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vendredi 28 novembre 2014

Le printemps africain en question

Après que les tunisiens aient ouvert le champ du possible et chassé pacifiquement leur président Ben Ali des plus hautes fonctions de l'Etat, après le refus des Sénégalais, massés devant l'assemblée nationale pour empêcher le ticket présidentiel proposé par le président Abdoulaye Wade et son fils, "ministre du ciel et de la terre", de passer, après la démission contrainte de Moubarak qui n'a pas échappé à la justice de son pays debout ou malade et lunettes de soleil sur civière, après le départ forcé d'un Blaise Compaoré qui a toujours pourtant reçu les onctions de la communauté internationale... Au Burkina Faso, les évènements qui se sont déroulés au pays des Hommes Intègres étaient certainement difficiles à imaginer par les forces civiles qui ont occupé la rue et sont parvenues, en deux jours, à faire vaciller 27 ans de pouvoirs concentrés au creux des mains d'un seul homme.
Bien des exemples peuvent témoigner aujourd'hui d'un renforcement des convictions et de la conscientisation des peuples à décider pour eux-mêmes, introduisant ici un premier jet "d'auto-détermination". Une auto-détermination encore fragile, car impossible ici de se réjouir des suites données selon le terrain, tant les terres concernées ont été percutées de plein fouet par ce qui menaçait depuis plus d'une dizaine d'années déjà, l'extrémiste intégriste AQMI qui rodait, et qui n'a été, malgré la folie des grands dictateurs qu'ait connu l'histoire africaine, jamais aussi libre.

A ce jour, ce que les Occidentaux ont aussi consenti à nommer Etat Islamique (ou Daesh, qui n'est que la traduction littérale arabe des mêmes mots) n'a rien d'un Etat avec des frontières et un gouvernement, et rien de ce que en 2014 l'Islam a su être de plus unanimement partagé sous des sphères modernes mais aussi traditionnelles, EI reste un groupe extrémiste intégriste composé des ramifications les plus hostiles du terrorisme d'aujourd'hui qui sous couvert d'une religion excuse toutes les absurdités qu'il sait héberger. Est-ce le fameux "axe du mal" avant l'heure créé de la bouche de Bush, qui a été détourné dans une Amérique qui avait destiné les musulmans/arabes à payer tout un chacun le nine-eleven, est-ce alors le retour de bâton d'une politique assassine menée par les USA qui n'est plus qu'un pays en guerre sans même attendre d'être forcément attaqué.

Difficile donc selon chaque situation, d'être assuré de la non ingérence des forces étrangères tant les médias alternatifs savent nous éclairer sur les aspects realpolitik qui ont mené certaines déstabilisations, les motivations ne seraient pour certains, tels que Michel Collon, que peu claires quand il s'agit de faire état des irrégularités qui ont articulé le processus d'intervention par exemple en Libye, arguant qu'aucune autorité n'a su prouver le bombardement du Guide Libyen sur les populations, argument principal avancé pour enclencher un process d'intervention. L'instauration du couloir humanitaire également largement détourné bien au delà de la Résolution votée n'a su trouver sa place et a pourtant été décisif sur les évènements qui ont suivi. Neuf mois après, les forces de l'Otan parviendront à cibler le guide physiquement et bombardent au millimètre, Obama l'avait dit, M.Kadhafi doit partir... Si aujourd'hui à chaque fois qu'un chef d'Etat fort décide d'en dévisser un autre alors il ne reste plus qu'à rayer du dictionnaire et de l'usage de la langue française, les mots souveraineté, démocratie, auto-détermination, transparence et indépendance.

Car si on ne laisse pas les peuples parvenir à suffisamment de maturité pour qu'ils fassent tomber les têtes selon leur temps et leurs consciences, alors c'est toute la suite de création de démocratie qui leur est également confisquée. Aisé de constater que partout où les forces étrangères se sont imposées par les armes à faire basculer des gouvernements sous prétexte de détenir le monopole breveté de la Démocratie, il n'y a que terres asséchées et misérables. On ne civilise pas avec les canons, toujours pas, et si BHL peut aujourd'hui dire que la Libye n'a jamais été aussi démocratique, il ne faut pas plus, pour, sans toujours chercher la théorie du complot, admettre que des actes posés par des étrangers en terre inconnue sont douteux et peu honorables.
Ces faits douloureux sont venus décapiter des élans populaires qui auraient du être libres de leurs exigences, car le plus dur reste à venir, et personne ne peut hypothéquer l'avenir choisi de chacun à sa place, certains pays comme la Tunisie ou l'Egypte, si ils n'avaient pas porté leurs révolutions ne pourraient aujourd'hui gérer leur situation somme ils tentent de le faire dans une suite déjà hostile.
Le drapeau l'Al Quaida flottait alors sur le tribunal de Benghazi dès la chute du guide, en Tunisie, les troubles post-Ben Ali issus d'un refus de mélanger politique et religion mirent en scène Ansar Al Charia qui répliquait œil pour œil. L'Egypte elle, luttera contre les Frères Musulmans, rassemblée, tenace et engagée.

Les grands Etats gendarmes du Monde ont fait montre d'une naïveté déconcertante quant aux conséquences qui ont suivi la déstabilisation de la Libye, quand les forces Atlantiques allaient durcir les relations internes et diviser, plaçant la Chine et la Russie en marge, ces deux Etats choqués du sort du Guide, des armes parachutées par l'OTAN en plein Sahara, la dislocation du modèle politique sans anticipations, et la prise de pouvoir de groupes armés descendus sans attendre exporter les troubles jusqu'au MALI. C'est bien l'Afrique qui encore une fois allait subir des évènements qui la dépassaient.


L'Afrique est en pleine mutation, elle dispose d'une population très jeune et ce cycle démographique a encouragé une certaine prise de conscience assez naturellement, la dernière génération plus au fait de ce qu'elle réclame, a plus accès à internet et aux réseaux sociaux qu'à l'eau potable, a vu ses Pères se raconter les illusions déchues des parleurs et tenants du pouvoir, et acte sur ce que auparavant on n'osait remettre en question. Le paradoxe résidera en cela que les grands hommes d'hier assassinés sont des hommes qui avaient une vision extraordinairement moderne, juste et indépendante, tels que Thomas Sankara ou Richard Ratsimandrava pour ne citer que ceux-là.
Le discours de Sankara restera une référence ancienne et actuelle, pertinente et troublante de vérité politique.




