le premier président de la République malgache est né, en effet, le 18 octobre 1910 à Ambarikorano, dans le district de Mandritsara. En marge de cet anniversaire, nous publions aujourd’hui un article de presse qui est paru pour la première fois à Madagascar, il y a trente-huit ans, au temps de la Première République dirigée par l’ancien président Philibert Tsiranana. Il s’avère être un document à caractère historique qui n’a pas perdu de sa valeur.

L’article de presse que nous publions ci-après est un document qui apparaît comme une véritable contribution à l’histoire de la presse malgache en général, et de celle de la liberté de presse à Madagascar en particulier. C’est un article paru dans les colonnes d’un magazine indépendant d’Antananarivo en février 1972, au temps de la Première République, dirigée par l’ancien président Philibert Tsiranana. Il est intéressant à plus d’un titre. Primo : l’article illustre à merveille les conditions difficiles de travail de la presse malgache en période de restriction de la liberté d’expression. Secundo : il témoigne du savoir-faire des journalistes malgaches pour échapper aux foudres de la censure.

A cause de notre article « Qu’est-ce qui fait courir le candidat Tsiranana ? », notre édition spéciale a été saisie. D’après le ministère de l’Intérieur, nous avons « diffusé des fausses nouvelles », « outragé et diffamé le chef de l’Etat » et commis d’autres forfaits encore.

Nous sommes vraiment attristés et contraints d’avoir fait tout ça sans nous en rendre compte, alors que nous ne voulions que pousser notre petite note originale dans le concert de la presse malgache. Sans doute avons-nous péché par vanité. Aussi, rougissant comme un enfant repentant, nous nous faisons tout petits et nous mettons à l’école de nos camarades et de quelques confrères. Afin d’apprendre auprès d’eux ce qui est à dire en de pareilles circonstances nationales. Comme eux, nous disons donc aussi que le candidat Tsiranana devait être élu car…

Le candidat Tsiranana et tous ceux qui font campagne pour lui vous disent que Philibert Tsiranana est élu de Dieu :

« Toute l’histoire des hommes n’est que l’histoire du destin que Dieu leur a donné. Je n’ai jamais voulu un destin exceptionnel.

Je suis né dans une case modeste, dans un village d’agriculteurs et d’éleveurs. J’aimais mon troupeau, j’aimais ma vie proche de la nature, j’aimais mon métier de bouvier, puis d’instituteur et de professeur, j’aimais être entouré d’enfants et d’amis nombreux, les éclairer, les aider par mes connaissances à améliorer leur vie. J’aurais pu me contenter de cette expérience paisible. Dieu en a décidé autrement» (Cahier bleu, 2 juin 1970).

Cette élection de Dieu se lit dans de nombreux signes dont le plus lisible est sans nul doute le miracle de la guérison de 1970 :

-« Après le drame de Yaoundé, les médecins parisiens avaient donné quinze jours de survie au Président Tsiranana… et de reconnaître quelques mois après que le cas Tsiranana fut un miracle dans l’histoire de la médecine » (Jacques Rabemananjara).

-« Au plus profond de ma maladie, en ce sombre mois de février 70, c’est à Dieu que je me suis adressé. Du fond de mon âme je Lui ai dit : « Si tu penses, mon Dieu, que je ne dois plus être le Chef de mon pays, ne me laisse pas vivre. Reprends-moi, mais si Tu estimes que je dois continuer, il faut me guérir complètement ». Dieu m’a laissé vivre, il m’a donné la force et le courage de lutter jour après jour contre la maladie. C’est pourquoi, plus encore je crois en la vérité de ma vision ». (Cahier bleu, 9 mai 1970).

Mais il est d’autres signes pour qui sait lire :

-La biographie du Président que Loda Abdou Lambert trace avec simplicité et force détails. Il souligne avec insistance les « péripéties diverses » traversées par le Président Tsiranana au cours de son dernier septennat et dont il est sorti toujours vainqueur « grâce à Dieu qui sait que Madagascar a encore et toujours besoin de Tsiranana » (Le Courrier de Madagascar du 10 janvier 1972).

-Le nom même du Président : Loda indique avec astuce que « les neuf lettres de « Tsiranana » et les neuf lettres de « Philibert » font de Philibert Tsiranana le chef incontesté des dix-huit tribus de l’île, c’est-à-dire le champion de l’unité nationale ». (Le Courrier de Madagascar du 11 janvier 1972).

Le candidat Tsiranana et tous ceux qui font campagne pour lui vous disent que cette élection divine s’explique aisément :

-par l’amour de Dieu pour les pauvres : « Pourquoi Dieu a-t-il choisi David, un petit berger pauvre, pour devenir roi d’Israël ? Et pourquoi Dieu a-t-il choisi l’humble bouvier d’un village perdu de Madagascar pour devenir le chef d’un peuple entier ? » (Cahier bleu, 29 mai 1970).

‘ « Dieu a choisi le modeste berger parce qu’il sait que seul celui qui a été pauvre peut comprendre le pauvre, seul l’homme qui a souffert peut comprendre celui qui souffre. Notre peuple était pauvre comme était pauvre le peuple d’Israël, David était un véritable saint. Cependant Dieu a mis dans mon cœur un peu de force qui a guidé David : l’amour des petits et des humbles » (Cahier bleu, 30 mai 1970).

-plus simplement, parce que « Dieu sait que Madagascar a encore et toujours besoin de Tsiranana» (Loda, Le Courrier de Madagascar du 10 janvier 1972).

Le candidat Tsiranana et tous ceux qui font campagne pour lui pensent que Philibert Tsiranana résume en lui la nation malgache :

-« Oui, j’appartiens à tout Madagascar. Mes Ancêtres sont venus du Sud. Ils sont venus du Nord. Ils sont venus des forêts betsimisaraka et même des terres arides de l’Imerina.

Mes ancêtres ont été des rois, ils ont été des hommes libres, et quelque fois même, ils sont tombés en esclavage.

Ainsi comme le Betsiboka qui charrie toute la terre rouge de Madagascar, de l’Onilahy au pays Tsimihety, du prince à l’esclave, c’est le sang de tous les Malgaches qui circule en mes veines » (Cahier bleu, page 99).

Ainsi est-il l’homme en lequel toute la Nation se rassemble : des quatre points cardinaux et de toutes les catégories sociales, le peuple converge vers lui depuis le temps ancestral. Les dix-huit lettres de son nom n’en sont-elles pas aussi l’expression ? (cf. la citation de Loda).

Par conséquent, le candidat Tsiranana et tous ceux qui font campagne pour lui pensent qu’élu de Dieu, Philibert Tsiranana est en même temps l’élu des Ancêtres et que ces deux élections n’en font qu’une :

-« Tsiranana, c’est l’homme que Dieu et nos Ancêtres ont désigné pour faire de Madagascar une grande Patrie du Grand Peuple Malgache uni et fraternel » (Calvin Tsiebo, Le Courrier de Madagascar du 19 octobre 1971).

Le candidat Tsiranana et tous ceux qui font campagne pour lui pensent que cette élection divine et ancestrale se révèle dans le choix de la nation toute entière lors des élections :

-En effet, la Nation ne peut pas ne pas élire celui que Dieu et les Ancêtres ont choisi, celui qui résume en lui toute la Nation : « Celui qui remplacera le Président Tsiranana à la tête du pays n’est pas encore né et s’il est né, nous l’ignorons, car Dieu et nos Ancêtres ne l’ont pas encore désigné ». (Loda le 8 octobre 1971 à Mahabo).

-Inversement, Dieu et les Ancêtres ne peuvent pas ne pas choisir celui que la Nation choisit : « Tsiranana est (…) un farouche partisan de l’émancipation de la femme ». Mme Rasoamampionona a dit cela avec force, d’une voix bien distincte et une foi propre à soulever les montagnes. Elle a ponctué son discours par le célèbre dicton : « Ce que femme veut, Dieu veut ! » arrachant un tonnerre d’applaudissements prolongés » (Le Courrier de Madagascar du 15 janvier 1972).

Enfin, le candidat Tsiranana et tous ceux qui font campagne pour lui pensent que la Nation ne peut pas ne pas choisir Philibert Tsiranana puisqu’en le choisissant, elle se choisit elle-même en la personne de celui qui la résume : voilà le sens dernier du suffrage universel qui fait que ‘ « Tsiranana n’est pas au Parti Social Démocrate mais à la Nation entière » (Rabary, Le Courrier de Madagascar du 11 janvier 1972).

-« Le Président appartient au peuple, sans aucune distinction car il est élu au suffrage universel et s’emploiera à fond à toujours chercher le meilleur pour ce peuple dans tous les domaines ». (Tsiranana à Antsirabe, Le Courrier de Madagascar du 14 janvier 1972).

-« Le Président de la République élu au suffrage universel est, par définition, l’homme de la Nation, qui est versé corps et âme au service de la Patrie ». (Tsiranana à Tuléar, Le Courrier de Madagascar du 12 janvier 1972).

-« Le gouvernement de la République est un gouvernement du peuple pour le peuple » (Tsiranana à Ambatondrazaka, Le Courrier de Madagascar du 19 janvier 1972).

Tout ceci ne se voit-il pas dans la floraison des Comités de Soutien à la candidature de Philibert Tsiranana : comme des « sportifs » , des « intellectuels », des « catholiques », des « forces vives », des «femmes du Boina», des « sans parti », des « prolétaires de Tananarive », des « ex-MDRM », etc.

Le candidat Tsiranana et tous ceux qui font campagne pour lui pensent qu’ainsi élu de Dieu, des Ancêtres, de la Nation qu’il rassemble et résume, Philibert Tsiranana est investi d’une mission par Dieu et les Ancêtres :

Il est désigné pour être :

-« le guide éclairé » (Loda) ;

-« le Moïse du peuple malgache » (Tsiebo) ;

-« l’Isaïe du peuple malgache, celui qui est digne de conduire le pays vers le progrès et le mieux-être, dans la paix et l’unité nationale ». (Loda, Le Courrier de Madagascar du 29 décembre 1971).

Il est choisi de même que David le fut pour Israël. Mais Philibert Tsiranana n’ose pas se comparer à David (cf citation Cahier bleu du 30 mai 1970). Mais nul ne s’étonnera que telle soit sa prière :

« Ma prière :

Mon Dieu, je veux bien comme Job, perdre tous mes biens et devenir pauvre. Je veux bien tomber un jour en combattant comme un soldat au front, mais donne-moi toujours le désintéressement, le dévouement, la chance de David ; donne-moi la sagesse de Salomon, pour que je puisse conduire très loin le peuple que tu m’as confié ». (Cahier bleu, juin 1971).

Aussi, le candidat Tsiranana, président sortant, pense-t-il sa mission comme un service :

« On est candidat à la Présidence de la République pour se faire l’esclave du peuple ».’ (Tsiranana à Antsirabe, Le Courrier de Madagascar du 14 janvier 1972).

« J’ai été l’esclave du peuple pendant quatorze ans et je le serai encore aussi longtemps que Dieu et la Nation le voudront bien » (Idem).

Le candidat Tsiranana et tous ceux qui font campagne pour lui pensent que pour réaliser sa mission, le président Tsiranana est investi de la grâce divine :

« Quels que soient les calculs et les efforts de l’homme, s’ils sont contraires à la volonté de Dieu, ils ne réussiront pas.

Saül n’a rien pu faire contre David, et le géant Goliath a été vaincu par le faible berger aimé de Dieu. A défaut de force, Dieu a donné l’habilité à David, il a déjoué les pièges de Saül. Ainsi, celui que Dieu a choisi peut aller le cœur serein, aucun Goliath ne pourra jamais le briser ». (Cahier bleu, 1er juin 1970).

Les « péripéties » dont le Président Tsiranana est sorti vainqueur ne sont-elles pas le signe de cette grâce justement ?

