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mardi 11 février 2014

Madagascar : 1947 & Colonisation



Jean-Luc Raharimanana: Du point de vue français, évidemment, ce lieu d’oubli est possible par l’entretien du silence, autant politique qu’universitaire. Il faut aussi une volonté politique pour que les universitaires s’y lancent réellement. De plus en plus d’historiens s’y lancent bien sûr, mais souvent au risque de voir leurs carrières freinées, une reconnaissance politique de cette question légitimerait les recherches des historiens, permettrait une approche beaucoup plus apaisée de la part aussi des professeurs du secondaire.
Mais en lieu et place de cela, nous voyons poindre cette tentative politique et idéologique d’enseigner aux élèves “le rôle positif de la colonisation”, et cerise sur le gâteau, l’institutionnalisation de cette idéologie, la création du ministère de “l’identité nationale et de l’immigration”, qui pour moi est un déni évident de l’histoire de France.

La difficulté de parler de cette mémoire, ce sont les réactions violentes qui s’ensuivent : être qualifié de communautariste, de porteur de haine contre la France, voire contre l’Occident, quand il s’agit juste de revisiter des pans de l’histoire, une histoire de colonisation, de domination. Il n’y a aucune ambiguïté : sur cette période, la France a été colonisatrice, tout comme d’autres pays européens, elle a dominé par les armes, par la répression, et j’évacue le mot pacification, par la violence, par la guerre.

Le projet colonial a été un projet européen parfaitement conscient –il suffit de se rappeler la conférence de Berlin pour le partage de l’Afrique, il s’agissait de bâtir des empires aux détriments des populations qui y habitaient. Qu’il y eut infrastructures laissées ou pas, c’est le canon sur la tempe que les colonisés ont construit les voies ferrées, ce sont des morts qui ont servi de fondations aux grands travaux, des travaux forcés qui ont servi de salaires. Il faudrait effectivement faire le bilan un de ces jours, ces grands-travaux ont-ils été réellement réalisés pour le bénéfice des colonisés, n’est-ce pas après les indépendances que les constructions des hôpitaux et autres écoles ont pris réellement leurs essors ?

Pour le cas de Madagascar, je rappelle juste que l’université a été créée après l’indépendance, les élèves indigènes n’avaient tout simplement pas le droit de passer le Baccalauréat, il fallait être citoyen français pour le passer… Les exemples sont nombreux mais ce n’est pas l’objet de cet entretien. L’autre difficulté est toujours de trouver l’endroit commun pour échanger. Les universitaires des pays anciennement colonisés n’ont pas beaucoup de possibilité d’être entendus en France.
Du coup, c’est aux écrivains qu’il échoit de prendre en charge cette mémoire, mais l’endroit d’où part la parole n’est pas le même. Les écrivains sont sur le terrain de la littérature, les historiens sur le terrain de la “science”. D’un côté, une parole supposée “subjective”, de l’autre une parole supposée “objective”, des auteurs abordant l’histoire par la fiction, des universitaires travaillant sur le “réel”. Personnellement, j’ai dû faire des concessions lorsqu’il s’agissait de commenter mes œuvres.

Si l’histoire est présente évidemment, ce n’est pas le sujet principal de mes livres. Dans Nour, 1947 par exemple, le sujet principal est le rapport d’un homme avec sa terre, quand les événements ont fait que son amour a été tué, c’est la question de la création de l’identité, d’un fils qui refuse d’avoir été créé, ni par sa mère, ni par son père, ni par l’homme, ni par dieu… Mais les critiques ou les analyses portent invariablement sur 47, sur l’histoire, la colonisation… J’ai dû prendre à chaque fois des accents d’historien car malgré tout, ce qui plane au dessus des paroles venues du Sud, c’est la question coloniale qui n’a pas été réglée.

Alors, je ne parlerais pas de lieu d’oubli, mais de lieu de silence, y mettre des mots, c’est forcément faire face à la monstruosité, on le devine, on le sent, on le sait, les diverses tentatives de négation ou de déni ne sont que dérobades face à l’inacceptable.

C’est une des raisons qui expliquent la forme de mon livre Madagascar, 1947, entre voix, essai et document, une voix absolument personnelle qui veut s’extraire du silence, une argumentation sur la nécessité de la mémoire et un document pour présenter des faits. C’est ainsi que naturellement, le livre est devenu une pièce de théâtre, c’est ainsi également que la pièce est avant tout le rétablissement de la voix des insurgés de 1947, un hommage aux morts, pour les sortir de l’oubli, du silence. Ce n’est pas une pièce polémique destinée à culpabiliser ou à dénoncer, c’est d’abord reprendre mots et reconnaître la souffrance issue de ce conflit.

C’est difficile après d’analyser la réaction des gens. À la fin de la pièce, il y a toujours eu un long, très long silence du public. Les débats n’étaient pas possibles en sortant de la pièce. Le public encaissait. Ce n’est qu’après que j’ai reçu des réactions, par des lettres, des entretiens. Ce que j’ai constaté, c’est que la jeunesse française est avide de savoir, que le débat est plus serein avec elle. C’est la loi de la mémoire, la troisième génération est plus apte à laisser de côté les animosités mémorielles. Mon avis est qu’actuellement en France, il y a une résurgence de la pensée coloniale, mais je continue à penser que ce n’est que le soubresaut d’une pensée qui ne pourra pas éternellement nier l’évidence : la colonisation fut une de ces monstruosités, que l’histoire sait dispenser à l’humanité ou plutôt que l’humanité sait réserver à l’histoire.

Mais on est face aussi à la question du choix du présent, quel présent vivre ? Et lorsqu’on sait que ce présent est le résultat d’un passé monstrueux, comment s’en accommoder ? En reconnaissant les crimes ou en les oubliant ? Toute société est face à ce dilemme. Les autorités malgaches ne veulent pas parler de 1947 car cela mettraient à mal leurs propres postures (beaucoup ont dû leurs richesses et pouvoirs du fait de leurs collaborations pendant et après la colonisation), cela ouvrirait également les yeux aux malgaches sur leur histoire, sur leur pauvreté actuelle, c’est un sujet très sensible dans le contexte actuel, comment l’ancien colonisateur continue à falsifier l’histoire et comment nos dirigeants continuent à leur servir de boys. Il était tout à fait logique que la pièce ait été censurée par le ministère français des affaires étrangères.

La censure fut politique et non culturelle, car dans les milieux culturels, la pièce a fait quand même son bonhomme de chemin. Bien sûr, la pièce aurait pu avoir une vie plus longue mais je crois qu’elle aura laissé quand même une empreinte significative. Je préfère ainsi oublier les dénis et me consacrer à ce que j’ai à faire, sortir du silence, donner visages aux morts, basculer le débat sur des récits de vie et ne pas me contenter des polémiques idéologiques ou politiques. C’est ainsi qu’après la censure, j’ai choisi de répondre par l’expo-photo avec le photographe Pierrot Men : “47, Portraits d’insurgés”.

Je n’oublie pas de préciser que c’est la Région Ile-de-France qui a financé l’exposition, et que c’est le Festival d’Avignon qui l’a accueillie. C’est dire que la société française se sent concernée par cette histoire. La même exposition sera reprise par la Faculté de Nanterre du 14 mars au 8 avril, avec l’organisation de débats, de projections, de films, de visites pour les lycéens. Finalement, ce qui sera plus difficile, c’est de libérer la parole des Malgaches, autant en France qu’à Madagascar.

L’histoire est trop sensible encore pour nous, et a une incidence si immédiate sur nos vies que ce n’est pas très prudent de l’aborder de front. Pourtant, faire comme si elle n’existe pas, c’est perpétuer la situation actuelle, de domination et d’exploitation de nos ignorances. La connaissance de l’histoire amène au scandale, et gérer la colère n’est pas chose facile. Je fais attention dans mon travail à montrer que réfléchir sur l’histoire, c’est nécessairement faire face à l’inacceptable, que la colère ou la haine ne pourront jamais aider à bien voir, et la leçon que j’ai reçue, c’est que les témoins qui ont accepté de parler sont ceux qui ont réglé ce conflit intérieur : regarder leurs bourreaux en face et leur dire qu’ils n’ont pas de haine, car la haine est une autre victoire du bourreau, une manière de maudire à jamais la victime dans la souffrance infligée.