A l'aube des décolonisations jusqu'à ce jour souvent nous n'avons pas vu sur le continent d'Ebène, plus de deux présidents venus se succéder au pouvoir, extension de mandats, modifications de constitutions, élections au forceps sous réanimation étaient les moyens utilisés pour faire plier les astres et les éterniser. L'image présidentielle est aussi ce qui a pu permettre cela, il est de tradition en Afrique souvent de considérer les Présidents somme des Pères, on ne change pas de Père, on ne démet pas un Père, on vit avec lui, on grandit avec lui, ainsi il existe plusieurs générations qui ont vu le jour sous le même "mandat", comment donc de cette manière, se rendre compte de l'enjeu de la transition politique, de l'alternance, de l'exercice des droits et devoirs citoyens?
Les conditions de vie aujourd'hui extrêmement précaires, la non redistribution des richesses vers le peuple par les gouvernances, et le manque cruel de développement de terres riches en leur sol viennent cumuler des frustrations et des colères qu'aucun sachet contenant T-shirt-casquette-pagne et petit billet à l'effigie des présidents chéris ne saura plus taire.
Aujourd'hui l'Afrique entend plus que jamais, est alerte sur les évènements qui se déroulent dans le monde, cela peu importe les couches sociales, du chauffeur de taxi au pêcheur désenchanté dévasté par les pêches intensives, à la femme chargée de l'entretien du domicile, en passant par celui qui vent le café Nescafé debout toute la journée durant en sillonnant entre les voitures des embouteillages de Dakar ou de Douala, tous et toutes savent à la sueur de leurs fronts, que leurs efforts pour pouvoir vivre au jour le jour et ne pas avoir de marge de sécurité ne vaut rien.

Cela ne vaut rien, jusqu'à ce que l'éveil citoyen ne reprenne le dessus.

jeudi 8 mai 2014

Le Monde et l'Afrique, la France, François, Bernadette et Nicolas aussi.

            François Hollande dit "Gardez l'Europe mais changez-la", alors que Mme Chirac passe au 13h pour dire que son mari ne se rend pas compte de ce qu'il n'est plus, en glissant en fin d'interview que Nicolas a toujours été auprès d'elle comme un fils, et qu'elle souhaite qu'il revienne.

Si la politique ne nous comprend pas, elle nous prend vraiment pour des benêts qui ne pourraient lire entre ses lignes, et voir plus loin que les bouches qui servent de relais à un ordre économique inexistant et un cumul de déséquilibres calculés et non maîtrisés, conséquences des maîtres chanteurs et autres magiciens impuissants parmi les puissants. mauvais calculateurs pour autrui...

Qui aurait cru que la chute de Moubarak, Kadhafi, ou Ben Ali, puisse aussi franchement faire pencher la balance vers les extrémismes religieux. Mais les greffes ne prennent pas toujours, aux peuples déterminés et autodéterminés de faire la différence, la Tunisie chasse avec énergie de ses terres les Salafistes qui prêchaient en pleine rue, prenaient des jeunes femmes pour les enrôler et instillaient une religion de confiscation des droits qui établissent l'égalité et l'épanouissement connu et su entre hommes et femmes, banalisant un Islam qui n'est pas celui d'une grande nation dont les femmes ont voté avant même celles de France.

Si BHL le philosophe affirme que la Libye n'a jamais été aussi démocratique et libre, elle porte comme coquetterie depuis le jour de "la libération" de Benghazi au toit de son tribunal, le drapeau noir d'Al Quaida et le retour de la Charia...
Une chose est sûre, c'est qu'aujourd'hui il est aisé de différencier l'Islam inadapté aux Hommes de celui qui est vécu sur bien des terres de façon respectueuse, modérée et tolérante, il suffit de regarder et d'écouter les bandes enregistrées de Boko Haram pour réaliser avec certitude que cet Islam qui a perdu la tête, celui qui viole, qui rapte, qui vend, n'est pas celui que l'on sait vivre en 2014, sous les cieux des pays et des citoyens dont les valeurs permettent justement une religion qui accepte la modernité et les défis d'aujourd'hui, tout en conservant ce qui appartient à la sphère privée de tout pratiquant qu'il soit juif, catholique, bouddhiste ou autre.
La banlieue pointée du doigt

 Quand "cités à problème" signifie avant tout cités reniées, non reconnues, abandonnées, exclues du schéma général de la société. A force de constats répétitifs on a finit par délaisser les solutions pour accuser les problèmes, n'assumant pas l'incompétence des politiciens et des analystes de nos sociétés d'hier et d'aujourd'hui à résorber les plaies et brèches qui affaiblissent la société française, désolidarisent les Hommes, découragent les plus vaillants, même si aujourd'hui la "France d'en bas c'est partout et pas seulement en banlieue, et que devant les difficultés de la vie et un pouvoir d'achat estropié tout le monde est égal.

C'est justement cette égalité qui est recherchée, le droit à l'indifférence plus qu'à la différence.
Essai sur la stigmatisation en France et ses origines :
" Robert Castel fait apparaître que la situation matérielle, sociale, économique, culturelle et symbolique de ces jeunes s’enracine dans les politiques conjointes d’urbanisation et d’immigration qui sont menées depuis près de 60 ans, dans le colonialisme et le post-colonialisme ainsi que la discrimination raciale qui leur est liée, dans la paupérisation et la précarité qui frappent ces populations. Leur situation trouve son origine dans une série de stigmatisations et de discriminations.
Ce que sont ces jeunes – si parler de manière aussi globale a un sens – n’est pas la manifestation d’une nature ou essence qui serait celle « des Noirs ou des Arabes », mais résulte d’un contexte et de processus qui concernent l’histoire et les représentations de la société dans son ensemble. C’est cette dimension historique, sociale et idéologique qui est occultée par les processus de stigmatisation et de discrimination, qui fonctionnent en interprétant en termes de nature ou d’essence ce qui relève du social et de l’histoire. Les discours qui, comme celui de Finkielkraut, réduisent les violences de 2005 à un problème ethnique, masquent cette dimension, empêchent la reconnaissance du fait que les problèmes des banlieues renvoient à ce qui traverse la société entière, donc empêchent que la société elle-même (son histoire, ses représentations, son fonctionnement) soit questionnée par ceux-ci." (la Discrimination négative, de Robert castel)"



Revenons à BHL et son aLibye.
 "Dans ses premières années d'indépendance, la Libye est classée par l'ONU parmi les pays les plus défavorisés de la planète : 94 % de la population est analphabète. L'unité nationale demeure fragile, et l'influence du Royaume-Uni, qui renouvelle en 1953 pour vingt ans ses bases militaires en Libye, demeure prépondérante. Les États-Unis renouvellent également leur base militaire en 1954 pour seize ans. L'Italie obtient la garantie des biens de ses colons, qui peuvent librement les conserver ou les vendre, mais verse des dommages de guerre à la Libye. Le Royaume-Uni, dont les anciens fonctionnaires de Tripolitaine sont restés en Libye des conseillers très écoutés, et les États-Unis, conservent une forte influence sur le royaume, auquel ils accordent une aide financière et alimentaire substantielle, et qui leur accorde en retour l'usage de bases militaires et aériennes. En 1956, la découverte de gisements de pétrole par la compagnie Libyan American Oil bouleverse l'économie de la Libye, en lui apportant des royalties inespérées" (Wikipédia)
Voilà bien une histoire d'une grande banalité, quand des pays commencent à vivre dans les années 60, tout comme d'autres, comme les nôtres. Sorti des colonisations dépouillée du rien qu'elle avait, elle entrera dans une phase encore plus violente, mais en même temps, partir de rien c'est encore une autre façon de s'en sortir de toutes façons.