En conclusion

Résumant en lui toute la Nation malgache, au-delà des différences ethniques et sociales, élu de Dieu au travers du choix de tous les Ancêtres dont le sang coule en ses veines, investi de la Mission de conduire le peuple Malgache vers la terre de l’unité et du progrès, objet de la grâce divine, le Candidat Tsiranana ne peut être que l’unique candidat dans lequel la Nation se reconnaît. Il ne reste à tous ceux qui font campagne pour lui qu’à prêcher sa parole :

« Le Président nous a donné un commandement nouveau : « aimez-vous les uns les autres au sein du Parti Social Démocrate » (Rakotomisa à Ambatondrazaka).

Et répétons ensemble : « Une Seule Patrie, un Seul Chef dans la Démocratie ».

Archives : Chronologie de Madagascar (1787-2009)



1787: l'île est divisée en royaumes sur une base tribale. L'un de ces royaumes, l'Imerina (région d'Antananarivo), unifie Madagascar sous son autorité.
1883: protectorat français.1896: annexion de la «Grande Ile» par la France.
1947: la violente répression d'une insurrection contre l'autorité coloniale fait plus de 80 000 morts.
1960: proclamation de l'indépendance. Le premier président est Philibert Tsiranana, dirigeant du Parti social démocrate. Il est reconduit en 1965 et en 1972.1967: révolte paysanne dans le sud du pays.
1972: la contestation étudiante aboutit à une crise politique. En mai, le président Tsiranana démissionne et un gouvernement de militaires et de techniciens est formé.
1975: après deux années mouvementées, création, en juin, d'un Conseil suprême de la révolution, dirigé par l'amiral Didier Ratsiraka. En décembre, la constitution proclamant la IIe République est adoptée par référendum. La Charte nationale de la révolution malagasy, le «livre rouge» (boki mena en malgache) prône l'entrée du pays dans le camp socialiste.
1990: début d'un mouvement de contestation. Grèves à répétition des étudiants.

1991
Juin-juillet: série de manifestations exigeant une révision de la constitution et le départ de Didier Ratsiraka. Le mouvement des Forces vives (Hery Velona), qui regroupe toute l'opposition, décide la création d'un gouvernement parallèle. Albert Zafy en est le Premier ministre. Des grèves paralysent le pays. Août: malgré un remaniement ministériel, les manifestations se poursuivent. Le 8 août, les forces de l'ordre tirent dans la foule en marche vers le palais présidentiel, faisant 12 morts selon les autorités, plus d'une centaine selon l'opposition.
31 octobre: une Haute autorité de l'Etat pour la transition vers la troisième République, présidée par Albert Zafy, est instituée. Didier Ratsiraka demeure chef de l'Etat en tant que symbole de l'unité nationale, mais Albert Zafy conduit l'essentiel des affaires du pays.
Août 1992: adoption par référendum d'une nouvelle constitution pour l'avènement de la IIIe République.Février 1993: Albert Zafy est élu président de la République.
Février 1994: le cyclone Geralda fait 300 morts et 350 000 sans-abris.
1996: crise politique entre le président Zafy et le parlement.
5 septembre: de plus en plus critiqué pour sa personnalisation du pouvoir, Albert Zafy est destitué par la Haute cour constitutionnelle.
29 décembre: Didier Ratsiraka remporte de justesse l'élection présidentielle anticipée, avec 50,7% des suffrages contre 49,3% à Albert Zafy.

1998
Mars: les Malgaches approuvent de justesse une nouvelle constitution qui introduit la décentralisation.
Mai: l'Alliance pour la rénovation de Madagascar (Arema), le parti du président Ratsiraka, n'obtient que 62 sièges sur 150 lors des élections législatives.
1999: l'industriel Marc Ravalomanana est élu maire d'Antananarivo.2000: l'Arema, le parti au pouvoir, remporte la majorité des municipalités lors des élections locales d'octobre.

2001
18 mars: l'Arema remporte la majorité des sièges de sénateurs élus par les grands électeurs.10 juin: Didier Ratsiraka nomme dix fidèles aux postes de gouverneurs de province.
16 décembre: premier tour de l'élection présidentielle, qui se déroule dans le calme et avec une participation importante.22 décembre: Marc Ravalomanana organise une manifestation pour «célébrer le Noël de la victoire». Les résultats partiels le créditent de 46,71% des suffrages, contre 40,62% à Didier Ratsiraka.

2002
Janvier: début d'une série de manifestations qui rassemblent chaque jour des centaines de milliers de partisans de l'opposition dans la capitale.
25: la Haute Cour constitutionnelle proclame Ravalomanana en tête du premier tour avec 46,21% des voix, contre 40,9% à Ratsiraka, et convoque un second tour. Le candidat de l'opposition appelle à la grève générale.

Février
22: Marc Ravalomanana s'autoproclame président. Il prête serment après l'annonce, par un haut magistrat, de sa victoire au premier tour «avec 52,15% des voix contre 35,67%» au président sortant. L'OUA, la France, la présidence espagnole de l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis condamnent l'opération. Dans la soirée, le président Ratsiraka décrète l'état d'urgence.
26: Ravalomanana nomme l'avocat Jacques Sylla Premier ministre. Le pays a ainsi deux gouvernements parrallèles.

Avril
10: la Cour suprême annule la nomination de six des neuf membres de la Haute cour constitutionnelle (HCC), qui avait proclamé les résultats électoraux.
18: un accord est conclu à Dakar entre Ratsiraka et Ravalomanana, prévoyant la mise en place d'un gouvernement de réconciliation.
29: la HCC proclame Marc Ramalomanana élu avec 51,4% des voix, contre 35,9% à Didier Ratsiraka, au premier tour de la présidentielle du 16 décembre.
30: deux provinces proclament leur indépendance.

Mai
6: Marc Ravalomanana est officiellement investi président de Madagascar, en présence de plusieurs représentants de la communauté internationale.
27: l'armée s'empare des bureaux du Premier ministre de Didier Ratsiraka pour y installer Jacques Sylla.


Juin : les Etats-Unis reconnaissent le nouveau président.
Juillet : la France reconnaît Marc Ravalomanana; Didier Ratsiraka s'enfuit en France.
15 décembre: le parti du président Marc Ravalomanana, "J'aime Madagascar", remporte avec ses alliés 132 des 160 sièges de l'Assemblée nationale. Marc Ravalomanana engage une politique de privatisations et d'ouverture de l'ïle aux capitaux étrangers.
Novembre 2003 : le parti présidentiel remporte les élections municipales.
3 décembre 2006 : Marc ravalomana est réélu au premier tour de l'élection présidentielle.
2007

4 avril : les électeurs votent à 75% pour une réforme constitutionnelle qui renforce le pouvoir présidentiel, fait de l'anglais la troisième langue officielle (avec le français et le malgache) et supprime de la Constitution le terme d'« Etat laïc ».
23 septembre : avec 106 députés sur 127, le parti présidentiel malgache remporte les élections législatives marquées par une abstention proche des 80 %.
12 décembre : élection d'Andry Rajoelina à la mairie d'Antananarivo.
2008

Février : le passage du cyclone Ivan tue plus de 90 personnes et fait près de 190 000 sans-abris.
Mars : Madagascar extrait ses premiers barils de pétrole dans le cadre d'un projet de prospection à Tsimiroro, à 560 kilomètres à l'ouest d'Antananarivo.
Juillet : un contrat est passé avec le groupe Daewoo pour la location, pour quatre-vingt-dix-neuf ans, de quelque 1,3 million d'hectares de terres agricoles destinées à produire 4 millions de tonnes de maïs et 500 000 tonnes d'huile de palme. en mars 2009, Andry Rajoelina reviendra sur cet accord.
13 décembre: le gouvernement fait fermer la chaîne de télévision du maire de la capitale, Andry Rajoelina, après la diffusion d'une interview de l'ex-président Didier Ratsiraka, en exil en France.
2009

24 janvier : le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, appelle à une grève générale contre la «dictature» du président Ravalomanana. Plusieurs manifestations contre le président tournent à l'émeute dans la capitale malgache, faisant plus de 80 de victimes.
3 février : Andry Rajoelina, qui avait déposé la veille une demande de destitution du président, est lui même démis de ses fonctions de maire par le ministère de l'Intérieur.
7 février : la garde présidentielle tire sur la foule des partisans du maire, faisant une trentaine de morts.
11 février : ouverture de négociations entre les camps rivaux du président malgache et d'Andry Rajoelina, sous la houlette de représentants des Eglises.
10 mars : après avoir contraint le ministre de la défense à la démission, l'armée pose un ultimatum aux autorités civiles pour sortir de la crise.
17 mars : le président Marc Ravalomanana remet ses pouvoirs à un directoire militaire, qui les transfére aussitôt à Andry Rajoelina.
21 mars : cérémonie d'investiture d'Andry Rajoelina. Aucun chef d'Etat étranger ni aucun diplomate n'est présent.
30 mars : Madagascar est exclu de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).
Fin mars-avril : manifestations, réprimées par les forces de l'ordre, des partisans de Marc ravalomana, en exil en Afrique du Sud.
12 mai : Andry Rajoelina, promet de ne pas se présenter lors du prochain scrutin présidentiel.
9 août : réunis à Maputo sous l'égide de la Communauté de développement de l'Afrique australe, les principaux responsables politiques malgaches décident de mettre en place un gouvernement de transition qui organisera des élections d'ici à fin 2010.
6 novembre : les camps rivaux malgaches se mettent d'accord sur la formation d'un gouvernement d'union nationale. Andry Rajoelina reste président mais sera flanqué de deux coprésidents issus de la mouvance de Marc Ravalomanana et Albert Zafy.
Décembre : Andry Rajoelina tourne le dos aux accords de paix et nomme comme premier ministre un ancien officier, Albert Camille Vital.

Citoyen & Démocratie : Ne pas confondre VITESSE ET PRECIPITATION


CONFONDRE VITESSE ET PRECIPITATION

*DEMOCRATIE : Régime politique fondé sur la souveraineté du peuple, l’ensemble des citoyens.
*CITOYEN, ENNE : Dans l’Antiquité, personne qui jouissait du droit de cité./Ressortissant d’un Etat, considéré notamment du point de vue de ses droits civils et politiques.
*CITE : Dans l’Antiquité et au Moyen Âge, communauté politique autonome constituée par une ville et ses environs./Droit de cité : droits et privilèges accordés aux membres d’une cité Avoir droit de cité.
*DEVOIR DU CITOYEN : Ce que l’on doit faire pour respecter la loi morale, sociale ou religieuse.
La société : nous lui sommes redevables encore d'une quantité de forces, de sentiments, d'idées par quoi s'expriment l'effort héréditaire des ancêtres et l'esthétique de la patrie; par quoi notre personne tout entière, depuis le vêtement jusqu'à l'idéation même de cette notion.
C'est le sol natal qui nous a fourni notre corps; avec l'air que nous respirons entrent en nous les concepts et les manières de sentir; et les âmes de nos ancêtres nous hantent, sans que nous le sachions, et nous entraînent vers la ligne d'existence qui caractérise le collectif ethnique dont nous sommes une cellule.

              C’est en voyant au fil de l’eau les différents engagements qui sont nombreux, reliés par facebook entres autres, qu’il semble utile de ramener la notion de politique face à la personne du citoyen.
Au-delà des agitations et turpitudes des hommes politiques ou de ceux qui ont pour lourd projet de le devenir, le citoyen se noie dans le brouhaha, et s’éloigne de lui-même.

CIVISME
Le civisme désigne le respect, l'attachement et le dévouement du citoyen pour son pays ou pour la collectivité dans laquelle il vit. Cela s'applique en particulier à l'institution qui représente cette collectivité, à ses conventions et à ses lois.

Plus généralement, le civisme est le dévouement pour l'intérêt public, pour la "chose publique".
Le civisme nécessite une "conscience politique" et implique la connaissance de ses droits en tant que citoyen ainsi que de ses devoirs vis-à-vis de la collectivité.
Le civisme, qui est l'état du citoyen respectueux de ses devoirs et des principes collectifs, se distingue :
  • de la citoyenneté qui n'est que la condition de citoyen,
  • de la civilité qui relève du respect des autres dans les rapports privés.
A quel degré vous sentez vous engagé dans votre cité, pensez-vous que cela soit chose qui vaille la peine… Et pourtant c’est une somme « d’anonymes » qui portent un Etat, de la racine sous la terre, à l’humidité et l'obscurité, jusqu’à la cime de l’arbre, sous les feux de la rampe et fortement exposée aux cyclones et embellies de la météo.