Transmettre cette parole est vitale pour ne pas reproduire les choses, pour que ce ne soit pas à ceux qui sont dans la haine de décider de notre présent.
Extrait de l'Entretien entre JL Raharimanana & Olivier Favier
http://dormirajamais.org/madagascar/

vendredi 7 février 2014

Dossier et débats : Langue Française et langue Malagasy à l'école.

"Andrianiko ny teniko ny an'ny hafa feheziko
(je suis fier de ma première langue, et je maîtrise celle ou celles des autres)."
Cité par Liva Ran 

" Les cours de malagasy, outre l'écrit , l'oral , il y avait la poésie et les hainteny, antsa, kabary etc... de plus de nombreux auteurs à l'instar de Rabearivelo nous ont laissé de la matière !
Pour ce qui est de l'histoire , nous avions un cours sur l'histoire de Madagascar chaque semaine en plus du programme d'histoire de la France et des gaulois. Pour la géographie, forcément nous étions amenés à apprendre les différentes régions déjà en 4ème avec la géologie où nous avions là aussi matière avec ces richesses du sous-sol malagasy; quartz, mica, labradorite, etc...
Nous les avions en main quand ailleurs ils se contentaient de photos! et chaque année , nous plantions des arbres ce qui outre le fait de nous sensibiliser à l'écologie bien avant que les écologistes n'existent, nous permmettait de connaitre nos forêts , nous apprenait les climats et les reliefs de notre île. Qui n'avait pas sa carte de madagascar en plastique pour tracer les contours des cartes à dessiner?"
Roland Rakotondrabe - débat sur le web
"La malgachisation comme langue d'enseignement malgache dans nos différentes écoles ,de la maternelle à l'Université, n'est pas encore ,pour le moment une solution. Il faut d'abord qu'on instaure l'égalité de chance dans toutes les écoles et pour tous les élèves et Etudiants.

Je dis égalité de chances :
1° le nombre d'élève par enseignant soit équitable aussi bien au fin fond de brousse que dans les grandes villes ( 1 instituteur = 30 élèves maxi)
2°- la répartition des enseignants soit équitable (aussi bien au fin fond de brousse que dans les grandes villes)
3° qu'il n'y aura plus d'instituteurs fonctionnaire et instituteurs FRAM
4° de la classe de 6éme au terminale :qu'il n'y aura plus surnombre d'enseignants dans certains établissements et dans certaines villes ou région. Exemple dans des lycées de Tana ,il a des profs d'Anglais ,d'allemand..... alors que dans les lycées des province ,ça fait parti des rêves.
Nous allons d'abord résoudre ces cas pour mieux aborder la malgachisation. Et quel malgachisation ? ....Malgachisation des contenus des programmes et non une malgachisation en outrance surtout de la sixième au terminal. Je suis pour l'enseignement d'Anglais à partir du CE2 ; là encore il y a des conditions qu'on ne peut pas surmonter pour le moment.
A discuter..." Emile Rajaonarison - débat sur le web



Lu dans la presse :

"La francisation totale, un frein à l’éducation pour tous.

Il est désormais admis que la politique de francisation totale issue de l’aventure coloniale a été un frein à l’éducation pour tous. Le dysfonctionnement linguistique entre le milieu familial de l’enfant et l’école est tel que la scolarisation produit des élèves désorientés, sans fondement culturel. Valoriser les langues nationales en enseignant
mieux le français, tel est le but de l’éducation bilingue qui reste cependant encore expérimentale dans la plupart des pays.
Le Congo belge est le 1er pays africain à avoir ouvert des écoles bilingues, en 1922.
Une expérimentation d’écoles bilingues français-langue nationale a ainsi été conduite au Burkina Faso.

Le taux de succès des élèves des écoles bilingues après cinq ans de scolarité était de 94,59%, contre 73,73% pour les élèves des écoles classiques qui avaient six ans de scolarité (chiffres 2004). En prime, le taux de réussite des filles est plus élevé dans le système bilingue, 90,36% contre 65,36% dans le classique.

(...)

Le français n’est la langue maternelle d’une part importante de la population que dans un petit nombre de pays (France, Monaco, et dans une moindre mesure Belgique, Canada, Suisse). Aussi dans nombre d’États membres de la Francophonie, en Afrique particulièrement, le français cohabite-t-il avec les langues locales dont certaines peuvent être qualifiées, en raison de leur importance véhiculaire et/ou du nombre de leurs locuteurs, de nationales par les textes officiels.

Au Sénégal par exemple, selon la Constitution de 2001, la langue officielle est le français et «les langues nationales sont le diola, le malinké, le pular, le sérère, le soninké, le wolof et toute autre langue nationale qui sera codifiée».

À Sao Tome et Principe, la langue officielle est le portugais, les créoles santoméen et principéen sont langues nationales.

Au Cameroun, entre 200 et 300 langues ont été identifiées ; les principales langues véhiculaires sont le foulfouldé (peul), en usage au Nord, le béti et le bassa dans le Centre-sud, le boulou et le pidgin-english (créole d’anglais africanisé) dans l’Ouest et sur le littoral. On utilise aussi l’ewondo dans la région de Yaoundé et le douala sur la côte. Même si le français et l’anglais sont reconnus officiellement à égalité, la balance penche en faveur du français, d’autant que Yaoundé, la capitale politique, et Douala, la capitale économique, sont situées en zone francophone."

RFI - Article "Afrique francophone : guerre des langues ou cohabitation solidaire ?"
d'Ariane Poissonnier



                

La malgachisation en question : opinion ( http://infogasy.free.fr/pages/culture.htm)

L'EPISODE DE LA MALGACHISATION :

Le gâchis
(à situer entre 1978 et 1985)

Le " livre rouge " soulevait la question de la langue d'enseignement et apportait une réponse sans équivoque. Primauté devrait être donnée à la langue malgache. Même si Ratsiraka reconnaissait d'emblée que le français allait être " pendant longtemps encore " indispensable puisqu'elle sera la " fenêtre ouverte sur le monde de la civilisation technique ". Cette situation de bilinguisme forcé n'est que transitoire, et le plus rapidement possible, le " malgache commun " doit prendre le relais et sa primauté reconnue comme absolue.


LA MALGACHISATION, FER DE LANCE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE

La malgachisation est une étape proclamée comme capitale dans les " impératifs de la Révolution ". Dès l'accession au pouvoir de Didier Ratsiraka, la machine à malgachiser se mit en marche. Selon les termes du livre rouge : " malgachiser signifie, harmoniser le contenu des méthodes d'enseignement avec les impératifs de la Révolution ". Une loi de 1978, portant cadre général du système d'éducation et de formation " met en places des commissions destinées à élaborer et à codifier le " malgache commun ", qui sera en réalité une sorte de synthèse entre le malgache " officiel " largement tiré du dialecte Merina, et des divers dialectes régionaux. Cette même loi stipulera que le français devait être désormais considéré comme une langue étrangère.
En pratique, cela se traduisit par :
- l'adoption immédiate du malgache comme langue d'enseignement dans le primaire étant précisé que le français sera dispensé quatre heures par semaines à partir de la deuxième année de scolarisation.
- Un programme de substitution progressive du malgache au français dans l'enseignement secondaire, programme devant déboucher, à terme , sur la malgachisation de l'enseignement à l'Université. De plus les cours de mathématiques, de physique, de chimie et de biologie devaient, dans les classes terminales, être données en français. La première promotion de bacheliers de ce moule " malgachisé " date de 1983.

CONTRE LA FRANCOPHONIE

Didier Ratsiraka écrivait dans son " livre rouge " : " nous sommes totalement opposés à ce mouvement dit " francophonie ", car il a des relents de paternalisme et de néocolonialisme que nous récusons ".
Cette affirmation est claire et sans équivoque, mais elle peut être analysé dans son contexte, plus global. Celui des lendemains de la décolonisation et des nouvelles formes de coopérations entre La France et ses anciennes colonies. Epoque pendant laquelle le discours anti-néocolonialiste battait son plein, et tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à une ingérence étrangère était à bannir.
Outre ce " grand projet " de malgachisation, Madagascar quitte la Zone Franc pour couronner sa séparation d'avec la France. Hormis les rares Zanatany socialement reconnus comme tels, les français résidents et autres coopérants sont devenus indésirables. La Francophonie était alors perçu uniquement comme l'ultime manœuvres d' " impérialiste " pour continuer à dominer et à asservir les pays nouvellement indépendants. Une sorte de compensation, comme un palliatif au désir de soumettre, à un complexe de suprématie. L'utilisation de la langue est évidemment perçue par les tenants de la " révolution socialiste " comme une soumission idéologique, un restant de colonisation mentale. Il deviendrait alors difficile d'entamer le changement sans repartir sur des bases linguistiques nouvelles.