                                                     La Conférence de Berlin et après?...


             Aujourd'hui si la France et d'autres pays des puissances Occidentales sont présents pour maintenir l'Ordre chez les autres, il reste intéressant de ne pas fermer les yeux devant un énième documentaire comme celui diffusé hier au soir sur celui qui dirigeait l'Afrique, cher Mr Foccart, fin instigateur de l'Ordre voulu pour les intérêts autres que ceux des populations locales Africaines des terres partagées autour d'une table entre hommes de belle vie, avec une légèreté déconcertante.
Aisé de constater que les pays qui ont intégré la belle machine Foccart, aujourd'hui n'ont pas encore mérité meilleur destin, ne sont pas encore entrés dans l'histoire, n'ont pas les hommes qui prouvent que les Africains pourraient vivre avec plus de deux euros par jour, avec un sous sol insolent de richesses et des âmes en sursis dessus.


Kadhafi et Poutine
Poutine endosse ce qui reposait à tort ou à raison sur les épaules du Guide Libyen, la confiance de ceux qui pour toutes les raisons raisonnables comme ubuesques, ont une occasion de se méfier "des autres". Ces autres qui ont des économies éventrées, ne nourrissent que les canons et laissent les ventres creux.

Ces autres, qui sans vergogne, décident du sort d'autrui en bafouant la réalité démocratique possible sur des terres qui sentent déjà le souffre, alors que nombre de pays "développés" sont en régression, chez eux aussi les précarités se creusent, les gaps entre les basses classes et les aisées étant abyssaux, les jeunes comme les plus âgés, les couples comme les sans familles...
Si il est aisé de remettre en question et de sanctionner de désapprobation les actes du Guide, ou sa démagogie, si il y a grand désir d'exporter la Démocratie il faudra choisir autre chose que les financements, formations, armements des oppositions, le renversement des chefs d'Etat bien ou mal en place, ou encore les assassinats de ceux-ci, car cela ne redore pas le blason de ce que les peuples même souhaitent pour eux mêmes, et de cette manière tu ôtes le pouvoir du peuple au peuple, et prône le juste contraire de ce que tu prétends éclairer.
Les Tunisiens ont mis le temps pour faire tomber un grand ami de la France, qui n'a jamais été jugé comme dangereux pour son peuple ou sa patrie, les Egyptiens ont réussi à faire venir le leur à son tour déchu derrière les barreaux de sa cellule de jugement de tribunal, beaucoup moins d'investissements en tomawaks et en interventions militaires lourdes qu'en Libye... Certains chefs d'Etat aux fortunes scandaleuses avec des populations opprimées sont encore sur le tapis rouge de l'Elysée, Elysée devenue absolument muette quant aux affaires Africaines, rien de mieux que de supprimer la cellule, le mutisme, seul possibilité.

Ces alliances singulières si elles sont compréhensibles et naturelles sous l'OTAN entre France, Britanniques ou Américains, sont dénoncées  quand il s'agit de la BRICS. BRICS que les Africains ne conscientisent qu'insuffisamment, n'ayant pas le souffle pour laisser leur survie de côté face aux défis de chaque jour, pour prendre leur force et leur responsabilités d'Hommes du Monde.

C'est relativement récent de se retrouver dans un groupe qui peut faire contrepoids face au bloc OTAN et avec une autre "psychologie" politique. En se ralliant à des forces émergentes, la Russie prouve une empathie non dissimilée et une capacité à assumer les difficultés qui résident à soutenir et considérer comme égal et allié, plus petit que soi. Rien qu'en cela alors il sera possible d'écouter, même sans l'entendre vraiment, que certaines parties du monde vont avoir une vision plus souple sur les évènements qui relient Poutine à la Crimée, ou encore les volontés contraires posées avec la Chine face à la situation Syrienne.









C'est d'ailleurs ici tout l'enjeu, chaque réaction populaire par exemple s'explique souvent par des raisonnements tels. Qui sont souvent dénigrés par les plus grands, qui eux même pourtant pensent de même, mais dans leur sens...

Selon le Legatum Institute, qui combine ressources et indice de bien être des populations en considérant  l’économie, l’entrepreneuriat, l’éducation, la santé, la gouvernance, la sécurité, les libertés individuelles et le capital social, certains pays se détachent, avec une fougue inattendue comme l'Egypte, qui en 2010 était 89ème selon les indices de prospérité et se retrouve aujourd'hui 10ème, on y trouve aussi le Botswana ou encore le Malawi. Le Nigéria est devenu la première puissance du continent d'ébène et passe devant l'Afrique du Sud. L'Afrique est, en pas seulement au figuré, un Continent qui se lève, non qu'il ait tardé à la faire, mais qu'il n'a que maintenant seulement les moyens premiers peu importe lesquels ils sont, de se faire entendre. Le continent Noir et les zones ralliées sont aujourd'hui comme hier, et ainsi il en sera demain, un "partenaire" indispensable aux autres qu'il le veuille ou non.













LA BRICS : "Les cinq pays composant le BRICS sont pour la plupart considérés comme des grandes puissances émergentes , ils sont respectivement les sixième, neuvième, dixième, deuxième et vingt-neuvième puissances économiques mondiales (au sens du PIB nominal) et septième, sixième, troisième, deuxième et vingt-cinquième en parité de pouvoir d'achat. Ils comptent 40 % de la population mondiale et, en 2015, ils devraient assurer 61 % de la croissance mondiale selon le FMI . Leur place dans l'économie mondiale croît fortement : 16 % du PIB mondial en 2001, 27 % en 2011 et d'après des estimations, 40 % en 2025. En 2011, le BRICS totalisait un PIB de 11 221 milliards pour près de 3 milliards d’habitants .

-ECH

mercredi 29 janvier 2014

NATO/Libya - REPORT of Lizzy Phelan - Where is the truth

traduction en français à la suite.