Il n’est pas nécessairement utile de porter un candidat, un Homme, même si cet Homme aura besoin de récolter des voix pour percer les buissons denses sous le climat aride et sans pitié de la sphère des « élus ». Alors que pourtant voter est un devoir, mais il n'y a pas que le "oui" il y a le non, le vote blanc, qui chacun hébergent des motivations précises et légitimes.

 Pourquoi viendrait-on à dire une pareille chose ? Parce que tout simplement la conscience politique doit venir avant l’engagement.

* Savoir et mieux que d’Agir en sautant les étapes de la Compréhension. Et cela demande patience.
 Est-il plus limpide de penser que tel ou tel homme porte le précis programme qu’il défend, et qu’il est de fait supérieur en terme de perspective ? N’est-il pas vrai qu’à chaque propagande la délivrance et la libération du peuple à été vantée ? N’est-il pas exact que chaque cheval qui entre en course se pare des plus belles dorures et ne manque pas de détenir les justes plaidoiries afin de rafler le plus de bulletins dans l’urne ? N’est-il pas vrai que si notre culture reste pauvre en termes de maîtrise de sujets de développement qui nous concerne pourtant, nous devrons passer par la case de vote. N’est-il pas vrai que, souvent ils ont donné vivres au lieu de se mettre au niveau de compréhension de la majorité, n’est-il pas vrai que… le résultat de nos votes de par chez nous a toujours porté litige en lui, en sommes-nous responsables ?

LA POLITIQUE c'est quoi !
Là où il reste important de ne pas manquer de discernement, c’est bien concernant nos DEVOIRS bien avant de penser à nos PRIVILEGES. Il est temps de voir les strates politiques à tous les échelons qu’elle concerne. Et si on a tendance à penser que tout se joue là-haut et bien c’est un tort.
Il existe une politique non politicienne, il existe un vrai sens simple et très palpable de la « politique » dans son sens premier, et c’est tout simplement l’implication citoyenne active ou réactive qui est évoquée.
 La Politique reste une somme de réflexion et d’application des solutions suivant les problématiques posée pour atteindre un but qui va réjouir le plus grand nombre des composantes du peuple et satisfaire l'essor du pays.
Mais dans ce cas chacund e nous devrait devenir un semi ou complet "politicien" à sa juste valeur, à sa juste hauteur, si l'on regarde pas plus loin que le bout de son nez, une "foultitude" de chose sont à faire!
 Savez-vous que vous avez à vous intéresser à ce qu’il se passe dans votre quartier, trouver socialement des appuis de structures afin de donner de votre temps, de votre énergie.  Savez-vous que sans vous la Cité ne fonctionne que sur deux pattes, et a besoin de bras supplémentaires afin de garder le cap interne, garant de la sauvegarde de tous in fine.

* Ne sous-estimez pas la portée d’un choix politique de haut grade, ne pensez pas que vous n’avez pas les moyens, qu’ils soient financiers, intellectuels, ou pédagogiques pour entrer à l’intérieur de votre Cité. On pourrait vite penser que la démocratie c’est la liberté du peuple, mais nous ne sommes pas sans savoir que la liberté est vraiment ressentie dès lors qu’elle est inscrite à l’intérieur du respect de son devoir civique, et des conséquences maîtrisée de nos actes. Encourager l’union de TOUS et la pratiquer chaque jour est la vraie clé, car la seule qui ne nous précipitera pas dans le ravin, tolérez les divergences d’opinion, ne cherchez pas à rallier à une seule cause, respectez se faisant l’Autre et sa manière de penser.  Si dans notre actualité beaucoup ont déjà entamé leur phase de propagande, à où en sommes nous concrètement. Nous savons que beaucoup d’entre nous [malgaches] sont analphabètes, socialement en dessous de la classe moyenne, dans des secteurs professionnels artisans, paysans, manuels, petits commerçants… sur les 21 millions d’individus qui composent le peuple malgache, dont plus de la majorité vit avec moins de un dollar par jour, la manipulation et la désinformation reste le premier fléau, bien plus à craindre que le reste car déterminante de la manipulation de l’Opinion.

Qui pense sincèrement se trouver au réveil avec les dispositions physiques et mentales de nos paysans ou petites gens habitant derrière les bennes dans les maisons faites de carton, quand certaines familles vivent comme cela depuis des années.
Qui se prétendrait à la hauteur de mesurer la réalité quand une mère au foyer et son mari ne peuvent plus donner qu’un repas pauvre en sucre lent par jour à ses trois ou quatre enfants, dans un contexte carnassier qui n’offre ni l’eau courante, ni l’électricité, ni l’hygiène de vie nécessaire à tout épanouissement quel qu’il soit…


Alors que faire ?
Si la majorité du peuple vis en dessous du seuil de pauvreté, il y a des éléments forts de cette société qui doivent s’agiter et se charger des membres délaissés par la vie et les conditions précaires qui cadrent leur quotidien.


L’engagement citoyen.
Mieux que tout engagement aux plus hautes fonctions de l’Etat, c’est bien là une manière douce et sincère, que portent en elles d’ailleurs nos valeurs culturelles piliers de notre société, qu’il nous faut développer.

L’accès des « chanceux » vers les « malchanceux » , la volonté de relever son voisin de quartier, de ville, jour après jour, et de se tenir les coudes serrés. Briser les barrières sociales qui tentent à dire que les mondes ne se mélangent pas, et ne plus voir que devant. Devant c’est demain, c’est cet après-midi, c’est dans une heure, Devant c’est la chose que toi ou moi ou lui devons  affronter dans l’instant.
L’engagement citoyen est une conscience, prendre conscience de ce pour quoi on est sur terre, si petit pour une terre si vaste. Pour le partage et l’Amour, sous toutes ses formes.

 Athées ou croyants, pratiquants ou non, voilà bien un lien qui ne cassera jamais, ces notions de Partage et d’Amour, qu’il nous faut re posséder afin de nous réaliser ensemble. Car ceux qui tentent de vous diviser pour de simples questions d’opinions politiques ont tout simplement tort et sous-estiment l’intelligence collective. S’il est bien légitime d’être pro Rajoelina, pro Ravalomanana, pro Ratsiraka ou autres,  sur le terrain, nous sommes tous vivants de la Terre malgache, sujets au quotidien qui mettra du temps à se dénouer et à se ré installer, alors ce qui est faisable en attendants que les petits Hommes s’entendent, c’est de ne pas passer à côté de Nous, dans les autres il y a un peu de nous, à chaque fois un point commun.

Nous ne manquons pas de devoirs, et cela nous confère des privilèges, ou des bons côtés.
Quels bons côtés direz-vous ? Certes, ils ne sont pas matériels, ils ne sont pas sociaux,  mais ils correspondent à une éthique qui sauvera tout ce que nous craignons de voir s’effondrer et qui sont nos fondements propres. La Fondation de notre société malgache, de notre Etre Entier. Si le mot « Fihavanana » est si souvent en turpitude, c’est bien parce que nous en sommes les premiers coupables. QUI compose la société d’aujourd’hui et de demain ? N’avons-nous pas tous eu, et toutes couches sociales confondues, écho des principes d’éducation et de valeurs de la part de nos « Ray Amandreny » (explication de ce terme en pied de note) ?
 Ray Amandreny, qui eux, grand-père des trentenaires que nous sommes, ont su garder la cohérence entre la vie et ses évènements et l’arbre du Savoir, celui de nos principes et de notre culture.
Sommes-nous ignorants des manières de mettre en pratique ces valeurs ? Sommes-nous incapables de faire vivre dignement ces principes qui sont la seule bouée de secours dont nous maîtrisons l’usage ?

INSECURITE
Il est aisé de se sentir dans l’insécurité soi-même. L’Insécurité de l’emploi, celle du ventre, celle de la rue. Ce n’est pas non plus parce que nous donnons que nous ne subissons point. Car la leçon n’est pas bassement primaire. Elle est intelligente, comme la matrice, le moule.

 Cultiver c’est planter aussi,  penser que cultiver c’est récolter, c’est faux. Voilà bien qu’il faut courber le dos des jours durant femmes et enfants mobilisés pour implanter là où il faut et à distance égale à précision chaque pied de riz. C’est faire une bouture avec un germe fragile et encore si tendre et vulnérable, que l’on aura pris soin de laisser pousser à part, plusieurs germes, en pousse isolée l’une de l’autre. Puis quand vient le temps de la première individualité, on intègre ce germe à la terre collective, et c’est là que tout autour se met en branle les moyens nécessaires à sa survie et son rendement futur, les engrais, les insecticides, l’eau ni peu ni trop, et surtout, les racines dans une terre assez nourrissante, de bonne composition, garante d’un environnement stable. Il est des pays dans lesquels il ya quatre saisons, et des saisons rudes en températures, cyclones, il est des pays dans lesquels il y a des invasions particulières des criquets… et les arbres continuent de s’élever, si on les plante, ils poussent.
 La Terre c’est nous. Nous avons la responsabilité respective, chacun, de garantir à notre degré que les racines peuvent sortir la tige hors de terre, les institutions et les mesures de l’Etat, nos parents aussi doivent mettre la main à la pâte pour la suite. Mais sans Racine protégées, aucun projet viable.

Aisé de constater que la tête tourne dès qu’un politicien représentant de son parti s’exprime ; l’hypoglycémie générale du mental des malgaches ne peut plus permettre une réelle appréhension du débat. Un débat qui peut vite nous dépasser, et surtout, ne pas gérer l’urgence actuelle de besoin des autres. Alors il faut savoir maintenant qu’il existe pour Madagascar des entités qui rassemblent énormément de bénévoles, et qui ont pour seuls but l’AIDE de votre voisin, sans politisation à terme de votre engagement, sans que vous soyez concerné par le choc politique. Que vous souhaitiez supporter depuis un autre pays de résidence Madagascar et ses problèmes sociaux ou que vous souhaitiez le faire localement sans savoir comment aider, c’est facile et accessible.
Pourquoi pas vous ?

Même en France, pays développé, ce sont les Restos du coeur qui distribuent plus de 100 millions de repas depuis 25ans, en Afrique, on ne compte plus les associations qui tissent une trame d'aides d'urgence tout cela sur le terrain! il y a ce que l'Etat doit faire et garantir, et il y a ce que vous vous pouvez donner en énergie.

RAY AMANDRENY :
Ray aman dreny signifie, ray : père, aman : avec, dreny : mère, cette personne est considérée comme le père et la mère du village. Il y a deux sortes de ray aman dreny, selon les paysans d'Ambendrana.
D'abord, il y a le ray aman dreny qui correspond d'une certaine manière au chef traditionnel. Ce "statut" ne peut être attribué qu'à un homme qui est à la fois le doyen et le sage du village. Il n'y en a qu'un par village.
Le ray aman dreny est présent à toutes les fêtes traditionnelles comme la circoncision, le famadiana cérémonie de retournement des morts) etc., où il est le seul à pouvoir se charger de convoquer les ancêtres et de leur rendre hommage.

C'est lui qui prononce le discours d'appel des ancêtres qui précède toute fête traditionnelle chez les Malgaches. Pour ce faire, il se place près de l'endroit de la maison réservé aux ancêtres et prononce un discours devant l'assemblée des villageois réunis à l'intérieur de la maison. Durant ce discours, il remercie les ancêtres, leur rend hommage et demande leur bénédiction pour la suite des évènements. Par exemple, lorsqu'il s'agit d'une circoncision, fête qui détermine la virilité future de l'enfant, le ray aman dreny invoque les ancêtres afin de transmettre la force au petit garçon, et de leur donner la bénédiction pour l'opération, qui reste un acte dangereux pour la vie de l'enfant.