L'ECHEC DE LA NOUVELLE DOCTRINE CULTURELLE

Le doctrine culturelle, marxiste-léniniste, révolutionnaire, ne manquait pas de logique malgré le langage quelquefois suffisant et passionné ; cependant dans ce domaine comme dans tant d'autres, le succès n'a pas été au bout du " tunnel " des efforts.
Il est nécessaire de souligner que les causes de l'échec ne découlent pas du seul processus de malgachisation, même si celui-ci en est le plus important vecteur .
La démocratisation voulue de l'enseignement a entraîné, pendant plusieurs années, un laxisme regrettable concernant l'accès au secondaire , le passage d'une classe à l'autre, et enfin l'admission au baccalauréat. Faute de moyens adéquats en professeurs, locaux et matériels scolaires, la décentralisation a également contribué à perturber le déroulement normal des études et provoqué une chute importante de niveau. Selon certaines sources d'information, autour des années 1980, les examinateurs auraient pour consigne de se montrer plus coulants envers les élèves originaires de la Côte qu'envers ceux des Hauts Plateaux ( ! ? ! ).
Pour en revenir à la malgachisation, s'agissait-il seulement d'un accès de patriotisme, dû au fameux " complexe d'anciens colonisés " ? Ou d'un véritable projet culturel pensé et sensé ? On pourrait évidemment soutenir l'une ou l'autre des deux hypothèses, tout est question du camp choisi.
En tout cas, il nous apparaît assez clairement que la préférence de la langue nationale comme langue d'enseignement, à la lecture de la conclusion même de ce chapitre de la charte, est un choix plus idéologique que technique, plus passionné que réaliste.
Le tort des décideurs fût d'avoir privilégié le souci d'un " utopique " renouveau idéologique, voire psychosociale, au détriment de la formation de responsables compétents.

L'avenir ?

En 1982 Ratsiraka opère un de ces tournants idéologiques " mine de rien " dont il a le secret, en déclarant au Figaro : " je suis fier de parler français, d'avoir reçu une éducation en français. Je fais éduquer mes enfants en français. Et je considère, quoiqu'on en dise, que le français doit demeurer la seconde langue officielle de ce pays ".
Ceci dit, rappelons que c'est le Corps enseignant malgache qui dès 1980 tira la sonnette d'alarme, se rendant compte des inconvénients d'une malgachisation trop rapide.
Il faudra attendre la première vague de " bacheliers malgaches ", fin 1983, pour que le gouvernement s'émeuve et que les choses commencent à bouger.
Des tests de niveau avaient démontré à l'évidence que beaucoup d'étudiants étaient incapables de suivre utilement les cours, et les tentatives de recyclage en janvier 1984 ne pouvaient donner que des résultats limités.
Depuis, toute une série de mesures ont été prises : les heures de français à l'école ont doublé, et des cours intensifs seront organisés dans les centres universitaires.

Sur un plan plus général, il est intéressant de noter que depuis 1985, la radio nationale a mis en place une chaîne de langue française qui diffuse également des émissions de RFI, La télévision a un journal en langue française et 80% de ses émissions viennent de Paris.
Nous sommes déjà loin du " bilinguisme circonstanciel " du Livre rouge, qui consistait à proclamer le malgache comme langue officielle et d'enseignement, et que le français serait appelé à remplir une fonction transitoire, et devrait être relégué au rang d'une langue étrangère comme une autre.
Si nous sommes fatalement conduit à nous interroger sur les perspectives d'avenir de ce bilinguisme rénové, il serait hasardeux de vouloir donner une réponse définitive, si ce n'est que cet avenir dépendra essentiellement de l'état des relations franco-malgaches. Surtout qu'il ne faut pas oublier qu'actuellement, l' " anglophonie " fait des yeux doux au " marché linguistique " malgache. Divers instituts et autres " cours de langues " étrangères font leur apparition ici et là.
Toujours est-il que les idées et les hommes changent. Madagascar, avec son " éternel " président, ne manque plus aucun des sommets de la francophonie, et la cerise sur le gâteau fut l'organisation en Août 1997 des IIIèmes jeux de la Francophonie.

Ce qui nous laisse apparaître une réelle volonté du régime de renouer, si ce n'est avec son " passé ", du moins avec cette langue qui fût autrefois celle de la " mère patrie ".
Enfin, si Madagascar n'a jamais connu ce que c'était véritablement le socialisme, il fût sans aucun doute l'un des plus grands laboratoires où l'on expérimentait les recettes léninistes notamment en matière de politique de l'enseignement.


                                                  Opinions du web , Février 2014:
Sur le sujet alors lancé, plusieurs appréciations se sont portées sur cette question cruciale de l'enseignement à Madagascar.
le principal trait qui en est sorti, sera celui qui demandera avant tout une égalité des chances plus qu'une orientation brutale vers une langue ou l'autre, les intervenants de plusieurs générations ayant manifesté chacun leurs vécus.

RR-
"la malgachisation en 1972 a certainement fait plus de dégâts ! en 1972 , les élèves à Madagascar passaient des diplômes équivalents à ceux de France ; combien d'élèves venaient de La Réunion ou même de France ? combien ont passés leurs bacs reconnus en France ? le taux d'alphabétisation et de scolarité était nettement plus important avant 1972 ! Nous à notre époque ( avant 72 ) , on était dans des lycées "normaux " où se côtoyaient malagasy et Français ou indiens ou comoriens pour étudier dans la langue française ! et aujourd'hui pourquoi quelques élites se bousculent pour obtenir des places en école française ou lycée français ? et ceux qui parlent de rejeter la francisation , n'ont ils pas été eux mêmes dans ces lycées français ? encore un repli sur soi même qui ne mènera à rien ! ...

-moi , avant 72 , je prends mon cas personnel j'ai étudié au lycée à Tananarive pendant dix ans avec des cours tout en français et j'en suis heureux ; par la même occasion j'ai eu la possibilité d'opter pour la langue malagasy en 2ème langue , ce qui m'a bien rendu service ! alors quand ils ont commencé à vouloir traduire les mathématiques en malagasy quelle rigolade ! personne ne comprenait rien ! à la Réunion , ils font depuis quelques années , des pieds et des mains pour que le "kréol" fasse son entrée à l'école ! mais le souci c'est que ce ne sont pas des créoles qui le demandent mais des "zoreils" (entendez Français de France ) ! bizarre non ?

-J'ai grandi les dix premières années de ma vie à Marseille où je suis né ; ma langue maternelle est le français et en arrivant à Tana à l'âge de dix ans j'ai appris le malgache , écrit parlé lu ! et aujourd'hui je traduis des textes du malagasy au français pour des étudiants parfois ; récemment une jeune belge a rendu un mémoire sur les hira gasy que j'ai traduit pour elle , alors me dire que j'oublie l'art du Hainteny ou du hira gasy ... de toute façon aujourd'hui que le malagasy est la langue d'enseignement , je vous garantis que la majorité des élèves malagasy ne connaissent même pas leur histoire et pour couronner le tout parlent le français comme des vaches espagnoles !
Personne ne m'a obligé à l'époque ; je l'ai voulu moi même dès l'entrée en sixième et sur une fratrie de huit enfants je suis le seul à l'avoir fait donc le seul à maitriser à ce point la langue malagasy ! mon père en était fier et mes ainés aussi d'ailleurs qui me demandent encore aujourd'hui de les aider quand ils veulent traduire des choses ...

Les "évolués" des années 60 ne l'ont été que parce que justement il y a eu un coup d'arrêt sur l'enseignement en langue française à partir de 75 ; du coup ceux qui maitrisaient le français ( et Dieu sait si les jeunes malgaches maitrisaient le français dans les années 60 ) devenaient des interlocuteurs privilégiés pour des entreprises ou des gouvernements étrangers parce qu'eux pouvaient comprendre et se faire comprendre , c'est aussi simple que ça ! et les autres ( ceux qui ne parlaient que malagasy merina ou côtier peu importe ) étaient considérés comme des indigènes analphabètes, et donc sans intérêt autre que de les utiliser comme main d'œuvre ouvrière.