« J’ai été en Libye deux fois au cours des six derniers mois de la crise. La première fois pour une mission de paix. La seconde j’étais correspondante de Press TV. J’ai aussi fait quelques reportages pour Russia Today. Je suis  partie juste après la prétendue chute de Tripoli et j’y étais durant cette horrible semaine de combats dans Tripoli. Dan a expliqué comment cette guerre en Libye s’inscrit dans le cadre d’une guerre contre l’Afrique, mais je voudrais juste ajouter quelque chose : Dan a mentionné comment l’OTAN avait bombardé plus de 100 000 soldats, mais il y avait aussi des milliers d’hommes et de femmes ordinaires. Il y a eu beaucoup de femmes qui se sont portées volontaires depuis le début de la crise pour défendre leur pays et tous ont été armés par le gouvernement. Durant cette semaine qui a vu le début des combats, j’ai vu comment ces hommes et ces femmes ordinaires ont pris les armes qu’ils avaient appris à manier durant six mois pour défendre leur pays.
En tant que journaliste je voudrais évoquer le rôle pris par les médias et cela a été une incroyable guerre médiatique.
Les médias dirent que des milliers de personnes étaient sur le point d’être tués à Benghazi, mais jamais ils ne nous montrèrent la moindre preuve.
Ils ont dit que six mille personnes avaient été tuées par le gouvernement. Les organisations de défense des droits de l’homme ont confirmé qu’approximativement 250 personnes étaient mortes, les deux côtés pris ensemble.
Ils ont dit que le gouvernement libyen attaquait son propre peuple par les airs. Les satellites espions russes ont depuis montré que cela était juste impossible.
Ils ont dit que le gouvernement engageait des mercenaires venus d’ailleurs en Afrique. Ils ne nous en montrèrent jamais la preuve. Au lieu de cela, nous avons vu les vidéos de libyens noirs et d’autres africains noirs lynchés en place publique par les troupes au sol de l’OTAN, les rebelles, avec une foule de personnes filmant avec leurs téléphones sous le regard des forces spéciales occidentales.
Ils ont dit que Kadhafi était haï par son peuple, mais ils ne nous montrèrent jamais les 1,7 millions de personnes, sur les six millions que compte le pays, massés sur la place verte le 1er juillet, ni les masses à Tarhūnah, Supa, Beni Walid, à Syrte et à travers le pays, qui manifestèrent leur allégeance à leur chef et à la Jamahiriya. Ils ne nous ont jamais montré les masses, comme je l’ai dit, d’hommes et de femmes ordinaires qui ont accepté les armes offertes par le gouvernement pour défendre leurs familles, leurs quartiers et leur pays des gens qui voulaient les condamner à l’asservissement à l’impérialisme.
Ils disaient qu’ils visaient les forces militaires de Kadhafi. Ils ont ignoré les 33 enfants, 32 femmes et 20 hommes que j’ai vus enterrés dans les petites villes de Marj et Zlitan au début du mois d’août.
Ils ont dit que c’est le 20 ou le 21 août que Tripoli était tombée sans résistance, mais ils ne nous ont pas dit qu’en seulement douze heures 1300 personnes avaient été massacrées dans la ville et que 900 autres y avaient été blessées.
Ils ont dit que Tripoli était tombée sans résistance et que Saif Al-Islam (l’un des fils de Kadhafi) avait été arrêté et capturé, et que le Bunker de Kadahfi de Bab Al-Azizia avait été pris par les rebelles. Pourtant, Saif Al-Islam, lui-même, apparu dans l’hôtel où j’étais moi-même bloquée et emmena avec lui un groupe de journalistes pour voir dehors, de leur propres yeux.
Ils ne nous montrèrent pas les milliers de gens emplissant la caserne de Bab al-Azizia et les rues de Tripoli en brandissant le drapeau vert dans la nuit du 22 août.
Ils ont dit que Tripoli était tombée sans résistance, mais ils ne nous montrèrent pas que 24h après que les journalistes de toutes les grandes chaînes de médias occidentales avaient vu le site de Bab Al-Azizia, celui-ci fut bombardé 63 fois avec les bombes de l’OTAN.
Ils ne nous montrèrent pas comment les gens rassemblés pour défendre leur capitale contre ceux qui souhaitent retourner à l’époque du fantôche colonial, le roi Idris, furent attaqués par des missiles tirés pas des hélicoptères de combat Apache.
Ils ne nous montrèrent pas comment les courageux habitants de d’Abu-Sleem, le quartier le plus pauvre de Tripoli, et le plus fidèle support à Kadhafi, résistèrent durant 5 jours jusqu’au 24 août, avant que l’OTAN ne décide de tirer sur tout ce qui bougeait et que des tas de corps s’alignent le long des rues.
Ils nous ont dit que le pays avait été « libéré ». Six semaines plus tard, les rebelles concédèrent qu’ils n’étaient pas en mesure de déplacer leur quartier général dans la capitale. Je crois que les rebelles ont aujourd’hui confirmé qu’ils ne seront pas en mesure de prendre Beni Walid ainsi que la place forte de Syrte.
Alors, Kadhafi génocidaire, tellement haï par son peuple au point qu’ils supplient l’OTAN de bombarder leur propre pays, tellement haï que la capitale est tombée sans résistance… Ou alors, OTAN génocidaire, assassinant les masses de libyens prêts à mourir pour leur leader, exactement comme à Tripoli.
Je sais pour quelle version nous avons beaucoup de preuves. En fait, il y a tellement de preuves que même le journal du parti conservateur, The Telegraph, a été incapable de s’en cacher. Parmi les nombreux témoignages attestant que les rebelles n’avaient pas le soutien populaire qui était celui de Kadhafi, un article publié cette semaine rapporte ce que j’ai moi-même entendu quand j’étais à Tripoli. Une résidente de Syrte, Susan Fajan dit : « Nous avons vécu en démocratie sous Mouammar Kadhafi. Il n’était pas un dictateur. J’ai vécu dans la liberté. Les femmes libyennes avaient leurs pleins droits. Cela ne veut pas dire que nous avons besoin de Kadhafi à nouveau, mais nous voulons juste pouvoir vivre comme nous le faisions avant. » Dans le même article, une octogénaire, Mabuka, déclare : « La vie était belle sous Kadhafi. Nous n’avions jamais peur. » Toujours dans le même article, une autre dame âgée dit : « Ils tuent nos enfants ! Pourquoi font-ils cela ? Pour quoi ? La vie était belle auparavant. » Et encore un autre qui dit : « Tout le monde aimait Kadhafi et nous l’aimons parce que nous aimons la Libye. Maintenant les rebelles sont là. Nous devrions peut-être accepter cela. Mais Mouammar sera toujours dans nos cœurs. »