Ensuite, il y a les ray aman dreny représentés par tous les doyens du village. Il s'agit dans ce cas de toutes les personnes, homme ou femme, d'âge respectable, celui de la sagesse. Un âge supérieur à 55 ans semble être de mise pour être ray aman dreny.
Enfin, il y a le ray aman dreny, chef de famille. C'est le plus vieux de la famille. C'est prioritairement l'homme qui est ray aman dreny même si la femme est plus âgée, et s'il décède, c'est alors la femme qui devient chef de famille.
Ainsi, le terme de ray aman dreny peut avoir plusieurs significations, comme c'est souvent le cas dans la langue malgache. Un exemple est donné par Dubois (1938) avec le terme hova qui signifie à la fois les merina et les nobles betsileo... A suivre
          ECH

mardi 28 janvier 2014

Il était une fois... histoires de Madagascar, traditions



Explicitement évoqués par les traditions, trois chemins s’ouvrent au candidat au fanjakana royal : la guerre ou son substitut, le fanorona, l’héritage comme conséquence du mariage et la négociation d’une convention.

La légitimité d’Andrianjaka
Quelque peu analogue à la marelle médiévale française, le fanorona est un jeu de stratégie qui, comme les échecs (samantsy) en pays zafiRambo, faisait partie de l’éducation des jeunes princes.
Dans nos traditions étaient censés être en train d’y jouer tant l’héritier désigné Andriamananitany quand il fut assassiné par les partisans d’Andriamanelo, son aîné au pouvoir, que le fils aîné de Ralambo, Andriantompokoindrindra, éliminé de la succession pour être demeuré sourd aux appels au secours de son père. Ce dernier voulant encore une fois tester ses fils pour savoir si le cadet, Andrianjaka, était vraiment digne de la souveraineté à laquelle il le destinait pour réparer l’assassinat d’Andriamananitany et respecter le testament de Rangita.

Pour comprendre ces conséquences extrêmes d’une activité prétendument de loisir, il faut savoir que le fanorona, alors qualifié de soratr’Andriamanitra ou “prescription / décision divine”, était à l’époque plus qu’un jeu : un moyen de divination antérieur à celui de l’ombiasy sous influence arabo-musulmane, et pour lequel le prince était lui-même son propre ombiasy. Réussira-t-il à élaborer les stratégies qui vont lui permettre de sortir vainqueur de l’expédition ou de la guerre qu’il va entreprendre ? De fait, commencer à jouer au fanorona, c’était déjà commencer à combattre. Une victoire au jeu était présage de succès assuré, une défaite, présage d’échec.


La tradition d’Ambohimalaza donne à entendre que, par son don de voyance, le grand ancêtre, roi-prêtre et devin depuis dix ans, sur le territoire légué par sa mère et qu’il était prêt à défendre contre tout empiètement, avait deviné que son père n’avait nul besoin de secours. Mais l’annonce d’une recherche de victoire imparable par 3 contre 5 inaboutie signifiait qu’il ne se lancerait dans aucune entreprise d’expansion sans totale certitude de réussite.

Quant à Andrianjaka, se détournant du fanorona dessiné sur son rocher d’Andringitra, pour formuler le souhait de prendre Ialamanga sans coup férir, il annonce, pour sa part, sa décision de chercher une expansion territoriale vers le sud et par d’autres moyens que la guerre : ce sera en se présentant à Ialamanga en héritier de Rafandrana.

Il faut aussi relever, sans plus s’y attarder, que Ralambo et Andriantompokoindrindra se rejoignent parfaitement pour éviter le partage, à la mort de Ralambo, de l’Imerina ambaniandro : en deux royaumes, celui de l’Est à Andriantompokoindrindra et celui de l’Ouest à Andrianjaka.
Ce sera en s’engageant sur le deuxième chemin possible d’accès à la souveraineté, qui est celui des mariages calculés en fonction des droits qu’ils peuvent procurer aux époux et aux enfants – permettant à l’homme d’exercer le fanjakana sur les terres de sa femme et à ses enfants de les recevoir en héritage de leur mère. Ralambo le fera par une forme de testament et Andriantompokoindrindra par une convention passée avec son cadet, et en instaurant un mariage préférentiel de fanjakana tsy afindra entre leurs descendants.

Cela dit, il faut se rappeler, à propos du rôle des femmes comme source du pouvoir, que celui-ci était fondé sur l’ancien principe juridique (rohin-drazana) limitant les droits d’un prince en matière de succession.

Aucun prince, fût-il roi, n’avait le droit d’écarter de la succession au fanjakana les enfants de sa sœur qui en étaient les héritiers prioritaires (ny amin'ny zanak’anabavy dia tsy very ariana ny amin'ny fanjakana).

C’est ainsi que s’expliquent, d’une part, décidé par Andriamanelo, le passage par le mariage du fils de son frère Andriamananitany avec leur sœur Rafotsindrindramamnjaka, et d’autre part, mais partiellement, l’apparition, au début du 20e siècle, d’une surprenante tradition dont la publication fit alors scandale et qui faisait de la mère d’Andrianjaka la descendante par les femmes d’une cadette de Rangita, qui aurait été mariée à un prince sakalava d’origine anglaise (par ailleurs évoqué par nombre de récits, tant malgaches qu’européens, relatifs aux dynasties du Sud et du Sud-Ouest de l’île).

La conquête d’Ialamanga
Andrianjaka n’avait certes pas renoncé en toute circonstance à être un conquérant. Une tradition lui attribue, comme à Ralambo, cinquante fusils et trois barils de poudre. Et déjà, avant de se tourner vers Ialamanga, il avait pris le contrôle de tous les sommets entre Ambohimanga et l’Andringitra, lesquels étaient des lieux de pouvoir qui resteront, par la suite, le siège de pouvoirs seigneuriaux.
Ialamanga – ou, selon d’autres traditions, Anjalamanga ou encore Analamanga – était un site aménagé selon les normes des anciens sites princiers.
Au milieu d’une forêt, en son point le plus élevé à Ambohimitsingina (“Au sommet qui effleure le ciel”) l’actuel Ambohimitsimbina où ont été érigées les antennes du réseau hertzien –, existait une palée (rova) à l’intérieur de laquelle avaient résidé les rois vazimba.
En contrebas au nord-ouest, un lac sacré dans le vallon perché d’Antsahatsiroa servait à la sépulture, au moins partielle, des rois trépassés. En dehors du rova existaient aussi de petits villages comme celui d’Ambohimanoro.
L’ensemble était entouré soit par des abrupts rocheux, soit par des fossés. A cette époque, comme à Ambohimanga – celle-ci a conservé sa forêt jusqu’à présent –, les rois et princes n’enterraient pas à l’intérieur de la palée, mais dans la forêt. Ambatobe, Ambavahadimitafo et Ambatobevanja furent des lieux de sépulture. Et le peuple enterrait à l’extérieur des fossés : Ambohitsirohitra, par exemple, était le lieu de sépulture d’Ambohimanoro.

Ialamanga n’était pas un site princier comme les autres. C’était le grand nombril (foibe) de toute la région, un lieu de pouvoir particulier pour les relations avec l’au-delà céleste, là où arrivait, par le cordon ombilical reliant le ciel et la terre, le hasina vital. Y consacrer un accord ou une convention lui donnait une autorité supérieure. C’est ainsi que le vallon perché d’Andohalo accueillait les pierres levées (orim-bato) qui consacraient ces accords. Comme le donnait à penser le nom du lapa d’Ambohimitsingina : Tsiazompaniry ou “Celui qui échappait aux convoitises”, cette ville sanctuaire était censée imprenable.
La conquête d’Analamanga ne fut sans doute pas un haut fait d’armes d’Andrianjaka, mais plutôt le résultat de négociations qu’appuyait un fort mouvement populaire, à un moment où le pouvoir précédent, après le dernier grand règne d’Andriampirokana qui avait complété la défense de la ville et fait creuser le fossé d’Ankadinandriana, à l’est du rova, semble bien avoir été désorganisé.

Antaninarivo, capitale de l’Imerina
La tradition royale va jusqu’à raconter qu’Andrianjaka et ses gens ayant fait halte à Andrainarivo, à l’est de la ville, et y ayant fait la cuisine, le nombre de feux et la quantité de fumée firent si peur aux Vazimba qu’ils s’enfuirent ! Mais, à suivre le récit qui nous est donné de la prise de possession, les fuyards ne comptèrent que du menu fretin.
En effet, Andrianjaka rencontra sur place les fils d’Andriampirokana, Andriantsimandafika et Andriambodilova, avec lesquels il passa convention et qui, avec des privilèges plus importants que ceux des andriana, furent établis, le premier à Ambohitriniarivo, au nord d’Ivato, le second à Anosisoa, où ils devinrent les ancêtres des Antehiroka.
Il y rencontra aussi les Zanamahazomby, descendants d’Andriamahazomby, qui avait autrefois reconnu les droits, sur Ialamanga, de Rafandrana, un ancêtre d’Andrianjaka.
A la population, les serviteurs-courtisans qui accompagnent le prétendant le présentent comme un prince qui ne fait perdre à personne ni sa famille ni ses biens.
Répondant aussi au souci du sort de la terre, ils indiquent qu’il respectera les biens hérités des ancêtres. Andrianjaka n’ayant rencontré aucune opposition, la ville sanctuaire passa aux mains des descendants de Rafohy et Rangita. Andrianjaka va réaménager le site et le nommer Antaninarivo (“A la terre du peuple”). Jusqu’à ce jour, la prononciation Antàn’nariv’ se conforme à celle du nom donné par Andrianjaka, même si Andriamasinavalona et Radama Ier décidèrent de la renommer, le premier Antananarivolahy (“A la ville remise à mille hommes”) et le second Antananarivo (“A la ville des mille / du peuple”).

Décider d’une nouvelle nomination du lieu était normalement au nombre des prérogatives royales, et la tradition en donne maints exemples. Mais les nouvelles dénominations sont toujours significatives.
Le sens de “ville du peuple” – si l’on admet que, dans les noms, manga est une référence au monde arabe – indique un programme politique de réaction contre l’influence arabo-musulmane qui, à cette époque, est sensible en divers domaines. Maître des lieux, le premier acte d’Andrianjaka fut de couper un pan de forêt pour y installer son rova. Non seulement il ne reprit pas pour lui l’ancien rova vazimba, mais il le retrancha de l’agglomération en faisant creuser, entre les deux palées, le fossé d’Ankaditapaka.

La différence était désormais faite entre Ialamanga et Antananarivo. Et il n’eut pas d’autres grands aménagements à faire, car l’espace était déjà bien délimité et protégé. Rénové, l’antique établissement devenait le foiben’Imerina (“grand nombril de l’Imerina”), le lieu où, par excellence, se faisait la communication avec le ciel.

Exception faite des Vazimba qui fuirent et formèrent ensuite une partie des Antehiroka, il confirma dans leurs droits les habitants qui y résidaient déjà, mais en y mêlant, comme colons (voanjo), certains des partisans qui l’avaient suivi.
Il fit de la ville la représentation du royaume. Il ne toucha pas aux anciens tombeaux, et notamment à celui d’Andriampirokana, dont les descendants conservèrent ce qui devint le quartier d’Andafiavaratra.
Il lotit partiellement la forêt en délimitant de nouveaux quartiers auxquels étaient adjoints, à l’extérieur des fossés, des terrains de culture (tanimboly) : dans l’enceinte de la ville, Ambavahadimitafo (nord-est) fut accordé aux Andriantompokoindrindra ; Ambohitantely (nord d’Andafiavaratra) aux Andrianamboninolona ; Ambohitsoa (où fut construit le lycée Gallieni au 20e siècle) aux ZanadRalambo ; Andrefandrova (ouest du rova) à ses proches parents. Ambohimitsimbina, quartier de l’ancien rova, devint la résidence des tandapa, ses serviteurs-courtisans.
Les lignages andriana puissants étaient donc représentés à proximité du palais royal, mais ne pouvaient y ensevelir leurs morts et devaient le faire dans le vohitra de leurs ancêtres. Seuls Andrianjaka et ceux de ses descendants qui allaient régner après lui obtenaient le droit de sépulture à Antaninarivo, à l’intérieur du rova.