TM-
"Je veux bien qu'on m'enseigne avec ma langue maternelle, celle de l'ethnie anteva, et on verra bien qui va rigoler moins. De la classe primaire au Terminal (12 années durant), on a surfé dans la malgachisation - une nette tendance vers la langue de l'ethnie Merina - la plus totale. Une fois arrivé à l'université, toutes les matières étaient en français....résultat: échec cuisant. Pourrais-je donc dire que si la malgachisation a été faite en langue sakalava, ou bara, ou encore antemoro, on se serait plus intelligent? Je constate au contraire que c'est la "francisation" de l'enseignement qui a permis à ces "bandes d'évolués des années 60" de nous domestiquer à ce point, et de la génération post-90 de ne pas sombrer trop profond dans l'ignorance la plus totale car elle leur a permis de tenir la cadence de l'enseignement supérieur. Apprendre les "tsofoka", "tovona" "tovana", "matoanteny" etc...n'étaient pas mal mais à l'époque je ne comprenais rien mais les ai appris par cœur pour avoir des bonnes notes. En ce moment, cette langue m'est plus ou moins utile pour abrutir les gens dans la politique mais complètement inutile pour expliquer aux ouvriers paysagistes de l'Est comment cultiver mieux la rizière. Je me dois de parler en langue locale, ma langue maternelle."



Erika Cologon Hajaji
un débat ouvert sur le poids que doit prendre une langue importée de l'histoire en rapport avec les langues premières.
Non une question de nier que il est bon de parler le français, ou l'anglais, voire même l'Espagnol en seconde langue maîtrisée, mais là la posture de dire que une "autre" langue ne doit pas venir effacer la langue maternelle et culturelle.
De mettre en évidence l'errance que peut générer la domination d'une langue sur une autre, l'urgence de considérer que l'une ne doit pas chasser l'autre, pour que l'origine, la source, soit respectée, honorée, préservée, et que l'autre langue le soit tout autant mais avec intelligence et prudence.si l'art du kabary est si important dans la veine malagasy, comment feront alors ceux qui n'ont pas pensé à cultiver, planter encore, semer et redire les arts oratoires en langue d'origine, comment feront-ils si ils s'éloignent de la langue Malagasy qui est une langue exigeante quand elle se travaille.
Nous restons dans "pour savoir où tu vas, tu dois savoir d'où tu viens" et que cela devienne une force, car de toutes évidences, parler le wolof et le français, puis l'anglais est plus une force.Je regrette énormément que nous ayons appris le Malagasy dans la rue, j'aurais vraiment voulu que la règle veuille que chacun des enfants zanatany, vazaha ou non parlent la langue locale.
C'est un facteur essentiel d'intégration et un ciment sans égal entre les peuples, peu importe leurs origines ou autres caractéristiques.
C'est un liant intense qui brise plus efficacement les frontières.

La question n'est pas de se jeter sur l'enseignement du français, n'oublie pas que ta génération maîtrise certainement mieux et le malagasy et le français comparativement à nos jours.
Les Bretons refusent d'abandonner leurs langues et les petits doivent savoir la parler et l'écrire également pour faire survivre la culture et la tradition, d'autres régions se bataillent aussi pour ne pas être lissées dans un "TOUT" qui mérite pourtant de faire attention à chacun... Je pense qu'il faudrait faire une "alliance malagasy" qui regrouperait les langages du Nord au sud, une spécification sur l'éveil des traditions/cultures, avec des cours et des espaces de découverte et d'échanges.
Aujourd'hui on ne peut pas se contenter de vivre sans savoir, en créant des scissions inter ethniques ou des postulats figés et non justifiés.
Nous grandissons en perdant son "soi" en se méconnaissant soi-même de plus en plus, en cherchant peut-être à se découvrir ailleurs, ce qui est d'une grande intelligence (de se chercher en l'autre) mais tout le monde "sait" que si on ne se connait pas soi même, alors rien d'autre n'ira plus loin.


-EM
"Enseigner (prof),étudier (élèves,étudiants) en langue maternelle est un honneur . Mais si on l'utilise comme un moyen non éducatif mais de séparer les pauvres avec les riches, je dis non. En 1975-1976 on avait commencé la malgachisation totale ( en primaire et secondaire ). Où étaient partis les enfants des riches...? Ecole privées qui enseigne en français, Lycée Français et en France ,en Allemagne, en Angleterre..... pour les plus riches et enfants des Hauts Fonctionnaire. Quant au partage des postes de Direction on n'attribue qu'aux diplômés de ces pays. Conclusion : les victimes sont les enfants des pauvres.A Madagascar , nous avons fait cette expérience 1976 - 1985 (si je ne trompe pas ). Quel en est le résultat : les enfants riches ,écoles enseignement français ou lycée français ;enfants de la population : écoles de brousses avec 1 instituteur 45 élèves. Quant au distribution des postes de direction aux diplômés en français ,Anglais ,Etats-Unis ,Allemands ...... les ouvriers aux diplômé en malgache.

-RFK F
"pourtant, il faut arrêter de voir le monde par sa fenêtre. Il ne faut pas oublier que dans les campagnes, la langue française n est entendu qu'en classe, alors qu'ils doivent tout apprendre de cette langue. ceci étant, je suis tout a fait d accord avec Mr Emile (qui sans aucun doute est l un des mieux placés pour commenter le système éducatif, mes salutations Mr Emile). Je trouve qu'en parallèle avec le bilinguisme, il faudrait également faire des langues (malagasy, français, anglais) des matières..."

-VZ
"A mon sens, il faut que le diplôme Malagasy soit équivalent aux diplômes à l'étranger (France, Angleterre ou Etats Unis par exemple) donc de donner une même instruction ou équivalente aux enfants Malagasy en francais et en anglais. Juste ajouter des matières bien "gasy" comme le malagasy parlé et écrit, le kabary, la culture et aussi l'histoire et la géographie de Madagascar. Le programme sera certainemen,t plus lourds que ceux des français,anglais ou americains, mais de toutes les façons les élèves gasy font généralement plus de 40h par semaine alors!!!"


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ECH



mercredi 29 janvier 2014

Madagasikara : 29 mars 1947 - 29 MARSA 1947

« Le Monde » du 29 mars 1967

Philippe Leohana (1912-1999), ancien militaire de l'armée française, engagé aux côtés de rebelles en avril 1947, est considéré comme le meilleur chef malgache de l'insurrection. Il se rend aux autorités françaises le 11 novembre 1948. On le voit ici signer un appel à la reddition des derniers foyers de révoltes sous l'œil d'un légionaire.