Le spectaculaire retournement de position d’Al-Jazira qui après avoir longtemps élevé une voix critique contre les guerres et agressions impérialistes en Irak, en Afghanistan et en Palestine, et qui désormais facilite ces mêmes agressions contre la Libye, la Syrie et même contre les nations progressistes d’Amérique latine, a peut-être été le plus gros coup de propagande que j’ai vu de toute ma vie. Emporter l’adhésion de leurs téléspectateurs arabes en Occident dont l’opinion est particulièrement importante pendant cette vogue que l’on appelle le « printemps arabe », a été un déplacement essentiel afin d’obtenir que les cercles progressistes occidentaux se joignent au processus essentiel de criminalisation de Kadhafi, alors que ces intellectuels auraient dû, au contraire, relever et expliciter le statut  peu connu de la Jamahiriya libyenne et apprendre de celle-ci. Maintenant, les cartes sont sur la table. Le directeur d’Al-Jazira, Wadah Khanfar, a dû démissionner à la suite des publications de Wikileaks révélant qu’il était un pion de la CIA. Il a été remplacé par un membre de la famille royale du Qatar qui a été fortement impliqué dans la guerre contre ses compatriotes, frères et sœurs arables en Libye. Mais malgré la clarté du rôle que joue désormais Al-Jazira, il continue de s’en tirer avec les mêmes ficelles, en jouant sur la corde sensible de l’audience occidentale, racontant combien les problèmes et tragédies des gens de ces pays souverains du Sud viennent de leur manque de démocratie occidentale. Peu importe que cela ait échoué en Occident. L’intérêt d’Al-Jazira pour cette idéologie est certainement lié au fait que le Qatar abrite la plus grande base militaire des Etats-Unis au Moyen-Orient. Ce sont également des amis proches.
Quitter l’Hôtel Rixos où j’étais piégée pendant 5 jours fut le plus surréaliste et probablement le pire jour de ma vie. (…) C’était un mauvais jour.
La ville sûre, accueillante, chaleureuse et pleine de vie, dans laquelle je circulais auparavant s’est soudainement transformée… Elle était en ruines et il était impossible de regarder dans quelque direction que ce soit sans voir des fusils et des armes lourdes. Beaucoup de gens étaient partis se cacher, avaient été tués, et des milliers d’autres avaient fui. Et les gens que je connaissais et qui étaient encore vivants étaient ceux-là même qui m’avaient tant parlé de la glorieuse et récente histoire de la Libye de Kadhafi. Ils étaient évidemment traumatisés et dans un état de choc complet.
La Libye avait atteint le point, comme Dan l’a dit, d’avoir le plus haut niveau de vie en Afrique, un haut niveau d’alphabétisation, l’accès universel aux soins de santé et l’accès gratuit à l’enseignement supérieur, un statut élevé dans la société pour les femmes et le plus haut niveau d’égalité pour une minorité visible noire dans toute l’Afrique du nord et au Moyen-Orient.
Ces quarante années d’avancées révolutionnaires sont désormais inversées. Et pourquoi ?
Il y a un an, après l’enlisement des guerres en Irak et en Afghanistan, et la crise économique des nations impérialistes, il est apparu comme une possibilité restante que l’Occident pouvait s’engager dans une nouvelle guerre coûteuse et embarrassante. Il semblait que l’hégémonie occidentale était alors en voie rapide de disparition.
Mais, comme a pu le dire Hugo Chavez, proche de Kadhafi, dans sa dernière lettre à l’Assemblée générale des Nations Unies, « En ce moment, il y a une très grave menace pour la paix mondiale, a-t-il dit. Un nouveau cycle de guerres coloniales, qui a débuté en Libye avec l’objectif sinistre de rafraîchir le système capitaliste global », fin de citation. Il savait que son pays serait touché dans ce cycle avec les mêmes procédés que ceux utilisés en Libye et désormais en Syrie. En l’absence d’un média anti-impérialiste efficace capable de dénoncer les ruses et les mensonges des médias, c’est le rôle de tous les gens progressistes que de se lever pour défendre les pays souverains de l’hémisphère sud qui, comme la Libye et la Syrie, sont des épines dans le dos de l’Occident. Sinon, elles seront abattues, l’une après l’autre, et rôties sur le feu mourant de l’impérialisme.
Je veux terminer mon témoignage en adressant mes ardents remerciements aux héroïques résistants « verts » Libyens qui continue d’étonner le monde avec leur capacité à résister à la plus puissante machine militaire du monde. Comme l’a dit Kadhafi, non seulement ils défendent la Libye, mais ils défendent aussi la Syrie, l’Iran, l’Algérie, le continent africain et l’hémisphère sud tout entier.
Merci. »-------------------------Lizzie Phelan née Cocker is an independent war journalist and reporter from the United Kingdom
Phelan has been reporting for Russia Today, Press TV an Iranian public channel, Pravda.ru and the Voltaire Network. Under the name Lizzie Cocker she has been writing for the Daily Mail and for the Morning Star where she reported on anti-war rappers Lowkey and Akala and the Impeach Blair campaign waged against UK Prime Minister Tony Blair on alleged High crimes and misdemeanours related to the War in Iraq. She also reports for the Green Left Weekly
Lizzie was given coverage by Examiner.com, which also launched an international appeal for public support in her favor during her reporting mission in Libya in late August 2011, and Spanish-speaking journals La Republica.es  and Cubadebate.cu. Her articles were discussed by Alex Jones's Infowars.com  and by the Centre for Research on Globalisation. Under the name Lizzie Cocker, her articles were also discussed in The Independent  and by the Embassy of Venezuela in the United Kingdom where she chaired a discussion over the screening of feminist movie Hidden Herstories in 2010. Her positions where debated at the School of Oriental and African Studies where she delivered a talk in 2011, speaking alongside Guardian columnist Seamus Milne, military historian Tariq Ali and rapper Lowkey .
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La vidéo intégrale de son audition :
Témoignage de Lizzy Phelan, journaliste britannique indépendante