La ville rayonnait sur la région, débordant les limites des terres ayant fait allégeance. Andrianjaka, prévoyant l’avenir, encourageait les initiatives visant à étendre ce rayonnement. C’est ainsi qu’il autorisa Andrianentoarivo, d’ascendance zafimamy, à se créer un fanjakana dans ce qui devint le Vonizongo (nord-ouest de l’Imerina).
Mais alors que lui-même avait – chiffre célestiel – douze conseillers, comme Andriantompokoindrindra au moment de son règne, il n’en accorda que dix – chiffre terrestre – à Andrianentoarivo, comme en avait Andriantompokoindrindra depuis qu’il avait cédé le pouvoir souverain à son frère.
Par de telles créations, Andrianjaka préparait l’avenir à une plus grande Imerina.

----> Les Antehiroka
Descendants des derniers rois vazimba d’Ialamanga, les Antehiroka ne sont pas des primitifs chassés par la défaite de leurs lieux de résidence. Les privilèges qui leur furent reconnus par Andrianjaka – et que confirma encore Andrianampoinimerina – suffisent à le prouver.
Ils bénéficiaient, en effet, de tous les privilèges qu’avaient les andriana. Ils n’avaient pas à verser au roi ou à ses représentants la culotte de bœuf (vodihena) pour chaque zébu sacrifié. Leurs territoires ne pouvaient être donnés en apanage et seigneurie à un prince (tsy atao menakely). Leurs biens ne pouvaient tomber en déshérence (tsy hanina mati-momba) et être une aubaine pour le souverain.
Ils n’avaient ni à assurer la garde de l’enceinte royale (tsy miambina valamena) et le portage des princes (tsy milanja Andriana), ni à payer l’impôt sur le riz récolté (tsy mandoa isam-pangady), ni à verser chaque année le grain d’argent par personne vivante (tsy mandoa variraiventy isan’aina) – impôt tout à fait minime mais marque de sujétion –, ni à accueillir des chèvres dans leurs villages (tsy iakarana osy). Accordé en échange du renoncement au pouvoir souverain, ce dernier privilège signifiait que, n’en élevant plus pour eux-mêmes, ils n’avaient pas non plus à recevoir les chèvres du souverain sur leurs terres.

En outre, si, comme les andriana, ils avaient le privilège qui interdisait au souverain de verser leur sang et de les convoquer au service armé, ils en avaient un autre, particulièrement important, celui d’être tsimatimanota, qui leur assurait la vie sauve en cas de crime. C’est ainsi que le roi Andrianampoinimerina voulant punir Ravovonana, un Antehiroka qui l’avait blessé au genou d’un coup de fusil, dut attendre l’autorisation des Antehiroka, et l’exécution du coupable se fit sans effusion de sang.
Enfin, en matière de rituel, ils étaient autonomes (mahavita tena), notamment pour la circoncision de leurs fils – alors même que, sous peine de nullité, leur participation était indispensable lors de la circoncision des enfants royaux, où les bénédictions qu’ils prononçaient en tant que “parents à plaisanterie” (ziva) de la famille royale, et qui devaient rester secrètes, prenaient la forme d’imprécations. Huit générations après Andrianjaka, la parenté étant éteinte, ce statut fut remis en cause, mais déjà en avait pris la relève la dynastie des Andafiavaratra.

Madagascar : Troisième République

L’annonce de la Troisième République a nourri l’espoir de tous les malgaches pour un monde meilleur, loin de la dictature avec la prospérité à portée de main. Nouvelle désillusion pour le peuple. Avec une démocratie balbutiante et mal maitrisée, Madagascar a sombré à deux reprises dans deux crises plus ou moins graves.


L’ère de la Troisième République a commencé le 19 août 1992, le jour où la nouvelle Constitution a été adoptée par référendum. Le 10 février 1993, le Professeur Zafy Albert est élu Président contre Didier Ratsiraka avec 66.74 % des voix contre 33.26. Il devient ainsi le premier à la tête d’une Troisième République qui se voulait plus démocratique et plus libérale, donnant plus d’importance au Parlement. Avec ce parlementarisme accru, la nouvelle Constitution a engendré une certaine instabilité au sein de l’exécutif, le Premier ministre étant élu par les députés. A l’époque ce poste était tenu par Francisque Ravony qui avait une vision totalement différente du Président Zafy. Les deux hommes se livrent alors une guerre ouverte. Francisque Ravony a résisté à plusieurs motions de censure commanditées par l’Exécutif avant de finalement céder sa place à Emmanuel Rakotovahiny le 30 octobre 1995. En effet, Zafy Albert a obtenu la modification de la Constitution par le référendum du 17 septembre 1995 et s’est vu accorder plus de pouvoir, notamment celui de nommer directement le Premier ministre sans passer par le vote de l’Assemblée Nationale. Mais l’engagement dans des circuits de financements parallèles et frauduleux a eu raison du régime du Président Zafy. Le 15 mai 1996, l’Assemblée Nationale adopte une motion de censure contre le gouvernement Rakotovahiny qui démissionnera 5 jours plus tard. Le Président Zafy sera finalement officiellement destitué le 5 septembre 1996 après un empêchement voté en juillet par les députés. Norbert Lala Ratsirahonana est alors nommé à la tête d’une transition qui a pour mission de préparer une élection présidentielle anticipée.

Plébiscité de 50.7 % des voix contre 49.3 % pour son rival Zafy Albert, l’ancien Président Didier Ratsiraka revient au pouvoir le 31 janvier 1997. Pour son mandat dans la Troisième République, Ratsiraka crée ce qu’il appelle une République humaniste écologique qui fait de la lutte contre la pauvreté une priorité absolue. Après un an à la tête de l’Etat, il fait adopter par un référendum une réforme constitutionnelle lui conférant plus de pouvoir le 5 mars 1998. Avec un régime présidentiel fort, la présidence de l’Amiral a connu une période de stabilité politique et économique. A la fin de son mandat en 2001, les indicateurs économiques du pays sont au vert avec une croissance régulière du PIB et le retour de la confiance des bailleurs de fonds. Toutefois, la croissance économique engendrée ne se reflète pas au niveau de la population qui n’arrive pas à se sortir de la pauvreté. Entretemps, l’industriel Marc Ravalomanana est élu à la tête de la Mairie d’Antananarivo en 1999. Gagnant en popularité, ce dernier décide de se porter candidat contre Didier Ratsiraka pour la présidentielle.

Les résultats officiels de l’élection présidentielle du 16 décembre 2001 plébiscitent Marc Ravalomanana de 46.21 % des voix devant Didier Ratsiraka, 40.89 %. Dénonçant des fraudes et s’estimant vainqueur dès le premier tour avec plus de 50 % des suffrages, le Maire de la Capitale refuse la tenue d’un second tour prévu le 24 février 2002. Une crise politique, avec des répercussions notables sur l’économie, secouera alors le pays jusqu’en juillet 2002. Janvier 2002 est marqué par le début d’une série de manifestations qui rassemblent quotidiennement des centaines de milliers de partisans de l’opposition sur l’Avenue de l’Indépendance à Analakely. Le 25 janvier, la Haute Cour Constitutionnelle entérine les résultats confirmant la tenue du deuxième tour mais Ravalomanana persiste et s’autoproclame Président de la République le 22 février. Il prête alors serment lors d’une cérémonie qui s’est déroulée au stade municipal de Mahamasina, une action désapprouvée par la communauté internationale. Les partisans de l’Amiral commencent alors à dresser des barrages sur les routes qui mènent à Antananarivo avec l’intention de couper les vivres à la Capitale.

C’est le début du bras de fer entre les deux hommes et des tentatives de négociations qui les ont emmenés notamment à Dakar à deux reprises. Le 29 avril, la Haute Cour Constitutionnelle proclame finalement Marc Ravalomanana Président de la République, élu avec 51.46 % contre 35.9 % pour Didier Ratsiraka, une déclaration contesté par ce dernier. Le 6 mai, une nouvelle cérémonie d’investiture s’est tenue toujours au stade de Mahamasina, mais cette fois, avec la présence de plusieurs représentants de la communauté internationale. Les partisans de Ratsiraka renforcent alors les barrages autour d’Antananarivo. Ravalomanana fait alors appelle à des réservistes pour épauler une partie de l’armée acquise à sa cause pour démanteler les différents barrages et pour libérer les dernières villes embrigadés par les éléments du désormais président sortant. La crise de 2002 prend finalement fin en juillet avec l’exil en France de Didier Ratsiraka.

-----> Les législatives anticipées du 15 décembre 2002 confirment la légitimité du pouvoir de Ravalomanana car le parti du Président, le « Tiako i Madagasikara » remporte 132 sièges sur 160 à l’Assemblée nationale. Son règne peut alors commencer.

Une fois l’année 2002 passée, le premier quinquennat du Président Marc Ravalomanana a été plutôt calme et stable, comme l’atteste le maintien du Premier ministre Jacques Sylla à son poste pendant toute la durée du mandat, chose rare à Madagascar. Sa popularité atteint alors des sommets et les parties de l’opposition se retrouvent minoritaires et partiellement estompées. La présidence de Marc Ravalomanana constitue une véritable révolution dans le monde politique malgache. Avec un style très chef d’entreprise, le Président se démarque totalement de ses prédécesseurs. Durant son mandat, les réformes ont alors été nombreuses avec la création de nombreuses institutions dont le Bianco pour la bonne gouvernance ou encore l’Economic Development Board of Madagascar pour faciliter les investissements étrangers. La présidence de Ravalomanana a aussi été marquée par une relation internationale renforcée. Les grands partenaires de Madagascar étaient alors l’Europe, les Etats-Unis, le Canada, la Norvège, le Japon, l’Inde et la Chine. Le Président Ravalomanana privilégie également l’intégration régionale notamment au sein de la Communauté de développement de l’Afrique Australe (SADC). Le bijou de Marc Ravalomanana restera à jamais le Madagascar action plan qui est un plan de développement s’étalant sur cinq ans et qui est sensé sortir le pays de la pauvreté en un temps record en se basant sur ses atouts naturels.

Le 3 décembre 2006, Marc Ravalomanana est réélu au premier tour avec 54.80% des voix. Il peut ainsi mettre en œuvre son programme de développement pour les 5 ans à venir. Le 4 avril 2007, il renforce un peu plus son pouvoir en faisant adopter une réforme constitutionnelle à la suite d’un référendum. A la suite de ce vote, les électeurs étaient également appelés à se prononcer sur la suppression des six provinces au profit de 22 régions. Le 23 septembre, le parti présidentiel remporte les législatives avec 106 sièges sur 127 à l’Assemblée Nationale mais avec une abstention qui frôle les 80 %. En effet, tout comme Didier Ratsiraka, la popularité de Ravalomanana a été égratignée par le manque d’impact de sa politique économique sur la vie sociale. De plus, il a été taxé de « dictateur » par ses adversaires politiques.
L’accession à la magistrature de la ville d’Antananarivo du jeune Andry Rajoelina le 12 décembre 2007, aux dépends du candidat présidentiel va marquer le déclin de Marc Ravalomanana. Depuis l’ère de ce dernier, ce fut la première fois que le TIM ne remporte pas les municipales de la Capitale. Très populaire Andry Rajoelina, homme d’affaire avisé qui a fait fortune dans la publicité, s’annonce comme Le challenger de Marc Ravalomanana. Par ses déclarations chocs, il se positionne d’entrée contre le Président en place.

Un projet encore en étude d’une location de 1.3 millions d’hectares à une entreprise sud coréenne en novembre 2008 participe au début de la contestation de l’autorité de Marc Ravalomanana, s’ajoutant à cela l’acquisition d’un jet présidentiel se chiffrant à 60 millions de dollars.

Andry Rajoelina se la joue de plus en plus provocateur et diffuse en intégralité sur sa chaine de télévision un discours de l’ancien Président Didier Ratsiraka. Piqué au vif, Marc Ravalomanana décide de fermer la télévision VIVA du jeune maire. S’en suivent alors des protestations et des manifestations sur le jardin d’Ambohijativo, baptisé depuis, « Place de la Démocratie » par Andry Rajoelina. La période janvier-février 2009 a été particulièrement sanglante. La ville d’Antananarivo a été mise à feu et à sang le 26 janvier où l’appel à la grève générale du jeune maire tourne à l’émeute. Plusieurs magasins et sociétés notamment ceux du Président ont été incendiés.