Les Nouvelles du 27-03-06
La répression fait plus de 100 000 morts
( Enquête du 28/3/2006 )
L'insurrection a été prévue éclater à 22 h dans cinq villes : Moramanga, Manakara, Fianarantsoa, Antananarivo et Antsiranana. Les rebelles de la capitale renoncent in extremis car les agents policiers ont commencé à inspecter les voitures à partir de 7 h du soir.
A Antsiranana, les insurgés ont réussi à couper l'électricité. Parvenus au camp militaire Lazaret, les militaires, dont les deux tiers sont leurs complices, sortent comme convenu les armements, censés être utilisés pour attaquer les « vazaha ». Mais 80% des rebelles ne sont pas venus, des traîtres les ayant dissuadés. Ainsi, les militants se font prendre. En tout, les colons en emprisonnent mille.
A Fianarantsoa, les rebelles coupent l'électricité à Talata-Ampano, à quelques dizaines de kilomètres de la ville, espérant ainsi faciliter la tâche. Mais ils se font également prendre lors de l'attaque du camp militaire, la résistance coloniale s'étant déjà apprêtée.
2500 morts en trois jours à Moramanga
Les actions n'auront été plus ou moins réussies qu'à Manakara. A 22 h, les insurgés ont attaqué les camps de police et de gendarme. L'opération s'est bien déroulée, leurs complices militaires n'ayant pas montré de la résistance. Les rebelles ont par la suite attaqué des terres coloniales et les bâtiments publics. Il s'agissait surtout de dépouiller les résidents français.
Les instigateurs se sont déjà donné le mot d'ordre selon lequel aucun sang ne serait versé, sauf en cas de résistance et que les femmes, les enfants, les missionnaires et les étrangers non français seraient isolés. Néanmoins, des actes violents ont quand même eu lieu à Ambila, Sahasinaka et Ampasimanjaka.
A Moramanga, les 2000 insurgés ont attaqué les lieux fréquentés par les Français et leurs résidences, notamment la gare, l'hôtel Larrieu et le camp Tristani. Ils parviennent aisément à tuer les officiers français qui surveillent le bourg, ceux-ci dormant profondément. Par contre, les tirailleurs sénégalais qui gardent le camp militaire sont mieux armés que les rebelles. L'armement leur étant inaccessible, les insurgés se retirent au matin avec la population rurale.
Les tirailleurs vont se venger en se rabattant sur les indigènes. Dès le lever du soleil, ils entreprennent d'incendier toutes les maisons. Le renfort une fois arrivé vers midi, ils massacrent à coups de baïonnette tout ce qui bouge. En trois jours, 2500 individus, dont 60% sont des femmes et des enfants, ont péri.
200 prisonniers fusillés
L'administration coloniale condamne le Mouvement démocratique pour la rénovation malgache (MDRM) d'avoir perpétré le coup. Dès le lendemain de l'insurrection, les membres connus du MDRM, sont arrêtés. Raseta est arrêté à Paris le 6 avril, Ravoahangy et Raseta le 14 mai malgré l'immunité parlementaire.
Moramanga, Ambatondrazaka, Vohipeno, Manakara, Fianarantsoa, Ifanadiana, Mananjary, Nosy Varika, Mahanoro, Vatomandry et Antananarivo sont mis en état de siège. Entre avril et août, 30 000 militaires de Djibouti et du Sénégal ont été envoyés dans l'île pour réaliser la nouvelle conquête coloniale.
Les prisonniers endurent diverses tortures, telle celle consistant à tremper leur tête dans un seau rempli d'eau bouillie et épicée, jusqu'à ce qu'ils dévoilent les noms d'autres rebelles. En même temps, les colons procèdent à l'incendie des villages environnant les régions réputées révoltées et y jettent des prisonniers vivants par avion pour terroriser la population. Les membres du Parti des déshérités de Madagascar (Padesm) confisquent les biens et les épouses des insurgés faits prisonniers.
Tous les partis ont été dissous le 10 mai 1947. Cinq jours plus tôt, les forces coloniales ont capturé 166 membres du MDRM à Ambatondrazaka qui ont opéré à Moramanga. Elles les ont ramenés dans la ville et les ont fusillés dans le train. 71 d'entre eux en sont rescapés, certains avec beaucoup de blessures. Les militaires les fusilleront dans la forêt de la ville. Un seul en a survécu.
Les insurgés qui ont échappé aux colons se sont réfugiés dans la côte Est. Ils ont prolongé la guerre jusqu'en juillet 47, notamment le long de la côte Est. Ils ont détruit les rails de Moramanga entre avril et mai, puis ceux d'Antananarivo et de Fianarantsoa, tout en accomplissant des violences sporadiques envers les résidents français.
Mais les troupes de répression ayant fait de Moramanga et de Manakara leurs bases de départ, les rebelles ont dû se retrancher dans les forêts du sud. Ils y ont subi une rude épreuve, s'habillant vaille que vaille, se nourrissant de racines, de tavolo et de hofika… La plupart sont morts de maladies diverses.
Bilan obscur
Le procès des chefs des partis MDRM, Jina et Panama s'est tenu entre le 22 juillet et le 4 octobre 1948. Ravoahangy et Raseta ont été condamnés à mort, et Rabemananjara à s'exiler jusqu'à sa mort. Mais tous les trois se trouveront grâciés après une décennie. Vingt condamnés à mort ont été exécutés par fusillade, dont trois à Antananarivo, cinq à Moramanga et douze à Fianarantsoa.
Enfin, le nombre de personnes qui ont péri pendant l'affaire 47 demeure toujours obscur. Le chiffre officiel a été arrêté à 89 000 individus. Mais l'administration coloniale l'a rectifié à plus de 100 000 morts en y ajoutant les fuyards réfugiés dans la forêt.
Domoina Ratovozanany





Sahasinaka - Manakara : 29 marsa 1947
Tonga indray ity ny tsingerin-taona fahatsiarovana ny taona 1947 izay nisian'ny tolona ho fanoherana ireo mpanjanatany sy ny voanjo, ary fitakiana ny fahaleovan-tenam-pirenena. Isan'ny manana ny maha izy azy i Sahasinaka amin'izany.

Azo lazaina fa faharoa izy tamin'ity tolona ity, aorian'i Moramanga. 21 sisa ireo tapaporohana sisa tsy may tamin'izany. Maro ny olona ankehitriny no tsy mahalala an'i Sahasinaka, indrindra fa ny kilonga taty afara. Ny misy an'i Sahasinaka I Sahasinaka dia kaominina iray ao anatin'ny distrikan'i Manakara, faritra Vatovavy fitovinany, faritanin'i Fianarantsoa. Miala adiny iray sy fahefany avy ao Manakara raha ho any, mandeha amin'ny fiaran-dalamby FCE iny.

Ny Tanala no mponina any, ary ny Antaimoro no maro manampy azy ao. Hita ao koa anefa ny foko maro misy eto Madagasikara, ny sinoa sy "metisy sinoa" maro. Mahatratra any amin'ny 200.000 any ho any amin'izao fotoana izao ny isan'ny mponina ao. Tany mahavokatra i Sahasinaka eo amin'ny voly vary sy mangahazo ary ny voankazo isan-karazany, fa isan'ny mampalaza azy koa ny voly fanondrana any ivelany toa ny kafe sy ny "lichis". Manomboka eto amin'ity toerana ity no miondrana ho any Fianarantsoa sy ho any Manakara ny vokatra isan-karazany, indrindra fa ny akondro mameno "wagon" isan'andro. Izany indrindra no antony nahatonga an'i Sahasinaka ho toerana nankafizin'ireo voanjo mpanjakazaka tamin'i Madagasikara mbola zana-tany.

Manankarena tantara Tanana manankarena tantara koa ity toerana ity amin'ireo faritra Tanala, hatramin'ny fahagolantany, satria izany Ambodirambiazina izany no tena anarany tany aloha tany, ary teo amin'io toerana misy ny garan'ny lalamby io no nisy azy fa navadika kely ao atsimo ao noho ny fametrahana azy io. Ny rambiazina indray dia hazo manandaza amin'ny foko manana razana arabo eto Madagasikara amin'iny faritra atsinanana iny, ka nian- tsoana an'i Sahasinaka teo aloha. Niova anarana ho Ambodiramiavona i Ambalafataka tamin'ny andron'ny vazimba nony resin'ireo Zafimboajiro. Taty aorian'ny ady nanafihan'i Namorona azy, ka voasakana teo amin'ny saha nisy rano kely eo amin'ny teteza-masinina atsinanan'ny gara ity ny mpanafika dia natao hoe Sahasinaka ny anaran'ny tanàna. Mpimasy malaza izany no nanova ny rano kely tamin'ilay saha ho tonga rano be ka tsy afaka nita taminy ny mpanafika, ary dia avotra teo Ambodirambiazina, ka nanomboka tamin'izay dia Sahasinaka no natao anaran'ilay toerana mandraka ankehitriny.

Ny 29 marsa 1947 Araka ny voalazan'i Taso Georges, isan'ny olona nandray anjara be tamin'iny tolona iny, ary iray amin'ireo 21 sisa velona ao Sahasinaka ao amin'izao fotoana, dia manana ny tantarany koa ity tanàna ity tamin'iny raharahan'ny 1947 iny.

Toa izao àry ny filazany ny zava-nitranga tany araka ny hitany sy niainany ary ny tadidiny. Ady amin'ny voanjo mpamboly kafe no tena niantombohan'ny raharaha taty amin'ny faritra Sahasinaka. Maro ireo tanàna izay nifamory tamin'ny volana janoary 1947. Isan'izany Analavory, Anakengitra, Betsizaraina, Mahabako, Ambodivandrika, Maroahitra, Bekatra, Vohilava , sy ny vohitra manodidina rehetra izay nanakaiky an'ireo toerana ireo. Toerana nisy vazaha nanao fambolena taty daholo ireo ka voly haondrana toa ny kafe, ny "poivre", ny jirofo no nataon'izy ireo. Mahatratra an-jatony hektara mahery ny an'olona iray amin'izany. Mpiasa marobe no nilaina tamin'izany, ka saika nampiasainy avokoa ny olona taty na ny zaza amam-behivavy aza. Terena ny isan-tanàna hanao asa fanompoana tamin'ireo vazaha ireo.