Le 4 octobre, lors d’une conférence anti-guerre organisée à Oxford, la correspondante de    guerre, de retour de Libye, a tenu un cinglant réquisitoire contre ses confrères des grands médias, coupables -à ses yeux- de s’être totalement alignés sur la propagande et l’occultation des gouvernants occidentaux.

La folie de Kadhafi ?

2009 - ONU
2009 - Pour sa première apparition officielle à l'Assemblée générale des Nations unies en 40 ans de pouvoir, le Colonel libyen Mouammar Kadhafi s'est éternisé à la tribune en prenant la parole durant plus d'une heure et 35 minutes, alors qu'il n'avait droit qu'à 15 minutes comme tout chef d'Etat.

Le leader libyen s'en est pris au Conseil de Sécurité en particulier et au Monde occidental en général. L'ONU telle qu'elle est ne nous intéresse pas. Depuis la création de l'ONU, il y a eu environ 65 guerres que non seulement l'Organisation n'a pas pu empêcher mais certaines grandes puissances en ont contribué voire même directement participer.
Le colonel libyen a stigmatisé le Monde occidental, condamnant son exploitation du droit de Veto dans le Conseil de sécurité, accusant les membres de déclencher la plupart des guerres pour préserver leurs intérêts. Pour lui, le droit de veto est contraire à la Charte de l'ONU, et a été utilisé  par 3 ou 4 pays pour éviter les guerres en Europe à un moment où la plupart des pays du Sud étaient colonisés. Il a mis en doute la légalité des pays membres permanents (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine et Russie) .  "Qui a donné à ces pays le droit de véto" s'est il exclamé.  "Il est dit dans la Chartre que nous sommes tous égaux, sommes nous égaux ?" s'écrit il.
Il a brandit un livret du texte constitutionnel des Nations Unis et l'a déchiré devant les chefs d'état étrangers présents dans la salle. Je voudrai savoir comment les quatre pays ont obtenu ces sièges permanents au Conseil de Sécurité des Nations Unies ? Qui les a élus  ?  C'est dictatorial et illégal et par conséquent nous ne reconnaissons pas cela.
Le Colonel libyen qui a même menacé de se retirer a exigé que les prérogatives du Conseil de Sécurité doivent être transférées à l'Assemblée Générale des Nations Unies. « Vous êtes comme des décors, on se moque de vous. Vous êtes faits pour prononcer seulement des discours et pas plus », s'est adressé le colonel libyen aux chefs d'état présents, qui l'ont vivement applaudi. « ils ont besoin de nous s'ils veulent nous exploiter pour blâmer un pays faible, autrement dit, on nous marginalise, ils s'en foutent de nous (…) soit nous sommes égaux, soit nous nous retirons pour en créer une autre organisation (…) Nous ne pouvons pas accepter qu'on nous impose des sièges permanents, utilisés pour nous combattre.
«Le Conseil de sécurité depuis sa création ne nous fournit pas la sécurité mais au contraire nous donne la terreur et les sanctions", at-il dit. "Il est utilisé contre nous.  Il ne devrait pas être appelé Conseil de Sécurité, il devrait être appelé "Conseil de la Terreur."
Le Conseil de Sécurité n'a jamais condamné un de ses membres (…) Par le passé, nous l'avons accepté parce que nous n'étions pas présents et nous a fait porter les vêtement datant de 1940 quand trois ou quatre pays ont voulu se protéger contre l'Allemagne. mais plus jamais maintenant. Il est hors de question d'accepter ce dictat », a ironisé le colonel libyen.
« L'Afrique mérite un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies », a répété le Colonel libyen sous l'applaudissement, avant de demander aux pays qui ont colonisé les pays africains de verser une indemnisation de 777 milliards de dollars. Le colonel libyen a proposé des sièges permanents au Conseil de Sécurité à toutes les organisations régionales comme les pays Non Alignés, l'Union Africaine, la Ligue Arabe, l'Union des ex-union soviétique, l'Union Européenne, l'Amérique Latine.
Mouammar Kadhafi a proposé le transfert du siège de l'ONU ailleurs en suggérant Vienne, Pékin, New Delhi et pourquoi pas Syrte en Libye. Il a mis en garde contre le risque d'un attentat contre le siège des Nations unies à New-York. Il a dit détenir des informations sûres livrées par des membres d'Al-Qaïda en prison en Libye. « Le siège de l'Onu est la cible d'Al-Qaïda », a insisté le leader libyen.

Il a qualifié de terroristes les grandes puissances qui utilisent des bombes atomiques. Le leader libyen s'est dit rassuré par la nouvelle politique du président américain. Il a admis que l'actuel président Obama a changé de langage par rapport à ses prédécesseurs qui utilisaient un langage de peur et de terrorisme.
Kadhafi a proposé une enquête sur toutes les guerres provoquées par les grandes puissances comme en Iraq, en Afghanistan, à Gaza, à Grenade, au Vietnam, à Panama. Il s'est posé la question sur les circonstances de l'exécution de l'ex-président irakien Saddam Hussein. Qui a exécuté Saddam Hussein le jour de la grande fête? Pourquoi  étaient  ils masqués les exécutants? S'est interrogé le leader libyen.
En ce qui concerne le conflit entre l'Inde et le Pakistan sur le Cachemire, le colonel Kadhafi a déclaré la solution serait un Cachemire indépendant qui agirait comme un État tampon entre l'Inde et le Pakistan.
Notant qu'aucune Afghan n'a attaqué les États-Unis le 11 Septembre 2001, Kadhafi a dit que l'objectif des talibans de constituer un Etat islamique n'était pas une menace. "Si les talibans veulent instituer un état religieux, d'accord, comme le Vatican, le Vatican ne constitue  pas un danger contre nous? Non," dit Kadhafi. "Si les talibans veulent créer un émirat islamique, qui a dit qu'ils sont l'ennemi ?" dit-il.
Il a demandé la libération immédiate de l'ex-président panaméen Noriega et a condamné l'invasion de Panama par les Etats-Unis d'Amérique.

Il a accusé le sionisme d'être derrière l'assassinat de Kennedy et demandé pourquoi des dossiers de crimes n'ont jamais été élucidés et purquoi leurs commanditaires n'ont jamais été inquiétés notamment ceux concernant des chefs d'Etat et des leaders politiques tels que Patrice Lumanba du Congo.

Pour une solution en Palestine, Khadafi propose un seul pays démocratique dans lequel vit les deux peuples israélien et palestinien. Créer deux pays est une erreur a déclaré le leader libyen. Il a accusé le Monde occidental de haïr le peuple israélien ; ce  n'est pas le Monde arabe qu le hait, au contraire  c'est lui quii a apporté son soutien à ce peuple à l'époque où il était persécuté, selon le leader libyen. « Les Arabes, eux, ont abrité et protégé les Juifs à l'époque romaine et lors de leur expulsion d'Andalousie et à l'époque des fours crématoires d'Hitler », a déclaré le Colonel libyen.
Pour la crise au Darfour, il a appelé à la transformation de l'aide internationale en projets de développement réels.
Il a accusé l'occident d'avoir compliqué la situation dans le Darfour en défendant ses intérêts égoïstes.