Par ailleurs plus de 80 personnes ont perdu la vie lors de ce que les journalistes qualifient de « Lundi noir ». Les manifestations des partisans d’Andry Rajoelina continuent alors de plus bel et le 2 février 2009, le jeune maire se déclare en charge des affaires nationales du pays. Le 7 février les leaders des manifestants ont entamé une marche vers le Palais présidentiel d’Ambotsirohitra. Cette initiative a été sévèrement réprimandée par la garde présidentielle qui a tiré à balle réelle sur la foule. Bilan, une trentaine de morts et plus de 200 blessés.

Le 8 mars, des soldats déclenchent une mutinerie qui sonnera le basculement de l’armée vers le camp d’Andry Rajoelina. Abandonné par l’armée, Marc Ravalomanana décrète le directoire militaire et confie les pleins pouvoirs au Vice-amiral Hippolyte Ramaroson et quitte Madagascar pour l’Afrique du Sud le 17 mars. Le lendemain le maire de la Capitale se voit confié la direction du pays par les hommes en treillis. 5dossier partagé par le site "l'info.re"

PHILIBERT TSIRANANA - Politika

Philibert Tsiranana : premier président de la République de l’île de Madagascar
Homme politique de renom, Philibert Tsiranana fut le premier président de la République de l'histoire de l'île de Madagascar. D'origine très modeste, aucun n'aurait pu imaginer un instant à quel fabuleux destin le père de l'indépendance malgache allait être voué ! Philibert Tsiranana voit le jour officiellement en 1912 et officieusement en 1910 dans une petite localité du district de Mandritsara, au nord ouest de la Grande Ile. Issu d'une famille de bouviers appartenant à l'ethnie des « Tsimihety », le jeune Tsiranana était dès le départ voué à garder le troupeau familial.

Mais un évènement tragique, la mort de son père, allait changer le destin d'éleveur de boeufs tout tracé du jeune Philibert. En effet, suite à cette tragédie, Tsiranana, confié à un oncle, eut l'opportunité d'intégrer une école primaire grâce aux bons offices de ce dernier. Se révélant être un élève assidu et brillant, le jeune garçon gravit petit à petit les échelons. En 1926, il réussit à décrocher son certificat d'études du second degré.

Cela lui permet d'intégrer en 1930 la prestigieuse école « Le Myre de Vilers » situé dans la capitale de la Grande Ile : Tananarive. Formé au métier d'instituteur par cet établissement, Tsiranana décroche son diplôme au bout de quelques années et se paie même le luxe de sortir major de sa promotion. Embrassant dès lors une carrière dans l'enseignement, le jeune homme fera profiter de ses connaissances sa région natale avant de se lancer un nouveau défi : celui d'accéder au professorat, chose qu'il accomplira en 1945. Décrochant l'année suivante une bourse d'études au sein de l'école normale de Montpellier, Philibert Tsiranana quitte Madagascar pour la France métropolitaine en novembre 1946.

Parallèlement à cette carrière flamboyante dans l'enseignement, Tsiranana s'intéresse énormément à la politique de son pays alors sous la coupe du colonisateur français.

Ce goût de la politique, le jeune instituteur l'hérita de son mentor, Paul Ralaivoavy qui était à l'origine d'un groupuscule d'obédience communiste en 1946 : le GEC (Groupe d'Etudes Communistes de Madagascar) auquel d'ailleurs Tsiranana avait lui-même adhéré. Grâce à ses relations dans le GEC, l'enseignant put créer à son tour en 1946 son propre parti politique : le PADESM (Parti des Déshérités de Madagascar).

Le mouvement du jeune Tsiranana entendait à l'époque lutter contre les inégalités dont souffraient les côtiers (les Malgaches originaires des côtes malgaches) dans la classe politique malgache devant la prédominance des Merina (ethnies originaires des Hauts Plateaux et de la capitale malgache en général). Durant son séjour sur le territoire français de 1946 à 1950, Philibert Tsiranana prenant encore davantage conscience du manque d'accessibilité des côtiers à l'élite de la société malgache, prend l'initiative de créer l'AEMC (Association des Etudiants Malgaches Côtiers).

De retour sur le sol malgache en 1950, il prend alors une part active dans la vie politique malgache.

C'est ainsi que l'homme, enfin politicien, grâce à un discours progressiste contrastant avec ses positions originaires et prônant l'unification et la réconciliation nationale pour faire taire les différends tribaux, réussit à se faire élire au poste de conseiller provincial dans la circonscription de la province de Majunga en 1952. Homme politique ambitieux, Tsiranana réussit en 1956 à se faire élire député de Madagascar.

Grâce à cette nouvelle ascension, l'homme se dote d'une stature d'envergure nationale qui lui permet d'être le relais « naturel » des revendications indépendantistes malgaches auprès de la France. Cependant, politique pragmatique, Philibert Tsiranana savait que le seul moyen d'accéder à l'indépendance passerait par une négociation pacifique sans effusion de sang.

Confirmé ainsi comme étant un des leaders malgaches les plus influents, Tsiranana mettra en place un nouveau parti politique avec la complicité de quelques compagnons du PADESM : le PSD ou Parti Social Démocrate. Séduisant les autorités coloniales par sa politique progressiste et modérée, Tsiranana connaît une ascension irrésistible, aidé en cela par la volonté desdites autorités d'instaurer une autonomie progressive dans les colonies africaines. C'est ainsi qu'en 1957, il accède à la vice-présidence du Conseil du Gouvernement.


Trois ans plus tard, le 26 juin 1960, Philibert Tsiranana réussit à convaincre le Général De Gaulle d'accorder la souveraineté totale à la Grande Ile et devient par la même occasion le premier président de la République de Madagascar. Cet exploit vaudra au président 7 ans d'état de grâce de la part du peuple malgache. Partisan au départ du libéralisme politique à l'occidental, le régime de Tsiranana vire peu à peu à une « démocratie restreinte » qui ne voit les principes démocratiques appliqués effectivement que dans les grands centres urbains.

Usé petit à petit par le pouvoir et déphasé par rapport aux réalités politiques, Philibert Tsiranana ne pourra empêcher les insurrections estudiantines de 1971 qui auront raison de lui. A bout, il confie les pleins pouvoirs au chef d'état-major de l'Armée : le Général Gabriel Ramanantsoa le 18 mai 1972. Mis au ban de la politique, Tsiranana décède le 16 avril 1978 en laissant à la Grande Ile un héritage politique des plus importants et un bilan économique plus qu'honorable.

liens de l'association : http://philibertsiranana.org/index.html

Un témoignage d’une ancienne secrétaire ayant travaillé à l’ancien Hôtel de ville de la capitale incendié en 1972, membre du PSD, atteste que le président Philibert Tsiranana est un initiateur des actions sociales à Madagascar. La dame en question faisait partie des équipes féminines qui sillonnaient les quartiers d’Antananarivo avec mission de recenser les familles défavorisées d’où étaient issus les enfants qui travaillaient au « porter Madame » (petits porteurs des emplettes plus ou moins lourdes des femmes). Le Président donnait des emplois aux parents de ces enfants, de la nourriture lors des fêtes nationales et, par le biais de la Fondation Philibert Tsiranana, envoie certains étudier à l’extérieur ou, pour les jeunes filles, dans des centres de formation en couture ou en artisanat.

Incollable : Les Européens à la périphérie de la grande île Malgache (XVIe-XIXe siècles)




mai 1500 : L’escadre portugaise de Pedralvares Cabral est dispersée par la tempête au large du cap de Bonne Espérance. C’est à cette occasion qu’est découverte la Terre de Santa Cruz qui deviendra le Brésil. L’un des navires, commandé par le capitaine Diogo Dias, est entraîné vers l’est et longe vers le nord une côte qui n’est pas celle du Mozambique mais qui apparaît comme celle d’une grande île. Quand Cabral rend compte de cette découverte au Portugal l’année suivante, on juge qu’il s’agit sans doute de Madagascar, l’île – que l’on croyait imaginaire – placée dans ces régions sur le globe de Martin Behaim. Dès 1502, la carte portugaise de Cantino place en cette zone une île de forme allongée portant le nom de Madagascar, dont les côtes sont visitées au cours des années suivantes par d’autres navigateurs portugais engagés sur la route des Indes.



1506 : Tristan da Cunha pille un comptoir arabe établi sur une île proche de la côte nord-ouest de Madagascar et en massacre les habitants.



1507 : Ruis Pereira mouille à l’estuaire de la Matitana sur la côte orientale et baptise l’île du nom de Saint-Laurent. La même année, Alphonse d’Albuquerque attaque et pille un autre établissement arabe de la côte nord-ouest afin d’écarter la présence arabe de l’océan Indien.



1508 : Lopez de Sequeira est chargé par le roi de Portugal d’explorer l’île Saint-Laurent et reconnaît la côte sud-est.



1515 : Luis Figueira établit un fortin à l’embouchure de la Matitana, d’où ses compagnons vont reconnaître plus au nord les baies d’Antongil et de Vohémar.



1517 : La carte de Pedro Reinel présente la forme générale de l’île et donne sa position à peu près exacte par rapport au Tropique du Capricorne.



1527 : Une expédition portugaise est jetée à la côte par la tempête sur la côte sud-ouest et ses six cents hommes sont pour la plupart massacrés ; il est possible que certains aient réussi à gagner l’Anosy, sur la côte sud-est, où ils auraient laissé quelques constructions de pierre ainsi que quelques traces dans la langue locale. C’est au nord-ouest, dans la baie de la Mahajamba, près de l’embouchure de la rivière Sofia, que s’établirent surtout les relations d’échanges avec les indigènes. Plus au nord, le principal vestige qu’ait laissé dans la toponymie la présence portugaise est le nom de Diogo Soares (Diego Suarez) – celui du grand port de la pointe septentrionale de l’île – un trafiquant qui transporta vers l’Inde des contingents d’esclaves razziés à Madagascar.



1527 : Des navires dieppois faisant voile pour les Indes font escale à Madagascar.



1529 : Les frères Parmentier en route pour Sumatra à bord du Sacre et de La Pensée mouillent sur la côte occidentale de l’île pour y échanger des tissus contre des vivres.



1539 : L’Angoumois Jean Fonteneau rapporte que « la coste de l’isle de Saint Laurens est très dangereuse, que les habitants sont de mauvaises gens qui ne veulent trafiquer avec personne… »



1555 : La carte de Guillaume Le Testu donne une idée assez précise de la forme générale de Madagascar.



Fin du XVIe siècle : Les Hollandais commencent à fréquenter les côtes de Madagascar (la baie de Saint-Augustin sur la côte sud-ouest, à l’embouchure de l’Onilahy, et la côte orientale).



1595 : L’amiral hollandais Cornelis de Houtman séjourne à l’île Sainte-Marie et à la baie d’Antongil, sur la côte nord-est de Madagascar. Les navires hollandais vont ensuite relâcher fréquemment au sud-est (sur la côte de l’Anosy, dans l’île Sainte-Luce) pour se ravitailler en vivres.



février 1602 : Le Croissant et le Corbin, commandés par le Malouin Frotet de la Bardelière, sont contraints par la tempête de relâcher dans la baie de Saint-Augustin alors qu’ils se dirigeaient vers les Indes orientales. Quelques mois plus tard, deux capitaines marchands français, Martin de Vitré et Pyrard de Laval viennent faire du troc dans la baie de Saint-Augustin.



Début du XVIIe siècle : Les Portugais entreprennent l’exploration de l’île, tentative rapportée par le jésuite Luis Mariano qui y participa de 1613 à 1619. Ce sont les côtes occidentales et sud-orientales qui sont alors surtout reconnues et le fils du roi des Antanosi (baptisés également Matacassi, Malagasy ou Madécasses d’où serait venu le nom de Malgaches désignant aujourd’hui l’ensemble des habitants) est emmené à Goa pour y être instruit dans la foi chrétienne mais les efforts d’évangélisation n’en restent pas moins sans lendemain.