Omena latasy isan'andro izy ireo ka izay tsy mahavita izany dia hidina ao amin'ny trano iray izay misy ireny biby atao hoe "do" na dona, hoy ny sasany. Miara-matory aminy ao, ka rahampitso dia tsy maintsy mamita ny tsy vita omaly sy miampy ny latasy vaovao indray. Noho izany dia nisy ny narary sy ny maty noho ny tahotra ny biby sy ny asa mafy tany an'alan-kafe. Vokatr'izay dia nitaraina tany amin'ny Ampanjaka ny vahoaka. Nivory tao Sahasinaka àry ny mpanjaka manodidina rehetra niaraka tamin'ny vahoaka, dia novonoina ny omby mazava loha roa tamin'ny namakiana ny kabary. Tao Ambodiramiavona ankehitriny no natao "camp" tamin'io fotoana io. Tonga koa ny avy any Ampasimanjeva syVohimasy, nanampy ireo teo aloha.

Raikitra tamin'izay fa hatao ny ady amin'ireo vazaha ireo ka hovonoina izy ireo noho ny fomba ratsy izay nataony tamin'ireo Malagasy. Dia natao àry ny toro marika rehetra sy ny velirano ka isan'izany ny ny hoe : "Tandremo sao mamono ny gasy". Nisy anefa ireo gasy izay namadika, fa indrindra ireo nantsoina hoe "commandeurs" izay niara-niasa tamin'ireto vahiny ireto tany amin'ny tannin-kafe. Nihevitra izy ireo fa rehefa lasa ireo vazaha ireo dia izy no ho tompon'ny fananana koa nilaza ny zava-nisy tamin'ireto mpampiasa azy. Nifamory àry ireo vahiny mpanjanaka ireo ka nandeha tany Manakara, ary tsy niverina tany amin'ny alan-kafe intsony fa ireto "commandeurs" ireto no nitazona ny asa rehetra teo. Nifamory indray anefa ireto "hiady" rehefa naheno fa lasa ny vazaha, koa dia nitsangana indray ireto olona manaraka ireto : Raphael Rabary, ambaniandro avy any Antananarivo izay tompon'i Betsizaraina teo aloha, faritra nalain'ireto voanjo frantsay ireto, ka dia lasa mpanao betsa sy toaka gasy sisa no niafarany.

Tao koa Rajaonarison, izay mbola fianakavian-dRabary ihany, ary Rakoto Emile, mpanjaitra tao amin'ny Fjkm izay mbola ambaniandro koa, ary farany dia Ralaingita, Tanala, izay lasa mpitambolan'ny fikambanana. Ireo olona ireo izany no nitarika ny olona hanohitra indray amin'ny tolon'ny 29 marsa 1947. Tapaka tamin'izay izany fa ny "chef de poste" tao Sahasinaka no hotafihina voalohany, dia ny lehiben'ny "travaux" amin'ny arabe tao Ankebana Ivohilava, izany mose Jude izany, "créole", ary mose Delicat tao Ambodivandrika. Rehefa natao anefa ny fanafihana dia tsy tratra tao ity farany fa ny vadiny no tratra tao. Nanomboka teo dia nanomboka ny fifamonoana satria dia raikitra ny fifampitifirana ka maro ny gasy no ripaka tamin'izany, satria efa nisy ny sônegaly tonga hiambina ny vazaha. Marihina fa lefona sy famaky ary fibara ihany no fiadiana izay nentin'ireo gasy ireo. Araka ny voalaza dia aman-jatony ny Malagasy no nandeha nanafika ireto vazaha ireto. Tamin'izay fotoana izay dia nisy koa ny fiaramanidina nampiasan'ireo vazaha nentina nanohitra ny Malagasy, ka maro no matiny.
Tsy nahakivy an'ireto Malagasy anefa izany fa toa vao mainka nanamafy ny risi-pon'izy ireo hanohy ny ady. Lasa nandositra tany an'ala àry aloha izy ireo ka natao hoe "Antoby" ny toerana nisy azy ireo hanomanana ny fanafihana manaraka indray. Taorian'izay koa dia tonga ny miaramila avy any Fianarantsoa hanampy ireo efa nisy tany an-toerana. Tokony ho ny volana aprily 1947 io. Henon'ireto tia tanindrazana izany ka niomana koa izy ireo, teo ambany fitarihan'izany Rapelatokanono izany, ary namorona ny atao hoe "tafondro vato" tao anelanelan'i Fenomby sy Sahasinaka amin'ny PK 114.

Namory vato be dia be ireo mpioko ireo, napetrany teo ambonin'ny vavan-tonelina roa ka notazonin'izy ireo tamin'izany tady atao hoe "vahakarabo" izany. Raha vao nandalo ny lamasinina dia notapahin'izy ireo ny tady ary dia latsaka tao amboniny ireo vatobe, ka toy ny tafondro mirefotra ireny mihitsy ny fianjerany. Sônegaly sy miaramila marobe no maty tamin'izany. Ny sônegaly afaka nitsoaka moa nanao tifitra variraraka ka nahafaty Malagasy ihany koa. Izany jeneraly atao hoe "Pelaka" izany, izay nantsoin'ireo namany hoe "Jeneraly", mpiady tranainy tany Frantsa tamin'ny ady lehibe voalohany sy faharoa no isan'ny mpanome ny tetika tamin'izany. Izy ihany koa no iray amin'ireo mpioko nanana basy. Nanana tetika hafa koa ity jeneraly Pelaka ity ka naringany tamin'ny tifi-davitra ny vazaha izay nitsangantsangana teo amin'ny garan'dlalamby. Efa nisy ny maty vao taitra ny teo akaikiny. I jeneraly anefa efa tsy eo amin'ny toerana nitifirany intsony sady tsy mba niaraka tamin'olona hafa fa nandeha ireny.

Nisy nitory izy taty aoriana ka nalefa tany Nosilava, natao sesitany, ary noesorina taminy ny karamany tamin'ny naha miaramila azy. Mbola monina ao Ampiringalava moa ny taranany ankehitriny. Araka ny voalazan'ingahy Taso Georges ihany dia naharitra ny ady nandritra ny taona 1947 iny. Rehefa nanahirana an'ireto vazaha frantsay mpanjanatany mantsy ny ady tao Sahasinaka dia nampiasa tetika hafa indray izy ireo. Nisy izany atao hoe Victor izany, metisy vazaha, satria ny reniny gasy ary ny rainy voanjo. Izy io no nampiasain'ireto frantsay hahazoana ny mpioko sy handresena azy ireo. Tonga namonjy ny toby misy ny mpioko ity Victor ity, nohorokorohany ny sainan'ireto mpitolona ireto. Noheverin'izy ireo fa vokatry fony izany ka ninoany izay nolazainy, satria dia noraisina ho gasy izy. Nilaza àry ny tenany fa tonga ao Manakara ny sambo iray izay feno basy avy any am-pita hanampiana ny mpitolona ka halaina any. Faly ireo gasy ka dia nirohotra namonjy ny lamasinina, satria voalaza fa efa nisy lamasinina natokana ho azy ireo. Nahafeno "wagon" telo ny olona nandeha nidina tany Manakara, feno hipoka ny fiaran-dalamby.

Hafa anefa ny zava-niandry tany fa tonga dia navantana tao amin'ny trano malalaka iray, izay toby fasiana entana, ka nafatratra toy ny biby tao izy rehetra, ary izay mitrangatranga loha dia voatifitra. Maro no maty tamin'izany. Ny sasany indray dia notifirina teny amin'ny faritry ny garam-piaramanidina amin'izao fotoana izao, atao hoe Anjavidy. Nahatratra 600 any ho any ny tombantomban'ny isan'ny maty tamin'izany. Nambaran'ingahy Tosy Georges ihany moa fa tsy nisy ady firy tany Manakara fa natao toerana famonoana ny tia tanindrazana sy natao fasana hilevenana fotsiny ihany. Nanomboka teo dia niha nihena ny fanoherana ka izay tratra tany Sahasinaka indray dia nasaina nihady lavaka 2m ny halaliny, antonona olona telo na efatra mitsangana, dia ampidirina ao ireo mpioko ireo ary tifiriana mitsangana ao anatin'io lavaka io, na koa alevim-belona ao. Eo atsimon'ny hôpitaly amin'izao fotoana moa no misy izany toerana izany, araka ny voalazan'ny mpitantara ihany. Mahantra ny fahatsiarovana "Santionany tamin'ny zava-nisy tany Sahasinaka io tantara io, fa mba inona moa no vokatr'izany tolona izany amin'izao fotoana izao".