Il a qualifié tous les pays qui pèchent dans les eaux territoriales somaliènnes de "véritables pirates".
Il a fustigé l'AIEA la taxant de partialité et rapportant la réponse de son Directeur Général Mohammed El Bardaï selon lequel le contrôle de l'Agence ne s'éffectue que dans certains pays et pas d'autres auxquels les inspections sont "interdites". Il a milité pour un Moyen-Orient dénucléarisé sans nommer précisémment Israël.
Sans surprise, le colonel Kadhafi a également critiqué la justice internationale et, en particulier la CPI, la Cour pénale internationale: « Il est facile d’envoyer Charles Taylor et Hissène Habré à La Haye. Et pourquoi pas ceux qui sont responsables de la guerre en Irak ? ». Il a demandé la traduction devant le Tribunal Pénal International des responsables israéliens pour crimes de guerre à l'encontre edes palestiniens à Gaza, en territoires occupés et à Dabra et Chatilla. Pourquoi seuls comparaissent ceux dont vous avez détruit les pays ? Regardez la Yougoslavie, elle était unie sous Tito, et vous l'avez balkanisée, ensuite poussée les conflits ethniques.
Sur les Droits de l'Homme et les Conventions de Genève, il a soulevé le cas des prisons de Guantanamo à Cuba et Abou Ghaib en Irak;
Il a pointé du doigt les industries pharmaceutiques coupables selon lui de la prolifération de virus  comme une arme pour ensuite produire l'antidote; il réclame à ces firmes de distribuer gratuitement le vaccin et prédit que le prochain virus sera "marin" et proviendra de la consommation de poisson.
Dans son intervention, le Colonel Kadhafi s'est plaint des tracasseries qu'ont rencontrées certains Chefs d'Etat pour arriver à New-York. « certains chefs d'Etat m'ont informé de leurs difficultés à obtenir des autorisations d'entrée pour leurs délégués...un copilote d'un chef d'état empêché de rentrer en Amérique puisqu'il est persona-non-grata! Un garde corps d'un autre s'est vu refusé le visa! Un chef d'état est arrivé sans son médecin empêché de l'accompagner! « On se permet même de nous limiter le périmètre à ne pas dépasser lors de notre séjour à New-York!  Nous ne sommes pas dans la prison de Guantanamo », s'est insurgé le leader libyen qui semble avoir perdu son sang froid quand il a lancé un livret blanc à la figure de son représentant au Conseil de sécurité des Nations Unies, le Dr. Ali Abdelsalam Tireki.
Depuis l'invasion de l'Irak par l'armée américaine sans mandat de l'ONU, celle ci a perdu de sa crédibilité; Kadhafi n'a fait que rappeler ce fait; son discours, ironisé par les médias occidentaux est pourtant applaudi par tous les pays du Sud et des non alignés, ceux qui ont  souffert de la colonisation et du vol de leurs richesses, c'est à dire 4 habitants sur 5 de cette planète si injuste et si déséquilibrée

mardi 28 janvier 2014

Trafic d'influence & Conflits d'intérêt... je crie ton nom

De 2000 à 2010, le monde a pu observer la dégradation rapide des conditions de vie, non seulement dans les pays dits du Tiers Monde, mais aussi dans les pays riches de l’Occident.

Les accords de libre échange signés de la décennie antérieure ont montré leurs façades d’écrans de fumée, concentrant les capitaux entre les riches du Nord économique, et ceux du même Nord. Les attentats du 11 septembre 2001 ont profondément chamboulé l’ordre géopolitique mondial, donnant du grain à moudre au terrorisme impérial des États-Unis pour asservir le Moyen-Orient, le plonger dans le chaos pour perpétuer l’hégémonie étasunienne, et voilà que depuis, règne un parfum d’anti-islamisme électoraliste primaire à l’autel du microcosme politico-médiatique occidental. Les conflits armés et trafics d’armes ont prospéré, dans le soutien des gouvernements occidentaux avec les dictatures, les paramilitaires et les forces décuplées de l’OTAN.

Dans le même temps, la globalisation économique colonisait tous les espaces traditionnels des pays dominés, privatisant agriculture, santé, éducation, transports, accès aux ressources, culture, et transformait le dogme de la concurrence pure et parfaite en un gigantesque oligopole à échelle planétaire. La violence structurelle de l’Union Européenne, des pouvoirs autoritaires et agressifs (de Reagan à Berlusconi, en passant par Thatcher), dont les chefs d’État ont enjoins la doxa de la dérèglementation des marchés financiers, œuvrait à la liberté de circulation des individus. Sauf que le Nouvel Ordre Mondial, décrété à l’effondrement de l’URSS, que les élites politiques appelaient tant de leurs vœux, n’avait absolument rien de démocratique, je ne vous l’apprends pas, et a démantelé l’État-Nation au profit des consortiums d’entreprises multinationales gouvernant et détruisant la planète. De tous ces méfaits de l’économie globalisée, sommairement et non-exhaustivement énumérés, cette décennie a parallèlement marqué la naissance de nouveaux pôles de contestation de la société civile internationale, l’émergence du mouvement altermondialiste, et la radicalisation progressive (de gauche ou de droite) des opinions.


2011 termine de distiller son premier mois, et voila que contre toute attente, des mouvements sociaux de contestation d’une efficacité rarement observée contre les pouvoirs autoritaires fleurissent de l’Afrique du Nord, ravivant un espoir de résistance pour de milliers de personnes résignées et étrangères au néolibéralisme meurtrier. Plus que jamais, le discours altermondialiste semble redorer son blason de crédibilité. En France, nous voyons souvent Jean-Luc Mélenchon défrayer la chronique des journaleux, et faire s’égosiller nombre de commentateurs autorisés à dire que ce parlementaire socialiste est un populiste.

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Qu’il soutient le « régime dictatorial » de Cuba, insinuant que s’il était élu, la France deviendrait une dictature à la cubaine ou vénézuélienne. C’est déjà un non-sens d’affirmer que Cuba et Venezuela sont des dictatures. Autant remettre d’emblée les pendules à l’heure, le populisme n’est ni plus ni moins que la critique des élites pour prôner une politique au bénéfice du peuple. Tout « populisme » ne signifie pas nécessairement dictature autoritaire. À l’inverse, la France montre depuis nombre d’années qu’elle peut être vue comme une dictature, ou démocratie autoritaire. Les détracteurs médiatiquement influents qui utilisent ces mots pour cribler J-L Mélenchon de critiques acerbes, connaissent pourtant bien le sens de ces termes, vu qu’ils sont passés par des formations élitistes en science politique, ou en administration générale et publique. Est-ce à dire que vouloir une démocratie participative d’initiative citoyenne calquée sur le modèle bolivien est un acte populiste ?