1630 : Les capitaines dieppois Régimont et Goubert entament une série de voyages vers Madagascar. Ils sont suivis de 1638 à 1644 par François Cauche qui fréquente l’Anosi et l’île Sainte-Luce.



1636 : La Compagnie anglaise des Indes orientales envisage, sous le règne de Charles Ier, une expédition de conquête de Madagascar qui devait être confiée – à l’initiative d’un certain Thomas Herbert qui s’était fait le propagandiste des richesses supposées de l’île – au prince Rupert de Bavière, neveu du souverain Stuart, mais le projet demeure sans suite.



1638 : Les Hollandais s’installent à l’île Maurice et viennent dès lors régulièrement sur la côte orientale de Madagascar pour y chercher du ravitaillement et des esclaves.



1640 : L’Anglais Walter Hamond publie un Paradoxe prouvant que les habitants de Madagascar sont, dans les choses temporelles, le peuple le plus heureux du monde ; « l’île d’or », riche en métaux précieux et en terres agricoles, est alors présentée comme un pays de cocagne. En 1644 Richard Boothby évoque sur le même ton Madagascar comme un « paradis terrestre » tout désigné pour devenir, au même titre que la Virginie en Amérique du Nord, une colonie protestante. En cette même année 1644, un groupe de 140 colons conduit par un certain John Smart vient s’installer dans la baie de Saint-Augustin où un fort est établi mais, faute de relations régulières avec les indigènes, les Anglais, privés de ravitaillement, doivent évacuer l’endroit un an plus tard, après avoir perdu les neuf-dixièmes de leur effectif. L’un des rescapés, Waldegrave, règle alors ses comptes avec Richard Boothby dont les descriptions flatteuses avaient motivé les malheureux colons, en expliquant que « le pays est stérile, le climat malsain, les mines illusoires. À Madagascar, il n’y a rien à espérer de bon ni d’heureux. »



1642 : Un traité est conclu entre les Hollandais établis à Maurice et le roi de la région de la baie d’Antongil qui se déclare « sujet de leurs Hautes Puissances, Messieurs les États Généraux des libres Pays Bas Unis ». quand Maurice sera abandonnée au profit de l’escale du Cap de Bonne Espérance, les visites des Hollandais se feront de plus en plus rares.



septembre 1642 : Envoyés par la Compagnie des Indes orientales fondée par le capitaine Rigault – qui a obtenu pour dix ans du cardinal de Richelieu un privilège de résidence et de commerce dans l’île de Madagascar et a su intéresser Fouquet et plusieurs membres du Conseil du Roi à son entreprise –, les commis Pronis et Foucquembourg débarquent du Saint-Louis (avec lequel ils ont auparavant reconnu les îles Mascareignes et l’île Sainte-Marie) dans la baie de Sainte-Lucie en compagnie de douze hommes rejoints l’année suivante par soixante-dix autres.



fin 1643 : L’hostilité des indigènes et les ravages dus aux fièvres conduisent Pronis à s’établir à la pointe de Taolankara, à l’extrême sud de la côte orientale de l’île, pour y fonder Fort-Dauphin. Des contacts sont établis avec des chefs de l’Anosy et des reconnaissances sont lancées sur la côte est jusqu’à la baie d’Antongil pendant que Foucquembourg visite le sud du pays et en rapporte du bétail.



1646 : La situation de la colonie française de Fort Dauphin se détériore. Foucquembourg est reparti vers la France et Pronis, un protestant rochelais, s’oppose à la majorité catholique des colons qui lui reprochent de favoriser son épouse malgache et l’arrêtent. L’arrivée d’un navire français entraîne sa libération six mois plus tard mais il attire des indigènes dans un guet-apens pour les livrer au capitaine du navire qui entend les vendre comme esclaves aux Hollandais. Pendant ce temps, certains colons ont suivi Claude Leroy, le second de Pronis, pour aller s’installer sur la côte sud-ouest de l’île, dans la baie de Saint-Augustin. L’hostilité de certains autochtones, les complications nées des guerres locales dans lesquelles les Français s’engagent et les divisions qui affectent la petite communauté hypothèquent lourdement l’avenir de la colonie.



décembre 1648 : Arrivée du gouverneur Étienne de Flacourt, associé de la Compagnie et envoyé par celle-ci pour rétablir l’ordre. Il est accompagné de deux pères lazaristes, Nacquart et Gondrée, envoyés par saint Vincent de Paul. Pronis repart sur le Saint-Laurent en février 1650 avec une modeste cargaison de cuirs et de cire, décevante pour les associés de la Compagnie. Aucun navire français ne revient à Fort Dauphin avant 1654. Disposant d’une centaine d’hommes, Flacourt doit faire face à l’hostilité des indigènes et doit monter des expéditions punitives. Un assaut contre Fort Dauphin est dispersé au canon et les chefs se soumettent les uns après les autres. La victoire semble acquise en 1653 et le développement des cultures de riz doit normalement assurer à la colonie des ressources alimentaires suffisantes, complétées par les razzias de bovins réalisées dans l’arrière-pays.



1650 : L’Anglais Robert Hunt et sa petite troupe, venus s’installer dans l’île d’Assada (Nossi-Bé, au large de la côte nord-ouest de Madagascar), sont massacrés par les indigènes.



1655 : Massacre du capitaine La Forêt et de ses compagnons. D’autres massacres sont perpétrés en 1656 et suivis de sanglantes représailles.



février 1658 : Flacourt repart pour la France et laisse le commandement de la colonie à Pronis, revenu dans l’île en 1654. Il publie alors une Histoire de la grande île de Madagascar ainsi qu’un Dictionnaire de la langue de Madagascar et une Relation des événements qui avaient marqué la vie de la colonie. Il conseille l’extension de la colonisation et la conversion des indigènes mais, quand il repart en 1660, son navire est attaqué par les Barbaresques et il périt au cours du combat. Il a résumé pour ses contemporains les atouts de la grande île qui «… est la mieux placée que n’importe quelle île qui soit au monde pour les commodités que les Français en peuvent tirer. Elle est dans le passage pour aller dans les Grandes Indes, proche du royaume de Monomotapa riche en or et en ivoire, et d’icelle l’on pourrait aller faire des découvertes dans les terres australes. L’on y peut bâtir des navires… L’on peut de l’île seule tirer toutes les victuailles nécessaires pour les navigations des Indes, et même assister les autres pays, ce qui est le plus grand avantage que l’on y peut espérer… » Pendant son absence et après la disparition de Pronis survenue en 1655, la situation de la colonie s’est détériorée dans la mesure où celui qui a hérité du commandement, Champmargou, se contente d’une politique de razzias qui entretient l’hostilité des indigènes.



1663 : Le Hollandais Frédéric de Houtman publie un premier dictionnaire établissant la parenté du malais et du malgache.



1663 : Un navire français amène à Fort Dauphin un renfort de soixante-dix hommes et un prêtre lazariste, le Père Étienne, dont le prosélytisme maladroit lui vaut d’être assassiné. Champmargou ne doit d’échapper à un sort analogue qu’à l’intervention du Rochelais Le Vacher, dit La Case, qui a épousé la fille d’un chef local et est ainsi devenu prince malgache, ce qui lui permet de soutenir la petite colonie où se maintiennent ses compatriotes.



mai 1664 : Constitution d’une nouvelle Compagnie des Indes orientales, dont les dirigeants prévoient la mise en œuvre d’un vaste programme de colonisation à Madagascar. Quatre navires amènent 400 hommes, soldats et colons placés sous les ordres de Beausse, un demi-frère de Flacourt qui mourra de maladie peu de temps après son arrivée mais qui aura eu le temps de proclamer, le 14 juillet 1665, l’annexion de la grande île – qui reçoit alors le nom d’île Dauphine – au royaume de France.



10 mars 1667 : Débarquement à Fort Dauphin du marquis de Montdevergue, lieutenant général, accompagné de deux directeurs commerciaux, Caron et De Faye, de dix vaisseaux, d’un procureur général, de quatre compagnies d’infanterie, de marchands et de colons, en tout deux mille personnes… qu’il est bien difficile de nourrir malgré les efforts de La Case pour fournir le riz nécessaire.



décembre 1667 : À partir de Fénérive (Fort-Gaillard), le marchand François Martin entreprend de pénétrer dans l’intérieur pour en ramener des bœufs. Il remonte les rives du Maningory, franchit la falaise forestière de l’est de l’île et atteint le lac Alaotra mais les indigènes du plateau sont déterminés à se défendre et leurs villages fortifiés apparaissent inexpugnables, ce qui contraint la poignée de Français et leur « armée » indigène à une retraite rapide vers l’est. Les Français doivent bientôt évacuer les postes d’Antongil et de Matitanana mais se maintiennent aisément dans l’île de Sainte-Marie.



1669 : Rappel de Montdevergue. Il mourra emprisonné au château de Saumur alors que la Compagnie demande au roi de la décharger de Madagascar pour concentrer ses efforts sur l’Inde où Caron s’est établi à Surate, bientôt suivi par De Faye et par François Martin qui sera le fondateur de Pondichéry. Le successeur de Montdevergue, Blanquet de La Haye, a confirmé en 1670 la prise de possession au nom du roi mais il conclut en août 1671 à la nécessité d’abandonner Fort Dauphin au profit de l’île Bourbon (la future Réunion), de Sainte-Marie et d’Antongil.



septembre 1674 : Les quelques dizaines de Français demeurés à Fort Dauphin sous les ordres du major La Bretèche abandonnent la colonie et se replient sur Bourbon. L’échec est total dans la mesure où la présence française s’est limitée à une dimension exclusivement prédatrice. Il n’était pas possible, faute d’hommes en quantité suffisante, d’établir une colonie de peuplement et l’absence de cultures tropicales fournissant des produits « chers », comparables à ceux que procuraient les « îles à sucre » des Antilles ou les îles à épices des Indes orientales, rendait bien vaine une occupation également compromise par l’hostilité des indigènes et les ravages opérés par les fièvres. Trois arrêts successifs n’en confirment pas moins, au début du XVIIIe siècle, la souveraineté – devenue purement théorique – du roi de France sur la grande île.



La présence européenne prend, après le retrait des Français de Fort Dauphin, un caractère bien particulier puisque c’est alors que s’ouvre à Madagascar, pour une quarantaine d’années, le temps des « républiques » pirates. Après avoir sévi dans la mer des Caraïbes – à proximité des routes empruntées par les galions espagnols – la piraterie se déplace à la fin du XVIIe siècle vers l’océan Indien où le trafic arabe du golfe d’Oman et de la mer Rouge offre des proies faciles en même temps que celui qui, par la route du Cap, assure les relations commerciales entre les Indes orientales et l’Europe. L’extension des côtes et l’abondance des baies bien abritées, les possibilités de troc avec les indigènes et donc de ravitaillement constituaient autant d’atouts pour les pirates anglais, français ou américains qui proliféraient à ce moment dans la région. Le capitaine Avery est alors installé dans la baie d’Antongil, le capitaine Williams à Sainte-Marie. Le Provençal Misson et son complice Caraccioli établissent pour leur part, dans la baie de Diego Suarez, l’étonnante république de Libertalia, véritable laboratoire d’un socialisme utopique avant la lettre. Vers 1720, l’arrivée de nouveaux pirates antillais, parmi lesquels le célèbre La Buse, conduit les puissances européennes à se mobiliser et l’escadre anglaise du commodore Matthews, envoyée en 1721 dans l’océan Indien, contraint ces hors la loi à abandonner leurs bases. Beaucoup se réfugient alors dans l’intérieur et abandonnent leurs activités criminelles en se mêlant à la population indigène. L’exécution de La Buse, pendu à Bourbon en 1730, marque la fin de la période qui vit les côtes malgaches prendre le relais de l’île de la Tortue.



1720 : L’introduction à Bourbon de la culture du café d’Arabie entraîne un développement très rapide de cette culture, aux dépens des cultures vivrières. Pour exploiter cette nouvelle ressource, il faut se procurer des vivres à Madagascar mais aussi des esclaves qui fourniront la main d’œuvre nécessaire. Les relations se rétablissent donc rapidement avec la côte orientale de la grande île.