Tsangambato kely tsy ampy iray metatra sy sasany, eo akaikin'ny tranompokonolona, no mba natao ho fahatsiarovana an'izany rehetra izany. CEG izay antsoin'ny olona hoe "CEG garaba", Tranompokonolona ravarava no hita ao. Hôpitaly tranainy tamin'ny andron'ny fanjanahantany no misy any, sady tsy misy dokotera lehibe sns…. Raha ny fahitana ny zava-misy any an-toerana anefa dia tanana tokony handroso izy io. Dia hoy ity tanora iray tafaresaka taminay hoe : hadinon'ny fanjakana mihitsy ny tolona nataon'ny razanay ho fanavotana ny tanindrazana, ary toa tsy hitanay ny vidin'ny ran'ny maty tamin'izany.
Jesy Belaolao
La Gazette de la Grande ile

mardi 28 janvier 2014

Indiscrétion du net... la Marseillaise en Noir

LA MARSEILLAISE EN NOIR
… mais pas en deuil hein ;)

Rev-nez enfants de la patri-ie
Le jour du Noir est arrivé
Loin de nous, ôh la Gabégie
Les attentes et l’effort sont élevés
Le travail – pour notre avenir mener

Entendez-vous dans nos campagnes
Souffrir aïeux, fils, Pères et Femmes
Qui vien-nent dans nos capitales
S’épuiser, mendier à y perdre leurs â-mes.

A vos armes cérébraux !
Formez vos bataillons
Marchons, courrons, Africains de tous coins
Ensemble construisons !

***

Rev-nez enfants de la Patri-ie
Le jour du Noir est arrivé
Loin de vous mais restons ami-is
Mère de fers les poignets liés
Plus jamais nous vous laisserons mener

Le rythme fou de nos labeurs
Pour Nourrir vos bouches riches et affamées
Qui viennent jusque dans nos coeurs
Pour puiser le sang de notre Terre mère

Aux armes Bâtisseurs !
Formez vos bataillons !
Croyons, marchons,
Qu’un sang nouveau
Abreuve ce Renouveau !

***

Allons enfants de la Patri-ie
Demain Debouts, nous parviendrons
De Principes, intègres et valeureux
Notre avenir fier à bout de bras
Se Réunir, Tels des frères de Terre

Entendez-vous dans nos campagnes
L'appel que seuls nous serons les héros
Que demain, sans nous ce sera zéro
Relever les manches, tenir avec Fierté

Aux Armes Africains!
Sortez de leurs bataillons!
rentrons,rentrons...

Qu'un Avenir Noir
rentre enfin dans l'Histoire!

L'homme noir n'est jamais entré dans l'histoire.

L'homme noir n'est jamais entré dans l'histoire, effectivement, il ne figure pas dans tes manuels
scolaires, mais par delà tes rives, l'homme noir et l'Afrique plus largement, et ses terres ancestrâles a toujours été ton PROVIDER providentiel.
(provider : "fournisseur" )

*** Pas de dettes en Afrique, libre circulation des Hommes, et partenariats révisés et ré équilibrés. - *** ne vole plus mais paye, ne mens plus ne manipule plus, et n'engraisse plus les hommes objets.***

- "Qu'ont-ils fait de leurs 50 d'Indépendance?..." *

*- Réviser la définition du mot "Indépendance"

(L'indépendance, pour un pays, une organisation politique ou une branche du gouvernement, est l’acquisition de sa totale souveraineté politique, par opposition au fait d'être régenté par une autorité
suzeraine ou coloniale)

"En afrique il y a des corrompus, et des corrupteurs..." - N'échange pas tes armes contre nos richesses, tes armes contre nos gamelles sans viande. Et ne t'en fais pas, nous étions à la base des pays démocratiques, avant toi.

L'AFRIQUE NE FABRIQUE PAS D'ARMES et n'a pas le sou... alors?.

Avant toi nous avions ce que nous tentons de garder aujourd'hui, nos règles, nos expressions concertées, une certaine organisation de notre société.
Nous savons encore ce à quoi nous devons tendre et ce que n'avons jamais cessé d'être, nos traditions ne sont pas mortes, et nos manques d'instructions sont palliés par nos instincts encore vierges et brutalisés, mais encore plus affûtés par l'épreuve.

Cette indépendance n'était que puberté et crise identitaire et existencielle, l'indépendance d'états
découpés au couteau, maintenant c'est la maturité qui doit nous conquérir, et tu la provoques en continuant de penser que nous sommes des "sous-hommes".

Libre à nous de penser et manger racines, libres à nous de vouloir changer de chaînes, c'est en changeant de maître que nos labeurs seront différemment récompensés, et le maître de demain, devrait se faire efforts, autonomie et essor, de ces chaînes là, nous voulons en être dépendants maintenant.

UNE SEULE ACTIVITE ECONOMIQUE EN AFRIQUE : FAIRE SORTIR LES MATIERES PREMIERES
- l'Afrique fournit aux Etats-Unis 15% de leurs besoins en hydrocarbures (dont le gaz)
Les agences et les boîtes à idées US prévoient qu’un baril de pétrole sur cinq entrant dans le circuit économique mondial dans la deuxième moitié de cette décennie viendra du Golfe de Guinée et que la part provenant du Golfe de Guinée dans les importations US passera de 15 à 20 % en 2010 et à 25% en 2015. Le Nigeria fournit déjà 10% du pétrole importé par les USA. L’Angola en fournit 4% et sa part devrait doubler d’ici la fin de la décennie. La découverte de nouvelles réserves et l’expansion de la production pétrolière sont en train de faire d’autres pays de la région des exportateurs importants de pétrole, notamment la Guinée équatoriale, São Tomé et Principe, le Gabon, le Cameroun et le Tchad. La Mauritanie deviendra un exportateur de pétrole en 2007. Le Soudan, limité par la Mer rouge à l’Est et le Tchad à l’Ouest, est un important producteur de pétrole.

À l’heure actuelle, la principale base militaire permanente US en Afrique est celle établie à Djibouti, dans la Corne de l’Afrique, qui permet aux USA le contrôle stratégique de la route maritime qu’emprunte un quart de la production pétrolière mondiale. La base de Djibouti est aussi à proximité du pipeline soudanais (les militaires françaises ont depuis longtemps une présence militaire importante à Djibouti ainsi qu’une base aérienne à Abéché, au Tchad, près de la frontière soudanaise). La base de Djibouti permet aux USA de dominer l’extrémité orientale de la vaste bande pétrolière traversant l’Afrique, qui est désormais considérée comme vitale pour leurs intérêts stratégiques - une vaste bande allant du pipeline Higleig-Port Soudan (1600 km) dans le sud-est au pipeline Tchad-Cameroun (1000 km) et au Golfe de Guinée dans l’Ouest. Un nouveau poste d’opérations avancées en Ouganda donne aux USA la possibilité de contrôler le sud-Soudan, où se trouve la plus grosse patrie du pétrole soudanais.

En Afrique de l’Ouest, le Commandement militaire US pour l’Europe a désormais établi des postes d’opérations avancées au Sénégal, au Mali, au Ghana et au Gabon-ainsi qu’en Namibie, à la frontière avec l’Angola, au Sud - qui impliquent l’amélioration de pistes aériennes, le stockage de réserves essentielles et de carburant ainsi que des accords (avec les gouvernements locaux) permettant le déploiement rapide de troupes US. En 2003 a été lancé un programme de contreterrorisme en Afrique de l’Ouest et en mars 2004, des Forces spéciales US ont été directement engagées dans une opération militaire avec des pays du Sahel contre le groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui figure sur la liste des organisations terroristes dressée par Washington. Le Commandement US pour l’Europe est en train de développer un programme de sécurité côtière dans le Golfe de Guinée appelé la Garde du Golfe de Guinée.

3% FOR AFRICA - 97% FOR THE WEST
3% POUR L'AFRIQUE - 97% POUR LES PAYS OCCIDENTAUX
http://www.youtube.com/watch?v=DUR7b4Mv2Fg&feature=related

POST IT sur le frigo :

"penser à ELIR légalement un représentant défendant le peuple, le bien du peuple et de ses terres, un pouvoir patriotique qui ferait monter les enchères concernant ses matières premières tant recherchées et prisées. Nous devons transformer les matières premières, ou bien les garder et en avoir l'entière maîtrise, maîtriser le marché qui les concerne."