Que tous ceux qui manifestent une méfiance vis-à-vis du pouvoir des classes favorisées socialement, agissant dans le mépris des classes dominées, sont des populistes ? Que tous les militants communistes, libertaires ou révolutionnaires sont des populistes ? Dans ce cas, je veux bien être gouverné par des socialistes populistes. Et je préfèrerais avoir un président sympathisant de Cuba et de la Bolivie, plutôt qu’un qui propose d’envoyer des flics en Tunisie pour aider à réprimer les manifs. Passons…


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L'Egypte reçoit chaque année 1,3 milliard de dollars d'aide militaire américaine




"Le changement démocratique en Egypte est important, mais en terme de realpolitik, il est difficile d'imaginer qu'un [nouveau] gouvernement égyptien continuera sur la voie d'une relation étroite avec Washington" constate dans le Wall Street Journal David Schenker ancien expert du Pentagone en charge du Proche-Orient.
"Si les Frères musulmans parviennent au pouvoir et rompent les relations de l'Egypte avec Israël, il est plus que probable que l'armée continuera à jouer un rôle important. Hors, celle-ci dépend fortement des Etats-Unis et ne voudrait sûrement pas perdre l'accès à l'armement américain", se rassure Jeffrey Goldberg dans un blog de la revue The Atlantic. Il rappelle pourtant que "la 'stabilité' créée par les régimes autocratiques au Proche-Orient n'est qu'une illusion", qui "au final n'aboutit à rien de bon."

L'aide militaire accortée à l'Egypte, aussi importante soit-elle, "constitue en partie une escroquerie" estime l'universitaire Juan Cole sur le site de The Nation. Cette aide militaire considérable (1,3 milliard de dollars par an) fournie par les Etats-Unis depuis que l'Egypte a fait la paix avec Israël en 1979, constitue, en quelque sorte, un bakchich pour que Le Caire reste en bons termes avec Tel Aviv. Et cette aide ne fait que passer en Egypte pour se retrouver aussitôt dans les coffres de l'industrie américaine d'armement.

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...et le voisin israélien



William Hartung, expert dans les questions d'armement est inquiet pour l'après Moubarak: "si c'est un régime anti-américain qui voit le jour en Egypte, il sera extrêmement bien armé avec du matériel américain... Peut-être devrions-nous cesser de déverser en masse des armes dans cette région et permettre aux courants démocratiques de s'exprimer" plaide-t-il.
"Quand le Shah d'Iran a été renversé, ce qui avait commencé comme un mouvement en faveur de la démocratie a rapidement été balayé par des islamistes radicaux, ce que sont aujourd'hui les Frères musulmans." prévient Kathleen McFarland sur Fox News, faisant le parallèle avec la révolution iranienne en 1979. "Nous ne devrions pas tirer le tapis sous les pieds de Moubarak comme Carter l'avait fait avec le Shah d'Iran" souligne l'ancienne conseillère pour la sécurité des administrations Nixon et Reagan.
"Les révoltes en cours montrent qu'Israël n'est pas le centre des problèmes au Moyen-Orient", explique pour sa part Kenneth Bandler sur le site de Fox News. Ce responsable de l'American Jewish Comittee tente de se convaincre que "les Israéliens, qui font l'objet de toutes les opprobres peuvent sourire maintenant que les médias sont focalisés sur les troubles dans le monde arabe". Sachant qu'une chute d'Hosni Moubarak pourrait encore isoler plus Israël.
George W. Bush, zélote de la démocratie
"George W. Bush avait raison quand il demandait, en novembre 2003, si les Arabes étaient 'condamnés par l'histoire ou la culture à vivre sous le despotisme' ", soutient Elliott Abrams, ancien conseiller pour la sécurité de George Bush, dans le Washington Post.
"Il arrive parfois qu'une première élection réellement libre voie les forces modérées si peu préparées qu'elles se font écraser par les extrémistes comme cela a été le le cas en Palestine en 2007. Mais ce qui est sûr, c'est que les régimes qui rendent la vie impossible aux modérés rendent l'option extrémiste beaucoup plus probable." assène Elliot Abrams qui estime que les mots d'Obama en faveur de la démocratie égyptienne ont été trop faibles et sont arrivés trop tard.
L'Amérique, pas si puissante
"Les Etats-Unis ont soutenu Moubarak si longtemps en raison de deux craintes: la crainte d'un autre Khomeiny et celle d'un autre Nasser", explique l'éditorialiste Ross Douthat dans le New York Times.
"Les Américains se réfugient dans les théories" précise-t-il: "la realpolitik, le néo-conservatisme, le non-interventionnisme..." "Mais l'histoire se moque souvent de nous. Nous avons soutenu des dictateurs et nous avons étés entraînés dans le tourbillon du terrorisme; nous avons promu la démocratie et vu les islamistes arriver au pouvoir en Irak et en Palestine; nous avons organisé des interventions humanitaires et nous sommes retrouvés dans le bourbier somalien. Nous sommes restés à l'écart et avons du assister au génocide rwandais. Nous sommes intervenus en Afghanistan [en soutien à l'Alliance du Nord, face à Moscou] puis en sommes partis et avons vu les talibans prendre le pouvoir; nous sommes à nouveau intervenus en Afghanistan et sommes restés, et nous y voilà pris au piège..." "Tôt ou tard, les théories échouent car le monde est trop compliqué pour elles." "Consolons-nous en nous disant qu'en Egypte, ce n'est pas à l'Amérique de faire de choix".
Les Etats-Unis marginalisés?

"La seule certitude maintenant semble être le changement. Et les Etats-Unis se retrouvent marginalisés", prévient Jon Alterman du Center for Strategic and International Studies sur le site Politico. "Pourquoi devrait-on penser que qui que ce soit en Egypte -les manifestants ou le gouvernement - soit spécialement intéressé par ce que font les Etats-Unis?"


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ET L'à FRIC de la France ?

Guerres civiles, dictatures, pauvreté, analphabétisme, malnutrition... La situation catastrophique de l'Afrique francophone soulève de nombreuses questions. Pourquoi tant de misère dans des pays si riches en matières premières ?

A qui profite l'argent du pétrole, de l'uranium, du diamant, du bois, des minerais ?. les relations franco-africaines se résume en grandes lignes ainsi : la confiscation des indépendances, le pillage des matières premières, le soutien de dictatures, la complicité de génocide au Rwanda...

I. Françafrique : un peu d’histoire avant de partir
Une décolonisation inachevée
Offensives françafricaines
II. voyage en Françafrique
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Voyagistes ayant pignon sur rue
Les entreprises françaises en Afrique : pillage et dictatures
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Institutions : quelques idées de visites
  • La « cellule africaine » : la cabinet noir
  • L’armée française et les services français
  • L’AFD, la Coface et l’OIF
  • Le franc CFA
  • Les paradis fiscaux, banquaires et judiciaires
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  • Le Club de Paris et les institutions financières internationales
À ne pas manquer (pour bien comprendre)
  • Le génocide des Tutsi au Rwanda
  • L’Affaire Elf
  • L’Angolagate
III. Changement de Cap
Devoir d’indignation, devoir de mobilisation
  • Afropessimisme et racisme ordinaire, moteurs de la complicité silencieuse
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Résistances africaines
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Réinventer la solidarité internationale
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