1721 : L’île Maurice, abandonnée par les Hollandais, est occupée par des colons français de l’île Bourbon. D’autres s’installent à Rodrigue peu après et les Mascareignes deviennent alors un archipel français, ainsi que les Seychelles, occupées à la même époque.



1733 : Étude de l’ingénieur Cossigny en vue de l’installation d’un établissement français à Antongil où, en 1746, La Bourdonnais fait relâcher ses navires, durement éprouvés par un cyclone, et trouve tout le bois nécessaire aux réparations.



1739 : Les matelots français de la frégate La Légère sont massacrés dans la baie d’Antongil.



1750 : Le gouverneur de Bourbon, David, obtient de Ratsimilaho, le roi des Betsimisaraka, la cession de Sainte-Marie mais l’un de ses agents y est tué la même année ; les fièvres écartent de l’île les Français, qui y reviennent en 1753 mais l’évacuent quatre ans plus tard.



1761-1763 : L’astronome Legentil travaille à Madagascar.



1767 : Un marchand, Glémet, est envoyé par le gouverneur de Bourbon, Dumas, à Fort Dauphin et à Foulpointe et Valagny, un officier qui avait combattu aux Indes, propose de fonder un établissement permanent à Antongil. Ce projet apparaît d’autant plus intéressant que la population des Mascareignes s’accroît très vite et que les îles risquent de dépendre de plus en plus des vivres et des esclaves fournis par la grande île voisine : il y a à Bourbon un millier d’esclaves d’origine malgache en 1717, on en comptera quatorze mille en 1826.



1768 : Un petit comptoir est établi à Foulpointe, à l’initiative de Pierre Poivre, intendant des Mascareignes.



septembre 1768 : Le comte de Maudave, ancien officier qui avait combattu aux Indes et était devenu propriétaire à l’île de France (l’ancienne île Maurice) débarque à Fort Dauphin avec un ambitieux projet de colonisation. L’entreprise est un échec. Attaché aux idées philosophiques, Maudave entend laisser aux indigènes « l’exercice paisible de leurs droits » et veut interdire l’esclavage mais les conflits avec les Malgaches débouchent sur des massacres et notre planteur-philosophe envoie lui-même une centaine d’esclaves sur son domaine de l’île de France. La grande île est de nouveau évacuée en février 1771. L’intendant des Mascareignes Pierre Poivre était bien disposé à encourager Maudave mais le gouverneur Dumas et son successeur le chevalier Desroches firent tout pour compromettre le succès d’une entreprise qui risquait de créer une concurrence dangereuse pour l’île de France et l’île Bourbon.



1770 : Séjour du naturaliste Commerson à Fort Dauphin. Il y révèle l’existence de nombreuses plantes et animaux propres à la Grande Île, qu’il présente comme un « sanctuaire particulier » de la nature.



février 1774 : Le baron de Benyowski – aventurier polono-hongrois prisonnier des Russes en 1769, échappé du Kamtchatka deux ans plus tard et qui s’est vu confier à Versailles la mission de rétablir la présence française à Madagascar – s’installe dans la baie d’Antongil où il fait construire un village baptisé Louisbourg. D’autres postes sont établis à Mananara, à Fénérive, à Tamatave, au Cap d’Ambre et à Foulpointe. Les Sakalaves rebelles sont vaincus en mai 1776 mais Benyowski doit compter avec l’hostilité du gouverneur de l’île de France, le chevalier de Ternay, et du commissaire de la Marine, Maillart-Dumesle.



1775 : Carte des côtes de Madagascar réalisée par l’hydrographe d’Après de Mannevillette.



1774-1777 : Voyages dans l’intérieur, jusqu’au plateau de l’Imerina, de Nicolas Mayeur.



1776 : Deux commissaires envoyés de France, Bellecombe et Chevreau, constatent les limites de l’entreprise de colonisation. Benyowski rentre en France mais, tout à ses rêves mégalomanes – il s’est fait proclamer « roi » par diverses populations indigènes –, il ne parvient pas à trouver des commanditaires pour établir un « empire de Madagascar ». Il n’a pas plus de chance en Autriche et en Angleterre et c’est finalement en Amérique du Nord qu’il trouve des partenaires, ce qui lui permet de regagner la grande île en juillet 1785. L’épisode se termine le 24 mai 1786 quand un détachement envoyé de l’île de France et commandé par le chevalier de Tromelin vient donner l’assaut au village de Mauritiana dont l’aventurier hongrois voulait faire sa « capitale ». Benyowski est tué au cours de cette action. Son rêve d’empire malgache s’effondrait mais c’était à son initiative qu’avaient été réalisées les premières reconnaissances européennes sur le plateau de l’Imerina.



1780-1781 : Le père Durocher, préfet apostolique pour Madagascar, séjourne à Antongil, Foulpointe et Fort Dauphin et envoie à Rome quelques jeunes Malgaches dont l’un devint prêtre mais la Révolution interrompra cette entreprise missionnaire.



1786-1788 : Lasale parcourt la côte orientale et visite l’extrême-nord du pays et l’Alaotra.



1790-1792 : Voyages de Dumaine dans l’intérieur.



1791 : Envoyé à Madagascar par la Constituante, le commissaire Lescallier y scelle avec les Malgaches un pacte d’amitié ; le gouverneur de l’île de France Cossigny, le fils de celui qui avait imaginé le projet de colonisation en 1733, voit alors dans les nouveaux principes qui régissent le royaume de France devenu une monarchie constitutionnelle l’occasion de réaliser les vues de son père : « Notre nouveau régime, qui a pour principe l’égalité, nous gagnera tous les peuples de l’île et unira sous le nom de Français une nombreuse population. »



1796 : Une escadre anglaise détruit le port de Foulpointe qui était le principal lieu d’approvisionnement pour les habitants des Mascareignes. Les échanges s’y poursuivront, ainsi qu’à Fénérive, Sainte-Luce, Foulpointe et Antongil mais c’est désormais Tamatave qui devient le principal centre commercial de la côte est.



1802 : Le botaniste Michaux s’établit près de Tamatave.



1807 : Le général Decaen, gouverneur de l’île de France, envoie à Madagascar Sylvain Roux, un créole mauricien qui, par son action, réussit à assurer aux îles Mascareignes le ravitaillement qui leur est nécessaire.



1808 : Reconnaissance de Hugon jusqu’à Tananarive.



1808 : Les Anglais établissent un blocus de la côte malgache pour interdire les importations de vivres des Mascareignes, dont ils s’emparent en 1810.



18 février 1811 : Deux navires de guerre anglais aux ordres du commodore Lynne obtiennent la reddition de Tamatave.

Norbert Lala Ratsirahonana « prêt à récidiver s’il le faut »

février2011

Norbert Lala Ratsirahonana (né le 18 novembre 1938 à Antsiranana) est un homme politique malgache.
Il fonde et dirige le parti Asa Vita no Ifampitsarana, dans l'opposition au président Didier Ratsiraka. Lui et son parti font partie de la grande coalition qui élit Albert Zafy à la présidence en 1993. Ratsirahonana devient alors président de la haute cour constitutionnelle.
Le 28 mai 1996, quand le premier ministre d'alors est déposé par le parlement par l'échec d'un vote de confiance, Zafy nomme Ratsirahonana à ce poste. Mais peu après, Zafy est destitué de ses fonctions le 5 septembre 1996 et Ratsirahonana devient président intérimaire de la république. Il est candidat à l'élection présidentielle le 3 novembre 1996, à laquelle il arrive quatrième en nombre de voix après Ratsiraka, Zafy and Herizo Razafimahaleo, avec 10.14% des voix[1],[2].
Ratsirahonana se rallie au candidat Zafy au second tour, le 29 décembre, mais Ratsiraka l'emporte de justesse[3] ; Ratsirahonana quitte ses fonction présidentielle lors de l'investiture de Ratsiraka le 9 février 1997. Douze jours plus tard, il perd aussi son poste de premier ministre quand Ratsiraka y nomme un de ses alliés. Le AVI devient le principal parti d'opposition, malgré un rôle faible, gagnant 13 des 150 sièges aux élections législatives de 1998.
Ratsirahonana devient président du Comité exécutif national du groupe Panorama, coalition d'opposition en septembre 1997[4].
En 2001, Ratsirahonana participe à l'élection présidentielle en soutenant la candidature de Marc Ravalomanana[5].
Il est nommé comme « ambassadeur errant » du président sous le régime de Ravalomanana. En 2006, Ratsirahonana quitte ce poste ; en août de la même année, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2006[6]. Selon les résultats officiels, il reçoit 4.22% des suffragess et prend la cinquième place en nombre de suffrages. Son meilleur résultat est dans la province de Tananarive où il reçoit 7.14% odes suffrages
Références[modifier]
  1. ↑ [pdf], democratie.francophonie.org.
  2. ↑ Elections in Madagascar [archive], African Elections Database.
  3. ↑ Philip M. Allen, "Madagascar: Impeachment as Parliamentary Coup d'Etat", in Checking Executive Power: Presidential Impeachment in Comparative Perspective (2003), ed. Jody C. Baumgartner, Naoko Kada, page 91. ISBN 0-275-97927-X
  4. ↑ "Opposition coalition appoints leaders, reaffirms policy", Malagasy National Radio, 20 septembre 1997.
  5. ↑ Richard Cornwell, [pdf], ISS Paper 68, avril 2003.
  6. ↑ "Former Madagascar PM to run for president" [archive], Reuters (IOL), 12 août 2006.
  7. ↑ Résultats de l'élection présidentielle de 2006 [archive] de la Haute cour constitutionnelle

« S’il est nécessaire de recommencer, alors on va tout recommencer » affirme Norbert Lala Ratsirahonana, à propos de sa participation dans le renversement du régime de Marc Ravalomanana et l’installation de Andry Rajoelina au pouvoir. « C’était une acte de pur patriotisme » dixit le fondateur du parti AVI, tout en précisant qu’ « il n’y a pas eu de corruption ni monnayage dans ce changement de régime ».

Ainsi, Norbert Lala Ratsirahonana répond à Marc Ravalomanana. Ce dernier accuse son ancien conseiller, actuel membre du Conseil supérieur de la transition (CST), d’être coupable de corruption, lors des évènements du 17 mars 2009. Dans son plainte, Marc Ravalomanana accuse Norbert Lala Ratsirahonana, au même titre que Andry Rajoelina, Monja Roindefo et 8 autres personnes, de complicité par corruption avec les auteurs de son renversement au pouvoir le 17 mars 2009.
Feuille de route
La rencontre entre les membres de l’AVI, samedi dernier, à l’espace Mon goûter à Ouest Ambohijanahary, était aussi une occasion pour parler devant la presse du projet de feuille de route du Dr Leonardo Simão. « Cette feuille de route suit et respecte la feuille de route de l’AVI » affirme Norbert Lala Ratsirahonana devant la presse.
Pour ce qui est du pouvoir de Andry Rajoelina, confirmé président de la transition dans le projet de feuille de route de l’émissaire de la SADC, selon le fondateur de l’AVI, Andry Rajoelina est jusqu’à présent le seul dépositaire légal du pouvoir de chef de l’État, selon les dispositions transitoires de la constitution de la quatrième République. « Donc c’est normal que Andry Rajoelina ait le pouvoir de désigner la majorité des membres des institutions de la transition » affirme toujours Norbert Lala Ratsirahonana devant la presse samedi dernier.
Pour ce qui est de la signature de ce projet de feuille de route, Norbert Lala Ratsirahonana a affirmé que la communauté internationale ne peut avoir une unanimité sur ce projet. « Tout ce qu’on peut attendre c’est que la majorité l’approuve » dixit le fondateur de l’AVI. Ce dernier précise que « rien n’empêche la communauté internationale d’avaliser cette feuille de route du Dr Simão  ».
LIENS PRESSE :
http://madagascar-evenements-2009.blog4ever.com/blog/photos-cat-288010-1948509207-hold_up_constitutionnel_par_ratsirahonana__faiseur.html