Que l'on cesse de se laisser charmer par les chants des sirènes occidentales.
... Et à ceux qui croient que l'afrique va mal, qu'elle est mal partie, africains y compris, l'Afrique est le continent de l'Avenir, c'est le seul endroit du monde où il y a des terres qui pourront nourrir 9 milliards d'hommes en 2050 - C'est un endroit où il y a énormément de matières premières, où les hommes sont jeunes, tous ces attributs ne peuvent pas nous laisser dans la situation dans laquelle nous sommes, soyez du bon côté, du côté de vos enfants et de vos petits enfants.

Nos indépendances récentes peuvent nous donner recul sur les échecs des "puissances" chez elles, puissance d'armes et de technologies, elles sont fortement et dangereusement endettées et croulent sous leurs défficits, leurs hommes sont poussés à la roue et leurs société se paupérisent.
(E.C)

Saint Louis/Sénégal "Une cloche sous le minaret"

UNE CLOCHE AU MINARET.

Connaissez-vous cette île, je vous en avais déjà parlé, je vous avais dit qu'elle était une Femme...
Je l'ai rencontrée, l'autre jour elle s'appelait Saint Louis, auparavant sa patrie mère l'avait affectueusement nommée Ndar...
Avant cela elle s'était présentée sous le nom de Madagascar, c'était l'Endroit... Madagascar.
(lire note "Ma Plume... «la porte du non-retour»")

Je vous parle de ces Femmes, de ces femmes qui ne se sont pas offertes mais qui n'ont plus jamais existé dans le sens digne du terme depuis que l'Etranger les a défleurées, le Civilisateur a dévasté les cultures, les âmes et l'Histoire, et violé la plus grande intimité de ces Fleurs en lisière d'Océan.

On n'y parle plus de Fayderbes et de Mermoz que des Tirailleurs et de la Traite du Noir, les Portugais ont capturé des Africains, et de là comme une traînée de poudre cela a crée un engouement, treize millions de Noirs vont être extirpés de leurs Serres mères et déportés outre Atlantique, beaucoup vont transiter par cette escale Saint-louisienne, investie Portugaise, Hollandaise, et Française...

Aujourd'hui les âmes s'échouent en pleine mer dans des embarcations de fortune en quête d'un Salut prometteur, nous avons un problème d'époque, avant c'était chaîne au poignets et cou cerné d'un attelage de bois que le Noir s'embarquait pour les galères... Il crevait, il endurait, voyait ses frères et ses fils partir, sonnés au milieu de ce nœud grouillant d'âmes torturées et baignées de sueurs, dans ces cales humides et sombres sous vides d'air, les poumons des hommes poissons hors de l'eau, asphyxie et détresse pour le grand export.

A l'Hôtel de la Poste, repère de Jean Mermoz, icône de l'Aéropostale, des galleries de photos jaunies... Et curieusement une odeur d'encre. Au début au tout début j'ai été attirée par ces couleurs boisées, les rambardes lustrées, un patio haut de trois étages, vertigineux, des plantes à lianes tropicales qui percent le ciel, les balcons en coursive, le chic de l'ambiance coloniale, et puis vous le sentez bien on s'emporte le colonial peut-il être chic!?

Des images et témoignages jaunis, ces dames hors du temps, les peaux blanches de lait et le sourire qui porte outrage, apaisées de se trouver dans ce sanctuaire de l'histoire de la gloire française, où le blanc chassait le noir, où le blanc devenait maître et polygame, le blanc marquait au fer les hommes, les avenues, la place principale, érigeait sa statue en trône à l'entrée de la ville... le blanc a-t-il perdu la tête?
Qu'avons nous fait de nos cinquante ans Nous Afrique?
Mais que deviendriez-vous si on vous demandait de Naître à nouveau, quand plus aucune montée de lait jamais ne sera programmée pour vous grandir et vous donner le sein, et que vous échapperez aux anticorps protecteurs, quand votre matrice est déjà sous terre, votre Maman ne vous aimera point, les patries se sont arraché vos Terres, le Civilisateur est venu pour vous élever et a chassé votre moule.

Saint Louis est la plus ancienne maîtresse de la France.
Le civilisateur lui a remis tous les ors de la gloire qu'il avait extirpé le temps suffisant de l'abus, l'a piétinée tant elle était accessible, première capitale d'Afrique Occidentale Française, Louis XIV l'avait bénie de loin, qu'est-elle devenue aujourd'hui, une ville fantôme, les murs ont des oreilles ceux là ont tout oublié.
J'ai demandé à ce guide, qu'étiez-vous avant? Qu'étiez-vous avant le Français, le Hollandais, et ce Portugais... Il ne savait pas, il n'a pas su me répondre et il ne sait pas ce qu'il était avant, amnésique me direz-vous, comment se contenter de l'histoire des autres, «avant Jésus Christ» et après, nous n'avons même pas d'«avant Jésus-Christ», et Jésus est blanc de toute évidence.

REBORN.
A ceux qui s'exclament et qui s'indignent sur ce que font les Africains depuis qu'on les a colonisés, ceux-là doivent se dire qu'ils préfèreraient encore se faire lâchement jeter sur le bord du chemin comme des infidèles, comme des malpropres, que de subir encore les frasques des machinations du Blanc.
Ils vous diront aussi qu'ils attendent encore la décolonisation.
Outrés vous êtes? Mais le savez-vous, dans quel état vous nous mettez, savez-vous depuis quand ces civilisations Noires luttent, et savez-vous, que si vous nous avez choisis de gros garrot et de dents blanches pour accomplir vos tâches c'est qu'à notre place vous n'auriez pas survécu.
Décimer l'Afrique de façon intensive à si grande échelle ne joue-t-il pas un rôle quant aux destinées de son peuple?

Indignés vous êtes de constater nos turpitudes et errances marquées par l'insolence de notre puberté, l'Afrique est jeune, et novice, l'Afrique est jeune et ne veut muer trop rapidement, ne peut muer instantanément.
Elle a fait vos guerres, défendu vos terres, comblé vos Patries mères, redoré vos bataillons fiers, a donné aux canons, sa chair...
Et vous qu'attendez-vous, pensez-vous que nous soyons si cupides ou pensez-vous que la peur du lendemain qui nous a élevé a sûrement injecté dans nos veines de vilains réflexe d'un tien vaut mieux que deux tu l'auras. Vous êtes le modèle Blanche Patrie, vos cœurs ont corrompus les nôtres pour votre Essentiel égoïste et fulgurant.
Nous n'avons plus d'essentiel, et pourtant vous ne venez jamais chez nous par hasard...

Une seconde naissance comme si nous étions dans un temps négatif «moins cinquante» sur l'échelle du temps, car nous devons arrêter une date de naissance Africains, nous devons décider de la durée de la gestation dont nous sommes seuls maîtres maintenant.
Ne nous sentons pas orphelins de nos fers, mais ressuscités – pas abandonnés, mais affranchis de la soumission, ne nous soumettons pas non plus à nos diables, achetons-nous un avenir.
Ne détournons pas de nous-même ce que nous de devons articuler pour demain traiter d'égal à égal avec l'ancien. L'ancien n'est pas forcément le Sage, l'ancien n'est pas forcément le modèle, la voie. L'ancien est ce meilleur ennemi, pour qui on a eu un prix il y a un temps, avec lequel, qu'il le veuille ou non, nous avons toujours eu un rapport d'intérêt, ce qu'il a su voir, c'est que nous étions riches.

UNE CLOCHE AU MINARET.
Un seul endroit au monde a devancé tous les tiraillements de notre actualité, de la Suisse à la France, et cela depuis 1659, le Gouverneur Faidherbe sur la ville de Saint-Louis au Sénégal, avait déjà solutionné le problème lié à l'identité nationale Française et la signalétique jugée oppressante des architectures arabes des lieux de cultes musulmans.

La Grande Mosquée de Saint Louis ne détient pas de minaret, et afin qu'elle se fonde dans le paysage psychologique chrétien, une cloche siège au dessous d'un horloge, ici pas de Muezzin, la seule mosquée au monde qui sonne la cloche pour la prière de l'Islam...
Vous pouvez apercevoir la cloche suspendue à son axe  blanc, qui, sous la présence française était utilisée pour signaler les prières.Le cercle juste au dessus est une l'horloge, qui a été depuis repeinte de blanc. 
(l'horloge et la cloche étant une signialétique correspondant aux églises)
Vous pouvez apercevoir la cloche suspendue à son axe blanc, qui, sous la présence française était utilisée pour signaler les prières.Le cercle juste au dessus est une l'horloge, qui a été depuis repeinte de blanc. (l'horloge et la cloche étant une signialétique correspondant aux églises)